Palestine – La paix sauve la vie que la politique brise.

Une solution à deux États ? Pour qui ?

Alors que le gouvernement israélien détruit Gaza et que des ministres appellent à une recolonisation ouverte de la bande, peut-on encore parler sérieusement d’une solution à deux États ? La faim, la guerre et l’impunité soulèvent une question majeure : comment bâtir une paix sans justice ni protection du peuple palestinien ? Une tribune pour penser au-delà des illusions diplomatiques.

Le gouvernement israélien détruit Gaza. son territoire et son peuple.

Vue aérienne de Gaza

Des informations indiquent que des colons pourraient être appelés à venir s’installer à Gaza et en Cisjordanie.

Quand des ministres israéliens d’extrême droite appellent à recoloniser Gaza

Bezalel Smotrich, ministre des Finances, a appelé en décembre 2023 au retour des colons dans la bande de Gaza dès la fin de la guerre. Il a encouragé, ainsi que d’autres ministres, au départ des Palestiniens en incitant à l’émigration volontaire des habitants de Gaza vers d’autres pays, lors de la conférence « Préparation à la colonisation de Gaza », en appelant à la réinstallation de colonies juives dans l’enclave. Des membres du Likoud ont soutenu ces propositions, comme la ministre de l’Égalité sociale et de l’Avancement du statut des femmes, May Golan. Ils justifient cette volonté en invoquant la « sécurité d’Israël ».

Le ministre des Finances avait alors déclaré que Gaza faisait « partie du pays d’Israël ».

Par ailleurs, la directrice de l’organisation Nachala, mouvement de colonisation, Daniela Weiss, a déclaré le 14 décembre 2023 dans le média Israel National News : « Il est temps de retourner à Gaza, Biden ne doit pas nous arrêter ». Elle a affirmé : « Nous devons planifier le retour dans les lieux d’où nous avons été injustement expulsés et faire de toute la bande de Gaza un lieu d’accueil pour de nouvelles communautés israéliennes. » Ajoutant : « Il reste environ deux millions d’Arabes à Gaza, et ils ne resteront pas ; ils partiront vers d’autres pays. Ils ont perdu leur dernière raison d’être. »

Ces paroles terrifiantes et terribles se traduisent par l’enfer apparu à Gaza. Des enfants y souffrent, y meurent.

« Depuis le début de la guerre, plus de 18 000 enfants ont été tués à Gaza – soit en moyenne 28 enfants par jour, l’équivalent d’une classe qui disparaît quotidiennement » a déclaré le 1er août 2025, Ted Chaiban , directeur général adjoint de l’UNICEF.

Il témoigne de la cruauté frappant des familles palestiniennes : « Lundi, alors que j’étais à Gaza, j’ai rencontré les familles de dix enfants tués et de dix-neuf autres blessés lors d’une frappe aérienne israélienne. Ces enfants faisaient la queue avec leurs parents pour recevoir de la nourriture dans un centre nutritionnel soutenu par l’UNICEF, à Deir el-Balah. »

©️ UNICEF

Gaza affamée : l’enfer sous blocus

Aujourd’hui, la famine hante Gaza. Des enfants meurent de faim. Des femmes, des femmes enceintes, des malades, des personnes âgées, s’effondrent affamés.

La « pause humanitaire » annoncée par Netanyahu n’est qu’un leurre. Les bombardements continuent, les restrictions sur l’aide alimentaire et les produits essentiels à la survie se poursuivent. Des civils sont tués alors qu’ils tentent simplement de nourrir leur famille.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indique que de nombreuses personnes continuent d’être tuées et blessées en allant chercher de la nourriture, soit le long des routes, soit à proximité des centres de distribution militarisés par Israël.

En seulement quelques jours, plus de 100 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées, dont des enfants.

« Aucun enfant ne devrait être tué alors qu’il fait la queue dans un centre nutritionnel ou qu’il va chercher de l’eau. « Ted Chaiban – UNICEF

La famine ne peut être combattue en l’absence de produits médicaux nutritifs spécifiques, quand des enfants souffrent des conséquences graves de la malnutrition, pouvant être irréversibles.

©️ ONU

L’ONU alerte : il faut laisser passer l’aide

L’OCHA exhorte les autorités israéliennes à laisser passer sans entrave l’aide, et réitère que personne ne devrait jamais être obligé de risquer sa vie pour trouver de la nourriture. Les humanitaires sur le terrain doivent aussi bénéficier d’une protection et accéder de manière sûre et rapide à l’aide pour la fournir de manière digne et sûre.

Actuellement, les quelques camions qui passent – soit un maximum de 100 par jour, quand il en faudrait un minimum de 500 en moyenne – traversent le chaos pour acheminer l’aide après des mois de privation.

Aujourd’hui, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé être en mesure de déployer 11 camions pour transporter des fournitures médicales, dont pour soigner les traumatismes et des tests d’eau, en toute sécurité à son entrepôt de Deir al-Balah.

Cette demande rappelle que les hôpitaux sont des lieux sacrés et que les personnes doivent pouvoir y accéder sans danger et rapidement, alors que les tirs et bombardements s’intensifient, et que la faim lancinante gronde inlassablement.

L’OMS demande également la facilitation rapide des permis d’entrée pour les équipes médicales d’urgence à Gaza. Les centres de soins de santé sont au bord de l’effondrement. Les soignants sont épuisés, des services essentiels ont dû fermer faute de carburant. Des médicaments et du matériel médical manquent cruellement alors que des blessés affluent, ainsi que des personnes souffrant de la faim. Des personnes gravement touchées par la famine meurent aux portes de l’hôpital.

L’UNICEF informe avoir livré ces derniers jours, 33 camions de lait maternisé, de biscuits à haute teneur énergétique et des kits d’hygiène. Et indique que cela représente une faible part des besoins réels.

Des restrictions perdurent, alors que plus de 1 500 camions transportant des fournitures vitales, attendent, prêts à partir depuis les couloirs en Égypte, en Jordanie, en Turquie.

Dans le même temps, selon les organisations humanitaires sur le terrain et les témoignages des médecins à Gaza, la situation est apocalyptique.

L’unique hôpital encore partiellement fonctionnel dans le nord, le centre de soins Kamal Adwan, est totalement débordé.

Des enfants dans un état de grande faiblesse sont soignés, mais les médicaments, la nourriture, l’eau, l’électricité manquent.

Des hôpitaux sont encore bombardés. Le Centre culturel Said al-Mishal, qui abritait théâtre, cinéma, salles de conférence, bibliothèque, a été détruit.

C’est un peuple et sa culture qu’on veut effacer.


Palestine : terre des oliviers et des vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir
© Centre for Cultural Heritage Preservation
Auteur : Rami Rishmawi

Gaza, la terre brûlée : destruction écologique et spirituelle

Les actes du gouvernement israélien sèment l’apocalypse à Gaza. Un été 2025 qui ne portera pas les fruits des oliviers de Palestine, brûlés par l’armée israélienne, ainsi que les champs de culture et vergers. Les animaux d’élevage ont également subi les ravages des bombardements massifs israéliens, détruisant les moyens de subsistance à Gaza.

Les oliviers de Palestine : un patrimoine en péril

La Journée mondiale de l’Olivier, célébrée le 26 novembre, portera en 2025 le deuil des oliviers de Palestine, arbre profondément symbolique dans la Bible. Arbre de lumière, de paix et de vie enraciné dans la terre de Palestine. Symbole de bénédiction, prospérité, vie abondante – Deutéronome 8:7-8 : « Car l’Éternel, ton Dieu, te fait entrer dans un bon pays… un pays d’oliviers et de miel. »

© Ministry of Tourism and Antiquities/ Palestine

Il est aussi le symbole d’un peuple fidèle – Jérémie 11:16 : « L’Éternel t’avait donné le nom d’olivier verdoyant, remarquable par la beauté de son fruit. » L’olivier représente ici Israël, appelé à porter du bon fruit sous la lumière divine. Et, jamais appelé à détruire la terre de Palestine.

Il est aussi un symbole de justice – Psaume 52:10 : « Mais moi, je suis comme un olivier verdoyant dans la maison de Dieu. » Le juste est comparé à un olivier : enraciné, résilient, et toujours verdoyant. Celui qui habite la Palestine. Le peuple palestinien résistant et digne contre la famine, le deuil de ses enfants, de mères écroulées sous les pierres, de femmes enceintes faisant une fausse-couche du fait d’une grave et sévère malnutrition.

L’olivier, symbole prophétique et apocalyptique – Zacharie 4:3, Apocalypse 11:4 : « Les deux témoins sont comparés à deux oliviers, symbole de lumière, de témoignage et de justice. »

© Ministry of Tourism and Antiquities/ Palestine

Battir : patrimoine vivant menacé

L’olivier incarne une mémoire vivante dans les textes bibliques : témoin de la promesse de paix, arbre de lumière, d’onction et d’espérance. Dans la terre de Palestine, il continue de porter cette symbolique spirituelle, enracinée dans la souffrance mais aussi dans la résistance.

Les paysages d’oliviers de Palestine, l’enclave de Battir – Palestine : Pays des Oliviers et des Vignes.

Les oliviers palestiniens au sein du site de Battir sont protégés par l’UNESCO en tant que paysage culturel vivant palestinien. Inscrit depuis 2014 au Patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi que sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Un paysage exceptionnel accueillant des vallées agricoles, et bénéficiant d’un système d’approvisionnement en eau complexe et maîtrisé ayant permis la construction de terrasses en pierre, qui pourraient dater de l’Antiquité. Un système unique de distribution de l’eau qui sert les habitants de Battir et l’agriculture, témoigne, rappelle l’UNESCO, de la conscience du bien commun, de la durabilité, de la préservation des ressources et d’équité au sein des communautés, intégrant le travail des cultivateurs à l’équilibre de la nature.

© Centre for Cultural Heritage Preservation
Auteur : Rami Rishmawi

Un site authentique qui transmet un savoir ancestral, une harmonie de vie, la connaissance du temps, un savoir-vivre alliant un savoir-faire inestimable, héritage véritable pour tous, déjà mis en danger par la construction d’un mur de séparation. L’UNESCO avait alors alerté sur la destruction d’une grande partie du paysage et de l’ensemble des terrasses, ainsi que des récoltes, par cette séparation imposant une route de service traversant les deux côtés.

Depuis l’Antiquité, ce paysage culturel visuellement magnifique et productif en récolte de qualité, en eau abondante, résistait à la violence des hommes de pouvoir, des conflits, d’une politique de profits favorisant une industrie féroce, des lois et accords commerciaux destructeurs.

Aujourd’hui, c’est sous le feu d’armes technologiques, munies de l’intelligence artificielle, que ce paysage symbolisant la symbiose entre l’humain et la nature, est soumis au chaos.

© Centre for Cultural Heritage Preservation
Auteur : Jasmine Salachas

Un mirage de paix dans un champ de ruines

Quel progrès pour quel avenir ? Détruire : la possession des territoires par la force, la colonisation, une cruauté incompréhensible qui blesse et tue des enfants palestiniens. Le choc est que la puissance internationale n’a pas su arrêter des actes génocidaires infligés par les autorités israéliennes, utilisant un progrès technologique de l’armement, la force d’armes déchirant la paix, transformant les vallées verdoyantes en désert cauchemardesque.

©️ ONU

Comment parler encore de « solution à deux États » quand l’un des deux est systématiquement détruit, dépossédé, colonisé ?

Ce n’est pas une négociation entre deux États, mais un processus d’effacement d’un peuple. Et tant que l’État israélien sera juge, partie, puissance militaire occupante et expansionniste, la solution à deux États risquera de rester un mirage.

Poser la question de la réalité de la solution à deux États n’est pas simplement une critique, c’est un constat politique : il n’y a pas de terrain commun si l’un des deux est démoli pierre par pierre, enfant par enfant.

Ted Chaiban témoigne du drame que vivent les enfants palestiniens que les autorités israéliennes brisent, traumatisant tout un peuple pour des décennies.

« J’ai rencontré Ahmed, 10 ans, accompagné de son père. Ce jour-là, il attendait avec sa sœur Samah, âgée de 13 ans. Elle a été tuée. Une photo bouleversante le montre en train d’agiter désespérément les bras pour tenter d’arrêter une charrette tirée par un âne, dans l’espoir de transporter sa sœur à l’hôpital. Mais il n’a pas pu la sauver. Ahmed est aujourd’hui profondément traumatisé. Il ne comprend pas ce qui lui arrive. »

©️ ONU

Une rupture nécessaire : justice avant négociation

Il ne s’agit pas de céder au cynisme, mais de regarder les faits en face : parler de paix impose de rompre avec des accords commerciaux, politiques et diplomatiques avec le gouvernement israélien. Mais cela engagerait un affrontement frontal entre l’Europe et Israël, et le déploiement d’infrastructures militaires pour apporter l’aide humanitaire vitale à la population de Gaza.

Une décision d’opposition au génocide en cours, et la volonté d’affirmer que les démocraties ne peuvent se rendre complices de stratégies de destruction de territoires et de leur population. Un monde en dualité entre le Nord et le Sud depuis l’empire colonial, l’Histoire en continuité par le néocolonialisme, le capitalisme s’acharnant et dominant les structures des États dépendants du système financier international et de la puissance énergétique dominante par son industrialisation et sa militarisation.

L’humanité contre elle-même, c’est la guerre actuelle. Et les dirigeants pourraient prendre conscience qu’ils se battent contre eux-mêmes, qu’ils appauvrissent les populations vulnérables, aggravent les crises humanitaires et les famines fabriquées par la main de l’homme. Un mouvement destructeur qui entraîne une accélération du bouleversement climatique, de l’instabilité tendant vers le point de rupture mondial.

Imaginer une alternative : la création d’un État palestinien neutre

La souffrance de la Palestine est le point central du monde. L’équilibre de sa paix sera celui au niveau mondial. C’est un défi immense qui exige le courage de faire la paix. Ce travail difficile pour la paix pour tous ne peut se contenter d’une solution politique qui n’apportera pas une paix durable et qui est très instable, car elle s’inscrit dans une décision sous conditions du gouvernement israélien commettant des crimes contre l’humanité et actes de génocide, selon plusieurs instances internationales, dont la Cour internationale de Justice.

En outre, parler de la paix impose de nommer les crimes (colonisation, apartheid, actes de génocide), de protéger le peuple palestinien dans son droit à exister, de refonder une solution juste, peut-être en sortant du cadre à deux États, pour penser une cohabitation démocratique réelle, égalitaire et sans domination.

Il s’éclaire alors le fait qu’il devient moralement impossible de négocier une solution à deux États sous l’autorité de Netanyahu.

Le sens de l’humanité exige que le gouvernement israélien n’interagisse pas, n’influence pas, ne décide pas. Son exclusion est une question humaine.

La démocratie digne doit renaître en Israël et porter une volonté de paix et de justice.

Nous entrons dans une période de forte instabilité pour le monde. La liberté doit être le guide conduisant l’humanité à bon port. Celui éclairé par le phare de la Paix. L’Europe pourrait être sa terre-refuge.

Le possible existe : l’exemple des États neutres

Un article récent du Washington Post, du 1er août 2025, note que la direction israélienne sous Netanyahu s’oppose fermement à la solution à deux États, tandis que des pays comme la France, le Canada ou le Royaume-Uni envisagent maintenant de reconnaître l’État palestinien si Israël ne protège pas les civils à Gaza.

L’idée d’annexion de parts de Gaza, notamment présentée par le ministre Zeev Elkin, renforce cette menace à la perspective d’un État palestinien souverain si Israël ne change pas de cap diplomatique. Le gouvernement de Netanyahu est officiellement contre la colonisation totale de Gaza, mais laisse la porte ouverte à des changements futurs. Ce qui laisse présager un non-respect des accords et des conflits futurs potentiels.

D’autant que des ministres israéliens d’extrême droite appellent ouvertement à coloniser Gaza, ce qui est confirmé par de multiples sources, tandis que des groupes organisent déjà l’arrivée de familles dans l’enclave détruite. Cela s’ajoute à la colonisation massive de la Cisjordanie, ce qui renforce les fortes inquiétudes pour une paix stable et pour bâtir une sécurité pour les Palestiniens qui ont tant souffert, comme pour les enfants israéliens.

Le point de départ pourrait être la création d’un État palestinien neutre, protégé par des accords internationaux (ONU, Ligue arabe, Union européenne, etc). Garantir les droits civils et politiques des Palestiniens dans un État leur appartenant. Garantir la paix et la liberté de la Palestine.

Un État neutre engagé à ne participer à aucun conflit armé, à garantir une non-agression avec ses voisins, et à être impartial dans les affaires internationales. Des exemples connus : la Suisse, le Costa Rica. Appliqué au cas palestinien : ce serait un État palestinien souverain, non militarisé, engagé à la neutralité, et garanti par des puissances internationales ou des accords multilatéraux.

Une solution qui pourrait évoluer par la volonté de bâtir une région neutre, et appliquer dès maintenant à l’encontre d’Israël des sanctions économiques, politiques et diplomatiques pour engager un pacte de confiance et de justice, sans lequel la paix est impossible.

Dans la réalité actuelle, est-ce mission impossible ?

Nelson Mandela pourrait répondre : « Ce que l’on appelle impossible ne l’est que jusqu’au jour où quelqu’un l’accomplit. »

« It always seems impossible until it’s done. » Nelson Mandela

Gagner notre liberté par ce qui semble impossible à réaliser, c’est aussi la force de notre humanité : braver la peur, les interdits, le chaos politique, et fonder la réconciliation pour l’avenir des enfants et des générations futures.

Notre monde a besoin du souffle de la paix pour respirer. La réconciliation impossible devient le chemin premier à prendre, car au bout, le jour s’est déjà levé.

Quatre obstacles majeurs

La destruction de Gaza par la cruauté. Des enfants durablement traumatisés, physiquement et moralement. Un peuple brisé par la douleur, mais qui possède une force extraordinaire. Une force qui murmure à l’oreille des puissants qu’il est nécessaire de sanctionner durablement Israël et de concevoir la démilitarisation de cet État en conscience commune de neutralité.

Les bombardements intensifs israéliens sur la bande de Gaza ont réduit Gaza à l’état de ruine. La Cisjordanie est fragmentée par les colonies et les routes israéliennes. Jérusalem-Est est annexée. Le gouvernement israélien a déjà commencé à imposer une solution fondée sur une seule domination : celle d’Israël.

Même un État neutre, démilitarisé, est rejeté par une large part du gouvernement israélien, qui souhaite contrôler l’ensemble du territoire entre le Jourdain et la mer.

Une unité palestinienne fragilisée

En détruisant Gaza, en y semant le chaos, le gouvernement israélien a aggravé les divisions. Une unité politique palestinienne ne semble pas acquise. Entre un Fatah affaibli, un Hamas isolé, et une population civile meurtrie, quelle force politique pourra gouverner démocratiquement la Palestine ?

Il est nécessaire que la communauté internationale soutienne un renouveau démocratique palestinien, en travaillant à l’ambition d’une paix durable et à la reconstruction d’une Palestine libre.

Une démilitarisation pour la paix

Soutenir la solution à deux États implique de ne pas armer Israël, ni directement ni indirectement.

Nous sommes bien sur le chemin nécessaire d’une démilitarisation régionale, même si les dirigeants de la communauté internationale ne sont pas encore prêts à réaliser un effort mondial pour la paix.

Le réarmement massif est leur choix.

La non-protection des populations civiles, la violation du droit international, la faim et la soif érigées en armes de guerre ont déjà rompu la paix mondiale.

Que construire dans un monde où des enfants meurent de faim à cause de famines créées par l’homme, où ils sont la cible de tirs, où leurs droits humains sont gravement bafoués ?

Un avenir traumatisé se dessine, et l’intensité croissante des catastrophes naturelles rappelle que le futur de l’humanité s’aligne sur celui de la planète, notre maison à tous.

Une maison commune à rebâtir

Notre maison commune et unique devrait nous rassembler pour définir la résilience de l’humanité, et ouvrir le chemin nouveau à bâtir : par nos actes, par la force de nos vies, pour un futur serein et en paix. Un futur capable de franchir le défi d’un bouleversement climatique planétaire.

Une utopie réaliste

Alors, imaginer un État neutre palestinien, c’est peut-être poser une utopie réaliste, comme certains l’ont fait avec la paix en Irlande du Nord ou le désarmement de l’Afrique du Sud post-apartheid.

Cela pourrait inclure :

– des frontières sûres et reconnues

– une capitale partagée à Jérusalem

– un statut international neutre, soutenu par l’ONU

– des droits égaux pour tous.

La paix exige la justice.

La condamnation des systèmes d’extrême droite est une attente urgente pour la paix dans le monde.

En France, une contradiction politique préoccupante

La problématique de l’extrême droite se pose également en France.

Emmanuel Macron s’apprête à reconnaître la Palestine en septembre, alors que le gouvernement Bayrou s’affirme sur des politiques d’extrême droite opposées à cette reconnaissance.

Une ambiguïté politique qui ralentit la force de la paix, et retarde des décisions cruciales, comme la rupture des accords commerciaux avec Israël.

La France, les armes et le double discours

La France, tout en affichant sa volonté de reconnaître l’État de Palestine, continue d’entretenir des liens militaires avec Israël. Emmanuel Macron, dans ses déclarations officielles, affirme que « rien n’est fourni pouvant être utilisé contre des civils ». Pourtant, l’opacité autour des contrats de défense, les partenariats industriels, et les autorisations d’exportation d’équipements militaires posent de sérieuses questions. Comment garantir que les technologies, logiciels ou composants livrés ne participent pas à la machine de guerre qui détruit Gaza ?

Ce double discours affaiblit gravement la crédibilité de la France sur la scène internationale, alors même que des voix s’élèvent dans le pays, notamment parmi les dockers, les syndicats, et les organisations humanitaires, pour réclamer un embargo total sur les armes à destination d’Israël. Tant que la France ne rompt pas clairement avec cette compromission, elle demeure complice d’un conflit où l’impunité des puissants piétine le droit des peuples.

C’est une douleur pour la France de savoir que des armes à destination d’Israël attendent dans ses ports, prêtes à embarquer vers une terre déjà brisée. Une douleur silencieuse, que les gouvernants taisent, mais que les consciences éveillées ressentent avec force. Chaque cargaison, chaque conteneur devenu complice d’un massacre, engage notre responsabilité collective. Et pourtant, dans cette obscurité, une lumière surgit : celle des dockers en grève, qui refusent que leurs mains servent à charger la guerre. Leur courage est un acte de paix.

La France réalise plus de 15 milliards d’euros de bénéfices en exportant des armes, dont une part substantielle concerne Israël. Ces chiffres, bien que rarement débattus dans l’espace public, révèlent une réalité glaçante : la prospérité d’un État peut reposer sur la destruction d’un autre. Ces ventes, encadrées par des accords bilatéraux opaques, alimentent une industrie de mort sous couvert de légalité. En France, aucune loi n’impose de rendre publics les détails des matériels livrés ou leur usage final, laissant place à une impunité institutionnelle.

Israël figure parmi les clients réguliers de l’armement français, dans un contexte où le gouvernement de Netanyahou poursuit une guerre dévastatrice contre la population palestinienne. Des drones, composants électroniques, radars, équipements de surveillance ou systèmes de ciblage pourraient ainsi, directement ou indirectement, renforcer l’arsenal israélien. La France vend, Israël frappe, les civils tombent.

Et pendant ce temps, les déclarations officielles se veulent rassurantes, évoquant des clauses de non-utilisation contre les civils, alors que les hôpitaux, les écoles, les camps de réfugiés palestiniens sont devenus des cibles. La réalité impose une question claire : peut-on prétendre défendre la paix tout en vendant la guerre ? La réponse est inscrite dans les faits. Et elle exige, aujourd’hui plus que jamais, un moratoire immédiat sur toute vente d’armes à Israël tant que les violations graves du droit international humanitaire perdurent.

La France retrouve son souffle dans la bonté

Larguer des vivres est un geste crucial, mais insuffisant, quand des enfants risquent leur vie pour un sac de farine.

Il est urgent d’imposer des sanctions économiques, diplomatiques et politiques contre Israël pour protéger la population civile de Gaza. Plus d’un million d’enfants sont en danger.

Emmanuel Macron doit s’engager à faire le nécessaire, en initiant une volonté politique claire pour peser sur l’Union européenne. Il s’agit de faire du cœur européen celui de la paix pour tous, un cœur qui regarde, qui protège, qui agit.

Engager la France pour qu’elle soit le phare de la paix, un repère sûr pour la justice, et donc pour la liberté.

Engager le transport sûr, sécurisé. efficace et rapide par toutes voies : maritimes, terrestres et aériennes – de l’aide humanitaire vitale constitue une urgence absolue pour Gaza.

La paix sauve la vie que la politique brise

L’espérance, colonne vertébrale de l’humanité, ne peut vaciller. Elle se métamorphose en flamme dansante, lumière vive que nul ne peut éteindre. Aussi petite soit-elle, au milieu de la barbarie, elle inspire le souffle de la vie libre, profondément, et grave sur les murs de l’obscurité : je suis vivante.

La dureté de l’été 2025, les fortes chaleurs s’abattant sur Gaza, le ciel bleu enveloppé de fumées noires, le deuil. Quand les bombardements israéliens noircissent la terre, les larmes coulent, pures et transparentes, aux yeux des martyrs, pour qui l’on grave déjà sur le mur de l’humanité : ne jamais oublier.

Fédora Hélène

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