BORDEAUX – TOUTES À L’ ABRI – REFUGE DE JOUR POUR LES FEMMES À LA RUE

En France, en 2018, il y a eu plus de femmes mortes à la rue en une année que de féminicides.

Tout en prenant fortement conscience qu’il n’y a pas de pire dans la violence, il y a la violence.

Toutes à l’abri – association bienveillante pour les femmes à la rue

Les villes pourtant riches n’offrent pas d’accueil de jour permettant aux personnes de mettre « la rue en pause » comme le propose l’association Toutes à l’abri.

Il serait aux villes, départements, régions et au gouvernement de créer des refuges de jour pour accueillir tous les jours des femmes mais également des enfants qui vivent à la rue.

Il serait surtout plus humain de ne pas faire subir la souffrance de la pauvreté à des êtres humains, de ne pas laisser à la rue qui abîme, détruit des vies.

LiberTerra s’engage à lutter contre la pauvreté. Chacun selon ses moyens, une goutte d’eau plus une goutte d’eau forment l’eau des océans.

Un océan qui transmet le partage, l’entraide, le soutien comme but de construction des uns vers les autres pour la naissance d’une nouvelle civilisation.

Mettre fin au mercantile, aux manipulations d’une société marchande devenue à son extrême de compétitivité, de profits constamment recherchés, d’argent en maître de toute vie.

Des associations, collectifs œuvrent chaque jour pour protéger des personnes vulnérables et recevoir cette pensée forte du partage.

Toutes à l’abri répond à ce présent de l’urgence d’accueillir

Deux femmes créatrices de l’association

  • Marie Cathy Médar, originaire de l’île Maurice, et vivant à Bordeaux depuis une quinzaine d’année, est saisie par la condition de la femme partout dans le monde et en France.
  • Bertille Moreau-Printemps, originaire des Deux-Sèvre, « j’ai forgé ma vision féministe à Bordeaux », et après ses études en droit et après avoir oeuvré pour des associations en récoltant des fonds pour elles dans la rue auprès des passants, elle décide de réaliser ce qui lui tient à coeur et vient tout naturellement Toutes à l’abri.

  • Elles se sont rencontrées en 2016 suite à une mission avec la Sécurité Sociale et ont décidé ensemble de créer Toutes à l’abri par la volonté de bientraitance .

  • Notre pays à l’humanisme des droits de l’homme et des êtres humains à la rue, dont les femmes en détresse et très vulnérables, laissées seules face à la violence de ce territoire d’une société en une société, la rue.
    Les violences sexuelles frappent les femmes dans ce monde brutal de la rue. Ce monde où les femmes sont dans la souffrance invisible comme le soulignent les bénévoles et professionnels-es accompagnant ces femmes en grande vulnérabilité.

Une volonté, un souhait que nous portons toutes et tous, offrir aux enfants une société bienveillante

Il est d’offrir à nos enfants une société dans laquelle l’être humain n’est pas en peine à la rue, et une société où la femme n’est pas la proie de toutes les souffrances.
Les femmes doivent pouvoir vivre en sécurité et en paix au coeur de leur société.
Des femmes qui ne doivent pas connaître l’horreur des violences saisissant leur vie et leur ôtant leur dignité.
En ce Noël 2019 et à l’aube de 2020 dans quelques jours, il sera toujours cette peine voilant l’espérance, celle faisant couler sur nos joues les larmes d’émotion de savoir des femmes seules, oubliées dans la rue.
Il est révoltant de savoir que notre pays n’a toujours pas répondu au devoir d’anéantir la pauvreté en adéquation avec la volonté de l’Onu de mettre un terme définitif à la misère pour 2030. Au contraire, elle est grandissante dans notre pays et la dureté des mensonges politiques ont pour conséquence cette réalité destructrice que des personnes à la rue vivent.

Il est une évidence essentielle, loger chacun d’entre eux et d’autant des femmes très vulnérables .
Depuis la grande figure de l’abbé Pierre, cet appel se fait persistant et ne reçoit pas l’accueil qui lui est dû.
Les politiques l’ont nommé impossibilité à résoudre et c’est le plus cruel des mensonges.
À bordeaux comme ailleurs les villes augmentent leur valeur immobilière, elles construisent de vastes quartiers de béton. Les métropoles s’agrandissent et pourtant sont abandonnées, oubliées ces femmes à la rue.

Les chiffres glaçants

L’Insee avait établi une augmentation de 50 % de personnes sans-domicile entre 2001 et 2012.
2012 année de l’enquète de l’Ined établissant que 38 % des sans-domicile sont des femmes se situant dans des villes de plus de 20 000 habitants. L’étude exposait également que les femmes de moins de 30 ans representait 48 % des personnes sans-domicile.
5 % d’entre elles passent la nuit dehors sans rien .
Ni voiture mise dans un parking, ni d’une nuit dans un hôtel, où dans un centre d’hébergement, ni même un simple hall d’immeuble.
En 2019, la Fédération des acteurs de la solidarité, la Fondation de l’Abbé Pierre, l’ Unicef France, le Samu social de Paris alertaient sur le fait que des milliers de femmes sont à la rue et qu’environ 700 enfants dorment à la rue.
En sachant que par peur et souvent peur des institutions publiques, des femmes avec des enfants n’apparaissent pas dans les centres d’hébergement et structures sociales et ne sont donc pas comptées dans l’étude.
En 2018, ce sont 612 SDF qui sont morts dans la rue dont 280 femmes âgées en moyenne de 45 ans et un tiers d’entre elles étaient mères selon le rapport du Collectif des Morts à la rue.
Des chiffres qui seraient en-dessous de la réalité tant la misère est cet horrible silence qui ne perce aucun jour.
Des enfants morts à la rue en France, 13 mineurs sont décédés à la rue dont 6 enfants de moins de 5 ans.

Sont des conditions de vies insoutenables pour les femmes à la rue

Toutes à l’abri offre aux femmes un accueil de jour permettant à ces femmes de trouver un temps de respiration hors la rue, hors des nuits passées en squats, en hébergement ou complètement seules à la rue.

L’association explique aussi la problématique de la mixité dans les lieux d’accueil, de la dangerosité qui s’impose pour elles, les régles qui y sont établies comme les horaires contraignantes qui alourdissent les conditions difficiles de vie de ces femmes. Elles quittent le lieu d’hébergement le matin et se retrouvent à vivre à la rue toute la journée sans pouvoir se reposer, prendre une douche, manger à table, se soigner .
Privées de concevoir leur avenir, leur santé s’aggravant , ne pouvant prendre soin d’elle , la rue les blesse psychiquement et physiquement.

Villes et absence d’accueil public adapté et serein

Un accueil indapté est dans les villes comme si la société ne causait pas suffisament de détresses qui mettent la vie de ces femmes à la rue en survie. Une absence de véritables lieux d’accueil en journée qui laisse des femmes des jours entiers dans l’isolement de la rue et de tous ses dangers puisqu’elles sont victimes de nombreuses agressions.
Sans compter le mobilier urbain anti-SDF et cette appelation est effroyable.
Comment concevoir des dispositifs contre des êtres humains qui sont en situation d’extrème vulnérabilité ?
C’est une catastrophe pour notre société.
Alors il est une urgence criante, assurer la sécurité des femmes à la rue, leur droit à se reconstruire et à trouver le temps et le soutien nécessaire pour que cela soit.
De les protéger et de leur assurer un logement sûr d’autant que nombre d’entre elles sont mères et à la rue avec leurs enfants.


Le grenelle des violences conjugales ne peut pas être indifférent à ces femmes, il ne peut être sans elles.

Des femmes à la rue car elles ont fui des violences conjugales.
Il y a également des femmes à la rue qui souffrent de troubles psychologiques , d’addition. Et, il est une autre urgence celle de l’hôpital psychiatrique qui accuse de grandes difficultés liées aux politiques économiques et aux retards que notre pays a fait perdurer dans le domaine psychiatrique et la prise en charge des patients-es.
Des jeunes femmes sont à la rue car rejetées par leur famille ou ayant vécu dans des foyers, des familles d’accueil différentes et se retrouvant sans droits, sans rien à leur majorité. Ce terrible des maltraitances des institutions publiques dénoncées dans le Rapport du défenseur des droits.

Des femmes à la rue car le système brise. Un faux pas, une épreuve de la vie et tout va très vite. Aucune chance ne sera laissée à des personnes n’ayant pas des acquis financiers de par leur famille. Une perte d’emploi, des charges lourdes qui ne peuvent plus être assumées et la rue sera la seule à vous tendre les bras.

Partage et assistance

L’association Toutes à l’abri propose :

  • des ateliers créatifs chaque premiers lundis du mois
  • des ateliers de bien-être organisés par des professionnelles bénévoles
  • une aide administrative
  • un groupe de parole
    Des ateliers peuvent organisés en fonction des professionnelles rencontrées et qui proposent une activité bénévoles.
    Toutes à l’abri est une porte ouverte et chacune est invitée à venir s’y réfugier, aider, partager, proposer dans la bienveillance et le respect de toutes des ateliers d’activités.

Retrouver un calme, des gestes quotidiens

L’ association laisse les lieux disponibles aux femmes qui y viennent. Elles peuvent cuisiner, se faire un café, prendre le temps de manger autour d’une table en toute sérénité. Elle peuvent retrouver le calme , ne plus vivre la peur durant ces instants où elles seront à l’association.

Retrouver les gestes simples du quotidien, une autonomie. Tout ce qui nous semble banal quand on a un toit, devient là un bonheur à vivre dans les choses simples comme préparer un repas. Une cuisine est ouverte, à disposition sans contrainte d’heures durant la journée.

Les femmes peuvent également rencontrer à l’association une écoute attentive les aidant dans les épreuves qu’elles surmontent même si cela ne remplacera jamais la liberté d’avoir son propre foyer, son propre refuge et y avoir son intimité protégée, sa vie s’y construire , y prendre un temps de repos, un temps pour recevoir. On ne reçoit pas d’amis, de famille dans un salon imaginaire à la rue.

Rire, pleurer, avoir le droit de ressenti de la joie, du chagrin, de donner une chance à ses rêves, de poser également ses affaires en toute tranquilité, tout cela n’existe plus pour les personnes à la rue.

Être à la rue, cela veut dire aussi ne plus avoir de souvenirs , ne plus y avoir accès que dans la douleur. Il ne sera pas de prendre un album photo et de pouvoir le regarder dans le respect de la vie privée. Il n’y a plus de vie privée, tout est à la rue, tout est su de l’autre dans ce quotidien qui se justifie auprès des autres même s’il s’agit d’une association bienveillante.

Les personnes à la rue ne sont plus considérées dans leur entière liberté. Si pour nous, être à l’extérieur peut être un bon moment et la rue être un chemin habituel, normal, pour ces femmes , tout devient différent, plus rien n’est un chemin normal, plus rien est un moment de détente , un moment pour marcher dans la rue sans penser à rien ou en parlant avec des amis, ou en étant avec sa famille. Pour les femmes à la rue, tout l’environement est une dureté, un jugement sur elles, sur leur vie, sur ce qu’elles racontent de leur histoire. Pour elles , ce n’est pas un choix, c’est une obligation, une nécessité de venir rencontrer une association, un squat, un hébergement ou préférer rester dans l’isolement puisque celui-ci est tellement envahissant et douloureux.

Elles n’ont pas fait le choix de la souffrance, la douleur s’impose, le choc se subit. La rue abîme, casse et il est dans cette société folle à laisser des personnes en souffrance à la rue, à respecter leur dignité, à ne pas leur poser de questions et de ne poser de jugements sur elles.

Il est juste de soutenir, de réconforter, d’accueillir comme le fait Toutes à l’abri.

Soutenir Toutes à l’abri

Cette association ne reçoit pas de subventions pour le moment et vit grâce aux dons. L’association fait appel à la générosité pour lui apporter des produits d’hygiène, des denrées non périssables, des vêtements et autres produits nécessaires . Toutes à l’abri indique qu’il est possible de déposer des dons lors de sa permanence le lundi entre 9h30 et 17h30 au 118 rue héron à Bordeaux.

Les fondatrices de l’association  » Toutes à l’abri » qui rencontraient en octobre dernier pour un entretien le Jury du Prix de l’Initiative 2019 de la ville de Bordeaux.

2020 en lutte pour anéantir la pauvreté

Par la volonté humaine, par l’entraide, chacun selon ses moyens, chacun prenant de la force des uns et des forces pour réaliser un 21 ème siècle qui souffre de ne pouvoir naître.

Pour combattre les mensonges destructeurs des politiques, d’un gouvernement générant un appauvrissement et oubliant la promesse de son chef :

En 2017, il déclarait « La première bataille, c’est de loger tout le monde dignement. je ne veux plus d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois, ou perdus » Emmanuel Macron
Devant ce tant de sans coeur, il est des êtres humains abondonnés, perdus car la politique l’a décidé et les a perdu.
En cette même année 2017 paraissait les alertes de la Fondation de l’Abbé Pierre concernant le logement, grand oublié du gouvernement, et elle dénonçait les expulsions de personnes, familles en attente de l’attribution d’un logement dans le cadre du DALO.
En 2019, les paroles de l’Abbé Pierre résonnent toujours :

 » La misère est muette, le pouvoir est aveugle« .

En 2020, il est de prendre toute conscience et de faire, d’agir contre la pauvreté sans attendre que les politiques qui prennent le courant inverse viennent à ouvrir les yeux .

©Fédora Hélène

©LiberTerra

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