
L’UNESCO agit : Préserver, sauver en urgence le patrimoine archéologique, historique et culturel de Gaza
La guerre dévaste le patrimoine culturel de Gaza, l’âme de la Palestine au cœur des Palestiniens, de l’humanité, de notre bien commun, la vie d’hommes et de femmes gravée dans la pierre. La création naissant de l’esprit, ce trésor universel, que les bombardements israéliens renversent, enterrent, détruisent.

Les cendres de quartiers entiers de Gaza, de son patrimoine historique, de champs de culture au sable de sa terre blessée, renaîtront plus forte par la paix, l’accord parfait des uns aux autres, la fraternité.
Protéger ce que l’homme façonne de ses mains, ce qu’il transmet aux enfants et aux générations futures, ses racines ancrées dans le sol dessinant l’architecture de son histoire. Le peuple de Palestine, orphelin, détruire toute une culture, c’est faire de l’humanité, l’orpheline à jamais.
Protéger, la vocation de l’UNESCO, la raison de sa fondation, « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix » – Acte constitutif de l’UNESCO 1945.
Protéger la richesse archéologique de Gaza
New Delhi, 26 juillet 2024 – le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a inscrit le site « Le Monastère de Saint Hilarion / Tell Umm Amer (Palestine) » sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Cette décision reconnait la Valeur Universelle Exceptionnelle du site et la nécessité de le protéger de la guerre, du danger des bombes lancées en plein ciel et détruisant des vies, comme la mémoire universelle, le patrimoine de l’humanité.
L’urgence de protéger conforme aux procédures de la Convention du patrimoine mondiale, en devoir de protection face aux « menaces imminentes qui pèsent sur ce patrimoine dans le contexte du conflit en cours dans la bande de Gaza » a alerté l’UNESCO.
Par cet acte, les 195 États parties s’engagent à protéger le site pour qu’il ne soit pas indirectement ou directement impacté par la guerre.
De plus, le classement du site permet de renforcer les moyens internationaux, tels que l’assistance internationale technique et financière, essentiels à sa sauvegarde.
Dès le 23 décembre 2023, le Comité intergouvernemental de l’UNESCO pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé avait déjà décidé d’appliquer, selon la Convention de la Haye de 1954 et son Deuxième Protocole, une « protection renforcée provisoire » au monastère.
Monastère de Saint Hilarion Tell UmmAmer – richesse de l’histoire et de la culture de la Palestine
Le Monastère de Saint Hilarion Telle UmmAmer se situe au cœur de la bande de Gaza, et constitue l’un des plus anciens du Moyen-Orient, fondé au IVe siècle par saint Hilarion.
En 1997, les vestiges du site témoin de l’époque monachisme en Terre Sainte, dont Hilarion est reconnu comme en étant le père, et se situant sur la dune côtière à Tell Umm el-Amar, à quelques kilomètres au sud de Gaza, sont dégagés par le Service des Antiquités de Gaza. Le site est identifié comme un monastère paléochrétien.
Puis, pour préserver et sauver ce site historique, il s’est développé à partir de 2018, l’initiative Intiqual 2030 par l’ONG Première Urgence Internationale en partenariat avec l’École biblique archéologique française de Jérusalem (Ebaf), l’Université de Palestine et l’Université islamique de Gaza, en coordination avec le Ministère du Tourisme et des Antiquités (MoTA). Une mise en œuvre du projet soutenue par l’Agence française de développement, le British Council et la Fondation Aliph.
Intiqal 2030, renforce la préservation et la promotion des sites archéologiques et historiques de Gaza en accord avec les Objectifs de développement durable des Nations Unies. Une initiative conduite par des jeunes et citoyens, s’inscrivant dans une force positive pour le développement socio-économique global, offrant par la réalisation de l’ODD 5, les possibilités d’autonomisation pour les femmes de Gaza ne représentant que moins de 15 % de la main d’œuvre locale, et souffrant d’un taux de chômage de 50 %, un des plus élevés au monde.
ODD5 – Égalité de genre, « La préservation du patrimoine culturel ouvre des portes aux femmes palestiniennes dans la bande de Gaza ».
Les femmes de Gaza ont du mal à trouver un travail pour leur développement, leur indépendance, la réalisation de leurs projets et pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Le taux de chômage des femmes de 15 à 29 ans atteint 92 %, contre 63,2 % pour les hommes.
Intiqal 2030 place au cœur de ses actions, l’égalité de genre et soutien des filles et des garçons ayant subi des violences, traumatismes, venant trouver « affirmation, réconfort et promesse de résilience culturelle ».
La volonté du programme Intiqual est de réaliser également une indépendance économique et énergétique pour les Gazaouis.
En 2020, la déclaration des acteurs du programme a affirmé, « Nous pensons que repenser la relation des Palestiniens avec leur patrimoine culturel et leurs sites archéologiques, en responsabilisant les jeunes et en renforçant leurs capacités, permettra à la jeunesse palestinienne de passer de l’héritage de ce patrimoine à un avenir meilleur ».
Les racines de Gaza appartiennent à son peuple, sont celles de l’olivier, de la sève montante et donnant les possibilités de renaissance, de soigner les blessures et traumatismes, d’affirmer que les Palestiniens sont ce peuple d’histoire sur sa terre. Un peuple libre qui a besoin de la Palestine libre et reconnue, de son identité légitime pour fonder un avenir meilleur et en paix.
Les ravages de la guerre – Les Palestiniens déshérités de leur terre
La bande de Gaza est dévastée par les bombardements israéliens mettant en péril la vie de milliers de civils, et le patrimoine culturel de Gaza. La brutalité contre les civils de Gaza, une violence globale, menace la richesse culturelle, historique, économique de Gaza et retient prisonnier l’engagement pris pour la réalisation des ODD.
La violence des forces israéliennes met la jeunesse de Gaza en détresse, lui interdit tout développement. Et, sous leurs yeux, le patrimoine culturel auquel, ils sont profondément attachés, qui est un repère essentiel, un phare guidant par le lien primordial entre l’histoire, le présent et l’avenir, est menacé de destruction. Il ne peut y avoir de mémoire sans passé, et détruire le patrimoine historique, c’est meurtrir la mémoire d’un peuple, c’est blesser profondément l’esprit.
Un esprit en souffrance, une population traumatisée ne peuvent bâtir un avenir libre et serein au milieu du chaos de Gaza dévastée. Nous savons quand les premières bombes sont tombées sur les zones peuplées à Gaza, nous serons la date de la fin de ce déchirement, mais nous ne pourrons pas évaluer la date de fin des traumatismes subis par la population et ses tragiques conséquences.
L’initiative de l’UNESCO de préservation du Monastère de Saint Hilarion est primordiale et s’inscrit dans une volonté de paix universelle dont Gaza a besoin en urgence. La paix sauvant, meilleur protectrice de l’humanité et de sa mémoire.
Fédora Hélène

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