Israël traite l’humanitaire en ennemi – Rima Hassan et l’équipage de la Flottille arrêtés

Un voilier voguant sur les océans – LiberTerra

La voile blanche en drapeau de paix

Cette voile blanche que je hissais. Enfants, le soir, dans le silence, mes doigts écrivaient sur le drap blanc. Liberté. Je quittais déjà la pièce fermée, la nuit, pour rejoindre les étoiles, cet autre monde de lumière. Ce frère, cette sœur, ailleurs.

Écrire les lettres sur une feuille blanche, c’est dessiner les arbres, danser le mouvement de l’eau. La vague douce et celle des tempêtes, le cœur battant, avancer vers chacune d’elles.

Écrire une lettre, c’est parler à tous, au monde vivant, poser la fraternité comme bonne étoile. C’est photographier ces visages qui passent dans la rue. Les émotions, les sourires, les larmes. Te tendre la main, être une de tes larmes, un peu de ta joie.

Je te donne, par les lettres s’affichant jusqu’à l’infini, ce que je suis. Reçois ma paix, mon humanité. Fragile, les yeux humides, j’écris aujourd’hui, au bout de la jetée, le regard vers la mer, à toi, Freedom Flotilla. À toi, Palestine. Mes doigts courent sur le clavier, il aurait pu être un piano. Transforme chaque voyelle et consonne en notes. Écris avec moi la partition d’un monde qui respire, qui vit.

Je suis anonyme parmi la foule. Rassemblés dans les rues, sur la place de la République à Paris, les drapeaux de la Palestine flottent librement dans le ciel. Là-bas, le drapeau de la paix est déchiré, sali.

Gaza ©️ONU

Terre de Palestine, l’olivier, arbre de lumière, terre bénie. Je vois ta pierre, ton sol rougi. Hier, par la chaleur du soleil. Aujourd’hui, par le sang de tes enfants. Je ferme les yeux. Je suis là-bas. Enfant de toi, Palestine. Berceau de nos racines, amis.

Rien ne s’explique. C’est notre humanité. Le bien commun qui s’offre à chacun de nous. Palestine, je marche sur ton sol brûlant. Mon corps recouvert de ta terre sèche s’envolant en mille grains, teintant d’ocre ma peau, je deviens l’onde du vent qui berce tes collines, s’enlace dans les chemins sinueux et étroits.

Je me repose sur ce muret de pierre, bois à l’eau de ta source. Le chant de ta nature m’accompagne, le parfum léger de tes fleurs, de la terre chaude. La lumière radieuse éclaire mon visage et je reviens ici, au bord de la mer de France.

Un peu de moi, de mon cœur, bat aux portes de Jérusalem. De mes veines à la sève de l’olivier, je sens vivre ta terre entre mes mains, craquer sous mes pas. Les pierres des chemins, la roche blanche, je vois tout de tes paysages depuis cette colline, la paix enveloppe l’instant.

Je suis ici et là-bas.

Qui ignore ton nom, ignore la bonté. Palestine.

©️ UNICEF

Arrestation illégale de Freedom Flotilla

Aujourd’hui, les larmes coulent sur mes sourires. Une nuit bouleversée, l’ordre des choses renversé. La Coalition de la Liberté, 12 belles personnes, a été arrêtée à bord de la Madleen par l’armée israélienne.

Dans la nuit du 8 au 9 juin, Netanyahu, sous le coup d’un mandat d’arrêt international, ordonne une arrestation illégale en violation du droit international et maritime. Le ministère israélien des Affaires étrangères a mis en scène l’arrestation de Freedom Flotilla et a posté la vidéo sur son compte X, en indiquant que l’équipage serait conduit en Israël.

La propagande d’Israël se fait dorénavant avec un sandwich à la main et une bouteille d’eau. Une mise en scène cynique de la part d’Israël, quand des enfants à Gaza sont affamés et assoiffés.

Un million d’enfants à Gaza sont menacés de famine, s’indigne notamment l’UNICEF. Le blocus de Gaza imposé par les autorités israéliennes est inhumain. La totalité de la population, soit plus de 2,1 millions de personnes subissent une crise alimentaire majeure. Soit la population de Paris, qui compte 2,1 millions d’habitants en 2023.

Actuellement, depuis plus de 16 heures, l’équipage de Freedom Flotilla est retenu de manière illégale par Israël. Selon les dernières nouvelles, la totalité des membres de l’équipage, dont Rima Hassan et Greta Thunberg, a été emprisonnée à la prison de Givon, située à Ramla, dans le centre d’Israël.

Par la suite, chaque personne de l’équipage sera interrogée par la police israélienne. Puis, ils pourraient être contraints de regarder un film intitulé Film du 7 octobre, avant d’être transférés par les services pénitentiaires à l’aéroport, en vue de leur expulsion d’Israël.

©️ Freedom Flotilla

Réaction des autorités françaises

À l’annonce de l’arrestation de Freedom Flotilla, selon un communiqué de l’Élysée, Emmanuel Macron a demandé « de permettre, dans les plus brefs délais, le retour en France de nos six ressortissants français dont le bateau a été intercepté au large de la bande de Gaza par les autorités israéliennes ».

Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a exprimé devant les médias : « Nous avons des échanges réguliers avec les autorités israéliennes », précisant que la diplomatie française a été en contact avec Israël en amont, pour éviter tout incident, alors que les autorités israéliennes avaient annoncé leur volonté d’arrêter le navire Madleen.

Le ministre souligne également que la France sera en contact avec les ressortissants français « dès qu’ils rentreront sur le territoire israélien, pour pouvoir leur permettre de rentrer dès que possible sur le territoire national ».

D’autre part, Jean-Noël Barrot a précisé que le caractère illégal de l’arraisonnement du navire Madleen serait analysé avant d’être défini : « Lorsque nous aurons établi l’illicéité ou non de cet arraisonnement, nous la qualifierons. »

Indignation politique

De son côté, Mathilde Panot, députée LFI, a déclaré lors d’une conférence de presse ce lundi 10 juin, à l’Assemblée nationale : « Il est particulièrement honteux que la France et Emmanuel Macron n’aient pas eu un seul mot pour condamner cette arrestation illégale. »

Mathilde Panot a rappelé « qu’il est inédit dans l’histoire du Parlement européen qu’une députée européenne soit détenue illégalement par un pays étranger », et elle s’insurge contre le fait que cette situation ne soit pas dénoncée.

La députée LFI informe que quatre Français, dont Rima Hassan, se trouvent actuellement à la prison de Givon en « détention illégale », précise-t-elle.

Un maintien en détention, car ils ont refusé de signer l’ordre d’expulsion, qui indiquait, en outre, une interdiction de territoire israélien pour une durée de 100 ans, et la reconnaissance de leur entrée illégale sur le territoire. Fait « absolument faux », affirme la députée LFI.

Mathilde Panot, s’exprimant au nom du groupe de La France insoumise, a déclaré :« Nous exigeons la libération immédiate et sans condition de l’ensemble des militants du Madleen. »

Ajoutant : « Et nous exigeons que la France et le gouvernement français fassent respecter non seulement notre pays, mais le droit international. »

Mathilde Panot a ensuite relevé l’indécence des propos méprisants tenus à l’encontre de l’engagement de la Flottille de la Liberté, soulignant le « réel danger » que comporte l’opération humanitaire menée à bord du Madleen.

Elle a également rappelé l’attaque par drones, survenue le 2 mai dernier, contre le précédent bateau Conscience de la Freedom Flotilla. Elle a souligné que le Madleen, plus petit, n’aurait pu résister à une attaque similaire et aurait alors sombré.

2 mai 2025 – ©️ Freedom Flotilla

La Flottille – On n’oublie pas 2010

Il convient aussi de rappeler que l’opération humanitaire menée par la Flottille – composée de six navires transportant des personnes et des fournitures humanitaires – a été arraisonnée et prise d’assaut par les forces de défense israéliennes le 31 mai 2010.

Israël avait alors affirmé que la Flottille avait reçu l’ordre de changer de route, Gaza étant soumise à un blocus naval. Lors de l’assaut, neuf personnes à bord ont perdu la vie, et de nombreux autres passagers ont été grièvement blessés par les forces israéliennes.

Selon Israël, une opération humanitaire non gouvernementale peut être considérée comme une confrontation avec ses forces. Ces dernières maintiennent un climat de fortes tensions depuis dix-sept années de blocus à Gaza.

Ainsi, une aide humanitaire visant à défier ce blocus est perçue, par Israël, non comme une intervention militarisée, mais comme un danger pour la vie des personnes et pour la paix et la sécurité internationales.

Le rapport établi par la Commission d’enquête de 2011 stipule que « les pertes en vies humaines et les blessures résultant du recours à la force par les forces israéliennes lors de la prise de contrôle du Mavi Marmara sont inacceptables ». Le rapport affirme qu’« Israël n’a fourni au Groupe d’experts aucune explication satisfaisante » concernant les neuf décès. Les preuves médico-légales ont indiqué que la majorité des victimes ont reçu « plusieurs balles, notamment dans le dos ou à bout portant ».

Le rapport indique également que « les autorités israéliennes ont infligé de graves mauvais traitements aux passagers après la prise de contrôle des navires et jusqu’à leur expulsion ».

Il est rapporté que ces violences comprenaient des « sévices physiques, du harcèlement et des intimidations, des confiscations injustifiées de biens et le refus d’une assistance consulaire rapide ».

Les événements survenus en 2010 posent aujourd’hui, en 2025, des questions légitimes sur l’intervention des forces israéliennes, ainsi que sur le maintien en détention des quatre ressortissants français, dont Rima Hassan, députée européenne.

Freedom Flotilla – Huit membres de l’équipage retenus par Israël

Par ailleurs, l’action diplomatique de la France est essentielle pour préserver les droits humains fondamentaux de ses ressortissants, le respect des Conventions internationales et permettre leur « retour dans les plus brefs délais », ainsi que l’a demandé Emmanuel Macron.

Actuellement, huit militants sont toujours détenus par Israël, placés dans le centre de rétention de Givon à Ramla sous le motif de « résidents illégaux ». Parmi eux figurent : Rima Hassan, députée européenne (France), et Yanis Mhamdi, journaliste pour le média en ligne Blast.

Blast indique sur son site, ce lundi 10 juin, que les douze membres d’équipage « auraient été privés de vivres pendant près de seize heures », soit le temps nécessaire pour rejoindre le port israélien. Par ailleurs, selon leurs informations, le journaliste Yanis Mhamdi « a été braqué avec une arme à feu par les soldats israéliens ». Une « pression violente et inacceptable », s’indigne Blast.

Le média précise également que les ressortissants n’ont pu s’entretenir avec leurs avocats que lors « d’une simple consultation d’une dizaine de minutes », ce qui, rappelle Blast, ne respecte pas le droit à la défense.

Un document leur a été présenté en vue de leur expulsion : celui mentionné par la députée LFI Mathilde Panot, que quatre ressortissants ont accepté de signer. Parmi eux figurent Greta Thunberg, le médecin français Baptiste André et le journaliste pour Al Jazeera, Omar Faiad.

Ce document, qualifié de « texte inique et mensonger » par Blast, pour les raisons évoquées par Mathilde Panot lors de la conférence de presse de ce jour, a motivé le refus d’autres ressortissants de le signer. En aucun cas, comme mentionné dans certains médias, cela n’a été une volonté des membres de l’équipage restant détenus de refuser de quitter le territoire israélien.

La France Insoumise, notamment, informe que Rima Hassan a reçu des pressions pour signer le document établissant son expulsion. Lors de sa détention, l’armée israélienne aurait menacé physiquement la députée européenne en lui affirmant : « si tu ne signes pas, on cogne ta tête contre le mur ». Ajoutant, « nous allons gérer ça à notre façon. » De plus, les membres de l’équipage détenus auraient été privés de sommeil.

Liberté de la presse en danger

Reporters sans frontières (RSF) condamne « fermement » l’arrestation des journalistes Yanis Mhamdi et Omar Faiad. Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, a déclaré :

« Monter à bord d’un navire civil dans les eaux internationales pour intercepter un équipage dont deux journalistes français documentent cette initiative humanitaire pacifique est non seulement illégal, mais constitue une violation grave du droit international et de la liberté de la presse. »

Il exhorte également la communauté internationale à « condamner fermement cette nouvelle attaque contre le journalisme ».

RSF rappelle que, depuis octobre 2023, l’armée israélienne a tué près de 200 journalistes palestiniens, dont au moins 45 dans l’exercice de leur profession. Par ailleurs, Israël impose un blocus total de la bande de Gaza, interdisant l’entrée de journalistes internationaux.

Les journalistes internationaux interdits de travailler par Israël – les témoignages des enfants de Gaza recueillis par l’UNICEF et les journalistes palestiniens.

Témoignage – Enfant de Gaza – Unicef

“My name is Jana Al-Toum. I am 11 years old. I live in the Al-Touam area in the northern Gaza Strip. We were displaced from the north to Deir al-Balah at the beginning of the war and faced difficult conditions during the displacement. Throughout that time, my only hope was that our house would remain safe. Unfortunately, it wasn’t. Our house was completely destroyed. Now, my cousins Sally, Asala, and I are searching through the rubble of our home for anything—our toys, books, or clothes—but we haven’t found anything. Life here in the northern part of the Gaza Strip is tough. There’s no water, and my father has to buy water to meet our daily needs.”

La crise politique française ferait-elle oublier les enfants de Gaza ?

La France indique que la diplomatie française agit. Le lundi 10 juin, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a publié ce communiqué sur X :

« Notre consul a pu voir cette nuit les six ressortissants français arrêtés par les autorités israéliennes. Leurs proches ont été contactés. L’un d’eux a accepté un départ volontaire et devrait rentrer aujourd’hui. Les cinq autres feront l’objet d’un processus d’expulsion forcée. »

Par ailleurs, Laurent Saint-Martin a indiqué à l’Assemblée nationale, en s’adressant à la France Insoumise, « la France a fait son travail, le Quai d’Orsay a fait son travail. » Il précise que les membres de la Flottille ont été «  avertis des risques qu’ils encouraient » et « elle a maintenu le lien avec les autorités israéliennes en permanence et elle a fait son travail de présence consulaire. »

En outre, en réponse à Jean-Luc Mélenchon déclarant sur X : « Le ministre Saint-Martin pris en faute par la question de Sophia Chikirou se débat dans l’injure contre les insoumis. Incapable et soumis à Netanyahu, il masque la nullité arrogante de ses agents en Israël par ses vociférations mensongères. »

Jean-Noël Barrot a déclaré sur X :

« Vous calomniez de manière inacceptable notre diplomatie et ses agents. Vous saturez le centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères. Vous ne servez pas la cause des Palestiniens, mais celle de vos intérêts politiciens. »

Les enfants de Gaza ont besoin de la force de l’unité qui devrait être au centre du travail pour la paix.

Ce travail se fonde sur la bonté pour puissance. Et, elle aurait exigé que la France rompe des liens commerciaux avec Israël.

La mondialisation devait être conçue comme le moyen de partage solidaire des pays riches vers ceux en voie de développement. Mais, il prime l’instinct de profits, de rentabilité, de concurrence qui dévaste de facto l’ambition de paix universelle.

À compter que la non-reconnaissance de la Palestine par la France sera ce contrat commercial agissant, dont les exportations d’armement vers Israël.

Le monde est faussé par un dominant : une guerre économique, un système qui perd la liberté et l’emprisonne.

Rima Hassan est détenue par Israël, car les enfants palestiniens sont prisonniers du monde colonialiste, des intérêts politiques, de la puissance de la finance internationale, de ce qui n’existe pas et qui s’oppose au monde vivant, à la vie elle-même.

Dialogues de confiance rompus.

Le débat à l’Assemblée nationale ce lundi démontre que la politique représente de moins en moins une solution pour une paix durable à Gaza.

La cruauté frappe les enfants de Gaza, qui ont besoin avant tout de paix, de justice, de ce sens de l’humanité qui les délivrerait d’un oppresseur sans limites : Netanyahou.

Lors de la conférence internationale humanitaire pour la protection des civils palestiniens, la France a permis la levée de fonds humanitaires pour Gaza à hauteur d’un milliard d’euros.

Mais la bonté n’est pas un montant : elle exprime l’esprit de l’humanité. Sa fraternité.

Cette valeur qui ne peut accepter que des enfants à Gaza subissent l’enfer, et qui s’indigne lorsque plus de 50 000 enfants ont été tués ou blessés, sans qu’aucune sanction européenne, efficace et concrète, ne soit appliquée contre Israël.

L’indifférence imposée à l’égard des Gazaouis émane de réseaux politiques d’extrême droite, d’un monde de la finance internationale profondément immoral et injuste, d’une géopolitique extrême qui maltraite gravement des populations vulnérables, d’un monde politique cynique.

Le conflit armé qui effondre l’Ukraine est exclu des dialogues pour la Palestine – ce qui constitue une erreur.

Les civils sacrifiés de Gaza, d’Ukraine, comme du Congo ou du Soudan, le sont pour valoriser des intérêts économiques de grande ampleur.

L’argent est une arme redoutable, le nerf de la guerre. Il ne fait jamais la paix.

On n’obtient pas la paix par la férocité de la guerre, on obtient la continuité d’un système destructeur, d’une économie malade, plaçant au bord du précipice la nature et l’humain.

Le bouleversement climatique est interconnecté et interagit avec l’effondrement civilisationnel : il incarne le présent, inspire le futur.

Un monde politique à bout de souffle se place entre clair-obscur, et finit – comme Trump et Netanyahu – dans le chaos qu’il génère : l’obscurité.

Il n’y a aucun sens, aucune raison pour anéantir des enfants à Gaza.

Il ne s’agit que de la cruauté s’exprimant sans relâche, et tenant le monde économique en équilibre.

Lever un milliard d’euros pour l’aide humanitaire en Palestine est un acte humain. Mais la bonté doit être intégrée au regard et à la compréhension de la politique, pour que perdure le travail pour la paix, et que les valeurs humaines ne finissent pas en détresse, mais s’épanouissent dans la liberté.

L’extrême droite israélienne, le fascisme, assassine la liberté des enfants de Gaza, des femmes – comme la globalité de la bourgeoisie à travers le monde se fait complice d’un système qui s’est enrichi, de siècle en siècle, par le colonialisme et l’esclavagisme.

Les puissances économiques, tout comme l’Union européenne, ne souhaitent pas appliquer de sanctions économiques ou politiques à Israël.

Maintenir la prospérité économique dans l’ère industrielle mondialisée laisse le gouvernement d’extrême droite israélien impuni.

Netanyahou le sait, et Emmanuel Macron semble revenir sur ses ambitions :

« Le blocus humanitaire qui aujourd’hui prévaut crée une situation insoutenable sur le terrain, et pas acceptable », a-t-il déclaré il y a onze jours, alors qu’il s’exprimait sur la reconnaissance de la Palestine.

Il précisait : « S’il n’y a pas une réponse à la hauteur de la situation humanitaire dans les prochaines heures, les prochains jours, bien évidemment, il faudra durcir la position collective. »

Gaza 2025 – ©️ ONU

Les heures et les jours sont passés.

La situation humanitaire à Gaza est catastrophique, et les sanctions à l’encontre d’Israël ne sont toujours pas prises.

Au contraire : du matériel militaire devait être livré à Israël.

Une exportation rendue impossible grâce à l’action des dockers à Marseille, qui ont refusé de charger à bord d’un navire des pièces pour fusils mitrailleurs. Des tubes pour canon ont également été bloqués, alors qu’ils étaient destinés à Israël.

Des douaniers se sont joints à l’action des dockers, déclarant : « Des douaniers ne veulent pas être complices de ce génocide. »

Ce lundi 10 juin, la députée LFI Sophia Chikirou a rappelé au gouvernement de François Bayrou que « depuis octobre 2023, la France a expédié plus de 15 milliards d’articles classés comme armes de guerre : bombes, grenades, missiles, pièces d’artillerie – en violation totale du traité international sur le commerce des armes. »

Comment Emmanuel Macron pourrait-il reconnaître la Palestine lors de la Conférence pour une solution à deux États, prévue au siège des Nations Unies à partir du 19 juin ?

Ce que l’Histoire retiendra, ce n’est pas, pour le moment, la conférence à venir plaçant au centre la solution à deux États – Israël et la Palestine.

Ce que l’Histoire retiendra, c’est la cruauté qui s’est abattue sur des civils palestiniens, y compris des enfants.

Devrait-on retenir la gloire d’un politique participant à la reconstruction de Gaza lors de cette conférence ?

Ou reconnaîtra-t-on les enfants abandonnés par la communauté internationale, par des gouvernements, par une bourgeoisie, par un système financier international qui base sa domination sur le pouvoir de la guerre ?

Une industrie florissante, l’armement, pare des hommes en dieux, décidant de la vie ou de la mort d’enfants à travers le monde.

Les peuples défilent dans les rues pour la paix en Palestine, et n’ont plus que leurs yeux pour pleurer.

Car que tous le comprennent : la politique ne sera pas la solution. Elle ne bâtira pas un monde juste.

Et Emmanuel Macron, dans les longs silences de ces nuits aux insomnies persistantes, le sait.

Fédora Hélène

©️ Freedom Flotilla
Photo – Freedom Flotilla

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