Pauvreté infantile et mères isolées : Radiographie d’une faillite d’État.

L’Enfant ne meurt pas de fatalité, mais d’héritage : Mères isolées, silences d’État et violence du capital

Mères isolées, silences d’État

Derrière les discours, derrière les postures politiques, il reste une réalité que les mots ne peuvent masquer : celle des enfants. La volonté de l’UNICEF, ce n’est pas de parler d’idéologie, mais de vies brisées, de nuits sans toit, de repas sautés, et de droits fondamentaux piétinés dans l’indifférence institutionnelle d’une société commerciale.

L’absurdité du Big Data : Tout savoir, sauf l’essentiel

Le rapport 2026 de l’Observatoire des droits de l’enfant pointe du doigt le manque de données fiables et actualisées sur les différentes thématiques, droits primordiaux des enfants et de leur situation en France. À l’heure du Big Data, de l’utilisation des technologies et des algorithmes dans la sphère économique et politique, dans le domaine de la finance internationale et de la guerre commerciale, le bât blesse quand il s’agit de récolter des données essentielles sur les droits humains.

Des informations qui permettraient une meilleure compréhension des besoins et une adaptation efficace des mesures et des lois, ainsi que leur application pour respecter un fondamental : la CIDE et les Objectifs de développement durable.

Une première édition qui rappelle : « Comment garantir les droits de chaque enfant sans disposer de données complètes, fiables et actualisées ? » Adeline Hazan, Présidente de l’UNICEF, poursuit : « L’Observatoire des droits de l’enfant vise à combler ce manque et à faire de la connaissance un levier concret de protection et d’action publique. »

Droits de l’enfant – photo ©️ LiberTerra

La Machine financière contre le vivant

Nos sociétés vivent une période de transition annonçant d’importants bouleversements par le progrès technologique, la progression de l’Intelligence Artificielle et un pouvoir financier de plus en plus agressif et exclusif. Les inégalités s’accentuent et posent la problématique d’un décalage entre l’abondance financière pour une minorité et l’appauvrissement de la moitié de l’humanité. La France n’échappe pas à la règle. L’attractivité financière est la préoccupation de dirigeants et de gouvernements récoltant les fruits de la pauvreté pour remplir les paniers des plus riches.

L’injustice pose ses commandements : des enfants s’endorment le ventre vide, d’autres dans l’incertitude de toujours avoir un toit, pendant que les puissants dépensent sans compter pour leurs propres intérêts.

C’est comme si nos sociétés n’avaient changé que de mœurs et de moyens mécaniques, faisant partie de la machine industrielle remplaçant les hommes par la robotique et l’IA. Non pour libérer l’humain des chaînes, mais pour abandonner la liberté. Une accélération du mouvement qui nous entoure politique, financier, technologique, mais sans que nous sachions vers quel avenir nous nous dirigeons à vive allure.

Une spirale que personne ne sait arrêter et qui entraîne un changement climatique radical que nous ne pouvons pas plus maîtriser que l’entraînement politique marchandant la guerre contre l’humain et la nature au profit de l’illusion, de l’argent.

Les enfants invisibles, en ombres sur les murs, la lumière du soleil éclairant leurs fines silhouettes, leurs corps fragiles que les passants ne voient pas, que les dirigeants effacent. Un passé à deux pas de nous ignorant les droits des enfants. Ils travaillaient dans les mines, les usines, les champs. Quittaient l’école, les oiseaux s’envolant, les cahiers vides, les livres un bien inaccessible. Ces petites mains frêles au courage si puissant, à douze ans sur le chemin du travail, quels étaient leurs rêves que l’injustice voulait éteindre ?

Le monde de la finance, cet univers inventé sorti du ventre de la guerre, détruit encore inlassablement la vie. L’État frappe la monnaie à l’effigie de César défiant Dieu et conquérant les hommes autant que leur terre, que leurs fils devenant soldats. La longue traîne sans fin tissée avec des fils d’argent avance lentement, glisse sur les escaliers des pouvoirs, gravit les tours des puissances artificielles, des hommes politiques, frères de la loi adoptée à l’obscurité de cet empire mortifère.

Les enfants sont appelés à devenir la future masse. Les dirigeants la diviseront selon des critères de possession et de domination dans l’ordre des intérêts de la matrice survivant de génération en génération par l’emprisonnement de la liberté.

La volonté de rédiger des études sur la pauvreté infantile, l’exploitation des enfants, leurs familles abandonnées à la misère, restera à sa peine. Les droits humains jamais aimés et bafoués, rien de l’émotion de compassion à l’égard des plus fragiles, le précieux du monde, l’enfant, ne traversera le corps du pouvoir. Il sait. Mais rien ne le touche. Il fixe son regard sur les jeux dans l’arène. Il revoit les martyrs y mourant assassinés par ceux qui n’aiment pas, qui ne tendent pas la main, qui ne prient pas l’Amour de venir reposer dans leur maison.

Épuisé, l’enfant qui a faim ne lira pas ces lignes, ni les études publiées. Il attend la promesse de fraternité, l’abolition des banques et des places boursières, de la finance au malheur ne séduisant que l’ignorant. Sa mère, dépassant la peur, cherchera l’éclaircie, du pain et de l’eau. Dans notre société moderne et riche, la France, ces mères, leurs larmes invisibles, tentent de survivre. Trois millions d’enfants survivent sous le seuil de pauvreté et des milliers d’autres sont effacés des données. La jeunesse n’est pas aimée et divisée en richesses et pauvreté.

©️ LiberTerra

La violence politique : une pauvreté organisée

L’intelligence politique et économique au niveau de l’État n’est pas ignorante du drame du non-respect de la CIDE dont les conséquences sont subies par les enfants. La pauvreté est organisée et ne surprend pas l’État. Le capitalisme radical est appliqué par un président connaissant parfaitement les systèmes financiers et bancaires. Comment ne saurait-il pas que la progression indécente du CAC 40 se réalise par l’appauvrissement des plus vulnérables ?

Les droits sociaux ont été gagnés par le Conseil National de la Résistance et par les luttes ouvrières contre l’orgueil de la grande bourgeoisie, du capital, des industriels en propriétaires héritiers, et non par l’engagement d’Emmanuel Macron se plaisant à défaire l’essentiel obtenu par ceux aujourd’hui disparus.

Emmanuel Macron n’est pas dénué de conscience. Il sait que la politique qu’il applique fragilise les droits humains. Il n’est pas coupé des médias, ni des rapports publiés alertant sur la souffrance qui s’étend, sur la détresse de familles précaires, exclues, humiliées, culpabilisées. Des mères isolées voient leur identité limitée à un numéro d’insertion CAF dans le labyrinthe d’algorithmes, de contrôles permanents, d’isolement. Des emplois précaires, des salaires ne respectant pas la dignité humaine, la peur de perdre son logement : elles subissent l’autoritarisme capitaliste.

Protéger l’enfant, c’est protéger la mère : l’apartheid social

En France, 25 % des familles sont monoparentales et dans 80 % des cas, il s’agit de femmes. Ces familles sont surexposées à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire et au mal-logement.

En France, en 2025, plus de deux millions de mères isolées vivent sous le seuil de pauvreté et portent seules leur famille. Elles affrontent la violence de la société et n’ont que rarement accès à la justice sociale, économique et judiciaire. Elles subissent un apartheid social par une architecture patriarcale de la société et la culture de l’exploitation des plus vulnérables.

La société française progresse très lentement pour concrétiser les droits des femmes. L’éducation transmet des valeurs intergénérationnelles considérant la femme sous l’angle du patriarcat. Le mariage en ordre social, compris tel un contrat de propriété en faveur de l’homme, ordonne la condition sociale des femmes et organise leur réputation selon le jugement implacable d’une société obsolète.

Les mères isolées subissent la mémoire sociale du statut de « fille-mère », désignant historiquement une femme ayant un enfant hors mariage, ainsi que celui de la femme « divorcée ». Un fait qui ne décrit pas seulement une situation familiale : il constitue une catégorie morale, juridique et sociale, construite pour contrôler les femmes et pérenniser l’ordre patriarcal.

L’ombre du Code Napoléon

Le Code civil de 1804 organise la discrimination. Le code napoléonien institutionnalise l’inégalité et sa mémoire marque toujours la culture française. Les femmes subissent une honte organisée socialement qui se poursuit durant le XXème siècle et qui agit en continuité. Il faudra attendre la loi du 3 janvier 1972 pour réaliser une première rupture juridique avec ce statut de « fille-mère ». Pendant près de 170 ans, l’État a organisé l’infériorisation légale des enfants nés hors mariage, et donc la stigmatisation de leurs mères.

Actuellement, s’impose une mutation sémantique de « fille-mère » à « mère célibataire ». Le mot change, mais les mécanismes sociaux et culturels persistent. De même, les femmes fuyant leur bourreau et les femmes divorcées subissent également ce fonctionnement mental de la société française.

La « fille-mère » n’est pas une figure du passé, c’est un archétype de contrôle social des femmes, dont les effets se prolongent aujourd’hui dans la pauvreté des mères isolées, la violence institutionnelle, le mépris social, la non-reconnaissance du travail de soins.

L’héritage patriarcal demeure et les mères isolées qui ne sont pas héritières patrimoniales vivent la précarité, la culpabilisation maternelle, la suspicion morale, la non-reconnaissance du travail maternel, ainsi qu’une sur-responsabilité.

Les mesures brimant les droits sociaux prises par les gouvernements réactionnaires d’Emmanuel Macron ont considérablement aggravé l’oppression à l’égard des femmes précaires, des mères isolées, des survivantes de violences voyant leurs droits humains bafoués, et donc ceux de leurs enfants.

Combien de mères isolées sont traumatisées par l’indifférence et la violence des services sociaux, dont l’ASE ? L’emprise par la peur et la pauvreté. Un héritage du XIXème siècle en continuité. L’autre violence, celle institutionnelle, ayant permis à un homme violent d’imposer des violences coercitives car elles sont alignées avec celles appliquées par un État construit par la pensée napoléonienne et la puissance des guerres.

Un traumatisme collectif et générationnel hérité des guerres marque l’architecture de la France vivant alors la déchirure des droits humains fondamentaux, de la fraternité. Ainsi, lorsqu’Emmanuel Macron impose des violences économiques en instaurant une pensée et une économie de guerre, il amplifie le traumatisme actuel par celui passé et transmis. La population silencieuse est celle traumatisée. Les manipulations politiques et médiatiques, l’oppression financière et du système bancaire profitent de la vulnérabilité de populations directement exposées aux risques de violences. L’absence de justice enfonce le clou par la non-reconnaissance de l’humain, de la dignité humaine, et par la haine à l’égard des plus pauvres.

Dans ce système prédateur, l’enfant ne peut être respecté, ni s’épanouir en harmonie. En France, l’enfant n’est pas aimé de tous, des institutions publiques et d’un État qui aujourd’hui tolère que des enfants se couchent le ventre vide, et pour 32 000 d’entre eux, qu’ils n’aient pas de logement.

Des mères isolées et leurs enfants sont opprimés dans une indifférence indicible.

Le Corps comme preuve : le déni de santé publique

Les données du baromètre 2021 établissent que les mères isolées souffrent davantage de dépressions majeures et d’insécurité alimentaire modérée à sévère. Par ailleurs, il ne saurait être oublié les maladies provoquées par les violences conjugales et sexuelles subies par nombre de mères isolées, survivantes.

En 2001, le rapport Henrion sur les violences conjugales est commandé par le Ministère de la Santé, qui pourtant ne prendra aucune mesure efficace et concrète pour protéger la vie des femmes maltraitées. Ce rapport explique pour la première fois que les violences conjugales sont un problème de santé publique et constituent une cause majeure de morbidité et de mortalité féminine. Pourtant, plus de 20 ans après, la gravité de l’étude scientifique n’est toujours pas suivie de mesures protectrices efficaces et innovantes pour sécuriser les survivantes et les mères isolées. Au contraire, l’oppression économique et sociale est catastrophique et représente un risque pour la santé des femmes.

Le rapport du professeur Henrion met en évidence que les violences conjugales tuent. Elles représentent une cause directe d’homicides, une cause de suicides, un facteur aggravant de nombreuses pathologies graves telles que l’AVC, les maladies cardio-vasculaires, le cancer.

Le rapport recense les traumatismes physiques et psychologiques répétés, le stress post-traumatique, les troubles anxieux, les addictions, les troubles gynécologiques, les grossesses à risque par les violences subies et une atteinte à la santé des enfants co-victimes.

Le silence médical et institutionnel persiste, l’absence de formation spécifique est toujours observée pour la majorité des professionnels de santé, de justice et des services sociaux. Une société obsolète et injuste persiste au niveau même de l’État. Les différents rapports publiés en 2001, dont celui complémentaire, montrent que l’État savait, que les institutions savaient et que les mécanismes étaient scientifiquement documentés.

Le rapport Henrion de 2001 constitue l’acte de naissance officiel de la reconnaissance des violences conjugales comme problème de santé publique en France. Il documente non seulement la violence, mais aussi le silence institutionnel qui l’a rendue possible.

©️ LiberTerra

L’héritage de l’indifférence

Comment le pouvoir pourrait-il aimer des enfants en déshumanisant leur mère ? En France, il faudra six générations pour qu’un enfant pauvre touche un revenu moyen. La culture économique française repose sur l’appauvrissement de ses citoyens mis en état de survie, et dont la vie ne compte pas. L’héritage de la colonisation et de l’esclavagisme reste ancré dans la mémoire politique qui applique une censure du droit de vivre de femmes et d’enfants pauvres.

Œuvrer pour la paix – photo ©️ LiberTerra

 L’Audit de la honte : le Rapport 2026 comme miroir de l’effondrement

Ce n’est plus seulement une intuition douloureuse ou le cri d’une révolte isolée ; c’est désormais un fait consigné, une radiographie implacable que le pouvoir ne peut plus dissoudre dans ses éléments de langage. Le Rapport UNICEF 2026 ne vient pas seulement s’ajouter à la pile des alertes ignorées : il agit comme un miroir de haute précision placé devant les yeux d’un État qui se croyait protégé par son propre aveuglement.

Là où la finance ne voit que des flux et la politique que des masses, l’Observatoire des droits de l’enfant vient redonner un nom, un poids et un corps à ce que le Capital s’efforçait de rendre spectral. Ce rapport déchire le voile : derrière le rideau de fumée du progrès technologique, il expose la « mécanique du vide » qui aspire les plus fragiles.

L’audit de l’urgence

L’invisibilité planifiée : les chiffres du grand oubli

Le constat de l’Observatoire développe l’idée que le manque de données sur la pauvreté infantile n’est pas un oubli technique, mais une stratégie de l’État pour ne pas voir ce qu’il ne veut pas soigner.

Alors que la France entre en campagne électorale pour les municipales, fiefs politiques influençant l’élection présidentielle de 2027, l’UNICEF rappelle aux responsables politiques ainsi qu’au gouvernement l’urgence d’établir des politiques de protection de l’enfance et recommande des initiatives concrètes à mettre en œuvre pour solutionner durablement la souffrance des enfants en France.

La problématique actuelle de la guerre en Iran s’ajoute en cause multifactorielle de la maltraitance des droits de l’enfant dans une société en transition et traversant une crise politique et démocratique majeure. Un bouleversement qui s’inscrit dans une dimension climatique, où le climat crée sa révolution. L’homme et la Terre sont interdépendants, respirent ensemble, l’instabilité touche donc leur corps commun, leur respiration commune. Le volcan de la guerre fait celui de la terre. La communion de la nature avec l’humanité s’est éloignée des raisonnements politiques, qui ont conscience, mais qui sont dans l’incapacité de revenir à la source fondamentale de la vie et de sa liberté pour croître en paix.

Photo UNESCO et Paix ©️ LiberTerra

L’enfant, variable d’ajustement d’une économie de guerre

Par une intelligence politique brutale, la pauvreté retrouve sa force d’arme politique instaurant la loi du plus fort. Un combat qui exclut les enfants, et qui devient purement une question de puissance, de domination géopolitique, faisant du corps du peuple l’outil, et non plus la pierre fondatrice d’un pays. Ainsi, l’enfant pauvre est compris comme l’outil servant la valeur d’un enrichissement financier, d’une croissance absolutiste réservée à une caste engendrant les profits finançant la guerre. Le réarmement qui aujourd’hui s’accélère produit une industrialisation de défensive et d’oppression, et non celle au service du bien commun et de la paix, qui sont alors conditionnés au devoir de défense.

L’enfant pauvre n’est alors pas compris comme étant une priorité. Pourtant, il est la promesse de vie. Prendre soin des plus fragiles, c’est acter que l’humanité génère une entreprise de paix, de réconciliation, et non d’escalades dévastatrices au niveau international, provoquant en premier les blessures.


Dessin partagé par des enfants – initiative « Gaza We Want » ©UNICEF/UNI950019

Dans une configuration d’expansion du capitalisme, l’absence de données complètes et fiables enregistrant l’intégralité des territoires, les causes et conséquences de la pauvreté infantile, ainsi que l’absence d’un suivi systémique, forment la résultante d’un pouvoir vertical tourné vers une économie de guerre. Un pouvoir qui vise la domination énergétique, et qui conçoit cet objectif comme prioritaire et salvateur pour la majorité. Celle qui vit confortablement, consomme, investit dans les systèmes bancaires et produit le système de la rente capitaliste, contre le crédit alloué aux populations pauvres pour acheter la paix sociale et maintenir une dualité entre richesse et pauvreté afin d’accélérer des performances économiques au profit d’industriels et de lobbies.

L’État n’est pas paternaliste, il maintient volontairement une caste pauvre culpabilisée et humiliée pour perpétuer l’idée de l’État dominateur décidant et confisquant les droits démocratiques des plus vulnérables. La dualité historique entre la grande bourgeoisie propriétaire, détenant les clés des réseaux, et les classes laborieuses se poursuit en architecture nationale et européenne. Un État qui marque également l’opposition entre la classe moyenne, qui est la pauvreté de confort, et la pauvreté réelle mettant en souffrance les droits humains fondamentaux, dans un objectif d’adhésion des classes moyennes au dogme par peur de tomber dans la précarité.

L’école et l’espace public : la reproduction des fractures

Ainsi, l’école est divisée en classes populaires et aisées, puis met à part l’aristocratie et la grande bourgeoisie possédant la République. Les enfants de classes différentes ne se croisent pas, ne se connaissent pas, ne se mélangent pas. Dès le plus jeune âge, l’enfant comprend qu’il est traité différemment suivant la puissance financière de ses parents, de leurs titres et du nom de famille en héritage.

Ainsi que le juge Édouard Durand l’a déclaré lors de la CIIVISE, l’enfant est quelqu’un de sérieux. L’enfant comprend la pauvreté qu’il vit, les discriminations qu’il subit, l’architecture des villes opposant quartiers aisés et populaires. Si, aujourd’hui, un enfant ayant le talent de Mozart vit dans un quartier défavorisé, il ne pourra faire vivre sa création et la partager. L’accès à l’art et à la culture, qui est un bien commun, est particulièrement restreint pour les enfants précaires. La gratuité des espaces culturels et musées (comme à Londres, dont la plus grande galerie d’art moderne est en accès gratuit pour tous) devrait être la règle.

Vivre ensemble, c’est partager des droits communs, c’est respecter l’égalité, et œuvrer efficacement pour l’anéantissement de la pauvreté. C’est ce que déclare l’ODD 1 engageant les pays membres des Nations Unies.

Les données sur la pauvreté effacées des politiques publiques signifient que la France s’éloigne de son engagement auprès des Nations Unies pour bâtir la paix universelle et durable, un monde apaisé, une France pacifiée, sortie des tourments politiques de l’ancien monde qui persiste.

Aujourd’hui, des milliers d’enfants sont oubliés, alerte l’UNICEF. Des enfants vivant dans la pauvreté, non-scolarisés, en situation de handicap, mineurs isolés ou vivant dans les territoires d’Outre-mer demeurent invisibles des politiques publiques.

L’Observatoire des droits de l’enfant façonne par son étude la boussole des politiques de l’enfance, indiquant ainsi une direction commune pour le respect des droits des enfants et la garantie de leur application pour chaque enfant. Chaque enfant doit être respecté et aimé.

Les chiffres contre le silence : 3 millions d’enfants sous le seuil de pauvreté

L’Observatoire des droits de l’enfant de l’UNICEF publie une réalité que le pouvoir préfère ne pas ébruiter : en France, la pauvreté touche aujourd’hui 21,9 % de mineurs, soit près de 3 millions d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté.

©️ LiberTerra

Une pauvreté qui marque de graves défaillances dans le respect de la CIDE et qui altère plusieurs de ses articles bénéficiant au bien-être de l’enfant, au droit de grandir en paix et en sécurité. Les responsables politiques ont le devoir fondamental de prendre soin des plus fragiles. Sans cet essentiel, la démocratie ne devient qu’un jeu autoritaire. Les enfants sont la promesse de vie de nos communautés, d’un pays, de l’avenir de l’humanité. Protéger nos enfants, c’est aussi ne pas les diviser en riches et pauvres, une dualité instaurant la violence durable, la haine et poussant l’extrémisme sur le devant de la scène politique et électoraliste.

Mais, concrètement, une politique oubliant les enfants vulnérables fait peser sur leurs épaules le poids de la violation des droits de l’enfant et de ses conséquences. La pauvreté peut traumatiser toute une vie, entraver des choix, détourner un enfant de sa volonté d’étudier et lui apprendre que la société dans laquelle il vit ne le considère pas, que sa valeur est effaçable, que son humanité n’a pas le même visage que les autres, qu’elle ne compte pas.

La Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) bafouée

La CIDE a inscrit que chaque enfant mérite d’être aimé et respecté. À cet effet, plusieurs articles de la CIDE sont consacrés pour lutter contre la pauvreté. L’article 27 prononce le droit à un niveau de vie suffisant. Le gouvernement se doit de protéger les conditions de vie des enfants en prenant toutes mesures pour ne pas faire subir aux familles la précarité, l’exclusion, l’enfermement par la quasi-impossibilité de vivre dignement, de créer, d’entreprendre, d’accéder aux mêmes droits que les héritiers patrimoniaux.

Des conditions de vie éprouvantes fragilisent la santé des enfants, alors que le droit à la santé s’impose (article 24).

La pauvreté agit en une succession de violences contre l’enfant, qui subit une culpabilisation, le non-respect de sa dignité, ainsi qu’une détresse par les violences coercitives qui s’appliquent à sa famille, d’autant plus brutalement dans un foyer monoparental. Dans la majorité des cas, la mère porte seule la totalité des charges financières et les tâches quotidiennes dans une société inégalitaire et profondément patriarcale. L’exclusion de l’enfant commence par celle de son parent.

Les inégalités s’étendent dans les domaines scolaires et culturels et nuisent à son développement. Ainsi, le droit à l’éducation (articles 28 et 29) est brimé. L’enfant évolue dans un environnement d’injustices que la fragilisation du droit social et une économie excluante favorisent. L’État devient une fabrique de pauvreté à l’égard des plus vulnérables, bloquant des vies dans la détresse. L’État ne répond pas à ses obligations pour lutter contre toutes les formes de négligences (article 19) que les politiques éloignées du bien commun font subir à des enfants.

© UNICEF/UN0766924/Martirosyan

La démocratie voudrait que l’État soit en conscience et veille au respect absolu des droits humains. Le droit au logement, à un travail décent, à un revenu digne est remis en question par des mesures politiques qui produisent l’augmentation de la pauvreté infantile. Une conception du pouvoir par l’exclusion impacte directement le développement de la France. Toute l’énergie créatrice des enfants exclus est perdue. Ils auraient été médecins, astronautes, ingénieurs, musiciens… Ils auraient réalisé leur vie en semant à leur tour la terre bienfaitrice de leur naissance.

Le Rapport de l’ONU souligne que depuis une dizaine d’années, la situation ne cesse de s’aggraver. En France, la pauvreté infantile a progressé de 2,6 points en dix ans, atteignant son niveau le plus élevé depuis 1996. L’affaiblissement des droits sociaux a de graves répercussions pour trois millions d’enfants. Une situation particulièrement alarmante qui est aggravée par l’inégalité territoriale. À Mayotte, 8 enfants sur 10 subissent la pauvreté. Un pourcentage qui reste très élevé en Guyane, à La Réunion et dans les Antilles.

L’alimentation est un droit vital

Une pauvreté qui se définit également par l’insécurité alimentaire. L’UNICEF souligne que la hausse du coût de la vie fragilise durablement les ménages les plus modestes. En 2025, 22 % des ménages avec enfants subissent une précarité alimentaire et 22,8 % des enfants ne consomment pas trois repas par jour, indique l’UNICEF.

L’objectif économique visant à enrichir les plus riches n’a qu’une seule réalité : l’appauvrissement d’enfants et de leurs familles. Les choix budgétaires des ménages précaires sont aujourd’hui sacrificiels. Privations alimentaires, énergétiques, coupures du lien social, rupture avec les infrastructures culturelles et universitaires, déplacements minimisés : c’est un confinement forcé des plus modestes. Les enfants évoluent dans un espace restreint. La société leur ferme les portes. La politique instaure depuis plusieurs décennies un apartheid social, renforcé par le mépris des plus pauvres observé depuis 2017 par une radicalisation de la droite gouvernementale ayant pris son essor sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Un développement économique poursuivant son ascension capitaliste sous Hollande, ayant pour ministre de l’économie Emmanuel Macron. Le socialisme est devenu la droite centriste, quand les autres formations de droite forment un bloc d’extrême droite rattaché aux lobbies internationaux dans une volonté d’établir un capitalisme d’État mondialiste né de la culture de l’imperium.

L’orientation économique gouvernementale fait subir à des enfants une injustice flagrante, fait injustifiable pour la deuxième puissance européenne.

Droit au logement : dis-moi si tu es un enfant riche

Loin de la valeur accordée au CAC 40, au moins 32 000 enfants n’ont pas eu accès à un logement en 2025.   Sans abri, parfois logés un temps à l’hôtel, des enfants ont connu la rue, la dureté de l’errance, soit plus de 6 % par rapport à 2023.

La gravité de la situation doit mobiliser des moyens inédits et concrets quand 38 enfants ont perdu la vie dans la rue en 2024. Ce sont près de 3000 enfants qui vivent dans la rue faute de solutions durables, d’accès au logement.

Enfants à la rue ©️ UNICEF

En outre, l’apartheid social se poursuit dans la notion de mal-logement. Les logements adressés à une classe modeste, à des mères isolées précaires sont majoritairement vétustes. Le rapport de l’UNICEF note que 27,1 % des enfants vivent dans des logements avec fuites, humidité et moisissures et que 11,8 % ne peuvent accéder à une température équilibrée.

Vers une refondation : L’enfant libre n’est pas un outil marchand

L’Observatoire des droits de l’enfant a réalisé la première plateforme nationale regroupant les données disponibles sur l’enfance provenant de sources multiples : agences gouvernementales, organisations internationales, enquêtes nationales et internationales. La plateforme a réalisé un travail d’organisation, de structuration et d’analyse des données récoltées. L’étude a réalisé une mise à jour regroupant 12 thématiques de l’enfance, dont la santé, la santé mentale, la pauvreté, la nutrition, l’alimentation, et la protection de l’enfance.

C’est un outil inédit et performant. Il constitue un document de référence pour éclairer la réalisation de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) et l’Agenda 2030 des Objectifs de développement durable.

Un ministère de l’Enfance et des actes politiques concrets

Il permet la création d’un ministère de l’Enfance ayant pour boussole la réalisation de la Convention internationale des droits de l’enfant, ainsi que l’objectif de la refondation de la protection de l’enfance suivant les recommandations de l’Observatoire des droits de l’enfant, comme la fin de l’institutionnalisation systématique des placements et un financement des établissements sociaux et médico-sociaux à hauteur des besoins.

Un ministère de l’Enfance qui prend en compte la parole et l’opinion de l’enfant sera celui qui respectera notamment l’article 12 de la CIDE, garantissant la participation de l’enfant aux décisions administratives et judiciaires qui le concernent par la reconnaissance de la capacité de discernement de l’enfant, sans faire peser sur leurs épaules la responsabilité qui incombe aux adultes. L’enfant mérite d’être écouté par des actes concrets, et pas uniquement pour la forme d’une procédure. C’est aussi concevoir une justice réparatrice prenant en compte les victimes et leur garantissant une protection psychologique et le respect de leur dignité.

Un acte concret : l’Observatoire recommande d’accorder le droit de vote à l’âge de 16 ans aux élections municipales, ainsi que le développement des conseils municipaux d’enfants, dotés de moyens garantissant leur impact sur les décisions publiques. Une parole écoutée, un acte concret.

Déployer des dispositifs de participation inclusive à tous les niveaux, y compris dans les décisions politiques concernant l’Éducation nationale. La jeunesse, c’est l’avenir. L’avenir, c’est leur société. Donner le droit à la jeunesse de créer leurs futurs possibles par des dialogues de confiance, et l’élaboration de projets jusqu’à leur réalisation. La jeunesse est une chance, saisissons-la !

Fédéra Hélène

©️ LiberTerra

Copyright ©️ LiberTerra 2026 – Tous droits réservés – Tous droits de diffusion et de production réservés

Laisser un commentaire