Un appel à l’action pour les glaciers
Le 21 mars marque désormais une date essentielle dans la lutte pour la préservation de notre planète : la Journée mondiale des glaciers. Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus vaste, puisque l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé 2025 Année internationale de la préservation des glaciers. Ce moment crucial, porté par l’UNESCO et l’Organisation météorologique mondiale (OMM), avec le soutien de plus de 75 organisations internationales et 35 pays, vise à sensibiliser l’humanité au rôle vital des glaciers pour la population mondiale, l’économie, la culture et la spiritualité.
Les glaciers sont bien plus que de simples masses de glace : ils sont les gardiens silencieux de notre équilibre écologique, des châteaux d’eau irremplaçables, une mémoire vivante de l’histoire climatique de notre planète. Pourtant, leur fonte s’accélère sous l’effet du réchauffement climatique. Malgré 130 ans d’observation et d’études, il nous reste tout à apprendre sur ces géants de glace. À chaque confirmation scientifique, nous réalisons combien notre savoir est encore fragile face à l’immensité de la nature.
L’urgence est absolue : il faut mobiliser des ressources pour la recherche scientifique, rendre la science ouverte et accessible à tous, afin que chacun puisse comprendre, apprendre et agir. L’UNESCO s’engage à promouvoir l’éducation et l’enseignement sur le changement climatique, à renforcer la connaissance des glaciers et à éveiller les consciences.

L’histoire nous rappelle que la science a toujours été notre meilleur outil pour décrypter le monde : en 1894, lors du 6ᵉ congrès géologique international à Zurich, la Commission internationale des glaciers a été créée pour surveiller leur évolution. À l’époque, l’impact des activités humaines sur le climat n’était pas encore une préoccupation centrale. Pourtant, déjà, une volonté naissait : comprendre le passé pour mieux anticiper l’avenir. Ce n’est qu’en 1965, avec la première Décennie hydrologique internationale conduite par l’UNESCO, que la nécessité d’un inventaire mondial des masses de glace et de neige s’est imposée.

Aujourd’hui, nous sommes face à un point de bascule. L’accélération de la fonte des glaciers menace non seulement l’environnement, mais aussi la stabilité et la paix dans le monde. Choisir l’inaction, c’est accepter le chaos. Choisir la vie, c’est défendre l’harmonie.
Le 21 janvier, lors de la cérémonie de lancement de cette initiative internationale, M. Bahodur Sheralizoda, Président du Comité pour la protection de l’environnement du Tadjikistan, a déclaré « nous sommes convaincus que cette initiative mobilisera la communauté mondiale, inspirera des actions et conduira à l’adoption des politiques et solutions nécessaires pour protéger ces ressources naturelles inestimables. »

Parmi les symboles les plus forts de l’alliance entre l’homme et sa planète, les glaciers et montagnes occupent une place essentielle.
Ils constituent un patrimoine environnemental mondial, une réserve précieuse d’eau douce, ayant permis le développement de l’humanité et la prospérité de l’agriculture.
L’aventure humaine s’est construite en osmose avec les glaciers, ces châteaux d’eau indispensables à la survie de l’humanité.
Les glaciers sont vivants, et c’est la vie qu’ils nous offrent. Sans concession, la Terre mère donne tout pour la prospérité de la nature et de l’humanité. Véritables réservoirs d’eau douce, les glaciers sont une ressource cruciale pour notre planète. Un bien naturel précieux, sacré, considéré comme divin par certaines populations vivant près des monts Rwenzori en Ouganda. Aujourd’hui, ces peuples déplorent que « leurs dieux fondent ».
Baptisés Monts de la Lune, ce massif culmine à plus de 4 000 mètres au-dessus de la vallée du Rift Albertin. Une chaîne de montagnes qui abrite le troisième plus haut sommet d’Afrique : le Mount Margherita (5 109 m). Un paysage grandiose, possédant la flore montagnarde la plus riche du continent, havre de paix pour 217 espèces d’oiseaux répertoriées, un nombre en constante augmentation. La forêt montagnarde est aussi un refuge pour des espèces menacées comme l’éléphant de forêt d’Afrique et le chimpanzé oriental.
Terre d’harmonie, de spiritualité, les glaciers du parc national des Rwenzori, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, sont pourtant menacés par le réchauffement climatique. Leur fonte semble inexorable, et les scientifiques estiment que d’ici 2030, ils auront disparu, alerte l’IUCN. Une catastrophe qui entraînerait un déclin de la flore et une modification à long terme de la végétation.
Malgré un plan de surveillance de la biodiversité établi en 2010, ce parc protégé ne bénéficie pas d’un programme de recherche et de surveillance écologique complet. Sa protection dépend des investissements d’ONG internationales partenaires et du soutien de donateurs.

Préserver les châteaux d’eau du monde
La protection des glaciers exige un engagement global et multilatéral. Il est nécessaire d’agir en connexion et en interaction pour préserver la symbiose que les glaciers ont initiée entre la nature et l’humain.

© Andreas Trepte_Public Domain
Les initiatives écologiques interviennent dans de nombreux domaines : l’économie, l’agriculture, la culture, la spiritualité, mais aussi l’art, qui porte un message fort pour sensibiliser et engager des actions de préservation. Comprendre la menace qui pèse sur ces châteaux d’eau du monde, c’est aussi ressentir l’émotion que suscite cette nature immaculée, qui nous surprend toujours par sa beauté. Les montagnes et les glaciers s’inscrivent dans cette valeur sacrée de la vie.
Nous ne pouvons qu’à peine imaginer un monde privé de la splendeur des glaciers, de ces paysages où s’entrelacent la spiritualité et la terre, où l’humain vit en osmose avec le vivant. La crainte de la disparition de cet équilibre provoque un traumatisme profond, mettant nos sociétés en état de dépression face à la destruction d’un patrimoine essentiel.
Nous avons besoin des ressources naturelles pour survivre, physiquement et émotionnellement. La splendeur des glaciers nous offre ces instants de profond recueillement au cœur de la nature, un moment de gratitude envers un bien vital qui nous a été donné : l’eau.

L’eau, vitale pour le corps et l’esprit
Une partie de l’eau que nous buvons provient des glaciers et des montagnes. 70 % de l’eau douce mondiale est issue des glaciers et des calottes glaciaires. Aujourd’hui, nous avons besoin des 275 000 glaciers et calottes glaciaires de la planète pour vivre.
Plus de 2 milliards de personnes dans le monde dépendent directement de ces glaciers pour avoir accès à l’eau douce. Dans le même temps, une autre estimation révèle que plus de 2 milliards de personnes sont privées d’un accès à l’eau potable. « L’accès à l’eau est un droit humain vital pour la dignité de chaque être humain. Pourtant, des milliards de personnes en sont toujours privées », rappelle Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO.
Une eau vitale, mais fragile. L’industrie impacte l’élément le plus précieux pour que l’humanité perdure.
Nos sociétés ne pourraient poursuivre leur ascension technologique sans l’industrie, mais quel serait le sens d’un progrès qui détruit les ressources naturelles, accélère la fonte des glaciers et met en péril les océans ? Ces deux éléments vivants sont essentiels à la survie de l’humanité.
Réchauffement climatique : accélérateur de la fonte des glaciers
L’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée, succédant à 2023, où les glaciers ont connu leur plus grande perte de masse en cinquante ans. La cryosphère terrestre est en péril, mettant en danger la sécurité hydrique qui soutient le développement économique et social, la santé humaine et la biodiversité.

« L’OMM a récemment confirmé que 2024 était l’année la plus chaude jamais enregistrée. Elle a tiré la sonnette d’alarme à de nombreuses reprises au vu de l’état de notre climat, notamment le recul des glaciers », a rappelé la Secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo. Elle a précisé que « la fonte des glaces et des glaciers menace la sécurité de l’approvisionnement en eau à long terme de plusieurs millions de personnes », ajoutant que « cette année internationale doit amener à une prise de conscience dans le monde entier ».

Le réchauffement climatique provoque des hivers de plus en plus doux, empêchant l’expansion hivernale de la banquise dans les mers de l’hémisphère Nord, alerte Météo France. L’hiver 2024/2025 confirme cette tendance alarmante : selon les données satellitaires d’EUMETSAT, « l’extension de la banquise n’a jamais été aussi faible », rapporte Météo France en mars 2025.
Un constat inquiétant : à la fin de l’hiver 2025, la banquise couvre à peine plus de 14 millions de km². Comparé aux années 80, cela représente une réduction de 12 % de la surface des mers gelées.
La source de vie est en danger. Ce patrimoine exceptionnel, gardien de la mémoire climatique de la Terre, est menacé. Son effacement signifie la perte de notre propre mémoire, de nos connaissances, de notre capacité à apprendre et à comprendre qui nous sommes. L’humain a besoin de sens, de le cultiver, de l’enrichir, car le savoir ouvre la porte à notre humanité et fortifie la paix.
En ces temps de bouleversements géopolitiques, la science subit la pression de politiques oppressantes et réactionnaires. Aux États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, des décrets ont supprimé des postes de chercheurs dans des domaines clés comme l’étude du climat, des océans et de l’atmosphère. Face à ces attaques, le mouvement « Stand Up For Science » s’est mobilisé pour soutenir les scientifiques menacés, non seulement dans leur emploi, mais aussi dans leur liberté d’investigation et d’expression.
La liberté, respiration vitale de la nature, est aussi celle de l’esprit humain. La planète se régénère par sa propre force de vie, par cette renaissance perpétuelle que l’humanité doit préserver. La liberté est un lien profond entre l’homme et la Terre, une énergie qui traverse chaque être vivant, chaque élément, de l’eau aux glaciers, des océans aux forêts.
Le monde est un équilibre fragile qui repose sur l’interconnexion de toutes ses composantes. L’instabilité politique et environnementale accélère la fonte des glaciers, avec des conséquences tragiques pour des millions de personnes à travers tous les continents.
Dans cette dynamique, l’alliance idéologique entre Donald Trump et Elon Musk autour de la suprématie industrielle pose une question fondamentale : quelle est la véritable définition du progrès ?
Est-il synonyme d’exploitation effrénée des ressources, ou bien doit-il s’inscrire dans une vision durable, où l’humain est enraciné dans sa Terre comme les racines d’un arbre ? La véritable sécurité réside dans la solidarité scientifique internationale, dans des politiques aux valeurs humanistes, dans le dépassement de soi pour construire un avenir respectueux de l’environnement.
Il faut réapprendre à voir la nature comme un partenaire et non comme un territoire à conquérir. Rechercher en nos sociétés la source de la vie, réintégrer la nature au cœur des villes, freiner la finance du béton pour stopper l’avancée du désert, qui est l’expression ultime de la détresse de l’eau.
Les défis climatiques sont immenses. Il est temps d’avancer.
Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, l’a rappelé : « La préservation des glaciers est l’un des défis les plus urgents de l’humanité. Ces anciennes formations de glace ne sont pas que de l’eau gelée : elles sont les gardiennes de l’histoire climatique de notre planète, la source de vie de milliards de personnes et des lieux sacrés pour de nombreuses cultures. Leur disparition rapide nous rappelle brutalement que nous devons agir maintenant. »

© OUR PLACE The World Heritage Collection
Auteur : Daniel Maviet
Les glaciers sont vivants : Préserver et protéger la vie
Toutes les régions du monde sont impactées par la fonte des glaces.
Les gaz à effet de serre pourraient entraîner d’ici 2 100 pour les glaciers se situant en Europe, en Afrique de l’Est, dans les Andes et en Indonésie, une perte de 80 % de leur masse.
Les activités économiques, agricoles, culturelles seraient alors directement impactées par le recul des glaciers de haute montagne, ainsi que les ressources en eau.
L’UNESCO rappelle qu’environ 10 % des glaciers sont situés dans seulement 50 sites du patrimoine mondial, réserves de biosphère, ils forment les parcs géographiques mondiaux.
Un patrimoine mondial qui pourrait voir s’éteindre 50 % des glaciers à la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre continuent au rythme actuel.
L’Année internationale de la préservation des glaciers, instaurée par les Nations Unies, souligne l’urgence d’une action efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pendant ce temps, les études climatiques révèlent une réalité alarmante : un tiers des derniers glaciers du continent africain, dont ceux du Kilimandjaro et du Mont Kenya, auront disparu d’ici 2050, alerte l’UNESCO.

© Evergreen
Un facteur risque important pour les glaciers : les incendies de forêt
Les incendies de forêt dévastateurs qui ont frappé l’ouest du Canada ont eu des conséquences néfastes sur les glaciers, a rappelé le Dr John Pomeroy, directeur du programme Global Water Futures et professeur émérite de géographie à l’Université de Saskatchewan.
Il a alerté sur la pollution générée par les incendies de forêt à l’ouest du Canada, notamment par la suie qui noircit les glaciers. Après de telles catastrophes, les glaciers se retrouvent recouverts de débris, de suie et de cendres, effaçant leur blanc éclatant caractéristique. Leur surface ternie, noircie et polluée absorbe davantage la chaleur, accélérant ainsi leur fonte et contribuant à leur fragilisation.
Il souligne également que cette pollution modifie le débit des cours d’eau, impactant directement l’agriculture, qui dépend des rivières issues des montagnes, et compromettant l’approvisionnement en eau des grandes villes.
D’autre part, dans les régions agricoles de l’hémisphère Nord, le dégel du pergélisol – dont certaines couches remontent à plusieurs millions d’années – représente déjà une menace pour les écosystèmes locaux et entre 3 et 4 millions de personnes en subissent les conséquences. Il accentue également le risque de feux de forêt dans le cercle polaire, en asséchant les sols et en aggravant la hausse des températures, dont il est lui-même un indicateur, alerte le CNRS.
Par ailleurs, le dégel du pergélisol peut entraîner l’accélération du métabolisme de bactéries et la transformation rapide de la matière organique en CO2 et participer à l’augmentation des GES dans l’atmosphère. Cependant, le dernier rapport du GIEC se veut rassurant et estime que le dégel du pergélisol s’effectuera sur des échelles de temps lointaines, ne provoquant pas ainsi un effet de bouillonnement climatique proche.
La fonte des glaciers engendre une situation qui a un impact global sur les activités humaines, ainsi que sur les villages pouvant être menacés par des catastrophes naturelles, comme les inondations liées à la fonte des glaciers et des champs de neige.
La fonte des glaciers : l’agriculture en péril
Le Dr John Pomeroy souligne que « nous avons tous été des peuples de l’agriculture glacière à un certain degré sur tous les continents ». L’histoire de l’humanité est unie à celle de notre planète. C’est un lien fort et vivant. Nous séparer de la nature ne peut que causer un état dépressif, comme si nous ôtions tout sens à la vie, toute harmonie pour l’humanité.
L’effondrement des glaces, le recul des glaciers du fait du réchauffement climatique, la modification du pergélisol et de la couverture neigeuse font partie des facteurs imposant d’importants changements aux cours des 50 dernières années dans l’environnement du troisième pôle.
Une région également appelée « Château d’eau de l’Asie », elle englobe le plateau tibétain, l’Himalaya, l’Hindu Kush, la Pamir et les montagnes du Tien Shan.
Les eaux provenant de la fonte des glaces et de la neige alimentent notamment le Gange et le Brahmapoutre. Une eau essentielle pour le développement socio-économique des pays dépendants de cette ressource naturelle. Ce sont plus de 129 millions d’agriculteurs dans les bassins du Gange et du Brahmapoutre dont les moyens de subsistance dépendent de cette eau précieuse.
Une ressource vitale pour différents pays près des grands lacs et fleuves d’Asie, et faisant vivre au total : 1,7 milliard d’habitants.
Le troisième pôle est une région où le changement climatique sensibilise directement l’environnement, ce qui appelle à renforcer le programme TPE mis en place en 2010 (Third Pole Environnent – Académie chinoise des sciences)

Pénurie d’eau douce : agir maintenant
Le rapport sur l’état des ressources en eau mondiales 2023 publié par World Meteorological Organization (WMO) met en garde sur les risques liés à l’eau.
À partir de nouvelles données plus complètes sur les lacs, réservoirs, les glaciers et l’humidité des sols, le rapport a pour objectif de collecter des données mondiales sur les variables hydrologiques pour renforcer les systèmes d’alerte concernant les risques et défis majeurs liés à l’eau d’ici 2027.
Actuellement, il informe que 3,6 milliards de personnes sont confrontées à des pénuries d’eau. Un nombre qui devrait dépasser 5 milliards de personnes d’ici à 2050. Les conséquences seront importantes pour la santé, et s’inscriront dans un processus global de crises interconnectées et pluridisciplinaires de l’économie, aux droits sociaux, au risque de conflits et de déplacements forcées de populations.
Le risque de catastrophes climatiques, telles que les inondations, s’intensifie sous l’effet du changement climatique et menace directement les populations les plus vulnérables.
Le rapport note que les réservoirs en Inde, en particulier le long de la côte ouest, ont connu des rapports inférieurs ou très inférieurs à la normale en 2023. L’on rencontre des conditions identiques en Australie, où le fleuve Murray Darling a un niveau inférieur à la normale enregistré.
À l’inverse, les réservoirs sud-africains ont dernièrement enregistré un niveau supérieur à la normale du fait de conditions plus humides que d’ordinaire.
Objectif 2025 – préserver les glaciers, c’est protéger la vie
Une urgence à agir – Communiquer, sensibiliser, partager les savoirs, informer le grand public sur la détresse des glaciers, le réchauffement climatique – cela constitue une priorité pour l’UNESCO qui constate que tout reste à faire.
Enseigner le changement climatique
« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde. » Nelson Mandela
Fidèle à cette parole juste, l’UNESCO compte sur la sensibilisation du grand public au niveau international à la cause des glaciers, en commençant par l’éducation.
Cependant, l’UNESCO informe que selon des études, moins de 40 % des enseignants se déclarent aptes à transmettre un enseignement sur les impacts du changement climatique et que 70 % des jeunes ne maîtrisent pas le sujet.
D’autre part, selon une étude de l’UNESCO publiée en 2021, il a été établi que 47 % des programmes nationaux scolaires analysés dans 100 pays ne possèdent aucune référence au changement climatique, tandis que d’autres le mentionnent, mais de manière superficielle.
Cependant, 95 % des enseignants interrogés estiment qu’il est important d’enseigner le climat et ses bouleversements.
À la suite de cette étude donnant la parole aux jeunes, l’UNESCO a publié en juin 2024 : Greening curriculum guidance – pour l’enseignement et l’apprentissage du changement climatique.
Différents thèmes y sont abordés, dont la gestion de l’éco-anxiété, ainsi que la compréhension des sciences du climat. Prendre conscience que le changement climatique nous concerne tous.
Le sujet de la fonte des glaciers peut paraître concerner que des zones isolées et difficiles d’accès, alors que l’impact de la fonte des glaces nous concerne tous par le dérèglement du cycle de l’eau, ainsi que par l’élévation du niveau de la mer menaçant des zones côtières.
Impliquer la jeunesse pour qu’elle puisse bâtir une nouvelle société juste et durable, pour ensemble travailler sur la préservation du futur.
Multiplier l’initiative de l’UNESCO basée sur la science ouverte pour tous pour partager les données des études et rapports scientifiques, comme le Rapport du GIEC.
Ensemble – Apprendre et comprendre
Actuellement, l’océan mondial couvre 71 % de la surface de la Terre et contient environ 97 % de l’eau de la Terre, tandis qu’environ 10 % de la superficie terrestre est recouverte par les glaciers ou calottes glaciaires. Deux éléments vivants et en communion, l’océan et la cryosphère, sont indispensables à la vie sur Terre, possèdent une biodiversité unique et précieuse et sont interconnectés avec d’autres éléments composants le système climatique par l’échange mondial d’eau, d’énergie et de carbone, souligne le rapport du GIEC.

Comprendre, apprendre cet environnement prestigieux est non seulement essentiel, mais constitue aussi un droit de savoir, d’accéder à la connaissance de l’environnement pour que chacun puisse prendre part aux décisions qui concerne son avenir, et pour que chacun puisse communiquer en fraternité avec les populations autochtones vivant en permanence en arctique et représentant 10 % des populations résidant en arctique, comptant au total 4 millions de personnes.
La participation des jeunes est essentiel pour la préservation de l’environnement
La participation des jeunes est essentielle pour préserver l’avenir en établissant une relation apaisée et enrichissante avec les peuples autochtones. Il s’agit d’avancer vers une nouvelle relation humaine fondée sur la confiance et la reconnaissance.
Les populations autochtones d’Asie, d’Amérique latine, du Pacifique et d’Afrique de l’Est cultivent un lien culturel et spirituel avec les glaciers qui ont une dimension sacrée, un espace où les divinités sont présentes. La perte des glaciers, c’est l’oubli futur des traditions et cultures ancestrales reconnues par l’UNESCO en tant que patrimoine immatériel de l’humanité.
Les richesses des glaciers se déclinent en ressources naturelles, culturelles et spirituelles et forment l’héritage dû à la jeunesse et aux générations futures.
L’agriculture, ainsi que de nombreux secteurs économiques, comme l’hydroélectricité, vivent grâce aux ressources des glaciers, et constituent ce que les jeunes doivent recevoir pour développer leur avenir, posséder une autonomie, des moyens de subsistance sociaux-économiques.
Partager, se rencontrer pour protéger les ressources durables en eau
Écologie et paix : un même combat
Aller à la rencontre d’un environnement naturel, c’est découvrir la fraternité, c’est faire humanité, établir des dialogues de confiance, des objectifs communs pour le développement durable et la capacité de vivre libre, avec une économie saine pour une planète où règne l’équilibre. La lutte contre les conflits armés passe par le chemin de l’écologie humaniste.
À l’époque, où des puissances communiquent par toujours plus de menaces de guerre nucléaire, il apparaît crucial de mettre le bien-être de la planète et de l’humain au cœur des discussions internationales.
Les glaciers : un enjeu global, un défi collectif

One Planet, One Health – Une initiative des Nations Unies en collaboration avec ses partenaires, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), rappelle qu’il n’existe qu’une seule santé, et que par conséquent le manque de ressources durables en eau, l’usage excessif d’engrais et de pesticides et d’antimicrobiens dans les systèmes agroalimentaires nuisent à la santé de l’agriculture, lien direct entre l’homme et la Terre nourricière.
Protéger tout le monde sur Terre : ne laisser personne de côté
L’augmentation de la population mondiale demande des politiques climatiques de résilience. Dans les régions de hautes montagnes, la population en 2050 devrait atteindre entre 740 et 840 millions de personnes, contre environ 680 millions en 2010, soit 10 % de la population mondiale. Cela exige dès à présent la protection des écosystèmes, de l’océan et de la cryosphère produisant les ressources en eau et en nourriture, ainsi que de travailler sur l’énergie renouvelable, le bien-être et la santé globale.
Renforcer la recherche scientifique

Les objectifs 2025 engagent des initiatives pour surveiller les glaciers, analyser les données, développer un système d’alerte pour prévenir des dangers liés à la fonte des glaciers, comme des glissements de terrain.
Il est également essentiel de promouvoir des ressources en eau durables, en rappelant aux décideurs qu’une partie de l’eau que nous buvons provient des glaciers et des montagnes.

Le Dr John Pomeroy a déclaré, « les glaciers ne se soucient pas de savoir si nous accordons du crédit à la science. Ils fondent sous l’effet de la chaleur, au vu et au su de tous ». Puis, il a expliqué que « Nos « eaux gelées » agissent comme des millions de petits barrages, retenant l’eau jusqu’à la fonte des neiges ou des glaciers – juste au moment où nous en avions besoin. Plus de 2 milliards de personnes dépendent de la neige et de la glace des montagnes pour réalimenter leurs cours d’eau, leurs lacs et leurs nappes phréatiques à l’appui des écosystèmes, de l’agriculture, de l’énergie, de l’industrie et des ressources en eau potable. Tout cela est aujourd’hui menacé par le réchauffement de la planète, qui entraîne un recul rapide des glaciers, des inondations par débordement de lacs glaciaires, des sécheresses en lien avec la neige, la perte des glaces de mer, l’élévation du niveau des mers, le dégel du pergélisol et des incendies de forêt »

© Hans Henrik Tholstrup /
Agir ensemble pour préserver la paix et l’environnement
Ensemble, nous sommes à un tournant décisif de l’histoire de notre planète. Chaque geste, chaque action en faveur de la préservation des glaciers, de l’eau et de notre environnement participe à la construction d’un avenir plus juste et plus durable. Il n’est jamais trop tard pour changer notre relation avec la Terre, pour ouvrir des voies d’apprentissage et de solidarité. En choisissant la paix, la coopération et le respect des peuples et de la nature, nous avons le pouvoir de transformer les défis en opportunités. L’avenir appartient à ceux qui, aujourd’hui, choisissent d’agir, de protéger et de transmettre à la jeunesse un monde plus harmonieux. Ensemble, cultivons l’espoir, portons la voix des glaciers et œuvrons pour la paix, car la préservation de la vie sur Terre est la plus grande des victoires.
Fédora Hélène


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