
L’innocence brisée, tout aurait dû être beau, apprendre la vie par elle, la paix, libre, par l’amour pur, le chemin juste, grandir sans violence, sans ces hommes blessant, détruisant avant que l’enfant ait eu le temps de vivre ses rêves, et déjà sa liberté traumatisée.

Sourire, a-t-il le droit de vivre, l’enfant maltraité, violé ? L’adolescence volée, aussi.
Jeudi 10 octobre, l’UNICEF publie, la veille de la Journée internationale des filles, les estimations sur la violence sexuelle dans l’enfance. Le chiffre en douleur, révèle l’ampleur du drame au niveau mondial, plus de 370 millions de filles et de femmes en vie aujourd’hui ont subi un viol ou une agression sexuelle avant l’âge de 18 ans.
À l’échelle mondiale, 650 millions de filles et de femmes en vie ont été victimes de violence sexuelle durant leur enfance et/ou leur adolescence, avant l’âge de 18 ans. Des violences qui peuvent être tout au long de la vie, notamment à travers les viols conjugaux, qui touchent, selon un rapport de l’OMS, au moins 641 millions de femmes chaque année dans le monde.

Selon les estimations, entre 410 et 530 millions de garçons et d’hommes ont été victimes de violence sexuelle durant leur enfance.
L’étude inclut également les violences sexuelles « sans contact », telles que les abus verbaux et les violences verbales en ligne. Ces formes de violences touchent 280 millions de filles et de femmes adultes, victimes durant leur enfance ou adolescence.
Les violences sexuelles « sans contact » ont touché entre 170 et 220 millions de garçons, et d’hommes adultes, victimes de ces formes de violences durant leur enfance.
France – La campagne « Stop au déni » de 2015 lancée par l’association Mémoire traumatique et victimologie, soutenue par UNICEF France dans le cadre de l’initiative mondiale #ENDviolence, révèle les résultats d’une enquête nationale auprès des victimes.


2024 – La violence sexuelle à l’encontre des enfants toujours présente et alarmante dix ans après l’alerte mondiale : #ENDviolence
Une estimation est publiée pour rendre visible ce qui est souvent effacé : une violence qui perdure de siècle en siècle, et que le progrès de nos sociétés, ainsi que l’éveil de la conscience doivent combattre sans relâche.
Une violence civilisationnelle qui touche principalement les adolescentes à travers le monde, avec des conséquences qui durent toute une vie : le traumatisme, l’absence de reconnaissance, l’obligation de se taire, le silence imposé quand la parole se libère, l’effacement du crime qu’elles ont subi, la négation de leur mémoire et de leur conscience. Dans ce contexte sociétal, les survivantes disparaissent le jour où elles ont été violées ou sexuellement agressées.
Les violences sexuelles exercent un processus de déshumanisation que l’environnement aggrave et perpétue, en complicité avec l’agresseur. La société patriarcale accorde le droit de détruire, de voler une vie et de nier l’enfant, l’adolescente et la femme qu’elles deviendront. Cette culture cruelle, profondément enracinée dans notre civilisation, ne se limite pas à un territoire et ne connaît ni frontières géographiques, ni barrières culturelles et économiques, comme le montre l’étude.
Les violences sexuelles : un fléau mondial

Les violences sexuelles sont omniprésentes dans nos sociétés, et ce fléau touche également les enfants sur tous les continents. L’étude estime que le nombre d’agressions sexuelles et de viols se trouve plus élevé dans les régions les plus peuplées.
Le plus grand nombre de victimes se trouve en Afrique subsaharienne, avec 79 millions de filles et de femmes touchées, soit 22 %, suivie par l’Asie de l’Est et du Sud, avec 75 millions de victimes (soit 8%), 73 millions en Asie centrale et du Sud, 68 millions en Europe et en Amérique du Nord, soit 14 %, 45 millions en Amérique latine et dans les Caraïbes, 29 millions en Afrique du Nord et en Asie occidentale, et 6 millions en Océanie, soit 34 %.
L’étude révèle également que dans les pays où les institutions sont défaillantes, ainsi que dans les zones de conflit ou lors de déplacements forcés de populations entraînant un grand nombre de réfugiés, les filles sont particulièrement exposées aux risques de violences, avec une prévalence accrue de viols et d’agressions sexuelles.

Les violences sexuelles ne sont pas un fait divers : un appel urgent à la mobilisation de la société pour y mettre fin
Les violences sexuelles ne sont pas une fatalité, mais un fléau évitable. Toute la société peut s’engager pour les combattre, en adoptant des politiques globales axées sur le respect des droits humains, le progrès social, et une économie équitable. Rejeter le modèle capitaliste, qui utilise la pauvreté comme une arme politique, les inégalités et injustices, et qui alimente un mouvement destructeur, offrirait à l’humanité une autre vision du monde. Ne plus façonner ce qui détruit, mais construire la paix.
Catherine Russell, Directrice de l’UNICEF, souligne que « Les enfants vivant dans des environnements précaires sont particulièrement exposés à la violence sexuelle », ajoutant que « nous constatons des violences sexuelles atroces dans les zones de conflit, où le viol et la violence sexiste sot souvent utilisés comme armes de guerre ».

Yemen, 2024
Married at 12 and a mother of three children, Amina, now 19, rebuilds her life with a tailoring business.
Notre humanité a besoin de lumière, pas de violence.
Les violences sexuelles émanent du sens de puissance par la destruction, reflétant un état prédateur masculin. Elles s’inscrivent en accord avec un système en Hydre touchant toutes les structures de pouvoir : qu’il s’agisse de l’autorité du père, d’un membre de la famille ou du cercle familial, ou des institutions publiques, éducatives, religieuses et sociales. La violence sexuelle, en tant qu’instrument de domination, est profondément enracinées dans ces systèmes.
La société dans son ensemble exerce des abus de pouvoir à travers le système économique qui prive les plus vulnérables de leurs droits fondamentaux, de leurs possibilités de créer une nouvelle société plus juste, d’inspirer des initiatives efficaces et concrètes.
Ce système, hérité de l’antiquité, a peu évolué au cours des siècles. Aujourd’hui, cependant, grâce aux avancées scientifiques, à l’accès démultiplié à l’information via internet, et aux vastes données Big Data, la porte des possibles s’ouvre pour réaliser l’élimination des violences sexuelles. La politique n’est plus la seule maîtresse du jeu, ni les puissants, c’est à chacun d’entre nous d’agir, de contribuer à changer quelque chose dans la société.
Mettre fin à l’exploitation, pour lutter toujours efficacement contre les violences sexuelles
Le patriarcat instrumentalise la sexualité et la transforme en une arme contre l’innocence, la liberté, le droit de vivre. La culture du viol a fondé l’esclavagisme dont nos sociétés sont héritières, et elles demeurent liées aux trafics humains et à l’exploitation des plus vulnérables.
C’est par l’exploitation que la société a enrichi son capital économique et a bâti le fondement politique, avec l’idée d’un homme supérieur aux autres devenant chef, empereur, roi, président. L’oppresseur est considéré comme le plus important, et non comme étant le plus faible, car incapable de fraternité, d’humanité.
Les violences sexuelles brisent le cœur.

Ne pas être sensible aux violences sexuelles à l’encontre des enfants, c’est être inhumain.

ONU : Zéro violence – Zéro tolérance pour les agresseurs
Les prédateurs suivent cette ligne rouge de la cruauté, nourris par un culte de la prédation qui leur confère un sentiment puissant d’impunité et de droit seigneurial.
L’étude montre que la majorité des violences sexuelles subies par les enfants se produisent pendant l’adolescence entre 14 et 17 ans. Cet héritage de la Rome antique de la contrainte par la violence perdure. Une manière de détruire pour posséder à vie une population traumatisée et sous emprise. Lutter pour qu’à l’avenir plus aucun enfant n’ait à franchir les marches de la violence pour devenir un adulte.
Les mariages forcés, les grossesses précoces, les violences conjugales et sexuelles normalisées par le pouvoir masculin font de l’enfant, de la fille et de la femme, des objets de possession. Le pouvoir s’inscrit toujours dans ce schéma mental, et un système prédateur ne peut pas lutter contre lui-même. Il est primordial de rendre visibles les témoignages de violences sexuelles, de dénoncer les failles des systèmes judiciaires et politiques, souvent complices.

Anéantir un témoignage, c’est déshumaniser une deuxième fois l’enfant, l’adolescente ou la femme qui a subi des violences sexuelles.
Écouter – Je te crois

Dans les pays où la justice est conservatrice et politisée, et où la société est très sexiste, les violences sexuelles sont amplifiées. L’absence de reconnaissance des victimes, de justice réparatrice, et d’écoute véritable des témoignages, accentue leur impact destructeur. On oublie que la force de témoigner est cruciale pour permettre à la victime de se libérer, de retrouver son droit de penser, de choisir, de décider. Sans la force du témoignage de la victime, la justice ne peut exister. Classer des plaintes à hauteur de 94 % comme en France, c’est affirmer un système prédateur.
Ne pas reconnaître les violences sexuelles en niant le témoignage de la victime, équivaut à un acte de torture mentale. C’est l’abandonner, l’humilier, la laisser en détresse. L’injustice donnera toujours plus de poids au traumatisme qui peut durer toute une vie. Les enfants et adolescents victimes de violences sexuelles seront plus exposés à de nouveaux abus, à l’isolement social et aux problèmes de santé mentale, comme la dépression, l’anxiété, ainsi qu’au risque de suicide.
L’écoute est cruciale : respecter la parole libérée et dire « je te crois » est fondamental. L’étude souligne qu’il est prouvé que « l’impact est encore aggravé lorsque les enfants retardent la révélation de leur expérience », parfois pendant de longues années, où ils gardent secret les abus subis. Parfois, ne pas parler est un mécanisme de survie, car la douleur n’est pas seulement morale, mais aussi physique. Le corps, dans son intelligence, mémorise le traumatisme. Cependant, la mémoire devient traumatique, et la douleur reste omniprésente, et devient plus violente à l’évocation d’une image, d’un nom, d’un lieu, ou même d’une odeur.
À chaque fois que le cerveau se souvient dans cet espace traumatique, la survivante revit l’agression. Aujourd’hui, l’on ne sait pas soigner la mémoire, la guérir. Apaiser est le devoir de la justice à travers la justice réparatrice, et celui de la société en éradiquant les violences coercitives.

Engager des actions collectives est une urgence
L’UNICEF souligne la nécessité d’investir davantage pour une cause profondément humaine : lutter contre les violences sexuelles, contre les abus à l’encontre des enfants.
Le nombre de violences sexuelles commises dans le monde dépasse les estimations, et l’UNICEF plaide pour la nécessité d’investir dans la collecte de données pour avoir une vision plus juste de l’ampleur de la violence sexuelle contre les enfants.
La société ne peut qu’avancer vers le progrès mettant l’humain au cœur des politiques, si l’humanité veut perdurer. Des défis immenses nous font face actuellement, et pour ne pas se sentir submerger, il est primordial de s’unir, de réfléchir ensemble, de ne pas accepter l’inacceptable que sont les violences sexuelles.
Aujourd’hui, la justice et les gouvernements sont face à leurs responsabilités. Ils ne peuvent plus effacer des vies innocentes, garder un système d’impunité, ne pas reconnaître la valeur du consentement, qui est un droit humain fondamental.

Une prise de conscience mondiale est nécessaire et urgente
Le mois prochain, il se tiendra en Colombie, la première conférence ministérielle mondiale sur la violence à l’égard des enfants. L’étude met en avant par les données alarmantes l’urgence d’agir pour fonder dès à présent un monde en paix, où un enfant pourra grandir en toute sécurité.

Pour lutter contre les violences sexuelles, l’Unicef appelle à l’action des gouvernements et de la société
L’UNICEF recommande la mise en place d’initiatives par la volonté de remettre en question et transformer les normes sociales et culturelles qui autorisent les violences sexuelles et dissuadent les enfants de témoigner, de demander de l’aide.
Un système d’impunité appliqué en France, où les survivants comprennent que la justice est l’alliée des agresseurs qui utilisent toutes les défaillances mises à leur disposition. Des plaintes classées et « ils n’enquêtent pas » des associations féministes, comme la Fondation des femmes. La justice oublie que parmi les femmes survivantes de violences, il y a les femmes subissant des violences depuis leur enfance. La justice absente à chaque fois, a rompu la confiance et son devoir de protéger.

Informer les enfants et adolescents
Informer, l’éducation devrait intégrer un programme d’informations précises, accessibles et adaptées à l’âge de l’enfant, pour lui donner les clés pour reconnaître et dénoncer les violences sexuelles. Un enfant est intelligent, une personne sérieuse, et il est innocent, pas ignorant.

Veiller à ce que chaque enfant victime ou survivant puisse accéder à ses droits, au droit à la justice, à des services de haute qualité favorisant l’apaisement, et réduisant les risques d’autres préjudices.
Renforcer les lois visant à protéger les enfants contre toutes formes de violence sexuelle en investissant pour former des personnes, ouvrir des ressources, réanimer la justice.
Mettre en place des données nationales performantes pour lutter contre la violence et les agresseurs pour qui il suffit de changer de région pour garantir toujours plus leur impunité.
Le patriarcat doit prendre fin définitivement, et être condamné au niveau international. Ne pas attendre 10 ans de plus pour faire le pas qui change tout.
Fédora Hélène

Selon l’association Mémoire traumatique et victimologie, « La France a des obligations internationales vis à vis de ces graves violations des droits humains : celles de protéger, de prendre en charge et de réparer les victimes, de poursuivre, de condamner les agresseurs et d’empêcher toute réitération de ces violences »
94 % des plaintes pour violence sexuelle sont classées. Les enquêtes ne sont pas.
0,6 % d’agresseurs condamnés après des procédures judiciaires durant des années, jusqu’à plus de dix ans.
France :
. Toutes les 3 minutes, un enfant subit des violences sexuelles.
. Toutes les moins de 6 minutes, une femme subit une tentative de viol ou un viol.
. 81 % des victimes de violence sexuelle ne sont pas protégées, selon Mémoire traumatique et victimologie.
Justice : Le viol est un crime et souvent il est correctionnalisé. La réforme Dupond-Moretti efface sans appel un crime : le viol. Ce crime est dorénavant jugé devant les cours criminelles départementales, quand il n’est pas réduit à un délit. Les violences sexuelles sont fermement condamnées par le droit international humanitaire. En France, les survivantes subissent l’autre violence, celle du système judiciaire et politique. La culture du viol s’amplifie par une société cultivant la perversité narcissique et l’omerta déshumanisant des filles et des femmes.
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