Odessa, cible des attaques de la Russie : son patrimoine une nouvelle fois en danger

Odessa, l’urgence de protéger son patrimoine culturel

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La Russie a une nouvelle fois attaqué le sud de l’Ukraine, touchant dans la nuit du jeudi 14 novembre au vendredi 15 novembre le centre historique d’Odessa, joyau culturel. Des frappes qui ont tué au moins dix personnes et blessé 18 autres dont un enfant. 

Les frappes russes ont endommagé une vingtaine de bâtiments historiques et religieux, ainsi que des écoles situées dans le centre historique d’Odessa, qui est inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril et protégé depuis 2023 par la Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO. 

La représentante de l’UNESCO en Ukraine s’est entretenue dès vendredi après-midi avec une représentante de la mairie d’Odessa pour l’évaluation des dommages, soutenue par des experts qui se sont rendus sur place samedi, ainsi que pour la sécurisation des bâtiments.

L’UNESCO condamne les attaques contre Odessa et rappelle qu’elles constituent une violation du droit international. 

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Odessa : une cible récurrente 

Le sud de l’Ukraine a été particulièrement touché par des bombardements russes en 2023, notamment lors de la nuit du dimanche 23 juillet au lundi 24 juillet. Les frappes ont touché plusieurs sites culturels situés dans le centre-ville d’Odessa, dont la cathédrale de la Transfiguration, première église orthodoxe d’Odessa fondée en 1794. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères avait alors déclaré, « La cathédrale de la Transfiguration, située dans le centre historique d’Odessa, protégée par l’UNESCO, a été détruite. Un crime de guerre qui ne sera jamais pardonné ».

La directrice générale de l’UNESCO avait alors condamné « cette destruction scandaleuse » marquant « une escalade de la violence contre le patrimoine culturel de l’Ukraine ».


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Protection du patrimoine culturel en temps de guerre

La destruction intentionnelle de sites culturels peut constituer un crime de guerre, ainsi que le Conseil de sécurité des Nations Unies l’a confirmé dans la résolution 2347 (2017) condamnant la destruction illégale du patrimoine culturel, y compris de sites religieux. 

La Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et la Convention du patrimoine mondial de 1972, protègent également le bien culturel universel en vertu du droit international. 

L’UNESCO ayant notamment pour vocation la protection du patrimoine mondial culturel, demande de cesser toute attaque contre le patrimoine culturel d’Ukraine. L’Organisation protège la mémoire de l’humanité s’exprimant à travers des œuvres architecturales révélant la richesse de la créativité, des connaissances, d’un savoir transmis de génération en génération, un livre à ciel ouvert de l’histoire des peuples, des croyances, de l’ancrage d’une civilisation sur sa terre. 

Protéger le patrimoine historique de la ville Odessa, c’est défendre l’identité du peuple ukrainien, préserver l’histoire d’une ville cosmopolite, multiculturelle. 

Lors de l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  du Centre historique d’Odessa, Audrey Azoulay a déclaré « Odessa, ville libre, ville-monde, port légendaire qui a marqué le cinéma, la littérature, les arts, est ainsi placée sous la protection renforcée de la communauté internationale », soulignant « alors que la guerre se poursuit, cette inscription incarne notre détermination collective à faire que cette ville, qui s’est toujours relevée des déchirements du monde, soit préservée de plus amples destructions ». 

La Russie a malheureusement dans la nuit du 14 au 15 novembre nié le droit international, et a consenti à endommager ce qui constitue l’histoire commune de l’humanité. Un patrimoine historique qui, à la mémoire des épreuves collectives, transmet un message plaidant pour l’universalité de la culture et pour la durabilité de la paix. 

 Fédora Hélène


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