Jérusalem, cathédrale de paix

©️ UNESCO Auteur : Leila Maziz

Du fracas des bombes au souffle de l’être : Pourquoi l’humanité refuse-t-elle la vie ?

Hier, LiberTerra a publié sur l’effondrement humanitaire au Liban, où les chiffres de l’UNICEF dessinent la tragédie d’une enfance devenue cible sous la froide mécanique des bombes. Mais au-delà du bilan tragique et de la géopolitique, une question fondamentale demeure : quelle pensée anime cette machine de guerre qui nie l’humanité ? Le texte qui suit approfondit cette réflexion en explorant le divorce entre la technique destructrice et l’essence même de la vie. Passer du cri des victimes à la métaphysique de l’être, c’est comprendre que chaque destruction est un refus du « Oui » originel qui nous constitue.

Jérusalem ©️ UNESCO Auteur : Leila Maziz

La mécanique du désastre : Quand la technologie nie le vivant

En 2026, un régime politique autoritaire peut détruire un territoire en toute impunité. Aujourd’hui, le Liban subit une stratégie de destruction.

Cela nous le voyons, cela nous le savons. Mais comment comprendre une telle brutalité qui soudain surgit ? Comment sortir du déni ?

Nos pays en paix se sont enfermés entre les murs. L’homme a bâti la complexité comme une promesse de liberté et de confort. Le mensonge se révèle : des terres dévastées.

Liban ©️ UNICEF

La machine industrielle de l’armement ruine la paix. La technologie réalise l’antithèse de l’humanité lorsque la pensée est dominée par celui qui n’accepte pas d’être un être humain. Celui confronté à la mort dont l’homme ne peut percer le mystère. Celui soumis à l’amour quand il refuse d’aimer, mais qui ne peut fuir le fait que son existence est née de cette énergie de lumière. Ce que l’on pourrait appeler la pathologie de la puissance : cette tendance de l’humanité à utiliser son génie technique pour construire des remparts contre sa propre vulnérabilité, finissant par créer des outils qui nient la vie elle-même.

Liban ©️ UNICEF

Vers une réconciliation ? Si la machine industrielle ruine la paix, c’est peut-être parce qu’elle est la matérialisation d’une pensée qui a peur du silence et de l’impuissance. Pour inverser cette tendance, il faudrait que la pensée ne soit plus dominée par celui qui fuit, mais par celui qui accepte de regarder le mystère en face.

L’humain quittant la mécanique, l’infinie construction de la roue, pour rejoindre le monde vivant qu’il ne crée pas. Le fondement de son impuissance est de ne pas être un créateur de vie. L’homme cherche à devenir Dieu en le défiant, alors qu’il s’agirait de l’épouser, car Il est en soi. Dieu est en chacun de nous.

Le « Je suis » : Une ontologie de la liberté et du souffle

Je suis. « Ehyeh Asher Ehyeh » (אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה), issue du livre de l’Exode (3:14). « Je suis », le cœur de la révélation de Jésus. Tout revient à Dieu. Tout appartient à Dieu. Il est Dieu. Tout est et sera à Celui qui a accompli. 

Chaque être humain est unique et respire par le souffle de la vie. Chaque être humain est libre par l’amour qui le constitue. Aimer est un consentement, un « Oui » à la vie. Je consens à vivre. Détruire est cette possibilité de refuser la vie pour la substituer au néant. 

La simplicité est vitale : respirer

Mais, prenons juste la simplicité de vivre. Gaza, écouter son chant. Les rires d’enfants allant à l’école. Le matin qui se lève, c’était voir son père dans la cuisine, quand tous dormaient encore.
C’était ce cultivateur admirant les fruits de l’olivier. Les rayons du soleil bénissant la terre au lever du jour. C’était la sérénité d’une prière de gratitude. Le pain coupé entre les mains familiales. Un regard dans le miroir. La fenêtre entrouverte. Un linge frais plié sur la table. Une fleur offerte à une mère. La paix rassurante éblouissant le cœur de joie quand la présence d’une grand-mère était au jardin.

C’était.

La pluie inonde tout. Le froid glacial de l’hiver s’est abattu sur les familles en deuil.
Le cimetière des anciens a disparu. Il est devenu Gaza.

Ils ont voulu perdre l’âme sous un déluge de feu. Mais, n’ont-ils pas alors détruit leur propre humanité ?

©️ LiberTerra

Avec qui parlent les dirigeants et les puissances ? Avec celui qui ferme les yeux sur les visages d’enfants palestiniens qui le hantent ?

Le Christ pourrait affirmer aux puissants discourant entre eux de la guerre : « Je remplacerai toutes voix de souffrance par ma parole. Elle guérit, plus pure que l’eau de roche. »

Les enfants sans frontières : la mémoire des innocents 

Les enfants sans frontières : les sourires du Liban, les petits cœurs de Gaza, les écolières d’Iran, les enfants innocents d’Israël. Qu’a-t-il fait cet homme, dirigeant un gouvernement brutal ? Celui dont je ne veux pas prononcer le nom. Celui dont l’Histoire Libre parlera sans taire les crimes. Celui qui devrait être isolé, mais avec qui certains dirigeants négocient et à qui ils vendent des armes.

Jérusalem © Limes.Media/Tim Schnarr

Ceux loin de nous, ceux voulant éteindre la flamme, que chaque jour, les mains sages allument. Discrètes et simples, dont nul ne connaît le nom ni le visage, ces mères, au matin, sourient à l’enfant et sèchent leurs yeux.

L’arbre et le néant : la force de la confiance

Jésus révèle à l’homme que sa vie est conçue par l’amour : elle n’est pas un hasard, mais une existence pleine. Cela implique, pour tous, un droit fondamental à l’existence en paix.

Il nous enseigne également que ce Verbe fait de l’humain un être capable de dépasser toute destruction, car la mort elle-même a été vaincue. Il n’y a pas de plus grande force que celle d’aimer ; elle est la source même de la vie.

Jésus nous apprend la résistance et la force de la confiance. Il enseigne que le néant n’existe pas : il n’est que l’espace inventé par l’homme qui détruit.

Netanyahu détruit. Il se situe aux antipodes de la prospérité, car il s’écarte délibérément du chemin de la paix. Il cherche à asseoir sa puissance sur la dévastation des territoires et l’anéantissement de la vie.

©️ LiberTerra

Comment le fruit pourrait-il être la récolte ?

Matthieu 7, 16-18 : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. »

Jésus a marché en Palestine. Le Liban était sa terre sœur. Jérusalem, sa terre mère. Le fruit de l’olivier sème la terre pour qu’elle vive la paix.

La terre de Jérusalem est le serment de la paix, comme la vigne s’unit à la terre.

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble point et ne s’alarme point. » Jean 14, 27

Ce verset fait partie du discours d’adieu de Jésus à ses disciples, juste avant sa Passion. Il leur annonce son départ mais leur transmet une paix profonde et éternelle. Elle ne périt pas comme celle du monde.

La terre vit des bouleversements majeurs, la transformant profondément par le chaos naturel de l’univers, qui traduit son énergie indicible par sa capacité à transformer le monde.

Ce que nous vivons aujourd’hui n’est déjà plus. Ce que nous percevons de l’univers qui nous entoure est déjà transformé. Le temps n’a pas la mesure humaine. Jésus parle aussi d’une réalité scientifique. Il exprime la grandeur de la paix qui donne la vie dans ce mystère du chaos grandiose.

Le chaos naturel ne contient aucune pensée du mal, contrairement à celui produit par les hommes.

Un volcan n’agit pas dans la volonté de détruire. Il transforme la terre, la nourrit. Il est vivant. Il émane de la puissance du mystère, qui sera toujours supérieure à nous. Nous sommes la paille. Mais Dieu a posé en nous une âme. Elle est sa paix. La lumière divine nous accordant l’éternité de l’Amour. Une énergie naît d’elle-même, sans cause. Elle est l’Immaculée Conception. Ce qui est Dieu. En elle réside tout.

Jésus nous enseigne que nous appartenons à cette filiation et il nous demande d’en prendre conscience, d’avancer vers cette connaissance, de nous éloigner du mal jusqu’à le rompre. Et, pour nous confier cela, il rompt le pain, son propre corps. Sous le poids de la torture, de la crucifixion, il montre à l’homme la cruauté qu’il fabrique, le chaos qu’il génère et qui tue sa propre vie.

Il pardonne à l’homme pour qu’il puisse vivre et suivre l’Amour éternel.

Le pardon devient alors la parole de rupture du cycle de la violence. En pardonnant l’injustifiable, le Christ ouvre la voie vers la libération.

Jésus nous apprend que notre venue au monde a pour sens de répandre la paix. La guerre et la pauvreté doivent être anéanties dans le monde entier. La condamnation à mort et la torture doivent être abolies dans le monde. Aucune main ne doit porter l’épée, car celle-ci traverse désormais le corps du Christ.

« Alors Jésus lui dit : « Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. » »

Matthieu (chapitre 26, verset 52).

Lors de l’arrestation de Jésus au mont des Oliviers, l’un de ses disciples (identifié comme étant l’apôtre Pierre dans d’autres évangiles) tire son épée pour le défendre et tranche l’oreille du serviteur du grand prêtre. Jésus l’arrête immédiatement et lui dit la parole que Matthieu nous transmet.

Dans l’Évangile de Luc, il est même précisé que Jésus guérit l’oreille de cet homme venu l’arrêter, joignant le geste de miséricorde à la parole.

Jérusalem, demeure de la paix universaliste

La paix est inscrit sur la terre de Jérusalem, gravé dans la pierre, sa cathédrale. Jésus a béni et baptisé Jérusalem par son sang versé dans la terre. Tant que Jérusalem ne sera pas en paix, le monde ne le sera pas.

Jérusalem © OUR PLACE The World Heritage Collection Auteur : Giora Dan

C’est une révolution de la paix qu’attend d’accomplir l’humanité. Une paix qu’elle n’a encore jamais vécue. Un soleil sur terre. Celui issu du verbe aimer.

Fédora Hélène

Copyright ©️ LiberTerra 2026 – Tous droits réservés – Tous droits de diffusion et de production réservés

Laisser un commentaire