L’intelligence humaine au défi de la parité
Alors que l’humanité s’engage dans la « Décennie internationale des sciences pour le développement durable » (2024-2033), une fracture invisible mais profonde menace l’efficacité de nos réponses aux crises climatiques et technologiques : l’éviction systémique des femmes du champ scientifique. La science, dans son essence même, se veut universelle ; elle est un langage commun, une quête de vérité qui ne devrait connaître ni frontières ni genre. Pourtant, les chiffres de l’UNESCO révèlent une réalité plus sombre où le « plafond de verre » se double d’un « tuyau percé », laissant s’échapper les talents au moment précis où le monde en a le plus besoin.
Dans un contexte de fortes tensions internationales et d’accélération fulgurante de l’Intelligence Artificielle, l’égalité des genres n’est plus seulement une question de justice sociale, mais une condition sine qua non de la paix et du progrès. À travers le projet GenSIS et les récentes recommandations du Sénat français, un nouveau paradigme émerge en 2026 : il ne s’agit plus de « corriger » les femmes pour qu’elles s’adaptent au système, mais de réformer les institutions pour qu’elles reflètent enfin l’entièreté de l’intelligence humaine.

Un déséquilibre structurel : le constat d’une stagnation mondiale
Malgré une augmentation constante du nombre de femmes entamant des études supérieures, le monde de la recherche scientifique reste marqué par une anomalie persistante que les experts de l’UNESCO appellent le « tuyau percé ».
Ce concept illustre une réalité brutale : à chaque étape de la carrière scientifique, du diplôme universitaire au doctorat, puis de la recherche à la direction de laboratoires, les femmes s’évaporent.
Selon les données les plus récentes de l’UNESCO, les femmes représentent 35 % des diplômés en sciences, alors qu’au niveau mondial, elles s’inscrivent à 46 % dans l’enseignement supérieur contre 40 % pour les hommes. Ce paradoxe est le signe d’un blocage profond : si les femmes s’engagent massivement dans les études longues, elles sont progressivement écartées ou découragées de poursuivre dans les filières de recherche. Aujourd’hui encore, seul un chercheur sur trois dans le monde est une femme.
Une inégalité persistante qui impacte directement les systèmes de recherche scientifique. Ces derniers ont un besoin vital de la diversité des compétences et de créativité pour affronter les défis mondiaux dans une époque de fortes incertitudes pour le futur.
« Dans le cadre de la Décennie internationale des sciences pour le développement durable (2024-2033), imaginer un monde avec plus de femmes dans la science n’est pas seulement une aspiration, mais un appel à l’action pour créer des solutions qui ne laissent personne de côté », souligne Lidia Brito, Sous-Directrice générale pour les sciences exactes et naturelles de l’UNESCO.
La possibilité d’accéder pleinement aux études en sciences témoigne d’une avancée démocratique et de politiques d’émancipation, non seulement pour celles se destinant à une profession scientifique, mais aussi pour toutes les femmes. C’est une levée des verrous dans tous les secteurs publics et privés, un changement salutaire pour la société.

Le « tuyau percé » : une hémorragie mondiale de talents
L’action concrète et efficace relève le défi de l’égalité des genres qui engage les dirigeants, les gouvernements, le monde de la science, l’entreprise et l’éducation. C’est une ambition portée par l’UNESCO pour rompre avec le phénomène appelé le « tuyau percé » qui entrave la progression des femmes dans les carrières scientifiques, que cela soit dans l’ingénierie, le numérique, la recherche ou l’informatique.
Depuis près de dix ans, au niveau mondial, la progression stagne, voire régresse dans certains pays. On observe une diminution générale d’accès aux niveaux hiérarchiques supérieurs puisque les femmes ne représentent que 12 % des membres des académies nationales des sciences.
Le bilan des inégalités diffère toutefois selon les régions. Selon les dernières données de l’UNESCO (ISU), on compte :
• 52 % de chercheuses en Europe du Sud-Est
• 47 % en Asie centrale
• 44 % en Amérique latine et dans les Caraïbes
• 41 % dans les États arabes
• 34 % dans l’Union européenne
• 32 % en Afrique subsaharienne
• 27 % en Asie du Sud-Est
• 23 % en Asie du Sud
Ces données restent limitées en raison du manque d’études fiables dans certains pays et de l’absence de communication observée par 98 pays n’ayant transmis aucune information.
Focus France : l’alarme du Sénat
En France, la délégation aux droits des femmes du Sénat a travaillé pour maximiser la présence des femmes dans la science en adoptant vingt recommandations visant à lutter, dès l’école primaire, contre l’effacement des filles. Son rapport d’information, rendu le 7 octobre 2025, dresse le constat d’une sous-représentation dans la majorité des métiers scientifiques.
Les chiffres sont là : les femmes représentent actuellement moins d’un tiers des chercheurs scientifiques et un quart des ingénieurs. En outre, le rapport souligne qu’elles sont encore plus absentes des postes à responsabilité dans les laboratoires ou au sein des pôles Recherche et Développement (R&D) des entreprises.
Cette faible représentation se confirme dans l’avancement de carrière : une femme sur deux quitterait les sciences au cours des dix années suivant l’obtention de son diplôme. Un fait que souligne Cécile Joly, économiste, en présentant une étude de France Stratégie : « Les jeunes femmes qui ont suivi des cursus scientifiques exercent moins souvent que les jeunes hommes les métiers pour lesquels elles se sont formées ». Elle précise : « Et quand elles accèdent à ces métiers, elles tendent à les quitter rapidement. Cette situation s’explique en partie par des biais genrés, souvent inconscients, dans les processus de recrutement et sur le lieu de travail. »
Véronique Lestang-Préchac, sous-directrice au ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a affirmé que « ce phénomène du tuyau percé ne s’arrête pas aux portes de l’enseignement supérieur et de la recherche ; il se prolonge tout au long du parcours professionnel ».
Urgence économique et technologique
Cette perte de compétences provoque un déséquilibre dans les secteurs nécessaires à la transition écologique et technologique. En France, les femmes ne représentaient que 30 % des chercheurs en 2022. Si elles sont majoritaires dans les sciences médicales (58 %), elles ne sont que 17 % dans les mathématiques et l’informatique.
Lors de son audition au Sénat, Fatima Bakhti, présidente de l’association Femmes Ingénieures, a alerté la délégation : « Il manque entre dix et vingt mille ingénieurs en France. Pour élargir ce vivier, il faut s’adresser à la moitié des Français, c’est-à-dire aux Françaises. C’est une nécessité très concrète. » Un fait confirmé par Romain Soubeyran, directeur de Centrale-Supélec : « Nous laissons passer une quantité importante de talents féminins, alors même que la France connaît une pénurie d’ingénieurs. »

Pourquoi le tuyau fuit-il ? Les freins invisibles
Ce phénomène d’évincement n’est pas dû à un manque de compétences, souligne l’UNESCO, mais à des moteurs structurels d’inégalité.
L’UNESCO identifie de multiples facteurs sociétaux : la culture, les traditions, l’éducation, et le manque de modèles. L’image médiatique de la science transmet souvent celle d’une figure masculine et occidentale, un stéréotype obsolète.
Dès leur enfance, on apprend aux filles que les disciplines scientifiques sont difficiles, contraignantes et susceptibles de les couper d’une vie personnelle. Nombreuses sont celles qui croient que la science n’est pas pour elles, que c’est un « rêve inaccessible » réservé à une élite masculine.
En France, le Sénat met en lumière le rôle de l’Éducation. Les signes de l’inégalité apparaissent dès l’école primaire, en particulier en mathématiques, et se poursuivent jusqu’à l’orientation, extrêmement genrée en fin de collège et au lycée.
À l’université, les étudiantes se détournent de ces voies, découragées par une faible mixité. Cette inégalité ouvre la porte aux discriminations et aux violences sexistes et sexuelles qui anéantissent des carrières et interdisent aux femmes de réaliser leurs rêves. Nos sociétés maintiennent le système du « tuyau percé » par une culture patriarcale dominante.
L’enjeu de la précarité et de l’Intelligence Artificielle
La lutte contre la précarité est primordiale. Dans le monde, les filles et les femmes sont les premières à basculer dans la pauvreté. Le système économique crée des violences coercitives interdisant aux jeunes femmes d’entreprendre des études longues faute de moyens financiers. Contraintes de travailler ou enfermées dans un rôle ménager, elles ne peuvent réaliser de projets d’études, d’autant moins dans un domaine masculinisé. L’augmentation des bourses universitaires serait un facteur décisif de réussite.

L’urgence de l’IA : Le péril d’un futur programmé sans les femmes
L’enjeu est désormais critique à l’heure de l’Intelligence Artificielle (IA). La minimisation des femmes dans la science risque de renforcer leur effacement des tables du pouvoir. Les chiffres sont là : elles ne représentent que 22 % des professionnels de l’IA. Le monde politique prépare l’avenir en invisibilisant les femmes, alors que l’introduction de l’IA dans la société est accélérée et transforme radicalement le marché du travail.
Une sous-représentation des femmes persiste et provoque un déséquilibre majeur : elle éloigne plus de la moitié de l’humanité de la créativité, du développement sociétal, des prises de décisions stratégiques et de l’élaboration des politiques financières de demain.
La force de l’ impact de l’IA dans la société nécessite des politiques éthiques, la préservation absolue des droits humains, et non l’exclusion. L’effacement des femmes signifie une emprise politique sur les libertés. Cela ne nuit pas uniquement aux femmes, mais à l’ensemble de la population.
Cet écart est tout aussi alarmant dans les sciences fondamentales. Une absence significative que Nature Reviews Physics démontre par les chiffres : dans les pays à revenu élevé, les femmes sont moins de 20 % à occuper un poste de niveau troisième cycle en physique.
GenSIS : De la donnée à la réforme structurelle
C’est ici que le projet GenSIS (Gender-Inclusive Science Institutions & Systems) intervient pour changer la donne. Plutôt que de simplement constater ces écarts, l’initiative s’appuie sur les données de l’ISU pour générer de nouvelles statistiques nationales. L’objectif ? Ne plus se contenter de « remplir le tuyau » avec plus d’étudiantes, mais réparer les fuites à la source en transformant la gouvernance même des institutions.
Ce projet financé sur trois ans par le Canada identifie des politiques efficaces pour réduire les inégalités. Il se développe en collaboration avec l’équipe humanité de l’UNESCO et la communauté de l’OWSD (plus de 12 000 femmes scientifiques dans les pays en développement).
Le programme L’Oréal-UNESCO For Women in Science, ayant soutenu plus de 4 500 femmes, participe à cette initiative. Matilda Dipieri, chercheuse en politique d’éducation, souligne : « Le partenariat avec l’UNESCO garantit que la recherche du Sud atteint les réseaux mondiaux pour étendre le changement systémique. Ensemble, nous pouvons accélérer les progrès vers l’égalité des sexes dans la science. »

Lumière sur les solutions : l’appel à l’action
L’UNESCO a lancé un appel à l’action pour l’égalité de genre, rappelant que ce combat est essentiel pour faire face aux enjeux du XXIe siècle (climat, biodiversité, pauvreté). Dans un contexte de tensions géopolitiques où les droits des femmes reculent dans certains pays, ce travail s’inscrit dans une perspective de paix durable.
L’UNESCO recommande des actions concrètes :
1. L’Éducation : Intégrer dans les manuels scolaires des figures féminines scientifiques et former les enseignants pour une pédagogie ludique et inclusive dès la maternelle.
2. La Visibilité : Dissiper les idées fausses via les médias et la culture. Inviter des femmes scientifiques dans les établissements scolaires pour qu’elles incarnent des modèles et jouent le rôle de mentors.
3. Le Financement : Investir dans l’enseignement équitable, créer des bourses spécifiques pour les filles dans les STIM (Sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) et lutter contre la précarité étudiante.
4. Le Réseautage : Établir des plateformes mondiales pour que les femmes scientifiques créent des liens professionnels et promouvoir leur présence au sein des conseils et comités de direction.
Des visages qui éclairent l’avenir : de la génétique aux étoiles
Pour briser les stéréotypes, il faut des modèles. L’histoire récente prouve que lorsque les femmes accèdent aux ressources, elles changent le monde. L’exemple d’Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna est emblématique : lauréates du Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science en 2016, elles ont reçu le Prix Nobel de Chimie en 2020 pour avoir mis au point les « ciseaux moléculaires » CRISPR-Cas9, une révolution génétique majeure.
La professeure Jennifer Doudna a déclaré, « La collaboration a été un vecteur de succès important tout au long de ma carrière de chercheuse. Il faut des équipes de recherche pluridisciplinaires pour faire progresser la science fondamentalement dans tous les domaines. La collaboration est la clé de voûte de la recherche scientifique contemporaine. »

© L’Oréal Foundation
Plus près de nous, l’actualité vient de donner un souffle historique à ce symbole. Le 13 février 2026, à 11h15 précise, Sophie Adenot a quitté la Terre à bord de la capsule Dragon Freedom, lancée depuis Cape Canaveral par une fusée Falcon 9. Au sein de l’équipage de la mission Crew-12, l’astronaute de l’Agence spatiale européenne entame ainsi un séjour de huit mois en orbite pour réaliser sa propre mission scientifique, baptisée « εpsilon ». Ingénieure et pilote d’essai d’exception, elle devient la deuxième Française de l’histoire à rejoindre la Station Spatiale Internationale (ISS) après Claudie Haigneré. Son envol est une preuve magistrale que les filières de l’ingénierie et de l’aéronautique, où les femmes ne représentent encore que 25 % des effectifs, sont des voies royales vers les sommets les plus vertigineux de l’ambition humaine.
Ces parcours d’excellence ne sont pas des anomalies, mais la preuve de ce que l’humanité gagne à inclure l’autre moitié d’elle-même : les femmes.

Pour une science enfin universelle d’ici 2033
L’égalité des genres dans les sciences n’est pas un luxe idéologique, c’est une urgence de civilisation. Alors que nous naviguons dans les premières années de la Décennie internationale des sciences pour le développement durable, chaque talent féminin écarté est une opportunité perdue de guérir, d’innover et de stabiliser un monde en proie au chaos.
Pour que l’horizon 2033 ne soit pas un simple rappel d’un échec passé, l’ouverture sur l’avenir passe par trois piliers d’action immédiats :
• Réformer les structures, pas les individus : Grâce au projet GenSIS, il est temps d’imposer une gouvernance institutionnelle qui valorise les parcours non-linéaires, assure une parité réelle dans les postes de décision (au-delà des 12 % actuels dans les académies) et éradique la culture de l’exclusion.
• Investir dans le capital humain : La lutte contre la précarité étudiante et le financement massif de bourses pour les femmes dans les STIM et l’IA sont les seuls leviers capables de transformer le rêve scientifique en une réalité accessible pour toutes, indépendamment de leur origine sociale.
• Réenchanter l’imaginaire scientifique : En mettant en lumière des figures comme Sophie Adenot ou les lauréates du prix L’Oréal-UNESCO, nous devons offrir aux jeunes filles des modèles où la science rime avec liberté et impact sociétal, et non avec renoncement à soi.
En finir avec le « tuyau percé », c’est enfin permettre à l’humanité de voir le monde avec ses deux yeux. Transformer la donnée en décision politique aujourd’hui, c’est garantir que la révolution technologique de demain sera éthique, juste et, surtout, porteuse d’une paix durable. Car au final, la science n’a pas de genre : elle n’a qu’une vocation, celle de servir l’ensemble du vivant.
Fédora Hélène

Pour aller plus loin et réfléchir ensemble : La science, souffle de paix et miroir de notre humanité
Par Fédora Hélène
L’universalisme contre les verrous du système
Les inégalités agissent de manière multifactorielle et fonctionnent comme une succession de verrous bloquant la progression des femmes dans les divers domaines des sciences. Un système patriarcal impose une violence qui épuise et traumatise. Pourtant, la science aurait dû être une promesse de progressisme et de compréhension de l’égalité de genre. Comment concevoir la science par l’exclusion, alors qu’elle signifie avant tout l’universalisme et la reconnaissance d’un bien commun à l’humanité : l’esprit ?
L’intelligence n’est ni féminine, ni masculine : elle est humaine. C’est la créativité de chaque individu qui permet l’émancipation des sciences pour construire une société plus juste, où la solidarité s’impose par le sens même de notre existence.
La science comme langage universel
La science lutte contre l’obscurantisme. Elle développe des perspectives de pensée, une connaissance qui circule entre les chercheurs au niveau international et voyage sans frontières. Cette solidarité humaine a inventé un langage commun : les mathématiques. À l’instar de la musique, autre langage universel, les sciences sont une onde de savoir que possède l’humain et qu’il enrichit par sa capacité à communiquer concrètement.
Cette communication intervient entre les hommes, mais aussi entre l’humanité, l’univers et la Terre. À quel moment, dans cette complexité de la compréhension du vivant et de l’expérience du langage commun, intervient la notion d’inégalité entre les femmes et les hommes ? Elle n’existe pas. C’est une invention politique, et en rien une loi naturelle. La seule loi qui permet la vie, c’est l’équilibre parfait.
De la fracture humaine au chaos mondial
Les violences à l’égard des femmes provoquent un déséquilibre profond, une dissonance au sein même de nos sociétés, de nos pensées et, par extension, de la recherche scientifique. Une humanité en dualité dans son fondement génère l’instabilité, et c’est de cette fracture que naissent les pensées concevant le chaos. Le détournement d’une découverte pour créer une bombe atomique ne serait-il pas issu, au fond, de cette fracture originelle entre les êtres humains ?
Résoudre la problématique du « tuyau percé » apparaît donc essentiel pour établir une paix durable par la justice. L’égalité de genre est primordiale pour retrouver l’harmonie de la pensée par le souffle de la paix. Exclure les femmes est un acte de violence qui les dépossède de leur droit de créer, de décider et de choisir leur chemin. C’est une violence qui touche à la dignité humaine et qui, lorsqu’elle est institutionnalisée par une structure sociale patriarcale, autorise les crimes les plus graves, dont les violences sexuelles.
Retrouver notre identité fondamentale
La science, que nous pensons être le progrès ultime de l’humanité, prouve aujourd’hui ses limites par son enracinement dans la fracture de l’humanité avec sa propre identité.
Il est temps de retrouver l’identité fondamentale de l’humanité à travers les valeurs de Fraternité, d’Égalité et de Liberté. Cette devise, inscrite au cœur de la République, implique le devoir de réaliser cet engagement fondateur du progrès humain. C’est en réparant cette fracture que nous permettrons à la science de remplir sa véritable mission : éclairer l’avenir de tous.

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