Ukraine – Deux ans de guerre, deux ans de souffrance

 

L’Ukraine lutte pour la liberté –

Femmes – leur courage, leur engagement sans faille apaisent la douleur de l’Ukraine

Le 24 février 2022 sonnent les sirènes de la guerre. Les abris souterrains et le métro de Kiev deviennent un refuge pour des milliers de personnes arrivant sans rien, et parfois accompagnées de leurs animaux.

Tous se retrouvent sous le ciel des bombes, une pluie meurtrière. Ce jour où tout bascule, où les jours heureux en mémoire appellent l’espoir d’un printemps nouveau source de renaissance.

La liberté blessée, hier cet enfant sautillait sur le chemin de l’école, sa mère près de lui, et il fut la première alerte, les bombardements incessants, la cour de récréation détruite, les amis disparus, les dessins d’enfants aux feux et larmes. L’adieu à des camarades de classe partis pour toujours, la poésie récite la tragédie.

L’hôpital plongé dans le noir par les bombardements

Les bombardements sur l’hôpital régional de Tchernihiv, la maternité détruite, des femmes enceintes, des mères, des nouveau-nés.e.s ont dû rester dans le sous-sol, dépassant les peurs, l’inquiétude, le danger permanent. La solidarité a été une richesse précieuse.

Le 24 février, près de 350 soignants sont restés à l’hôpital pour dispenser des soins 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et à la mi-mars, ils étaient 750 soignants venus aider. Des femmes, employées de santé, ont soigné plus de 1 100 blessés en un mois et demi. Ce sont plus de 40 enfants d’enfants des membres du personnel qui se trouvaient à l’hôpital pendant que leur mère y travaillait.

Des conditions de soins difficiles par les intenses bombardements privant l’hôpital d’électricité, de chauffage, d’eau. Natalia Khambo, Directrice générale adjointe chargée des affaires juridiques et des ressources humaines de l’hôpital, témoigne auprès d’ONU Femmes, « Comme les ascenseurs ne fonctionnaient pas, les médecins ont porté les patients. es  jusqu’aux salles d’opération situées aux étages supérieurs », soulignant que « certains bâtiments de l’hôpital ont été presque entièrement détruits par les raids aériens. »

Sans l’électricité, et avant que l’hôpital soit équipé de générateurs, « les médecins travaillaient avec des lampes frontales et des lampes de téléphone portable », a expliqué Natalia Khambo ajoutant, « pendant un mois et demi, j’ai observé les soins médicaux prodigués par nos médecins, infirmières, infirmières auxiliaires. À l’époque, il n’y avait pas de travail administratif, alors les autres cadres – directeurs. ices, les adjoints et infirmières en chef – et moi avons exercé les fonctions d’assistant au personnel médical. Nous nettoyions les sols de l’unité de soins intensifs et de la zone de réception et nous roulions les bandages pour les services chirurgicaux ».

Des souvenirs douloureux quand il a été des personnes grièvement blessées par la guerre, « nous avons un nombre considérable de soldats. es blessés, à qui il manque des membres et avec des blessures abdominales. C’est très dur. C’est effrayant. Nous avons reçu beaucoup d’aide humanitaire : nous avons déchargé des camions de médicaments et d’autres fournitures humanitaires ».

Des femmes ont basculé du jour au lendemain dans la tragédie de la guerre, et ont fait preuve de courage, de volonté. Elles ont fait preuve d’un sens des responsabilités incroyable, se mettant au service des autres, tout en devant soutenir leur famille. Certaines femmes se sont retrouvées seules pour assumer leurs enfants, et ont dû dépasser la peur des bombardements, les fortes inquiétudes pour leur conjoint parti défendre leur pays.

ONU Femmes a mis en œuvre un programme ambitieux pour soutenir les femmes en Ukraine

Olena, jeune femme ukrainienne, a pu bénéficier du programme d’ONU Femmes, « Transformative Approaches to Achieving Gender Equality in Ukraine », auprès de l’ONG Women’s Perspectives Center. Des formations qui l’ont aidé pour développer son commerce de vente de pain d’épices débuté au Nouvel an 2022, avant que tout s’arrête brutalement par le début de la guerre.

Son mari mobilisé depuis l’invasion russe, Olena est restée au foyer avec leurs deux enfants, et ils ont dû vivre dans le sous-sol pendant un mois du fait des bombardements. Sans électricité, sans eau, sans chauffage, elle a dû réchauffer son jeune fils âgé alors de 14 mois comme elle pouvait, « je prenais de l’eau dans une bouteille et je la réchauffais dans mon dos pour qu’il n’attrape pas froid », a-t-elle confié à ONU Femmes.

Un mois plus tard, Olena et ses enfants ont été déplacés à Novoyavorivsk, laissant tout derrière eux, ainsi que le projet de commerce qui commençait à donner des résultats positifs. Des moments très difficiles, pleins d’incertitudes et d’inconnu, d’angoisses et de chagrin. Puis, fin mai 2022, Olena n’a plus aucune nouvelle de son mari. Ce dernier a été fait prisonnier. « J’attends avec impatience le retour de mon mari », a-t-elle exprimé.

Olena sait qu’elle est seule dorénavant pour soutenir sa famille, et ONU Femmes par ses actions au plus près des femmes, de leurs besoins, a soutenu Olena en lui permettant de faire prospérer son commerce de pain d’épices. Celle-ci a acheté des emporte-pièces et un four électrique, tandis que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations Unies lui a fourni un four combiné à vapeur pour soutenir sa production.

La solidarité internationale est indispensable pour dépasser la guerre par un mouvement de paix en actes concrets. Aujourd’hui, Olena peut travailler, avancer et répondre aux besoins de ses enfants. « Je pensais devoir attendre son retour [son mari] pour aller de l’avant, mais j’ai réalisé plus tard que j’étais désormais responsable de la famille. »

Réaliser ses projets, continuer à avancer en temps de guerre, cela exige une aide humanitaire très importante, un soutien psychologique, une aide efficace pour l’entrepreneuriat féminin des survivantes. L’initiative ambitieuse d’ONU Femmes, les formations apportées par l’ONG Women’s Perspectives Center sont une source d’inspiration pour tous et pour les gouvernements devant s’allier à la solidarité internationale.

Nous comprenons également à travers le travail d’ONU Femmes, le courage des femmes ukrainiennes au milieu du chaos, leurs capacités de résilience. Les femmes sont une force inébranlable pour un pays, sont l’expression de la paix, et la concrétisation d’avancées positives, de progrès.

Le projet mis en place par ONU Femmes, « Approches transformatrices pour parvenir à l’égalité des sexes en Ukraine » a été financé par le gouvernement suédois.

Deux ans de guerre, le prix de la vie

La Russie a lancé depuis deux ans une opération d’invasion de grande ampleur en Ukraine provoquant la mort d’environ 3 238 femmes et filles, dont 4 872 ont été blessées. L’invasion russe a provoqué le déplacement de quelque 4 millions de personnes en Ukraine, dont 56 % sont des femmes, souligne ONU Femmes.

Après deux ans de guerre, la crise humanitaire s’est aggravée faisant naître de fortes inquiétudes, alors que 56 % des femmes ont besoin de l’aide humanitaire, soit 8 millions de femmes et de filles, en 2024 annonçant la poursuite d’une guerre d’usure menée par la Russie.

La Russie forme le projet d’annexer l’Ukraine, d’être aux portes de l’Union européenne. La population roumaine comprend le fort risque pour la Roumanie et l’Europe si Poutine arrive à ses fins. Il ne faudra à la Russie que quelques jours pour atteindre les frontières de la Roumanie et descendre pour les rues de Bucarest. C’est la crainte que vivent de nombreux roumains ayant connu l’emprise de l’Union soviétique, même si le dictateur Ceaușescu a imprimé une position antisoviétique. Il était déjà des guerres géographiques, de possession de territoire, les enjeux frontaliers.

Des réfugiés ukrainiens ont été accueillis par la Roumanie. Des réfugiés démunis, à certains ayant une aisance financière. Le risque des chocs entre capitalisme en promesses d’enrichissement et lutte contre les corruptions. Une économie géopolitique sous haute tension ayant pour dominante la problématique de l’énergie et l’extension du pouvoir militaire. Une communication de guerre est installée, des bombardements pour dominer, la violence en arme pour démontrer une puissance.

Ce sont les femmes et les enfants qui sont les premières victimes des confrontations politiques ancestrales dans une continuité de la guerre pour fondement du pouvoir géopolitique.

Puis, il y a cette distanciation entre la politique et le peuple, d’autant plus marquée avec les femmes. La moitié de l’humanité est en souffrance, lutte pour survivre dans un monde politique en système patriarcal. Les femmes ont acquis une volonté hors norme, une résilience dont elles sont l’essence, et elles ont contruit un progrès inscrit par la paix.

Les femmes combattent par l’arme de la paix. Elles sont les inspiratrices et fondatrices de l’universalité de la paix.

Les femmes subissent les pires violences et leur fusil est un drapeau blanc orné d’une colombe, aux actes concrets, quotidiens dans un don de soi, du service à l’autre en possédant un grand sens des responsabilités, dans une connaissance de la valeur suprême de la vie.

Le pouvoir patriarcal en oppressant, maltraitant constamment les femmes, par cette injustice flagrante avilissant la valeur de la vie, prive le monde de sa paix, lui ôte la liberté lui appartenant, le constituant.

La révolution climatique est là par les actes de violences de la politique, par ce qui nie la paix, la vie des femmes, par ce qui détruit l’innocence et forge la puissance de la guerre.

L’eau était dans la coupe remplie de vin, la politique patriarcale y a mis son poison. L’eau trouble ne peut semer la paix.

Les violences faites aux femmes sont politiques et prennent toute leur ampleur dans la guerre.

Les violences envers les femmes ne ralentissent pas dans un environnement d’insécurité majeure les exposant à toujours plus de violences et la précarité fragilisent nombreuses d’entre elles, elles rendant encore plus vulnérables. « Les attaques persistantes à l’encontre des femmes et de leurs moyens d’existence sont inacceptables » a exprimé ONU Femmes

En Ukraine, les femmes subissent la violence du patriarcat, et 75 % d’entre elles ont subi depuis l’âge de 15 ans des violences et/ou des violences sexuelles, et les maltraitances, violences coercitives ne font que croître en temps de conflit, puisque la société ne se reflète plus qu’en la violence, même si la lueur d’espoir paraît par la solidarité, l’aide humanitaire. (Voir article LiberTerra : Lumière sur – Un crime invisibilisé, « historiquement caché », les violences sexuelles dans un monde en guerre.) La guerre a aggravé les conditions de vie des femmes et a intensifié les violences sexistes, les violences sexuelles liées au conflit, et commises par un compagnon, ou conjoint.

Deux années dramatiques qui ont compromis la sécurité des femmes en Ukraine, qui ont restreint leur accès à la justice, aux services sociaux, aux services de santé mentale, sexuelle et reproductive, à des services essentiels et qui ont limité les accès à l’emploi. Actuellement, 72 % des personnes au chômage sont des femmes.

Des femmes ont leur droits humains bafoués, alors qu’elles représentent la force vive de l’économie ukrainienne. Des femmes qui réalisent des projets, qui avancent et aujourd’hui, une entreprise sur deux en Ukraine a été fondée par une femme. En 2023, les femmes ukrainiennes ont créé plus de 10 000 entreprises. D’autre part, 62 000 femmes se sont engagées dans l’armée, dont 43 479 en service actif et plus de 5 000 postes sur la ligne de front.

« Alors que les femmes continuent de subir les conséquences de la guerre en Ukraine, elles ont besoin d’une assistance, d’être en sécurité et, surtout, de vivre dans la paix. Leur résilience indéfectible a été tenace et remarquable. Je réitère la solidarité et l’admiration d’ONU Femmes pour chaque femme en Ukraine qui soutient sa famille sa communauté et son pays, que ce soit en apportant une aide humanitaire ou en faisant preuve de leadership pour contribuer au relèvement et à la reconstruction », a souligné Sabine Freizer Gunes, représentante d’ONU Femmes en Ukraine.

La solidarité, la meilleure stratégie pour promouvoir la résilience

ONU FEMMES

La solidarité féminine a permis de créer des associations, organisations participant à l’aide humanitaire, et permettant de surmonter les difficultés, de soutenir des familles, d’être le socle de l’économie. Par leur volonté, leur travail profondément humain, les femmes ukrainiennes façonnent l’équilibre de l’Ukraine et de sa population, en partageant un savoir, en aidant, en écoutant dans une valeur de respect.

« En tant que personne déplacée dans mon propre pays et psychologue professionnelle, j’ai aidé d’autres femmes à surmonter leurs problèmes, notamment les déplacements forcés, la violence et le chômage. Dans le cadre de mon rôle de coordinatrice d’un projet dans la ville de Sambir, nous organisons diverses activités, y compris des discussions de groupes de soutien psychologique et psychothérapeutique, des cours d’art et des leçons d’anglais », a expliqué Anastasiia Pyrohova de Women’s Perspectives. Ce sont 40 organisations de la société civile qui bénéficient du soutien d’ONU Femmes.

La présence d’ONU Femmes en Ukraine aux côtés des femmes est primordiale et apporte une réponse humanitaire adaptée à plus de 45 000 femmes et filles. Ce sont également 100 000 personnes dépendantes qui ont reçu une aide en 2023 pour des services de soutien psychologique, une aide juridique et d’orientation vers les services sociaux.

L’entraide est le lien naturel qui nous unit, qui donne toute sa place à l’humain et qui permet de résister, d’avancer pour construire un monde à venir en paix.

La guerre est dévastatrice pour l’humain et pour la nature, les champs cultivés ont été abîmés par les bombardements, et certains sont devenus dangereux par les mines s’y trouvant. C’est aussi le monde animal qui est victime de la guerre qui génère un déséquilibre, un mouvement destructeur.

Tous les domaines de la société en sont touchés et au-delà des territoires en guerre. Les deux années de guerres en Ukraine ont provoqué la destruction de quartiers, d’infrastructures, ont dévasté des villes, des paysages, des familles sont déchirées par la douleur, la perte d’un proche, des personnes ont été mutilées, des femmes ont subi de graves violences et violences sexuelles, des enfants ont été blessés, tués, et l’économie subit une crise majeure.

Selon les évaluations faites par la Banque mondiale, la Commission européenne, les Nations Unies et le gouvernement ukrainien, le coût total de la reconstruction et de la relance de l’Ukraine est estimé à 486 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. Des années seront nécessaires pour panser les blessures, soigner les cicatrices, reconstruire.

La guerre marque plus particulièrement les femmes et les enfants qui subissent une aggravation constante de la violence à leur égard. Les plus vulnérables en paient le prix fort et disproportionné. Le prix de l’injustice est terrible.

Soutenir, agir ensemble contre les violences faites aux femmes et aux enfants qui sont à leur extrême durant des conflits armés. Ce sont des femmes et des filles ukrainiennes qui sont touchées, comme des femmes israéliennes ont été profondément blessées, tuées lors de l’attaque cruel du 7 octobre. Ce sont aussi des femmes palestiniennes grièvement blessées, tuées à Gaza. 

Des femmes palestiniennes qui ne peuvent recevoir l’aide humanitaire bloquée par les forces israéliennes alors que des femmes enceintes, allaitantes et leurs nouveau-nés en ont besoin de toute urgence. On constate combien en Ukraine l’aide humanitaire est primordiale, vitale. Toutes les femmes doivent être protégées de la violence et des violences liées à la guerre.

Notre monde perd le sens de la vie quand une femme est maltraitée, que des violences lui sont infligées, que sa vie est en danger, que des femmes sont tuées. C’est le chaos qui domine alors. La paix est une urgence vitale, une question de vie ou de mort, comme l’eau est vitale, comme la liberté nous donne la possibilité de vivre. La vie est un corps entier qui ne peut être privé de paix et de liberté, de cette eau fertile. Elles représentent l’identité de l’eau essentielle pour la naissance de la vie. 

Fédora Hélène

Stand for Ukraine – ONU Femmes

Faire un don pour soutenir la paix pour l’Ukraine sur le site don d’ONU Femmes. Collection solidaire disponible sur ONU Femmes #STANDFORUKRAINE

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