Notre monde est confronté au plus grand nombre de conflits depuis la Seconde Guerre mondiale. Les violences sexuelles, érigées en armes de guerre, ne laissent aucune chance à la paix, au moment même où nous avons besoin d’en fonder l’universalité et la durabilité.
Un crime invisibilisé, « historiquement caché » les violences sexuelles
Mme Pramila Patten, Représentante spéciale sur la question des violences sexuelles liées aux conflits, a dénoncé lors d’un débat public annuel du Conseil de sécurité en juillet 2023, la gravité, la brutalité des faits vérifiés par les nations Unies, soit 2 455 cas commis au cours de l’année en soulignant que le viol est ce crime « chroniquement sous-déclaré » au niveau mondial.
Mais les chiffres des violences sexuelles sont bien au-delà et « horrible » est le qualificatif revenant dans les débats, lorsque le rapport annuel du Secrétaire général des Nations Unies évoque plus de 38 000 cas de violence sexuelle et sexiste signalés dans le seul Nord-Kivu de la République démocratique du Congo (RDC) qui compte le plus de faits.
Ukraine : la guerre aux armes du viol
« Horrible », le crime contre l’humanité, les violences sexuelles qui détruisent des vies innocentes en Ukraine. Des femmes, des survivantes, le corps fantôme dans la brume épaisse de la guerre, des bombardements, de l’effondrement de la justice cédant la place à la guerre faisant des hommes ce que notre humanité n’aurait jamais dû entrevoir au plus sombre de son imagination. Le viol déchirant jusqu’à la nuit, elle-même devenant fragile face à ce crime laissant la tombe vide, attendant une vie volée qui résiste de toutes ses forces, qui appelle la vie plus que tout, qui voudrait revenir avant que sa liberté soit traumatisée pour toujours.
Mme Linda Thomas-Greenfield, représentante des États-Unis a souligné l’existence de nombreuses preuves, de rapports « horribles » montrant que des soldats russes ont commis des violences sexuelles sur des hommes, des femmes et des enfants. Les victimes ont entre 4 et plus de 80 ans, a insisté la représentante.
Elle a également réagi contre les attaques dont a fait l’objet Mme Patten par la Représentante de la Fédération de Russie car elle porte la voix des femmes.
La Représentante spéciale rappelle que les femmes et les filles représentent à travers le monde 94% des victimes contre 6% pour les hommes et les garçons. D’autre part, 32% des victimes sont des enfants dont 97% sont des filles.
La violence, ce grondement arrivant avec les premiers chars, les premières bombes, tombant sans hasard, brisant mille étoiles, les rêves que l’on croyait insensés et c’est la guerre qui l’est tout entière.
On ne retient rien d’autre que les corps au sol, la poussière envahissant tout, la folie prenant l’espace, les hommes mourant, et ceux gardant la paix précieuse, récitant sa prière, serrant une photo, le silence, le froid et les armes à la main.
Plus rien d’autre que les armes, le pouvoir de tuer pour le bien ou pour le mal, mais les bombes éclatent.
Ces hommes, ces soldats russes avancent, et les femmes sont la cible, le long voile noir, le viol. Les armes, leur nombre grandissant, deviennent la priorité, ce qui prend le sens de notre humanité, ce qui transforme les hommes, assomme la liberté. L’arme est la règle, c’est la guerre.
Le Secrétaire général de l’Onu rappelle dans son rapport de 2022, que « les causes profondes de la violence sexuelle liée aux conflits, notamment la militarisation et la prolifération des armes, l’impunité, l’effondrement des institutions, les inégalités structurelles fondées sur le genre et les normes sociales néfastes, ont été exacerbées par une confluence des crises humanitaires, des crises politiques et des cries en matière de sécurité ».
Notre humanité basculant dans une civilisation qui depuis sa création à l’antiquité s’est trompée de chemin. Cet aveu, notre mémoire s’est construite de guerres en guerres et la première celle faite à notre propre humanité, celle envers les femmes. Plus de la moitié de l’humanité, les femmes subissent les pires violences et sont les premières résistantes, les premières à être le symbole de la vie par leur amour d’elle, leurs pleurs de courage pour elles, cette expression pure de la paix, alertant l’humanité entière sur le sens de notre existence, qui ne peut-être que le verbe vivre grâce au verbe aimer.
Aimer pour ne pas briser la vie que nous devons vivre. Les femmes en Afghanistan et leurs témoignages bouleversants, leurs larmes de souffrance, tout leur interdit jusqu’au verbe vivre. Le rapport du secrétaire général des Nations Unies dénonce les violences sexuelles envers des femmes d’Afghanistan pour faire taire définitivement leur vie, leur voix, leur liberté, et tuer la paix.
Mais, les femmes résistent, leur appel arrivant aux oreilles des décideurs politiques, des puissants, de l’Occident, l’ONU alertant, et tout s’aggrave sur le terrain, pas à pas les talibans ferment les portes, dressent les barreaux, enferment les femmes dans l’oubli de la vie. Vivre meurt en silence, le viol en arme politique, les droits humains bafoués, et partout dans le monde cela demeure la règle des systèmes.
L’impunité des agresseurs, leur nom parfois connu souvent depuis plusieurs années, et ils recommencent par cette impunité criminelle, complice du pire. Des femmes sont interdites de vivre car l’empire fondé par l’autoritarisme devient notre raison, l’identité de notre civilisation, ce qui doit se poursuivre. Un empire menacé par les crises politiques, humanitaires et la crise climatiques qu’il a généré en conséquence de son ignorance du verbe aimer pour vivre.
Tout est l’esprit du cœur, et la politique détruit ce fondamental de notre présence sur Terre. Sans cette intelligence d’aimer, de protéger, de partager, l’humanité se serait éteinte depuis des siècles.
La justice réparatrice est celle véritable, celle mettant les victimes au cœur de sa fondation. Ce ne sont pas les systèmes judiciaires excluant et faisant de la victime un objet qui pourront ouvrir les portes de la paix laissant entrer la lumière inspirant notre pouvoir de créer une nouvelle civilisation.
Les différents représentants participant au Conseil de sécurité ont fait savoir leur volonté de fonder une justice où les survivantes de violences seront réellement écoutées, respectées, aidées sur un parcours de longue durée pour retrouver le verbe vivre pleinement et durablement. Une justice condamnant les coupables de violences sexuelles, donnant une reconnaissance aux victimes, apaisant les douleurs, et à l’action vertueuse de réparer.
Nos sociétés sont entrées dans un espace de guerre qui n’a jamais été aussi important depuis la seconde guerre mondiale, les violences envers les femmes ne cessent d’augmenter, et des millions de femmes sont démunies de tout, déplacées de force du fait de la guerre. Elles sont sans foyer, survivent dans des camps et l’ONU s’inquiète des violences et trafics dont elles sont victimes alors en grande vulnérabilité.
Le rapport souligne que des femmes et des filles ont été agressées sexuellement par des hommes armés à l’intérieur ou autour de camps pour les populations déplacées au Soudan, en Somalie, au Mozambique, en République démocratique du Congo.
En Libye, au Yémen des femmes migrantes et réfugiées ont été victimes de violences sexuelles dans des zones de conflits, ainsi que celles placées en centre de détention.
Un monde en guerre, c’est aussi le choc climatique faisant des victimes au sein de populations pauvres et les femmes sont les premières victimes, déplacées climatiques, sans protection, sans aucun moyen autre que leurs propres forces. Les fortes inondations au Soudan du Sud, la sécheresse en Somalie sont les dramatiques exemples jetant des femmes démunies sur les routes et les exposant aux risques accrus de violences sexuelles.
En Somalie en 2022, les femmes et les filles déplacées climatiques représentaient 50% des victimes de violences sexuelles. Un fait grave de la violence de nos sociétés, et la Ministre des femmes et des droits humains de Galmudug a ouvert un « bureau de surveillance » spécialisé dans le suivi des risques de violences sexuelles.
Des femmes et des filles attaquées quand elles travaillent dans les champs, quand elles collectent de l’eau. Elles sont prises pour cible sur le chemin de l’école. Aucun lieu est pour elles synonyme de liberté, de sécurité.
Mme Patten alerte sur une autre réalité « très inquiétante » que constitue l’augmentation des maisons de tolérance à l’intérieur et à l’extérieur de camps de personnes déplacées. Une exploitation sexuelle opérant « en plein jour au nez et à la barbe des autorités nationales et des acteurs humanitaires ».
Puis, les femmes migrantes et réfugiées partant pour trouver une terre d’accueil et transitant par la Libye sont la proie de personnes faisant du trafic humain comme l’exploitation sexuelle. Les enlèvements de femmes pour l’exploitation sexuelle ont augmenté en 2022.
En Somalie, « les Chabab ont assujetti les régions sous leur contrôle en enlevant, violant et mariant de force des filles qui y vivaient à ses combattants ». Les familles pauvres ont été la cible de ces enlèvements du fait qu’elles ne pouvaient pas payer les demandes de rançon.
En République centrafricaine, l’Armée de résistance du Seigneur a réalisé des enlèvements de femmes et de filles pour les soumettre à l’esclavage sexuel. Des actes horribles et les conséquences pour les enfants victimes sont dévastatrices.
Par ailleurs, il est la grave problématique des enfants des camps en Libye et en Syrie pour les femmes et les enfants retenus en captivité pour leur supposée affiliation à Daech et exposés à de forts risques de violences sexuelles et autres violences dans l’indifférence de l’Occident, et de la France.
Comment les violences sexuelles ne seraient-elles pas en temps de guerre, alors qu’elles le sont en temps de paix ?

Les normes et nos sociétés imposent à chacun de nous un chemin préprogrammé, défini par les dominants affaiblissement notre monde, par leurs préjugés, par leur besoin de conquérir le pouvoir, de le garder à tout prix, de faire de la planète leur exclusivité et les peuples sont immanquablement soumis.
Quel progrès si ce n’est celui de l’empire, le progrès concevant des armes toujours plus perfectionnées, comme si la destruction faisait partie de nous, était cet irrémédiable programmé, et rien ne pourrait nous en détacher.
Les violences sexuelles, leur barbarie, elles sont « le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, les grossesses forcées, l’avortement forcé, le mariage forcé », tout ce qui existe en temps de paix comme en temps de guerre envers des femmes, des filles, des enfants.
Les voix de gouvernants, de décideurs politiques s’élèvent pour lutter contre la violence détruisant, mais tout n’avance qu’à pas lent, les mots dits et écrits, finalement semblent étouffés.
Un monde en guerre au capitalisme économique, à la dimension fasciste de la politique, les violences envers les femmes, en proie dans l’arène – Les jeux horribles des puissances
La guerre reprend son cours, ce mouvement qu’elle n’a jamais quitté, et nous ne connaissons pas notre humanité sans guerre. La guerre devient son cœur qui bat, son possible arrêt à tout moment, et on lutte jusqu’au jour où on se dit c’est fini. Et, alors revient la force de vivre qui nous appelle à vivre libre.
Pourtant, tout retombe dans l’infernal système politique, et la liberté est de nouveau prisonnière des chaînes de l’absurde, des crises multipliées, globales, enveloppant notre monde et faisant de lui ce cœur qui bat et qui à chaque instant peut s’arrêter.
Le viol tue, il est un crime, une arme destructrice et dans nombreux pays, il est impuni, comme il le sera en temps de guerre. L’agresseur vole une vie, et disparaît. Même s’il est identifié, il ne sera que rarement reconnu coupable et condamné. La femme, il est accepté qu’il soit un droit de vie ou de mort envers elle.
Des sociétés patriarcales ont fondé l’économie réservée à la puissance masculine. L’homme possède le pouvoir et ces siècles d’histoire imprègnent notre culture et transmettent de générations en générations la continuité de l’organisation de notre société. Aujourd’hui, nous subissons un choc climatique qui nous demande de profondément changer, mais les systèmes politiques s’acharnent à conserver ce qui maintient leur puissance, l’économie.
Et, lorsque l’effondrement de notre civilisation commence, le système renforce sa violence, réfléchit par elle, et pense ainsi ralentir sa chute. La guerre refait surface en Europe, et s’étend dans le monde par des crises humanitaires, des conflits armés qui sont en réalité liés entre eux, partagent le même culture, le même espace-temps et le mondialisme ne forme plus qu’une seule norme économique gouvernant le monde. Les sanctions contre la Russie sont car elle fait partie du capitalisme, et elle possède des intérêts similaires, et en premier par le nucléaire.
Le risque nucléaire augmente avec la fracture économique et l’Occident ne peut vouloir la séparation avec la Russie et la Chine. Il est établi des rapports de force quand l’enjeu devient de plus en plus important, notamment par les nouvelles technologies, le domaine spatial, l’ambition de conquérir de nouveaux territoires au-delà de notre planète. La guerre en Ukraine est le début d’une longue et nouvelle guerre entre les puissances.
Plus rien ne sera à l’idéal de la paix, et nos économies sont archaïques, nos administrations le poids freinant la liberté et les possibilités de penser ensemble à une nouvelle civilisation. Ce qui est très complexe car cela oblige l’être humain à concevoir un autre espace-temps, à le penser différemment de celui que nous avons inventé, et à admettre l’illusion du temps que nous avons créé.
Penser que notre monde est une illusion, mais la souffrance humaine est une réalité physique, une réalité de guerre, d’armes, une réalité qui détruit des vies pour l’illusion qu’est le système politique et à la puissance de son arme, l’économie.
La guerre demande de l’argent, et l’opacité est aux milliards annoncés, filant pour conquérir ce monde irréel des frontières, des possessions quand l’être humain vit sur une Terre unique.
Déposséder la politique de la folie de l’économie, effondrer son administration et la politique perdra ce pouvoir de guerre. En ce moment, les décideurs politiques sont dans l’impasse car rien n’a été préparé pour faire face à la révolution climatique, et que l’effondrement civilisationnel arrivant, la peur domine, et les crises politiques, les crises de sécurité s’amplifient comme en France qui fait le choix de la violence politique pour réponse, et non de la démocratie et de l’apaisement. Sur ce point, il y a le discours politique et la réalité des actes qui eux sont en adéquation avec la guerre, car c’est le pouvoir suprême que possèdent les États.
Ainsi les violences faites aux femmes, dont les violences sexuelles restent majeures, les inégalités la norme et des femmes sont plongées en situation de précarité, démunies. Le système les constitue en proie et souvent les femmes échappant par leur position sociale à cette inéluctable violence se positionne en soutien du patriarcat et peuvent être les alliées de prédateurs.
Les femmes infériorisées sont cloîtrées dans ce labyrinthe, leur parole exclue, humiliées de toutes les manières. Rien n’est conçu pour qu’elles puissent vivre libres et tout de leur vie est fracturé.
Les violences sexuelles sont en temps de guerre car elles sont en temps de paix
Plusieurs rapports indiquent qu’en Ukraine la violence envers les femmes était avant l’invasion illégale de l’Ukraine en février 2022, qu’elle était « déjà répandue et en augmentation en Ukraine et qu’elle s’avérait très présente dans la région ». Un sondage réalisé en 2018 a indiqué que 75 % des Ukrainiennes avaient subi une forme de violence depuis l’âge de 15 ans et 35 % d’entre elles avaient subi de la violence physique et/ou sexuelle.
Une violence présente et en février 2022, les associations d’aides aux victimes, les services de santé ont été limités. Le Fonds des Nations Unies pour la population estime que 3,6 millions de personnes ont besoin de services d’intervention, d’aides de mise en sécurité, de prévention contre les violences.
Les violences envers les femmes sont en constante augmentation depuis le début du conflit, et des rapports établis par la mission d’experts du Mécanisme de Moscou de l’OSCE en avril 2022 et en juillet 2022, le confirment. « La violence conjugale n’a pas disparu, elle s’est simplement déplacée avec les gens » indique l’étude. Depuis la guerre en Ukraine, les services de police ne bénéficient pas de ressources allouées à la violence fondée sur le genre.
Les survivantes de violences se trouvant déplacées pour fuir les bombardements se trouvent sans ressources, sans accès à la justice et toujours plus exposées aux risques de violences sexuelles.
La paix est abattue et l’on cherche sa vie pour que nous puissions vivre dans les décombres d’un monde en guerre. L’universalité de la paix est la solution que soit zéro violence envers les femmes et la naissance de zéro pauvreté, zéro guerre envers la nature comme envers notre humanité.
Le chemin reste long à parcourir, il est la chance extraordinaire de vivre un nouveau monde empreint de justice, façonné par la liberté, émerveillé par le verbe aimer. La paix chaque seconde compte pour elle quand grandissent les guerres, les politiques de violences, le viol en arme politique, économique, en arme destructrice de l’humanité.
Les violences sexuelles doivent être proclamées comme crimes contre l’humanité dans le monde entier, en tout temps, car comment pourrions-nous penser être en paix quand des femmes et des filles à travers la planète ont le précieux de la vie, vivre, assassiné par les violences sexuelles, la cruauté.
Ukraine – les femmes déplacées de force pour fuir la guerre et les conséquences humanitaires, toujours plus vulnérables et exposées à la violence
Elles sont parties de chez elle sans rien, et parfois leurs affaires ont été perdues dans le bombardement de leur maison. Au 31 mars 2023, parmi les 3,6 millions de personnes officiellement déplacées à l’intérieur de l’Ukraine, 60 % sont des femmes et des enfants et 99 % sont Ukrainiens.
Des déplacements sur les territoires en conflit sont pour les femmes ceux de l’extrême et en 2016, un rapport du Secrétaire général des Nations Unies a indiqué que « Les personnes en transit, en particulier les femmes et les filles, risquent également de se retrouver séparées de leur famille et d’être victimes de stress et de traumatismes psychosociaux, de problèmes de santé, de maltraitance, d’atteintes à leur intégrité physique et d’exploitation ».
Le périple ne les sauve pas de la guerre, fuir n’est pas une chance, c’est de rester en vie qui le devient. La chance, ce mot que l’on entend souvent et que l’on peut prononcer, c’est l’espoir de rester en vie. Celui de se dire que ce n’est pas trop grave, même si des violences sont subies, car on est vivante. C’est terrifiant car les agresseurs ne sont plus ces monstres quand la victime résiste, ne meurt pas. Ils ne sont plus par la culture patriarcale ces barbares, mais ce qui est dans l’absolu atroce, la chance.
Les femmes appartenant à des minorités ont leurs droits humains bafouées
Cet atroce des violences, de la guerre en Ukraine brise la vie de femmes, et ce sont les femmes appartenant à des minorités qui sont confrontées à de plus grandes difficultés. Selon des statistiques non officielles, ce sont entre 200 000 et 400 000 Roms qui se trouvaient en Ukraine en 2014 et la moitié d’entre eux étaient des femmes. En 2018, il a été signalé que « la majorité des femmes roms en Ukraine subissaient des formes de discriminations croisées fondées sur le genre, l’ethnie et le statut sociale ce qui accroît leur vulnérabilité et les pousse vers les marges de la société »
ONU Femmes a souligné que « les femmes roms constituent un groupe de personnes particulièrement vulnérables chez les personnes déplacées à l’interne surtout lorsqu’elles sont enceintes ou qu’elles ont des enfants dont elles doivent s’occuper ».
Des femmes dénoncent les violences sexuelles qu’elles ont subi par des soldats russes
La Commission d’enquête internationale indépendante sur l’Ukraine a mis en lumière des « cas de violence sexuelle et fondée sur le genre touchant des femmes, des hommes et des filles âgés de 4 à 82 ans dans neuf régions de l’Ukraine et dans la Fédération de Russie ». D’autre part, selon la Commission, « les autorités russes ont commis des actes de violence sexuelle dans deux situations principalement : pendant les fouilles des maisons et contre des victimes qui avaient été confinées ». Le rapport établi par la Commission rapporte que « dans des zones qu’ils contrôlent, certains membres des forces armées russes ont commis le crime de guerre du viol et de violence sexuelle, qui peut constituer de la torture ».
La secrétaire générale de l’OSCE Helga Schmid a demandé « de mettre fin immédiatement aux viols et autres crimes sexuels commis à titre de tactique de guerre en Ukraine, dans d’autres pays de l’OSCE et ailleurs dans le monde ». « La violence sexuelle est utilisée comme arme de guerre », selon Pramila Patten.
Violences sexuelles en arme de guerre et économique
Les violences sexuelles et le terrifiant de la politique maintenant un niveau élevé des violences envers les femmes par la poursuite d’un système économique prédateur imposant la pauvreté en force de pouvoir.
La pauvreté est responsable des violences frappant la vie de femmes à travers le monde, aggravant leur condition de vie lors de crises, d’inflation et quand la guerre fait rage. La Chine rappelle au cours du Débat public qu’il faut appeler à œuvrer à l’autonomisation des femmes en situation de conflit et à travailler à l’élimination de la discrimination fondée sur le genre.
La solidarité internationale devrait œuvrer pour que l’économie change profondément, devienne une valeur de partage, d’égalité, et non un moyen de dominer, d’appauvrir des populations vulnérables, discriminées, et de perpétuer la plus terrible des injustices : la division profonde de notre humanité. En faisant subir à plus de la moitié de l’humanité, les femmes les pires violences en garantissant l’impunité des coupables, aucune paix véritable ne sera possible car elle n’existe que par son universalité.
Il est une priorité : mettre en œuvre des mesures pour l’accès aux établissements universitaires et de formations tout au long de la vie sans conditions de restriction, ouvrir l’accès à l’entrepreneuriat pour toutes les femmes, mettre fin aux normes sociétales, libérer les plus vulnérables de l’autoritarisme du système bancaire par la prise de décisions où les femmes exercent leur pouvoir, sont à la table des négociation et font des choix.
Lutter contre les violences sexuelles fait entrer l’égalité, la fin des normes, des préjugés au cœur de nos sociétés, c’est anéantir le patriarcat qui produit le fascisme et conçoit la violence envers les femmes comme un droit.
La guerre met l’autoritarisme au sommet et il est l’effondrement des droits humains en résultat, dont les violences sexuelles qui sont quelque chose de voulues, sont utilisées en arme de guerre pour humilier des minorités, des communautés, affaiblir et s’approprier toute une économie. Commettre des violences sexuelles envers des femmes pour les déposséder de leur entreprise et s’attribuer des territoires supplémentaires.
2023 – L’année qui doit révéler la paix quand notre monde subit le triste record de conflits à travers la planète depuis la seconde guerre mondiale
Mme Pramila Patten alerte sur le fait que le monde est confronté depuis la première fois depuis la seconde guerre mondiale, au plus grand nombre de conflits. Un chiffre record du fait des guerres : en 2022, le nombre de personnes contraintes de fuir leur maison a atteint le record de 110 millions.
La guerre devient notre économie. Un système impuni, les industries de l’armement sont considérées comme un fleuron, et de ce mental politique dominant, les auteurs de violences sexuelles sont de manière récurrente impunis.
La représentante spéciale a indiqué que le rapport annuel démontre que « l’impunité a un effet enhardissant ». En effet, sur la liste de la honte de l’ONU, les auteurs de violences sexuelles systématiques inscrits sont pour plus de 70 % de « auteurs persistants » figurant sur la liste depuis 5 ans ou plus sans avoir été condamnés.
« Le viol est « gratuit » voire rentable dans une économie politique de guerre » note le rapport en dramatique constat. Un fait : un système d’impunité s’impose dans des pays qui ne sont pas confrontés à des conflits armés. La condamnation des auteurs de violence sexuelle doit être la règle et non leur impunité qui est une permission de recommencer, un droit de tuer.
Partout dans le monde, les femmes doivent vivre en sécurité, ne pas être la cible stratégique d’un monde militarisé, un monde politique d’oppresseurs.
Viol – une arme politique
Politique – en 2022, les violences sexuelles ont été utilisées en arme politique pour intimider et punir les opposants, les défenseurs des droits humains. Ce furent les cas de menaces, d’intimidations envers des manifestants au Myanmar, au Soudan menacés de viol, ou de viols collectifs.
Le rapport alerte qu’en Syrie le viol a continué a être utilisé comme forme de torture dans des lieux de détention. En Libye, « des défenseuses des droits humains ont été la cible de menaces de violences sexuelles et ont été violées en détention ». L’étude informe de l’horrible des violences sexuelles « utilisées en outil de répression politique » en Iran.
Le rapport alerte aussi sur le fait que dans le monde entier les défenseurs des droits humains, y compris ceux défendant les victimes de violences sexuelles, ont été la cible d’attaques visant à décourager les militants, à mettre un terme au militantisme et à leur participation à la vie publique. Des politiques fragilisant les artisans de paix, faisant taire leur voix, leurs actions, perpétuent le cercle vicieux des violences, l’invisibilité de la parole libérée, imposent le silence forcé, et aggravent la vulnérabilité des populations.
La violence sexuelle est un crime contre l’humanité
« La violence sexuelle constitue un crime contre l’humanité » affirme Mme Nadine Tunasi lors du Débat à l’ONU. « Elle est brutale, délibérée et vise à punir et à humilier les individus et leur communautés ». Elle rappelle également que beaucoup de victimes sont en souffrance et subissent des traumatismes physiques et psychologiques, des blessures de longue durée, des grossesses non-désirées. Puis, elle souligne que « la mère supporte seule le fardeau de l’exclusion ». Par exemple, au Soudan du Sud, les femmes du camp de Yida ont du mal à trouver du travail, de la nourriture. « Elles regardent leurs enfants mourir de faim parce que quitter le camp n’est pas une option ».
La violence sexuelle détruit des vies. Les survivantes sont souvent écartées, exclues, sur traumatisées par les systèmes faisant l’impunité des auteurs. « Il faut en finir avec l’impunité » a-t-elle déclaré. Elle demande de soutenir les survivantes et de condamner toutes stigmatisations sous toutes les formes.
Puis, Mme Tunasi estime que « les États devraient encourager les dénonciations afin de pouvoir signaler en toute sécurité les mauvaises conduites », ajoutant, « Il faut aider les États qui s’efforcent de rendre la justice d’une manière efficace centrée sur les survivantes ». Les survivantes ne doivent plus être abandonnées, ce sont elles qui ont le courage de témoigner, elles sont le cœur de la lutte contre les violences sexuelles, et non l’objet. Mme Tunasi exprime que « la réponse internationale doit être cohérente » et souligne que « la participation des survivantes est essentielle dans l’effort de sensibilisation à la violence sexuelle liée aux conflits, à ses impacts et à la manière de renforcer une justice centrée sur les survivantes ».
Mettre fin aux politiques fermant les yeux sur les auteurs de violences sexuelles. M. Tariq Ahmad, représentant spécial du Premier Ministre du Royaume Uni a estimé qu’il demeure « toujours un fossé entre ces exigences et la réalité sur le terrain ».
Pour lutter contre les défaillances, le Royaume-Uni a collaboré avec la Fondation Mukwege pour diffuser un guide sur les obligations des États en matière de violence sexuelle liée aux conflits. Il souligne que « cet excellent outil » encourage les gouvernements, la société civile et les militants à lutter pour la fin des violences sexuelles. Le représentant a informé que la stratégie britannique de lutte contre la violence sexuelle est soutenue par un financement de 12,5 millions de livres sterling et qu’elle apporte un soutien direct aux survivantes et aide les pays à renforcer la justice et la responsabilité.
M. Ahmad a souligné que le Royaume Uni est à la pointe des efforts internationaux pour soutenir les enfants nées de viols lors de conflit et il rappelle que son pays fait partie de la Campagne des Nations Unies contre la violence sexuelle, où désormais 21 États Membres se sont engagés à amplifier la voix des survivantes, à partager leur expérience, et à proposer des mesures efficaces et nouvelles pour agir.
M. Ahmad soumet trois recommandations au Conseil de sécurité, émanant d’un groupe consultatif de survivants. En premier, il est nécessaire d’adopter une approche centrée sur les survivantes qui doivent pouvoir participer aux décisions les concernant. Puis, il est nécessaire d’apporter un soutien psychosocial pour aider les victimes à surmonter les traumatismes et il est essentiel de leur garantir la justice.
Par ailleurs, le Royaume-Uni travaille sur un projet de convention sur les crimes contre l’humanité en collaboration avec le Procureur de la CPI, et pour la mise en place un nouvel outil de réalité virtuelle pour permettre aux victimes de dialoguer avec le tribunal en évitant tout traumatisme supplémentaire. Une « technologie incroyable » reproduisant un tribunal pour aider la victime à témoigner et qui peut aussi être à destination des témoins, a expliqué le Ministre.
M. Simon Geissbuhler, Secrétaire d’État de la Suisse, a souligné l’importance de mettre fin à l’impunité des agresseurs et a appelé que soit mis en œuvre « pleinement et durablement » les exigences que le Conseil a fixées. Puis, il a demandé que « toutes les victimes survivantes de violences sexuelles liées à un conflit puissent effectivement accéder à la justice de manière équitable et sans obstacle aux fins de réparation » comme le droit international le prévoit.
Par ailleurs, la Chine condamne fermement les violences sexuelles envers les femmes et les filles. Et demande que soient adoptées « des mesures fortes pour traduire les auteurs en justice afin de prévenir de nouvelles violations ».
Le représentant de la Chine a annoncé la formation de plus de 30 000 femmes dans les pays en développement en coopération avec l’UNESCO.
Des auteurs de violences sexuelles en zone de conflit, sont difficiles à identifier car des agresseurs sont liés à des sociétés privées, des milices, des groupes militaires privés et au niveau mondial le recours à des mercenaires est en augmentation.
Par ailleurs, le représentant de l’Albanie souligne l’importance de lutter contre les violences sexuelles aussi au niveau national. En effet comment les États pourraient-ils lutter contre la violence sexuelle en arme de guerre, si dans leur pays les femmes sont en insécurité, subissent des violences sexuelles et que les auteurs sont impunis, que la justice réparatrice est quasiment inexistante, que les survivantes n’ont pas accès à la justice de manière équitable.
Femmes Paix Sécurité
Un programme pour les femmes et la paix et la sécurité permet le déploiement croissant de femmes soldats de la paix au sein d’opérations conduites par l’Union africaine (UA), comme en Somalie.
Un programme pour la paix qui doit vivre sur le terrain dans les pays où les femmes sont en danger, leurs droits humains bafoués, comme en Afghanistan, au Mali, au Myanmar et au Soudan, souligne le rapport 2022.
Par l’objectif de la paix, c’est aussi lutter contre les discours haineux envers les femmes, les survivantes. Les propos haineux alimentent la violence et sont une incitation aux violences sexuelles.
Par ailleurs, il est aussi de protéger les intervenants humanitaires aidant les survivantes qui peuvent s’exprimer, témoigner auprès d’eux. D’autre part, les restrictions limitant l’accès aux réseaux sociaux comme en Éthiopie et à Myanmar, empêchent les victimes d’accéder à Internet, aux réseaux sociaux pour communiquer, s’informer, trouver de l’aide, témoigner, alerter les services de soutien. L’accès au numérique est vital pour des femmes menacées, victimes de violences, comme l’accès au téléphone.
Par ailleurs, pour lutter pour la paix et la sécurité des femmes, Mme Tunasi a déclaré que « L’uniforme n’est pas un permis de commettre des crimes ». Elle estime que les militaires doivent recevoir une formation obligatoire pour protéger et pour écouter le témoignage des survivantes. Elle a exhorté les États à « tenir une conversation nationale sur le rôle des personnes en uniforme et à demander des comptes aux auteurs des crimes sexuels ».
D’autre part, la justice doit aussi condamner les auteurs de violences sexuelles ayant un pouvoir, les auteurs plus puissants par leur titre et protégés par la politique.
C’est toute la société qui doit s’investir pour mettre fin aux violences sexuelles, pour renforcer l’Égalité de genre, lutter contre les discriminations, protéger les femmes, les filles, les personnes LGBT+ exposées aux violences sexuelles liées aux conflits. Il est important d’harmoniser notre monde en adéquation avec la paix, par son dialogue. La prévention, l’éducation, le respect de l’autre peuvent contribuer à fonder un avenir en paix.
Les systèmes d’impunité doivent être rompus et par l’avancée vers la paix, on garantit à tous le droit de vivre, le droit de la vie. Ce qu’il faut, c’est vivre et tout est par l’esprit du cœur.
Fédora Hélène

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