600 jours de terreur à Gaza : un tournant tragique de l’Histoire
Jonathan Whittall, Chef de bureau de l’OCHA pour le territoire palestinien occupé.
Le 28 mai 2025 marque l’Histoire par un chiffre terrible : 600 jours de terreur à Gaza.
« Hier, nous avons vu des dizaines de milliers de personnes désespérées – sous le feu – prendre d’assaut un point de distribution militarisé établi sur les débris de leurs maisons », a témoigné Jonathan Whittall.
Une journée, près de 50 personnes auraient été abattues et blessées. Le verbe de l’horreur : abattre des civils, dont des enfants représentant la moitié de la population à Gaza.

L’exécution d’un peuple sous les yeux du monde
Une exécution de la population de Gaza se déroule sous les yeux du monde. Le soutien de Donald Trump à Netanyahu marquera à jamais l’Histoire d’Israël et des États-Unis.
Les Palestiniens subissent une « agression contre leur dignité humaine » qui s’accélère, alerte Jonathan Whittall.
Depuis onze semaines, le blocus ordonné par Israël impose « délibérément et sans vergogne des conditions inhumaines aux civils dans le territoire palestinien occupé », alerte Thomas Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence lors du Conseil de sécurité.
Une injustice universelle
Une situation d’injustice qui n’implique pas uniquement la région concernée par les hostilités, mais qui interroge le monde entier.
L’humanité est arrivée à ce moment précis de l’histoire, où se déroulent des événements tragiques, des actes de barbarie contre une population, et où la question se pose à tous : Tout a-t-il été fait pour empêcher la cruauté de devenir une puissance contre ce qui est précieux : des vies humaines ?
Dans un article précédent, j’ai évoqué cette question qui s’est révélée cruciale à différentes époques de l’Histoire.
Nous regardons la situation dramatique de Gaza depuis l’extérieur, avec ce sentiment d’impuissance, et l’on peut demander aux dirigeants, gouvernements, décideurs :
Est-ce que tout a été mis en œuvre pour empêcher l’horreur que vit la population de Gaza depuis 600 jours ?
Le poids du commerce, le silence des puissants
Les sociétés riches étaient-elles plus préoccupées par le mondialisme commercial, par les exportations d’armement, par le pouvoir oppresseur de la géopolitique, les guerres plaçant la Terre en état de bouillonnement, ainsi que la crise climatique mondiale ?
L’humain a-t-il oublié qu’il appartient à la planète Terre, et que de sa respiration aux battements de son cœur, tout se rythme à la mesure de l’énergie de la vie ?
Que tous les éléments du monde vivant se réfléchissent en nous ?
Que l’être humain est le produit de tout le vivant ? Il est un en tout.
Le rappeler pour l’espoir de voir naître une nouvelle ère : la réconciliation.
La destruction de Gaza concerne toute l’humanité
Il y a une origine de la vie et tout émane d’elle.
Comment pourrions-nous penser que la destruction d’enfants à Gaza, l’innocence et la bonté brisée, peuvent être contenues uniquement dans un territoire sans impacter le monde ?
La communauté internationale forme une unité. L’universalité est cette volonté de concevoir les pays comme les différents rayons d’un même soleil.
Le mondialisme, sorti des effets négatifs de la concurrence, des profits, de cette limite créée par l’homme, peut apparaître comme une fidélisation du partage, de l’entraide.
Nos sociétés sont interconnectées, interagissent, et l’on ne peut décider d’un seul coup une rupture de la fraternité quand cela arrange un système lobbyiste.
Le système ne serait alors que destructeur, recherchant uniquement par la guerre et le marchand à définir le sort de l’humanité – et non plus son sens : l’existence.
Les paroles qui marqueront l’Histoire
C’est ainsi que les paroles de Thomas Fletcher sont cruciales, et que la réponse internationale va définir le futur de l’humanité.
Il s’adresse aux Membres du Conseil de sécurité et leur demande de réfléchir à ce qu’ils diront aux générations futures : « Sur les mesures que nous aurons tous et toutes prises pour mettre un terme à cette atrocité du XXIe siècle. »
« Nous sommes témoins jour après jour » de ce qui se passe à Gaza, rappelle-t-il.
Le silence complice écrit l’Histoire tragique de l’humanité. C’est ce qui se passe actuellement.
Chacun d’entre nous vit cet instant douloureux. Notre vie ne peut s’en désunir. Cela s’appelle la conscience, la dignité humaine.

Élever la voix pour la paix
Chacun d’entre nous peut élever sa voix pour la paix, la reconnaissance de la Palestine, et pour demander aux dirigeants qui représentent les citoyens, d’engager des mesures européennes efficaces et concrètes contre Israël, ainsi que de travailler pour réaliser une paix durable.
Les décideurs sont face à la réalité de leurs actes.
« Peut-être emploierons-nous ces mots vides de sens : nous avons fait tout ce que nous pouvions faire » – une question que nous entendrons « tout au long de notre vie », a déclaré Thomas Fletcher.
Aujourd’hui, 2,1 millions de Palestiniens dans la bande de Gaza sont confrontés au risque de famine, rappelle-t-il.
Plus rien ne rentre à Gaza. Ni alimentation. Ni eau. Ni médicament. Ni carburant. Ni tente d’urgence.
L’aide humanitaire en souffrance
Alors que les travailleurs humanitaires ont été la cible des forces israéliennes, que les organismes de l’ONU et ONG sont impuissants, quatre centres de distribution situés dans le centre et le sud de Gaza sont sécurisés par des entrepreneurs de sécurité américains privés, où les Palestiniens qui peuvent les atteindre recevront des rations, alerte Jonathan Whittall.
Il affirme que : « Le système de distribution nouvellement développé est plus qu’un simple contrôle de l’aide. »
Il alerte également sur le fait que l’un de ces centres se trouve : « Près de l’endroit où les forces israéliennes ont tué et enterré dans une fosse commune 15 premiers intervenants. »
Choqué, il exprime : « Pour moi, c’est un symbole grotesque de la façon dont la vie à Gaza, et ce qui la soutient, est effacée et contrôlée. »
Le droit humanitaire bafoué
L’aide humanitaire ne peut être le plan politique d’intérêts privés, d’une géopolitique extrême.
C’est un partage profondément humain et naturel, essentiel pour que l’humanité perdure.
L’entraide est naturelle, un souffle d’air bienveillant.
« Le nouveau modèle de distribution ne peut répondre aux besoins de Gaza », souligne Jonathan Whittall.
Puis, il affirme que : « Concevoir sciemment un plan qui ne répond pas aux obligations minimales du droit international équivaut essentiellement à un aveu de culpabilité. »
Humanitarisme et liberté
Le travail humanitaire possède une dimension universelle, qui s’inscrit dans une volonté de bien commun à l’humanité, et vise à atteindre toutes les personnes en situation d’urgence.
L’humanitarisme ne se définit pas par une dépendance politique, mais bien dans la lutte pour la liberté.
« Ce nouveau système est un rationnement basé sur la surveillance, qui légitime une politique de privation par conception », alerte Whittall.
Il précise que : « Cela survient au moment où les habitants de Gaza, dont la moitié sont des enfants, sont confrontés à une crise de survie. »
Le blocus, une politique de privation
Israël justifie ce système en affirmant que les denrées alimentaires fournies par les ONG et l’ONU seraient volées par le Hamas.
Mais Jonathan Whittall répond : « Nous n’avons aucune preuve que l’aide coordonnée par des canaux humanitaires crédibles ait été détournée. »
Puis, il précise que : « Le véritable vol d’aide depuis le début de la guerre a été effectué par des gangs criminels, sous la surveillance des forces israéliennes. »
Une réponse nécessaire alors que chaque jour des enfants subissent la faim mettant leur vie en danger.
Une offensive militaire destructrice
Il informe que le nouveau système de distribution de l’aide humanitaire intervient alors qu’une escalade de l’offensive aérienne et terrestre d’Israël détruit les hôpitaux, les boulangeries et les sources d’eau à Gaza.
Jonathan Whittall rappelle le plan militaire décrit par un ministre israélien « Conquérir, dégager et rester. »
L’ONU a refusé de participer à ce plan, alertant qu’il viole les principes humanitaires et utilise l’aide : « Comme un outil dans les efforts plus larges d’Israël pour dépeupler les zones de Gaza. »
Un appel à la mobilisation mondiale
Les agences humanitaires ont la capacité d’agir si Israël les laisse travailler sur le terrain à Gaza.
« Nous sommes prêts à travailler. Nous sommes prêts à livrer directement des familles comme nous l’avons toujours fait », affirme Whittall. « Mais aujourd’hui, on nous refuse de le faire. »
Dans ce contexte de violation du droit international humanitaire, les mesures provisoires de la Cour internationale de Justice continuent d’être ignorées sans scrupule.
Jonathan Whittall appelle les gouvernements du monde entier à : « Imposer la pression politique et économique nécessaire pour mettre fin à ces atrocités. »
Une famine annoncée
La Déclaration de l’équipe humanitaire de territoire palestinien occupé – sur Gaza – le 28 mai 2025, affirme que les autorités israéliennes imposent des conditions empêchant l’aide aux familles démunies.
Concernant la farine : « Ils ont imposé la condition que nous ne puissions livrer de la farine qu’aux boulangeries, et non directement aux familles. »
Mais de nombreuses boulangeries ont fermé, et il est interdit de livrer du carburant et du gaz de cuisson.
Des foules désespérées attendent devant les rares boulangeries ouvertes, qui ferment ensuite en raison de l’insécurité.
L’urgence se compte en heures
La déclaration commune alerte : les décisions politiques d’Israël risquent de provoquer une famine de masse à Gaza.
Les représentants d’organismes humanitaires préviennent : « La fenêtre pour éviter la famine se ferme rapidement. »
Thomas Fletcher précise que les Nations Unies et ses partenaires disposent d’un Plan coordonné prêt à être mis en œuvre immédiatement, annoncé le 16 mai.
. 160 000 palettes d’aide, soit 8 900 camions, sont déjà positionnés, prêts à entrer.
Pendant ce temps, des enfants meurent de faim.
Une parole de haine à condamner
Le ministre israélien de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a déclaré sur Telegram, ce vendredi : « C’est le moment d’agir de toutes nos forces, sans sourciller, pour détruire, tuer, et perdre le Hamas jusqu’au dernier. »
La communauté internationale sait pertinemment que ce sont les enfants palestiniens qui sont les premières victimes.
Les enfants palestiniens sont la cible d’attaques horribles
Un bilan glaçant : plus de 50 000 enfants ont été tués et blessés dans la bande de Gaza, selon l’Unicef.
Édouard Beigbeder, directeur régional de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a déclaré, le 28 mai dernier « Vendredi, nous avons vu les images des corps calcinés et démembrés des enfants de la famille al-Najjar, retirés des décombres de leur maison à Khan Younès. Sur les dix frères et sœurs âgés de moins de 12 ans, un seul aura survécu, grièvement blessé. »
Les atrocités commises par Israël dressent une longue et terrible liste d’enfants martyrs.
Edouard Beigbeder rappelle les crimes incessants contre l’humanité : « Lundi matin, nous avons découvert des images d’un jeune enfant pris au piège dans une école en feu à Gaza. Cette attaque, perpétrée aux premières heures du jour, aurait fait au moins 31 morts, dont 18 enfants. »
Puis, cet autre jour, où 45 enfants ont été tués. « La mort signalée d’au moins 45 enfants dans la bande de Gaza au cours des deux derniers jours est un nouveau rappel tragique que les enfants de Gaza paient le plus lourd tribut : affamés jour après jour, ils sont ensuite les cibles d’attaques aveugles. » a-t-il déclaré le 16 mai.
La France face à ses responsabilités
Le discours d’Israël vise à légitimer des actes cruels envers les civils, y compris les enfants.
Emmanuel Macron doit mesurer l’amplitude de cette annonce, et réunir les conditions pour prendre des sanctions européennes économiques et politiques à l’encontre d’Israël.
Emmanuel Macron n’a que trop tardé à reconnaître la Palestine, à prendre l’initiative de mesures politiques et économiques à l’encontre d’Israël.
Il est urgent qu’il affirme un humanisme clair, libéré du gouvernement d’extrême droite de François Bayrou, appuyé par Les Républicains qui ne se sont pas cachés de leur soutien à Netanyahu.
La France peut et doit agir immédiatement pour condamner l’inhumanité horrible contre des enfants palestiniens.
La France ne peut être autre chose que le phare de la paix universelle.
Fédora Hélène

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