Enquête – Phosphore blanc : Le feu qui ne s’éteint jamais. Entre crime de guerre et désastre écologique

Alors que les rapports de mars 2026 confirment l’utilisation de phosphore blanc au Sud-Liban, l’indignation grandit. Derrière l’argument militaire de « l’écran de fumée » se cache une réalité atroce : des corps brûlés jusqu’à l’os, des sols empoisonnés pour des décennies et un droit international à bout de souffle. Enquête sur une arme qui dévaste autant l’humanité que la terre.

 Mars 2026 – Le ciel de Yohmor s’embrase au phosphore

Le mardi 3 mars 2026, le village de Yohmor, niché dans les collines du Sud-Liban, est devenu le théâtre d’une pluie de feu dont les images ont fait le tour des réseaux sociaux avant d’être rigoureusement authentifiées par les experts internationaux. Ce jour-là, alors que les tensions à la frontière entre Israël et le Hezbollah atteignaient un nouveau pic, plusieurs projectiles ont explosé en altitude au-dessus des zones résidentielles, libérant des centaines de fragments incandescents.

Une attaque documentée et géolocalisée

Le 9 mars 2026, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport d’enquête exhaustif. Grâce à l’analyse de vidéos haute définition et de clichés de débris ramassés sur place, l’ONG a pu identifier formellement des obus d’artillerie de 155 mm de type M825.

Ces munitions, conçues pour exploser en l’air (airburst), projettent 116 feutres imprégnés de phosphore blanc. La géolocalisation des images confirme que les retombées ont touché directement le cœur du village de Yohmor, provoquant l’embrasement immédiat d’au moins deux habitations et d’un véhicule civil.

Le paradoxe des ordres d’évacuation

L’incident de Yohmor est marqué par un élément contextuel crucial. Quelques heures seulement avant les tirs, l’armée israélienne (FDI) avait publié, via ses canaux de communication en langue arabe, des ordres d’évacuation d’urgence pour Yohmor et une cinquantaine d’autres localités.

Cette chronologie place les autorités israéliennes face à une contradiction juridique majeure :

1. L’armée savait que la zone était une zone résidentielle civile.

2. L’armée ne pouvait garantir que tous les civils (personnes âgées, malades, familles sans transport) avaient eu le temps de quitter les lieux.

3. En utilisant une arme à dispersion aussi large que le phosphore blanc dans ce laps de temps réduit, elle a sciemment accepté le risque de frappes indiscriminées.

Un bilan humain et écologique immédiat

Sur le terrain, la Défense civile libanaise a dû intervenir dans des conditions périlleuses pour éteindre des feux qui se rallumaient à chaque exposition à l’air. Si le nombre exact de blessés par brûlures reste difficile à stabiliser en raison de l’insécurité, plusieurs cas d’asphyxie grave ont été rapportés dans les centres de soins de la région.

Au-delà des murs, c’est la terre qui a été frappée : les fragments de phosphore ont également atteint des champs d’oliviers, déclenchant des incendies qui ont dévasté des parcelles agricoles essentielles à la survie économique des villageois, marquant ainsi une étape de plus dans ce que de nombreux observateurs écologistes qualifient désormais d’écocide de basse intensité.

La réaction internationale : un aveu d’inquiétude

Dès le lendemain de la publication du rapport de HRW, le 10 mars 2026, les Nations Unies sont sorties de leur réserve. Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire Général, a qualifié les preuves visuelles de « très préoccupantes », rappelant que l’usage du phosphore dans des zones habitées, même sous prétexte de camouflage fumigène, heurte de plein fouet les principes fondamentaux du droit international humanitaire.

L’horreur dans la chair : Une arme contre la dignité humaine 

Les frappes israéliennes se sont intensifiées au Liban, donnant l’impression d’une stratégie de destruction éloignant la perspective de négociations pour un cessez-le-feu. À ce jour, le bilan de ces frappes, en constante augmentation, s’élève à 394 morts au 8 mars, selon le ministère libanais de la Santé. Un état de fait aggravé par l’utilisation de munitions au phosphore blanc lors de tirs d’artillerie au-dessus d’habitations dans le Sud-Liban.

L’impact sur la santé d’un feu inextinguible

La première interdiction de l’utilisation de phosphore blanc dans le domaine civil est adoptée par la Convention internationale de Berne en septembre 1906, qui en proscrit l’usage dans l’industrie des allumettes. Les ouvriers de ce secteur furent en effet, de 1858 jusqu’en 1906, les premières victimes de ce produit très réactif qui s’enflamme au contact de l’air et provoque de graves lésions, brûlant les chairs jusqu’à l’os. Exposés aux fumées chauffées contenant ce composé, ces travailleurs ont développé des nécroses osseuses du nez et de la mâchoire.

Cette interdiction civile ne s’applique cependant pas au domaine militaire. La Première Guerre mondiale en fait usage pour la première fois. Depuis, des munitions au phosphore blanc ont été très largement utilisées dans différents conflits, y compris au-dessus de zones habitées, en violation du droit international. Des rapports ont établi son usage par les États-Unis en Afghanistan, ainsi que par Israël à Gaza et au Liban, bien avant les récentes frappes de mars 2026. Par le passé, Israël avait également accusé des militants palestiniens d’avoir tiré un obus au phosphore blanc (non explosé) vers Eshkol, dans l’ouest du Néguev, en janvier 2009. On retrouve également l’utilisation de cette arme redoutable en Tchétchénie par l’armée russe, et les Talibans sont soupçonnés de l’avoir utilisée contre des soldats américains.

C’est une arme destructrice, considérée comme incendiaire, mais non classée comme arme chimique. Cette faille juridique lui permet de ne pas être intégrée à la Convention sur les armes chimiques du 13 janvier 1993.

L’emploi du phosphore blanc à des fins militaires, dans des grenades ou des obus d’artillerie, sert officiellement à éclairer ou à générer un écran de fumée, ainsi qu’à des fins incendiaires. Mais quelle que soit la raison de son utilisation, il reste hautement dangereux pour l’être humain et l’environnement.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le phosphore blanc n’inflige pas une brûlure thermique classique ; il agit par trois mécanismes simultanés qui saturent les capacités de réponse du corps humain. Le mécanisme thermique provoque des brûlures du 3e degré, la destruction des nerfs et une atteinte osseuse. Fait atroce, les résidus peuvent s’enflammer spontanément au contact de l’oxygène. Un effet chimique s’y ajoute : en réaction avec l’humidité des tissus, il forme de l’acide phosphorique, provoquant une nécrose qui progresse même après l’extinction du feu. Puis se produisent les conséquences systémiques, avec une défaillance multi-organique (cœur, foie, reins) pouvant être mortelle.

En outre, ces effets systémiques peuvent apparaître jusqu’à 24 heures après l’exposition grave au produit, provoquant des problèmes cardiovasculaires, une perte de connaissance, des lésions rénales, des hépatites, une atteinte du système nerveux central, un coma, et ultimement, la mort.

Chronologie de l’intoxication

Les études cliniques montrent que même une brûlure couvrant moins de 10 % de la surface corporelle peut entraîner la mort en raison de la toxicité interne.

• Stade I (de 0 à 24h) : Les douleurs sont atroces, il se dégage une odeur d’ail caractéristique des plaies, et une fumée émane des tissus.

• Stade II (24-48h) : Une « période de latence » laisse à penser que le patient se stabilise, mais le phosphore migre silencieusement vers les organes vitaux.

• Stade III : On enregistre un déclin rapide avec une insuffisance hépatique, une nécrose rénale, des troubles neurologiques et l’apparition d’un coma.

• Stade IV : Le décès par arrêt cardiaque ou défaillance multiple intervient.

Ces blessures extrêmement graves placent les soignants face à un sentiment d’impuissance traumatisant. Les résidus de phosphore piégés dans la chair peuvent se rallumer spontanément lors du retrait des pansements si la plaie est exposée à l’air, provoquant de nouvelles brûlures internes en plein bloc opératoire.

Cette arme dévastatrice agit également comme une onde de choc psychologique sur des populations civiles déjà fragilisées par des bombardements intensifs et une crise humanitaire majeure.

Si l’actualité de mars 2026 remet cette horreur au premier plan, les enquêtes minutieuses menées depuis le début de l’escalade en octobre 2023 par les ONG avaient déjà documenté l’ampleur du désastre. 

Amnesty International rapporte des témoignages d’utilisation de munitions au phosphore par Israël au Liban les 16 et 17 octobre 2023. Le docteur Haitaham Nisr, urgentiste à l’hôpital libano-italien, a déclaré à l’ONG que ses équipes médicales ont soigné neuf personnes originaires des villes de Dhayra, Yarine et Marwahin. Celles-ci souffraient d’essoufflement et de toux, des symptômes directement attribués à l’inhalation de la fumée de phosphore blanc, hautement irritante pour les voies respiratoires.

Témoignages

Le maire de Dhayra, Abdullah al-Ghrayyed, témoigne auprès d’Amnesty International de bombardements les 16 et 17 octobre 2023 : « Une odeur nauséabonde et un énorme nuage ont recouvert la ville, de sorte que nous ne pouvions pas voir à plus de cinq ou six mètres devant nous. Les gens se sont mis à fuir leur logement avec frénésie. Lorsque certains sont revenus deux jours plus tard, leurs maisons brûlaient encore. Des voitures ont pris feu. Des terres ont également brûlé. Aujourd’hui encore, on continue à trouver des restes – de la taille d’un poing – qui se rallument lorsqu’ils sont exposés à l’air. »

D’autres témoignages ont été recueillis par Human Rights Watch, dont celui du maire de Boustane, qui a déclaré que deux habitants du village avaient dû être transportés d’urgence à l’hôpital pour asphyxie due à l’inhalation de phosphore blanc, à la suite d’un bombardement israélien le 15 octobre. « Les deux civils se trouvaient chez eux », a expliqué le maire, ajoutant : « L’un est un membre du conseil municipal, et l’autre est un agriculteur. »

Le ministère libanais de la Santé a déclaré qu’au 28 mai 2024, l’usage du phosphore blanc avait blessé au moins 174 personnes depuis octobre 2023.

Le Dr Tharwat Zahran, toxicologue médical et professeur adjoint de médecine d’urgence à l’Université américaine de Beyrouth, a souligné que « les effets les plus graves du phosphore blanc sont les effets cutanés ou dermiques, qui peuvent inclure des brûlures au deuxième ou troisième degré, susceptibles d’engendrer de profondes et épaisses escarres nécrotiques. » Il a également rappelé que « l’exposition à la fumée de phosphore blanc peut entraîner des lésions aiguës des voies respiratoires supérieures, provoquant un essoufflement, une respiration rapide et une toux. Elle peut aussi avoir des effets à retardement, comme une pneumopathie chimique qui pourrait nécessiter une hospitalisation et une assistance respiratoire par machine. »

Analyse des preuves d’utilisation du phosphore blanc

Neuf jours après le bombardement, une vidéo tournée le 25 octobre par un habitant montre un tampon de feutre recouvert d’une croûte de phosphore blanc qui se rallume dans son jardin lorsqu’on le bouge avec une pierre, rapporte le Laboratoire de preuves d’Amnesty International ayant analysé la séquence.

D’autres vidéos ont pu être analysées par Amnesty International, notamment celles datées du 13 octobre 2023 à Dhayra, ainsi que des images filmées par un journaliste le 10 octobre dans la même zone. Des images qui semblent montrer du phosphore blanc prenant feu au contact de l’air.

Ce même Laboratoire de preuves a pu documenter l’utilisation de phosphore blanc le 18 octobre à la frontière libanaise, grâce aux photos prises par les photographes de l’AFP. Les images montrent des obus fumigènes au phosphore blanc de 155 mm alignés à côté d’obusiers M109 de l’armée israélienne. L’ONG précise que ces obus sont reconnaissables à leur couleur vert pâle et à leurs bandes de couleur rouge et jaune, ainsi qu’à l’inscription des marques M825A1 et D528, indiquant la nomenclature de l’obus et le code d’identification du ministère américain de la Défense (DODIC) pour les munitions au phosphore blanc. Un fait déjà constaté par l’ONG près de la clôture de Gaza. Amnesty International précise que bien qu’ils soient de marque américaine, rien n’indique où ces obus ont été fabriqués.

Aya Majzoub, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International, a déclaré : « Il est effroyable que l’armée israélienne ait utilisé du phosphore blanc sans discrimination, en violation du droit international humanitaire. »

De plus, Amnesty International a récolté des éléments de preuve quant à l’utilisation par l’armée israélienne d’obus au phosphore blanc au-dessus de zones densément peuplées à Gaza. À la date du 14 octobre 2023, le gouvernement israélien n’avait pas reconnu ces faits survenus lors de ses opérations militaires à Gaza et au Liban.

Des preuves ont également été recueillies par Human Rights Watch, qui a mené des entretiens avec des habitants du Sud-Liban. En outre, l’organisation a effectué l’étude et la géolocalisation de 47 photos et vidéos enregistrées dans cette région, publiées sur les réseaux sociaux ou partagées avec des chercheurs. Ces documents documentent des frappes dans cinq villages frontaliers du Sud-Liban : Kafr Kila, Mays al-Jabal, Boustane, Markaba et Aita al-Chaab. Ils montrent des traînées de fumée blanche se déposant sur les toits des bâtiments résidentiels.

Les preuves accumulées confirment l’utilisation de phosphore blanc par les forces israéliennes, qui, en mars 2026, poursuivent cette stratégie au-dessus de zones d’habitation. Cette pratique contraint les civils à des déplacements forcés, alors même que beaucoup n’ont plus les moyens financiers de fuir et risquent de tout perdre dans la précipitation.

Le 3 mars 2026, une photographie publiée sur les réseaux sociaux montre la dispersion de phosphore blanc dans l’air, consécutive au tir d’au moins deux obus d’artillerie au-dessus des habitations de Yohmor. À partir de ce document, Human Rights Watch a pu identifier un nuage caractéristique de l’explosion aérienne de munitions d’artillerie de 155 mm de la série M825. Sa fumée blanche et sa forme déployée, semblable aux jointures d’un poing, sont la signature indéniable de ces obus au phosphore blanc.

Parallèlement, la veille, le 2 mars, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, avait publié à 5h27 un ordre d’évacuation adressé aux habitants de Yohmor et de 50 autres localités environnantes. Il leur intimait l’ordre d’« évacuer immédiatement [leurs maisons] et de s’éloigner des villages vers des territoires situés à une distance d’au moins 1 000 mètres ». Une injonction réitérée à 12h12 le même jour.

Human Rights Watch précise ne pas avoir été en mesure de vérifier si des civils se trouvaient toujours dans la zone de frappe, ni de dresser un bilan des blessés. Sur ce terrain de guerre particulièrement difficile d’accès, de nombreux habitants se retrouvent isolés, privés de moyens de communication et dans l’incapacité de rejoindre une infrastructure de soins médicaux.

Par ailleurs, l’ONG souligne la brutalité de ces ordres d’évacuation émis par l’armée israélienne, qui contraignent des centaines de milliers de personnes à fuir au milieu du chaos. Ce fait interroge sur la volonté réelle de protéger les populations civiles et jette un doute sur les intentions de l’armée. Dans un contexte marqué par de récents et massifs déplacements de la population libanaise sous l’intensité des bombardements, ces évacuations précipitées semblent davantage destinées à semer la terreur et la panique. Ce constat conduit Human Rights Watch à qualifier potentiellement ces ordres de « déplacements forcés », un acte constitutif d’un crime de guerre.

©️UNICEF/UNI648878/Ibarra Sanchez

Droit international

L’usage du phosphore blanc en tant qu’arme est réglementé par le Protocole III de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC). Israël n’a pas adhéré à ce protocole, contrairement au Liban qui l’a rejoint en 2017.

Human Rights Watch a déclaré que « l’utilisation généralisée par Israël de munitions au phosphore blanc dans le sud du Liban met en évidence la nécessité de renforcer le droit international portant sur l’usage des armes incendiaires ». Le Protocole III de la CCAC demeure à l’heure actuelle le seul document juridique contraignant sur le sujet. Le texte définit les armes incendiaires comme étant celles « essentiellement conçues » pour déclencher des incendies et provoquer des brûlures. Par ailleurs, concernant les tirs effectués sur des parties de villes ou villages à forte « concentration de civils », la réglementation s’avère plus tolérante à l’égard des armes incendiaires tirées depuis le sol – comme c’est le cas pour les obus tirés sur le Liban par Israël – alors même que les brûlures et blessures causées sont tout aussi horribles.

La guerre n’applique aucun autre verbe que celui de « détruire ». Comment des Conventions autorisant l’usage d’armes détruisant l’humain et l’environnement pourraient-elles protéger le vivant ? Même si Human Rights Watch et d’autres organisations appellent à mettre fin aux défaillances du Protocole III et à créer des normes internationales adaptées pour mieux protéger les civils, l’expérience de la guerre depuis octobre 2023 montre une violation constante du droit international, ainsi que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par l’armée israélienne.

À ce propos, Human Rights Watch souligne qu’il existe des alternatives au phosphore blanc pour générer un écran de fumée, comme le projectile M150 fabriqué par une entreprise israélienne. Ce produit est déjà utilisé par l’armée israélienne pour dissiper une importante fumée afin de masquer la progression de ses troupes. Une alternative qui réduit considérablement le risque pour les civils.

Ramzi Kaiss, chercheur auprès de la division Moyen-Orient à Human Rights Watch, a déclaré « les forces israéliennes devraient immédiatement cesser d’utiliser ces armes dans des zones peuplées, en particulier quand des alternatives moins nocives sont facilement disponibles. »

Face à ces violations, le Liban pourrait rapidement déposer auprès de la Cour pénale internationale (CPI) une déclaration lui donnant le droit d’enquêter et d’engager des poursuites pour les crimes internationaux graves commis sur son territoire depuis octobre 2023.

Ramzi Kaiss, a affirmé que « des normes internationales plus strictes contre l’utilisation de phosphore blanc sont nécessaires pour garantir que ces armes ne continuent pas à mettre en danger les civils ». Il a souligné que « l’utilisation récente de phosphore blanc par Israël au Liban devrait motiver d’autres pays à prendre des mesures immédiates pour atteindre cet objectif ».

En mars 2026, Ramzi Kaiss rappelle que, « l’utilisation illégale de phosphore blanc par l’armée israélienne au-dessus de zones résidentielles est extrêmement alarmante, et aura des conséquences désastreuses pour les civils ». Il précise que « les effets incendiaires du phosphore blanc peuvent causer la mort, ou des blessures cruelles qui entraînent des souffrances à vie. »

La communauté internationale ne s’étant pas saisie en urgence de ce problème majeur, l’utilisation du phosphore blanc par Israël dans des zones densément peuplées continue en 2026 à accabler le Liban.

L’utilisation d’armes au phosphore blanc sur des zones peuplées, couplée aux bombardements intensifs et aux déplacements forcés, dessine les contours d’une véritable stratégie de destruction territoriale. À cela s’ajoute l’anéantissement des moyens de subsistance, oliveraies réduites en cendres et sols durablement contaminés par le phosphore. Face à ce désastre, Human Rights Watch exhorte la communauté internationale, et plus particulièrement des pays tels que les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne, à suspendre immédiatement leurs ventes d’armes et leur aide militaire à Israël, et à imposer des sanctions ciblées aux responsables impliqués dans ces crimes graves.

L’organisation souligne également que les autorités judiciaires libanaises devraient ouvrir des enquêtes nationales sur ces crimes internationaux majeurs, et presse le gouvernement d’adhérer au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).

Ramzi Kaiss conclut ainsi : « Israël devrait immédiatement mettre fin à cette pratique. Les États qui fournissent à ce pays des armes, y compris des munitions au phosphore blanc, devraient suspendre sur-le-champ leurs ventes et leur aide militaire, tout en exhortant Israël à cesser de tirer ces munitions sur des zones résidentielles. »

©️ UNICEF /UNI753038/ Ibarra Sánchez

Un monde en guerre peut-il penser la paix universelle et durable ?

La réflexion des puissances internationales ne devrait-elle pas porter sur l’interdiction de la guerre elle-même, au moment où des pays, tels que la France, multiplient la production d’ogives nucléaires ? La surenchère de cet armement dévastateur signe l’acceptation d’une guerre technologique qui s’oppose au progrès humain, à la paix universelle, et à l’accomplissement de la liberté du monde vivant, qui ne respire que grâce au souffle de la vie. C’est vers lui que l’humanité doit aller ; c’est lui qu’il faut conquérir pour garantir le droit d’exister, le droit de vivre en paix et en harmonie avec son environnement.

Aucun autre être vivant que l’homme ne détruit sa propre humanité. L’eau, élément vivant, n’épuise pas sa source ; le feu n’éteint pas sa propre flamme ; l’animal n’extermine pas sa propre espèce ; la baleine n’anéantit pas l’océan. La guerre, c’est l’humanité dressée contre elle-même. Les puissances produisent sans fin la division par la souffrance, et le mal par la cruauté.

Cette guerre aux relents de pétrole et de nucléaire dessine les contours d’une troisième guerre mondiale qui, par spasmes, détruit étape par étape des territoires entiers. Il semblerait que les autorités israéliennes procèdent au Liban de la même façon qu’à Gaza, en y appliquant une seule et même stratégie : la destruction absolue.

Fédora Hélène

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