
Gaza – Des enfants subissent la violence terrifiante de la guerre
Une opération militaire a été lancée au cœur de l’hôpital Al-Shifa par les forces israéliennes en ce temps de la guerre, une opération intervenant mercredi 15 novembre au petit matin.
L’armée israélienne explique à la presse une « opération chirurgicale » visant le Hamas qui aurait une base stratégique importante à l’intérieur de l’hôpital, et faisant référence aux tunnels, où pourraient être retenus des otages.
L’ ONU profondément choquée par les attaques contre des hôpitaux
Des jours et des nuits de bombardements intensifs frappent la bande de Gaza, traumatisant pour de longues décennies la Palestine, la mémoire collective, la conscience universelle quand sous nos yeux les enfants sont les premières victimes innocentes.
Les enfants précieux, la vie pure et innocente, notre humanité fragile et puissante par ce miracle de la vie, subissent la violence terrifiante de la guerre, sont grièvement blessés, tués. Des enfants voient des membres de leur famille mourir sous leurs yeux, et ce sont des familles tuées.
Des enfants très fragiles, des bébés prématurés, des nouveau-nés au sein de la maternité de l’hôpital Al-Shifa, ont été réunis dans une pièce ayant encore l’électricité.
Des images bouleversantes, le corps fragile de prématurés devant être en incubateur, sont maintenus en état de survie par les équipes médicales faisant tout leur possible pour leur sauver la vie.

En temps de paix, la naissance accueille la vie, ce temps est aujourd’hui frappé en plein cœur par des attaques sur les hôpitaux. L’Organisation mondiale de la santé, (OMS) informe qu’au cours des 36 derniers jours, ont été au moins 137 attaques contre des centres de santé à Gaza.
Une pression militaire hors norme faisant 521 morts et 686 blessés, selon l’OMS, ajoutant que les personnels de santé ont été directement touchés. Un bilan fait état de 16 morts et 38 blessés parmi les soignants en service.
L’ONU a déclaré que « les attaques contre des installations médicales et des civils sont inacceptables et constituent une violation du droit international humanitaire et des conventions relatives aux droits de l’homme ».
Des attaques persistantes et lors d’une déclaration dès le 12 novembre, l’ONU a exprimé « être horrifiée » par les informations parvenant auprès de directeurs régionaux de l’UNFPA, de l’UNICEF et de l’OMS, et faisant état d’attaques contre et à proximité de l’hôpital Al-Shifa, où une opération militaire israélienne est en cours au centre de cet hôpital ce mercredi 15 novembre, ainsi que d’attaques similaires touchant l’hôpital pédiatrique Al-Rantissi Naser, l’hôpital Al-Quds. Des « hostilités intenses » note l’ONU dans la ville de Gaza et dans le nord de Gaza blessant et tuant des enfants et de nombreux civils.
L’ONU souligne que les attaques menées à proximité des hôpitaux empêchent des personnes blessées, des patients et le personnel de santé d’accéder sans risque aux centres de santé.
Par ailleurs, des bébés prématurés et des nouveaux nés seraient en train de mourir à la maternité de l’hôpital Al-Shifa à cause de coupures d’électricité, du manque de moyens essentiels comme l’oxygène, l’eau, et aussi par le manque de fournitures médicales de base. De plus, le manque de carburant, a souligné le personnel hospitalier, ne permet pas le fonctionnement normal des hôpitaux dont la vocation est de sauver des vies, et où des services de maternité, de néonatologie sont actuellement en danger.
L’OMS rappelle que la moitié des hôpitaux sur Gaza sont fermés et que ceux restant ouverts sont soumis à de fortes pressions, et ne peuvent plus qu’assumer des services d’urgences. Les opérations chirurgicales d’urgence vitales et les soins intensifs ont été contraints d’être très limités.

Il est un manque criant de nourriture, d’accès à l’eau et ce sont des milliers de personnes déplacées, dont en majorité des femmes et des enfants, qui trouvent refuges auprès et aux alentours des hôpitaux, qui aujourd’hui ne sont plus des lieux sécurisés, protégés par les conventions des droits de l’homme.

Les lieux de vie, de protection de la santé ont été transformés en lieu de mort par la guerre. Des corps couchés sur le sol, la mort est partout, le recueillement se déchire dans des cris de souffrances, toute une population de femmes et d’enfants sont en train de subir des traumatismes pouvant toucher toute une vie.
La violence de la guerre capable de traumatiser des vies, de rendre fous de douleurs des enfants, des femmes, des personnes âgées, le corps de leurs proches dans un linceul blanc allongé près d’autres corps inertes. Des mères serrant dans leurs bras leur bébé décédé, touché par un éclat d’obus.
Des enfants ont été mutilés par les bombes détruisant des quartiers entiers. Des bébés prématurés en détresse et leur force de vivre donnant à chaque seconde de vie ce sens du miracle, alors que les violences incessantes de la guerre posent sur leur chemin de lourdes pierres.
La guerre déshumanise l’humanité tout entière. La communauté internationale, les dirigeants politiques, les gouvernements, les populations ne peuvent pas demeurer dans l’indifférence, devenir synonyme d’un silence cruel.
« Le monde ne peut rester silencieux pendant que les hôpitaux, qui devraient être des refuges, se transforment en scène de mort, de dévastation et de désespoir », lance l’ONU comme appel.
Un cessez-le-feu humanitaire doit être immédiat et l’ONU appelle une « action internationale décisive » dès maintenant pour garantir un cessez-le-feu immédiat. Un appel lancé le 12 novembre et chaque jour passant, ce sont des enfants blessés, tués, des bébés en grande détresse, des bébés meurent aussi de déshydratation.
Chaque seconde compte pour la paix, elles sont des secondes de vie pour les plus fragiles : des bébés prématurés, des nouveau-nés, des femmes enceintes.
D’autre part, l’ONU demande un accès « sans entrave, sûr et durable » pour acheminer l’aide humanitaire d’urgence, pour fournir du carburant, des fournitures médicales, de la nourriture et de l’eau, élément vital.

Des appels lancés par l’OMS dès le 12 octobre dernier, alertant sur la situation dramatique des hôpitaux dans la bande de Gaza arrivés au « point de rupture ». Les services de santé ne disposaient par manque de carburant que de quelques heures d’électricité par jour.
L’OMS avait enregistré alors du 7 au 12 octobre, 34 attaques contre des centres de santé à Gaza entraînant la mort de 11 soignants en service, blessant 16 soignants et endommageant 19 centre de soins et 20 ambulances.
Catherine Russell, cheffe de l’ UNICEF, bouleversée lors de sa visite à Gaza

15 novembre – Catherine Russell de l’UNICEF exhorte les parties du conflit à « mettre fin à cette horreur » à la suite de sa visite à Gaza. La Cheffe de l’UNICEF se dit « bouleversée » par ce qu’elle a vu à Gaza, « outre les bombardements, les pertes et les déplacements répétés auxquels ils doivent faire face, à l’heure actuelle, un million d’enfants n’ont aucun endroit sûr où se réfugier au sein de l’enclave ».
L’UNICEF souligne que plus de 4 600 enfants auraient été tués et près de 9 000 blessés. Puis, ce sont des enfants qui seraient enterrés sous les décombres de quartiers effondrés par les bombardements. Des enfants portés disparus seraient ensevelis sous leur maison devenue leur tombe.
Catherine Russell souligne que dans un hôpital à Gaza des nouveau-nés nécessitant des soins sont morts par manque d’électricité, de médicaments, d’oxygène, de matériel médical, et que sans répit « la violence se poursuit sans discernement ».

Catherine Russell raconte sa rencontre avec des patients et familles réfugiées à l’hôpital Al Nasser de Khan, où une adolescente de 16 ans a pu survivre aux bombardements de son quartier, mais les médecins lui ont annoncé qu’elle ne pourrait plus jamais marcher.
Puis, la responsable de l’UNICEF a vu dans le service de néonatalogie que de « minuscules bébés s’accrochaient à la vie dans des couveuses », les médecins fortement inquiets par le manque de carburant pour faire fonctionner les machines médicales et cherchant à sauver la vie de ces bébés très fragiles.

Catherine Russell a pu s’entretenir avec le personnel de l’UNICEF accomplissant leur mission pour les enfants malgré « le danger et la désolation », et lui faisant par « d’histoires déchirantes », leurs enfants subissant aussi les conséquences de la guerre, le décès de leurs proches, les déplacements successifs.
Des personnes déplacées de force « s’entassent désormais dans des abris surpeuplés où l’eau, la nourriture et les installations sanitaires font défaut », souligne la cheffe de l’UNICEF.

Des conditions de vie très éprouvantes et favorisant les épidémies. Le manque de carburant ne permet pas le fonctionnement de la production d’eau potable, et des infrastructures d’eau et d’assainissement ont été endommagées par les bombardements.
Des conditions de vie aggravées par de fortes pluies avec l’arrivée de l’hiver, « lorsque j’ai quitté Gaza aujourd’hui, la pluie, battant à tout rompre, ajoutait à la détresse actuelle ».
Une pluie s’écoulant sur des ruines, des sols recouverts de poussière, d’éclats d’obus, alors que des personnes sont dehors sans abri, dont des enfants. Des pluies se transformant en eau stagnante sur un sol couvert de débris, et risquant d’augmenter toujours plus le risque d’épidémies.
Catherine Russell rappelle que son rôle est « de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour plaider en faveur de la protection des enfants », et déclare, « j’exhorte une fois de plus toutes les parties à veiller à ce que les enfants soient protégés et secourus, conformément au droit international humanitaire. »

Un cessez-le-feu humanitaire immédiat est toujours l’infini et douloureux absent pour plus d’un million d’enfants et pour des femmes représentant 70 % des victimes de la guerre.
Catherine Russell déclare, « j’appelle également toutes les parties à instaurer un cessez-le-feu humanitaire immédiat, à libérer en toute sécurité tous les enfants enlevés et détenus et à garantir que les acteurs humanitaires bénéficient d’un accès sûr, pérenne et sans entrave leur permettant d’atteindre des personnes dans le besoin en vue de leur fournir l’ensemble des services et produits vitaux nécessaires ».
La communauté internationale, et les populations devant agir et non attendre tout des puissants, doivent faire tous les efforts pour mettre l’humain au cœur de nos sociétés, et nos sociétés au cœur de la paix.
Fédora Hélène

Copyright ©️ LiberTerra 2023 – Tous droits réservés – Tous droits de production et de diffusion réservés.
