France – Macron, la politique du désastre
En France, près de trois millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté, certains à la rue ou en centres d’hébergement d’urgence. Emmanuel Macron n’est plus face à une option politique, mais devant un devoir : garantir les droits fondamentaux des plus jeunes, tels que reconnus par la Convention internationale des droits de l’enfant et les Objectifs de développement durable de l’ONU. Car un pays qui n’aime pas ses enfants n’a pas d’avenir.
La France, pilier européen des droits humains
La France fut l’un des piliers de la construction européenne, portée par l’idéal de paix, de solidarité et de protection des peuples. Elle a signé et ratifié la Convention européenne des droits de l’homme, ainsi que la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) adoptée en 1989 par les Nations Unies et signée par la France en 1990.
Un texte fondateur avait déjà émergé en 1978 en Pologne, actant une prise de conscience du devoir de protéger les enfants grâce aux idées du pédiatre Janusz Korczak.
De Korczak à la CIDE
En 1979 fut inaugurée la première « année internationale des droits de l’enfant », ouvrant la voie à la construction de la CIDE. Celle-ci définit les droits humains fondamentaux des enfants, que les pays signataires s’engagent à respecter en mettant en œuvre les initiatives nécessaires à leur application.
Le droit premier : être aimé et respecté
Le droit d’être respecté et aimé doit constituer la première pierre de l’édifice d’un pays. Ce droit humain fondamental est fondateur de l’humanité, du droit de vivre en paix et en liberté.
Un enfant a besoin d’amour pour vivre et grandir : c’est le souffle indispensable à son bonheur. La CIDE consacre ce droit premier, reconnaissance essentielle de l’identité de l’enfant.
Protéger de toutes les violences
La CIDE inclut le droit d’être protégé de toute violence, y compris de la pauvreté, en exigeant que chaque enfant ait accès à un niveau de vie suffisant, à un logement, à un refuge sûr et durable, à la vie familiale, au jeu et aux loisirs, à une éducation sereine et à une protection contre la malnutrition.
Une réalité alarmante en 2025
Pourtant, en 2025, près de 3 millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté en France, dont plus de 2 159 enfants, dont 503 de moins de trois ans dorment dans la rue, alertent l’UNICEF et la Fédération des acteurs de solidarité (FAS), dans un état des lieux publié le 28 août.
Un chiffre sans doute minimisé : les personnes qui ne sollicitent pas le 115, ainsi que les mineurs non accompagnés, les familles vivant dans des squats ou des bidonvilles, ne sont pas comptabilisés.
Sept ans d’alertes ignorées
Depuis sept ans, l’UNICEF et le FAS publient ces chiffres dans l’espoir d’éveiller les consciences politiques et institutionnelles. En vain. L’État semble oublier sa propre Constitution.
Un engagement constitutionnel bafoué
Selon le préambule de 1946, « la Nation garantit à tous, notamment aux enfants et aux mères. la protection de leur santé ». Cet engagement constitutionnel impose à la France de protéger ses populations vulnérables. Mais il reste lettre morte, faute de lois efficaces.
Le logement, droit fondamental
L’accès au logement est primordial. Des lois innovantes doivent être mises en place pour que tous les enfants et leurs familles puissent accéder à un logement décent, avec des conditions de location facilitées, des loyers justes et raisonnables. Le logement est un bien commun : il doit être garanti à tous.

Les promesses politiques trahies
Les fausses promesses politiques, répétées depuis des années, manipulent l’espoir des plus précaires et provoquent de graves traumatismes. Les familles pauvres, les mères isolées, souvent survivantes de violences, dépensent toute leur énergie pour survivre, résister, garder leur dignité.
Elles affrontent l’humiliation de ne pas être reconnues comme des êtres humains, l’angoisse des soirs sans repas, les pleurs de souffrance dans le silence.
Les ors de la République face à la misère
La plus grande des violences loge dans les ors de la République, aux banquets des présidents et des ministres. Trop souvent, l’Assemblée nationale rit froidement quand un député évoque l’enfant pauvre, les ventres vides, les chaussures abîmées, la culture interdite, l’art disparu pour les enfants exclus. Les conservatoires gratuits ne sont plus. La pauvreté prend des allures de punition collective envers les populations précaires, ouvrières, condamnées à l’exclusion, à la décroissance. Pendant ce temps, l’argent public érige des barbelés et finance des murs au cœur de pierre.

Emmanuel Macron et la promesse brisée
La politique d’Emmanuel Macron a traumatisé des enfants pauvres. Sa responsabilité est pleine et entière. Ses promesses, elles, sont restées sans suite.
Le 27 juillet 2017, à Orléans, lors d’une cérémonie de naturalisation, il déclarait : « La première bataille, c’est de loger tout le monde dignement. Je ne veux, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. C’est une question de dignité, une question d’humanité et d’efficacité. »
Pourtant, deux ans plus tard, en juin 2019, face à des citoyens, il se défend : il n’aurait jamais promis le « zéro SDF ». Il affirme avoir seulement parlé des « règles d’immigration », ajoutant : « On doit accueillir toutes celles et ceux qui arrivent de manière inconditionnelle. C’est notre Constitution. Et ils ont le droit à l’hébergement. »
L’UNICEF a également alerté sur la situation catastrophique d’enfants migrants en France. Plus que des chiffres, il est important de diffuser un témoignant reçu par l’UNICEF : « On veut des choses simples, juste ne pas vivre comme des chiens, apprendre le français et l’anglais, aller à l’école, être propre et en sécurité », un jeune Égyptien de 14 ans, réfugié et isolé, à Calais.
En outre, en 2019, Médecins Sans Frontières (MSF) a publié un rapport intitulé, « Les mineurs non accompagnés, symbole d’une politique de maltraitance ». Des enfants migrants qui en 2025, alerte la Voix du Nord, qui publie le constat fait par Feyrouz Lajili, coordinatrice du projet MSF à Calais, « n’avaient pas mangé depuis trois jours. »
Concevoir un statut particulier de l’enfant comme citoyen du monde dans l’objectif de renforcer la protection de chaque enfant où qu’ils soient, et d’assurer le respect des droits des enfants migrants de manière universelle.
Des enfants migrants à la rue, Emmanuel Macron aurait dû plus que de se défendre de n’avoir pas promis « zéro SDF », relever ce défi prioritaire : loger chaque enfant et leurs familles dans le respect de la dignité humaine et dans le cadre de la Constitution et de la CIDE, texte contraignant.
La Constitution française, dans son Préambule de 1946 toujours en vigueur, reconnaît en effet que « la Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement » et « garantit à tous, notamment à l’enfant, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs ». Ce principe est renforcé par le Code de l’action sociale et des familles qui établit l’hébergement d’urgence comme un droit inconditionnel (article L.345-2-2).
La France s’est engagée à respecter des articles essentiels comme l’article 22 de la Convention internationale des droits de l’enfant réfugié ou demandeur d’asile stipulant que tout enfant réfugié doit bénéficier d’une protection particulière et d’une assistance humanitaire sans discrimination. Or, en France comme ailleurs en Europe, cette obligation est largement bafouée.
Des enfants migrants dorment dans les rues, sous des tentes de fortune ou dans des squats, sans accès à un accueil sûr, à un logement stable, ni à des soins adaptés. Ils sont soumis à des contrôles policiers, parfois à des expulsions, et se voient refuser l’hébergement d’urgence au mépris de la loi et de la dignité humaine.
Des enfants migrants en centre rétention, ce fait intolérable fait partie de l’arsenal de politiques de la maltraitance à l’égard des enfants. Un système agit dans l’espace d’un pays de manière globale. Diffuser une information sur les enfants à la rue, c’est ne pas taire la violation manifeste de l’article 22 de la CIDE.

Augmentation alarmante de l’enfermement des enfants migrants
En 2023, ce sont 3 349 enfants qui ont été placés dans des centres de rétention administrative en France, dont 3 262 à Mayotte, un territoire ultramarin où la pratique est jusqu’à 40 fois plus fréquente qu’en métropole.
En 2022, le nombre était de 94 enfants en métropole, contre 76 en 2021, des chiffres témoignant d’une hausse notable.
Cependant, on peut agir pour les droits des enfants et les respecter en totalité. Les droits humains ne sont pas séparés, mais unis. Ils forment un corps universel de protection pour chaque enfant. Ils sont le symbole du progressisme, un mouvement de liberté grâce à la solidarité, un don de la bonté.
La France a su agir pour les enfants migrants, mais de manière partielle, par une loi récente, janvier 2024 – loi « asile et immigration », visant à interdire l’enfermement des mineurs dans des centres de rétention.
Cette loi, adoptée après de vifs débats parlementaires et confirmée par le Conseil constitutionnel, introduit une interdiction générale de la rétention pour les mineurs accompagnés de leurs parents ou isolés. Mais elle prévoit un régime d’exception pour Mayotte, où l’application est repoussée à 2027, au nom de la « pression migratoire ».
Ainsi, pendant encore plusieurs années, des milliers d’enfants seront exposés à l’enfermement dans des conditions dénoncées par l’UNICEF, le Défenseur des droits et la Cour européenne des droits de l’homme.
L’âge très bas (un quart des enfants avaient moins de 2 ans), et les conditions traumatisantes dénoncées par l’UNICEF et la CEDH soulignant une violation flagrante de la CIDE, article 22, qui impose une protection spécifique aux enfants migrants et réfugiés, ont soulevé un point humain crucial, pris en compte par la France qui doit travailler toujours plus pour mettre fin à toute forme de maltraitance à l’égard des enfants en répondant à un objectif : des droits respectés pour chaque enfant.
Faire du droit international humanitaire non plus une utopie, mais une réalité respectée devrait être l’objectif d’Emmanuel Macron. Rendre la société juste par un devoir : optimiser le bonheur des enfants.
Un pays ne peut être une démocratie en cultivant la maltraitance à l’égard des enfants, en s’obstinant à observer un processus destructeur, à appliquer des règles économiques et politiques contraires à la protection des plus fragiles.

Aggravation de la pauvreté des enfants précaires
La crise du logement et le manque d’infrastructures d’accueil aggravent la pauvreté des enfants, dénonce l’UNICEF. Cette situation renforce les inégalités structurelles qui frappent depuis des décennies les populations pauvres, souvent confinées à des logements vétustes ou insalubres.
Dans les quartiers populaires, de nombreuses familles vivent encore dans des appartements dégradés. Cette précarité est l’héritage d’une France qui a longtemps toléré les bidonvilles, notamment en Seine-Saint-Denis jusqu’aux années 1970. Les descendants de ces familles démunies subissent toujours un système qui fracture la société entre riches et pauvres, nourrissant un mépris politique et social.
Des territoires profondément inégaux
Les inégalités territoriales renforcent cette crise. L’UNICEF relève que l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Occitanie et les Hauts-de-France comptent le plus grand nombre d’enfants à la rue. Les Services intégrés d’accueil et d’orientation (SIAO), les associations et des collectifs citoyens alertent sur l’explosion du nombre de familles contraintes de passer la nuit dehors ou dans des conditions indignes (hôtels insalubres, gymnases, tentes).
Dans les territoires ultramarins, la situation est particulièrement dramatique. À La Réunion, en 2024, plus de 1 000 enfants ne disposaient d’aucun refuge, dont 330 de moins de trois ans. Depuis 2017, seuls 2 300 logements sociaux y sont financés chaque année.
À Mayotte, un tiers de la population vit dans un logement précaire. Cette fragilité est aggravée par les catastrophes naturelles, comme le cyclone dévastateur Chodo, en décembre 2024.
France – « Des enfants naissent, vivent et meurent à la rue »
Une phrase tragique « En France, des enfants naissent, vivent et meurent à la rue » s’indigne l’UNICEF.
En France, les mères isolées, piliers de leur famille, représentent 98 % des familles monoparentales, et sont les premières à basculer dans la pauvreté. Ces familles sont celles les plus touchées par la précarité par un système de maltraitance de l’État appliquant des violences coercitives loin du respect de la Constitution et des Conventions internationales comme la Convention d’Istanbul (2011, ratifiée par la France en 2014) qui oblige les États à protéger les femmes victimes de violences et leurs enfants, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE, 1989), et le sens d’être humain, tout simplement.
La bonté: une exigence pour protéger les enfants
Face à la pauvreté persistante, à l’exclusion et aux violences sociales, la notion de « bonté » s’impose comme un principe politique et humain. Une société juste n’a pas pour objectif l’abondance de quelques-uns, mais la suffisance pour tous, et en premier lieu pour les enfants.
La bonté , condition de dignité
La bonté signifie que chaque enfant, chaque femme, chaque homme dispose du nécessaire pour vivre dignement : un toit, une alimentation équilibrée, des soins de santé accessibles, une éducation de qualité et un environnement sûr. Ce concept, que l’on retrouve dans la philosophie humaniste et dans les textes internationaux, n’est pas une utopie mais une conscience de justice. Sans cela, l’égalité et les droits humains restent des promesses vides.
Les enfants privés de leur droit au nécessaire
En France, plus de 3 millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté. Certains dorment dans la rue avec leurs parents, d’autres souffrent de malnutrition, d’exclusion scolaire ou de privations quotidiennes.
Ces réalités constituent une violation flagrante de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), qui garantit le droit à la santé (article 24), à un niveau de vie suffisant (article 27) et à la protection contre toutes les formes d’exclusion (article 2).
Suffisance contre l’excès
Notre époque est marquée par le paradoxe de l’excès : tandis que certains accumulent richesses et privilèges, des enfants manquent du strict nécessaire. La bonté rappelle qu’il ne s’agit pas d’imposer l’austérité, mais de répartir les ressources de manière juste et équitable afin que plus aucun enfant ne soit abandonné dans la misère.
Un choix de société et de République
Garantir un niveau de vie stable pour les enfants n’est pas une option charitable, mais un devoir constitutionnel et républicain. La Ve République se targue d’être le socle des droits humains en France ; or, sans suffisance, l’idéal républicain s’effondre.
La bonté doit devenir le critère de toutes les politiques publiques : logement, santé, éducation, protection sociale.

Femmes à la rue – le respect des mères est rompu
En 2024, le nombre de SDF est de 330 000 personnes, dont 40 % de femmes seules ou le plus souvent accompagnées de leurs enfants.
Des femmes fuyant les violences conjugales se retrouvent, seules avec leurs enfants en pleine nuit et plein hiver sans être secourues, démunies, sans affaires pour les enfants et elles-mêmes.
Des femmes migrantes vivent également cette situation humanitaire catastrophique dans un pays stable, 6ᵉ puissance mondiale et 2ᵉ puissance européenne.
Il est parfois proposé un hébergement précaire, pouvant se résumer à une nuit dans un hôtel, ou en centres d’hébergement d’urgence ou en centres de demandeurs d’asile. Des solutions éphémères contraignant des femmes et des enfants à une forte instabilité et inquiétude, et pouvant aller d’un hébergement à un autre de semaine en semaine.
Ces pratiques contreviennent à l’article L.345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles, qui garantit à toute personne en détresse l’accès « à un dispositif d’hébergement d’urgence, à toute heure, et sans condition de régularité de séjour ». La réalité est donc un non-respect flagrant de ce droit fondamental.
Des conditions de vie provoquant une dégradation de la santé globale des femmes et des enfants soumis à de telles pressions et injustices. Des femmes victimes de violences physiques et sexuelles, psychologiques et financières, subissent des traumatismes continuels, un système dramatique de violences qui créé une crise humanitaire largement étouffée.
Des femmes et des enfants en résilience ont leurs droits humains bafoués. Une société qui enferme des femmes dans la souffrance tout au long de leur vie par les violences subies souvent dès l’enfance, puisque la justice inexistante et des politiques similaires de décennie en décennie détruisent des vies.
Ainsi, environ 3 000 femmes dorment chaque nuit dans la rue. Mises en situation de grande vulnérabilité par l’État qui les abandonne et les humilie, ainsi que leurs enfants. En outre, confrontées à la violence de la rue, elles doivent seules protéger leurs enfants et elles-mêmes. Invisibles, des femmes se cachent pour tenter d’échapper à toute forme de violence, ainsi qu’à la peur que peuvent générer les services sociaux, institutions publiques pouvant devenir l’autre violence.
Il est de rappeler qu’une personne sans domicile sur quatre a subi une prise en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). Une machine de malheur se met en route par une culture de la maltraitance à l’égard de femmes et d’enfants précaires. Il s’impose une hiérarchie sociale par la discrimination.
Les femmes à la rue, et souvent avec leurs enfants, une problématique qui s’aggrave de manière alarmante, et qui a suscité de ce fait l’attention de la délégation aux droits des femmes au Sénat qui a lancé des travaux sur la situation des femmes sans domicile et sans abri, donnant lieu à un rapport intitulé « Femmes sans abri, la face cachée de la rue » (2024).
Un rapport essentiel mettant en lumière vingt-deux recommandations visant à protéger et respecter celles qui comptent et qui sont oubliées, ainsi que leurs enfants.

Photo ©️ LiberTerra
Des enfants naissent à la rue
Des femmes enceintes vivent dans la rue, ce drame « était une chose impensable il y a une dizaine d’années » a souligné le Samu social de Paris.
Une étude menée la nuit du 4 juillet 2023 auprès de 45 maternités publiques d’Île-de-France a démontré que 44 femmes étaient hospitalisées cette nuit-là sans motif médical, si ce n’est celui de protéger une femme enceinte seule à la rue. Cette même nuit, 182 femmes enceintes et 416 enfants de moins de 6 ans n’ont obtenu aucune solution d’hébergement.
En France, en plein hiver, des femmes enceintes, des mères et leur nouveau-né vivent dans la rue. La violence des institutions ne s’arrête pas là : Clélia Gasquet-Blanchard, directrice du réseau de périnatalité Solipam, a témoigné devant la délégation du Sénat de cas dramatiques, où des femmes qui ont fait une fausse-couche ou ont eu recours à l’IVG se voient perdre leur hébergement.
Par ailleurs, aujourd’hui, des femmes accouchent dans la rue, en France. Deux représentantes de la ville de Paris ont informé la délégation du Sénat que 20 à 30 % des femmes suivies par des sages-femmes de PMI de la ville sont sans domicile. Un chiffre qui dépasse 60 % sur certains sites.
Témoignages recueillis par la délégation du Sénat :
« Mon bébé est né il y a quelques semaines. On était à l’hôpital de la Salpêtrière, mais ils ne peuvent pas nous garder plus longtemps. J’ai besoin d’un endroit où dormir », une jeune mère isolée à Paris tentant de joindre le 115.
« On a un bébé de trois jours et on vient d’apprendre que l’hôpital nous mettra dehors ce soir », un jeune couple, Paris.
« Je suis enceinte. Avec mon mari, on a déjà deux enfants. On a obtenu le statut de réfugié. Mon mari travaille, il a des fiches de paie. Mais, on n’a pas de logement et aucune structure n’a de la place pour nous accueillir tous ensemble. Alors l’hôpital accepte de tous nous laisser dormir ici », jeune femme enceinte, hôpital Delafontaine, Saint-Denis.
Des enfants meurent à la rue
En 2024, 855 personnes sont mortes à la rue, dont 31 enfants, selon le Collectif Morts de la Rue. Un drame qui exige une prise de conscience immédiate de la part du gouvernement, et des actions concrètes d’urgence doivent être la priorité pour que plus un seul enfant ne perde la vie dans la rue. C’est une violation flagrante du droit international humanitaire, un choc pour une démocratie.
Des enfants à la rue, une augmentation croissante d’année en année. Le nombre d’enfants de moins de trois ans vivant sans domicile a progressé de 8 % de plus que l’an dernier et de 37 % par rapport à 2022. « Ce baromètre est celui des renoncements. Ceux que nous ne pouvons pas admettre plus longtemps sans nous déshumaniser. Nous ne pouvons pas admettre que les enfants dans notre pays retrouvent la rue le soir après l’école », a exprimé Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de solidarité.
Les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron ont provoqué une crise humanitaire subie en premier par des femmes et des enfants. Deux recours juridiques pour “Non-assistance à personnes mal-logées” engageant la responsabilité de l’État ont été déposés en 2025 par le Collectif des Associations pour le logement.
Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement et porte-parole du Collectif Associations pour le Logement, a indiqué que « la situation sur le front de l’accès à l’hébergement est chaque jour plus dramatique, nous ne pouvons nous résoudre à voir des enfants dormir à la rue, les pouvoirs publics doivent réagir. Malgré le dépôt de nos recours, rien ne change. Au contraire, les dernières remontées de terrain et les annonces budgétaires pour 2026 nous font craindre le pire. »
Le budget 2026 – Promesse de plus de pauvreté, de souffrance, d’enfants à la rue
Le Projet de loi de finances pour 2026 soulève de fortes inquiétudes et les organisations humanitaires, dont l’UNICEF, appellent le gouvernement à augmenter le nombre de places d’hébergement adaptées aux besoins des enfants et de leurs familles et de réaliser une programmation stable et durable « de la rue au logement » devant intégrer la construction de logements sociaux réels, et non des logements dans le circuit de services commerciaux, comme le deviennent certaines sociétés de logements sociaux en concurrence avec le secteur privé.
Par ailleurs, de plus en plus de logements sociaux sont proposés dans des zones isolées, éloignées des centres économiques, et sans transports réguliers permettant à des personnes précaires de se déplacer. Des familles vulnérables sont toujours plus confinées, leurs droits humains s’écroulent.
Une politique de la ville façonne l’exclusion
Née pour réduire les inégalités territoriales et sociales, la politique de la ville s’est peu à peu transformée en outil de gestion de la pauvreté. Loin de garantir la justice sociale, elle tend aujourd’hui à organiser l’exclusion, concentrant les précarités dans certains quartiers et reléguant des milliers d’enfants et de familles hors du champ de l’égalité républicaine.
La gentrification des villes efface de plus en plus les quartiers populaires, impose une forte augmentation des loyers, excluant une partie de plus en plus importante de la population. La France devient un pays structuré pour les riches à très riches, excluant les enfants pauvres des paramètres économiques, politiques et culturels.
Des quartiers assignés à résidence sociale
Conçue dans les années 1980 pour corriger les fractures urbaines, la politique de la ville a produit une géographie de l’assignation. Les quartiers dits « prioritaires » sont devenus des territoires où l’on concentre logements sociaux, les familles précaires, les mères isolées. La mixité promise est absente. « Les mis à part » une politique d’une violence inouïe cachée sous l’hypocrisie des politiques d’urbanisme et dite de « solidarité » des gouvernements d’Emmanuel Macron et de ceux le précédent renforcent en réalité les injustices. Les marchands de sommeil y trouvent leur fortune.
Cette logique entretient une frontière invisible : d’un côté les centres urbains valorisés et protégés, de l’autre des zones périphériques où des populations précaires sont confinées.

L’inégalité dès l’enfance
Les enfants sont les premières victimes de cette ségrégation territoriale. Selon l’Observatoire national de la politique de la ville, plus d’un enfant sur deux y vit sous le seuil de pauvreté. L’accès à une école de qualité, à des soins adaptés ou à des activités culturelles y est limité.
Au lieu de compenser les inégalités, la politique de la ville les institutionnalise, créant des générations d’enfants privés des mêmes chances que les autres.
Sécurité plutôt que solidarité
Depuis les années 2000, la politique de la ville s’est durcie : réformes sécuritaires, présence policière accrue, démolitions massives de logements sociaux remplacés par des programmes inaccessibles aux familles modestes.
La logique de la « rénovation urbaine » masque une réalité : chasser les pauvres des centres et reléguer toujours plus loin ceux qui n’ont pas les moyens de suivre la hausse des loyers.
Une démocratie fragilisée par l’abandon des droits humains
Un constat de l’affaiblissement de la liberté. Le gouvernement maintient une emprise par la crainte de basculer dans la pauvreté, et contraint ainsi une population moyenne et précaire à céder à toutes réformes autoritaires, à tout budget obsolète et injuste privilégiant l’aristocratie, la bourgeoisie placée aux axes des pouvoirs et un système financier destructeur, basant la progression d’une minorité de très riches en accentuant la pauvreté.
Sous Emmanuel Macron, la France descend des marches chaque année. « Chaque année, nous constatons avec indignation qu’un nombre croissant d’enfants dorment dans la rue, exposés à des conditions de vie indignes et à des dangers quotidiens. Pourtant, nos organisations formulent des recommandations claires et proposent des solutions concrètes, efficaces et réalistes », a affirmé Adeline Hazan, présidente de l’UNICEF France, qui précise, « ce qui fait cruellement défaut aujourd’hui, ce ne sont ni les ressources, ni l’expertise mais bien une volonté politique ferme de mettre fin à l’inacceptable ».
Des mères isolées, des enfants, des familles vulnérables basculent dans l’extrême pauvreté et font face à un mur d’indifférence dressé par le gouvernement. Le silence est une violence face aux plus fragiles qui demandent le droit de vivre en paix et sécurité, de pouvoir réaliser dignement leurs projets, rêves, et de dormir dans un logement.
Des femmes et des enfants à la rue vivent aussi la violence du manque d’accès à des infrastructures d’hygiène.
Des mères sans domicile vivent aussi dans la crainte d’un placement de leurs enfants. Fait rare assure Sylvaine Devriendt, coordinatrice du programme « 4i » signifiant « impact des lieux de vie informels, instables, insalubres et indignes sur la santé » de Médecins du Monde qui en témoigne devant la commission du Sénat, « les mamans expriment une appréhension importante lorsqu’elles sont hébergées dans des hôtels du 115. Elles se sentent obligées de se faire discrètes de peur que leur enfant ne leur soit retiré à cause de leur situation de sans-abrisme. », mais a-t-elle expliqué « les placements d’enfants sont extrêmement rares. » Elle poursuit en indiquant, « Nous rassurons les mères en leur expliquant que séjourner à l’hôtel et ne pas disposer d’un hébergement viable n’implique pas automatiquement un placement de leur enfant. »
Pourtant, des placements existent malgré tout pour des raisons discriminatoires. Comme l’explique Anina Ciuciu, avocate et marraine du collectif #ÉcolePourTous, devant le Sénat, ce sont des «placements discriminatoires et abusifs à l’égard des enfants de familles précaires, notamment issus des communautés roms et des gens du voyage». Des mères vivent dans la peur, sous l’emprise d’un système dont la malveillance à leur égard est manifeste. Elles se retrouvent à la rue à cause de politiques publiques d’exclusion et d’un système financier dominant par la maltraitance.
Le droit de vivre en famille pour un enfant est un principe fondamental du droit international des droits de l’enfant, notamment inscrit dans la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (CIDE, 1989).
Un enfant a le droit fondamental de vivre avec sa famille, sauf danger ou impossibilité démontrée, et toute séparation doit viser sa protection et son bien-être, jamais être punitive ou discriminatoire.
Ce que subissent les plus fragiles est inhumain, indigne d’une démocratie. Les gouvernements successifs renouvellent l’abandon des droits humains et des libertés par l’application de politiques radicales, suivant le sens contraire des valeurs humanistes et de la bonté.

La France et ses engagements internationaux
La France, qui a porté la construction européenne, s’est engagée à respecter des conventions majeures, telles que :
La Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), adoptée en 1989 et ratifiée par la France en 1990, qui consacre le droit de chaque enfant à un logement décent, à la protection, et à l’intérêt supérieur comme principe primordial (article 3).
La Charte sociale européenne (révisée en 1996), qui engage la France à garantir le droit au logement (article 31) et la protection spéciale des enfants et des jeunes (article 17).
La Convention d’Istanbul (2011), qui oblige les États à protéger les femmes victimes de violences et leurs enfants. La Stratégie européenne pour les droits de l’enfant et la Child Guarantee (2021), un engagement contraignant de l’Union européenne, qui prévoit que chaque enfant ait accès à un logement, une éducation, des soins et une alimentation.
Pourtant, face à l’urgence de la crise humanitaire et à l’explosion de la pauvreté infantile, ces engagements sont en partie bafoués. Chaque enfant réduit à la rue est un échec à appliquer les droits inscrits dans le droit européen et international.
Il est un contraste saisissant entre les mots du président et la réalité vécue par des milliers d’enfants, de familles et de personnes sans logement. La France ne peut renoncer à un fondement de justice et de valeurs humaines exigeant que les engagements soient respectés, notamment en tant que Membre des Nations Unies, devant réaliser les Objectifs de Développement Durable (ODD), dont l’ODD 1 fixe comme priorité « zéro pauvreté », sortir les enfants de l’extrême pauvreté, garantir un logement et des ressources de base et l’ODD 11 « villes et communautés durables ».

Pas une nouvelle année de plus pour la pauvreté
Aujourd’hui, Emmanuel Macron n’est pas devant un choix, mais face à un devoir. Garantir les droits humains, offrir un environnement accueillant les enfants dans les meilleures conditions n’est pas une exigence nouvelle : cela devrait être un acquis de longue date, après près de dix ans de présidence.
Une société heureuse est une société qui rend un enfant heureux. La ligne de conduite du pays ne peut que suivre cet impératif pour être sûre de progresser de manière juste et durable. Un pays qui n’aime pas ses enfants n’a pas d’avenir. Séparer les enfants en riches et en pauvres révèle un instinct de domination, cultivé par des dirigeants qui copient indéfiniment ce qu’ils connaissent d’une histoire célébrant les oppresseurs.

Créer une nouvelle société pour la jeunesse qui fait face a un autre défi majeur : le changement climatique.
Pour mettre fin à la pauvreté, la France doit se libérer des corruptions politiques, de quarante années d’une génération de responsables indignes, cultivant un système destructeur, les abus de pouvoir, la médiocrité par la haine, les discriminations, le racisme et l’avidité.
L’argent roi ne fait pas société, il détruit. Le capitalisme porte en lui l’effondrement dans sa globalité : l’humain et la nature, indissociablement unis, en sont les victimes.
La société politique sépare le corps humain de la nature, de son origine, de sa source vitale, et fait de la vie une marchandise. C’est l’avidité capitaliste des marchands de guerre au pouvoir.

Ils ne protègent pas les enfants, ils ne protégeront pas une rivière.
Les progrès véritables n’ont jamais été arrachés par la domination ou l’exclusion, mais par la conscience de la bonté, de l’entraide et de la solidarité.
Une démocratie ouverte, fondée sur le partage, la compréhension, l’empathie, l’équité et la justice sociale, seule, pourra bâtir un avenir solide.
Un avenir radieux par la paix, et profondément humain par la liberté de vivre.
Fédora Hélène

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