Femmes de ménage – Les petites mains des hôtels en lutte depuis 40 ans !

🔺 Le Collectif de lutte 33 – Action « Remue-ménage »

🔺 Défendre les droits humains , celles et ceux vulnérables

Femmes de ménage – Les petites mains des hôtels

Ce sont elles, ces femmes invisibles, les petites mains, celles que l’on croise dans un couloir, celles silencieuses dont on ignore le prénom, à qui peu adresseront un simple bonjour, pourtant ce sont elles qui font que chaque jour, un hôtel peut accueillir.

Qui prendrait une chambre mal entretenue dans un grand hôtel ?

Le travail de ce personnel est essentiel et pourtant il n’est pas respecté. Pourtant ces femmes effectuent un travail difficile où chaque jour tout est à recommencer, où tout doit être fait dans un temps imposé, surveillé, sans recevoir de reconnaissance. Il est une charge physique et psychologique que ces femmes subissent. Il est difficile pour elle d’acquérir un bien être tant elle se sentent épuisées et avec un manque, voire absence de considération pour tout le travail qu’elles effectuent dans des conditions éprouvantes et pour des salaires de misère.

Le respect de la personne dans notre système économique est par rapport à la rémunération. Les personnes ayant un petit salaire, sans titres ne recevront pas le même traitement que ceux se valorisant par le privilège de leur fonction. C’est cette hiérarchie qui a été imposée entre les êtres humains par un système socio-économique, que nous vivons actuellement et depuis des décennies.

La valeur de la personne, le respect qui lui est dû, sont négligés lorsque celle-ci ne répond pas aux normes établies par l’imaginaire humain, cette virtualité du chef, du supérieur à, alors qu’aucun être humain ne peut être supérieur à un autre .

Nous pourrions déterminer une toute autre échelle de valeur qui ne serait pas sur la compétition et la capacité à manipuler que possède une personne mais sur sa réelle humanité, sa force et son honnêteté. Et ces valeurs n’ont nullement besoin de l’acquis de savoir naviguer dans les méandres de notre système conçu par des prédateurs. L’appât du gain et du pouvoir faussant gravement la vérité de ce qu’est une société humaine.

Pour que celle-ci soit en équilibre et ne génère pas un fort mal-être, des humiliations et violences envers les plus vulnérables, qui le sont car mis en état de vulnérabilité par ce système, il faut que la valeur inventée de l’argent soit dévalorisée. Elle ne doit plus dirigée une société car elle annihile les rapports entre les êtres humains et fait que ceux puissants par le pouvoir de l’argent en deviennent fous à se croire au-dessus d’une personne, qu’ils vont juger inférieur par sa condition sociale.

La conscience de mettre en souffrance une personne n’existe plus, il devient normal qu’une employée subisse une peine, une charge lourde . D’ailleurs le terme « employé » est très significatif. Une personne est employée à une tache. Elle devient un outil, un objet qui exécute un ordre. C’est par cet état d’esprit que la robotique s’installe comme une vertu puisqu’elle ne représente plus le minimum de respect à devoir à une personne, ce qui est vu comme un handicap dans une société de rentabilité, de compétitivité. Le robot est hors humanité, il ne ressent aucune émotion, obéit à l’ordre, ne nécessite pas le versement d’un salaire, ni d’heures de repos, c’est la conception de l’esclavage sans barrière mentale.

Nous sommes dans une société où nous ne pouvons plus parler de mise en esclavage, pourtant c’est de cela dont il s’agit. Un esclavage moderne, qui donne un semblant de liberté par un salaire. Une rémunération qui mettra toujours la personne en situation d’infériorité et qui ne pourra faire autrement que de survivre avec celui-ci en regardant une classe de nantis vivre à ses frais puisque la richesse de quelques-uns n’est possible que par l’appauvrissement de la majorité.

Dans cette folie humaine qui considère la liberté par la richesse et la limite gravement au point d’en effacer la réelle existence, les femmes de ménages, les petites mains, des hôtels, luttent depuis des décennies. Ce système est un héritage qui a grossi avec l’exploitation de l’homme par l’homme, cette célèbre phrase qui devient le pire dans notre société qui a instauré le précepte de « l’homme surveillant l’homme ». Tout le mental qui conçoit les États sécuritaires, construit un déclin de la liberté.

Sans elle, il est impossible de penser que la société est dans le respect de l’être humain. La valeur sécuritaire est la valeur exclusive de la violence. Elle ne peut pas exister et s’imposer sans. Plus une société devient sécuritaire plus la violence sera. C’est l’art de la manipulation mentale, qui fait entrer notre société dans la redoutable ère de l’inversion. Ce qui juste est mis en état d’échec et l’injuste en autoritaire réussite et prédominance.

C’est ainsi que les femmes de ménage vont au prix de fortes luttes acquérir un droit qui sera mis en échec les années suivantes puisque sera toujours le déséquilibre faisant la richesse et la pauvreté. Plus la richesse progresse, plus elle met en situation de fragilité les acquis sociaux qui ont été cédé et non partagé. Par cette conception, il persiste également un mental veillant à reprendre ce qui a été cédé par la contrainte de négociations suite à des grèves. Ce qui en soit n’est pas très compliqué à réaliser dans un pays qui devient le serviteur du capitalisme à outrance.

La loi travail passée en force comme le sera certainement la réforme des retraites mettent bien la valeur démocratique en échec quelque soit l’énergie des luttes. Donc ce qui est « donné » est repris avec un facteur multiplicateur. D’autant que les charges augmentant de façon à appauvrir la population, étoufferont d’autant plus les luttes en créant un épuisement physique et psychique chez les personnes. C’est l’art des manipulateurs.

Qu’importe leur échelle, que ceux-ci maltraitent dans un cercle familial, professionnel, ou national, le résultat est le même. C’est d’ailleurs pour cela que les pervers narcissiques et psychopathes sont actuellement aussi dévastateurs et impunis puisque le système correspond à leur mental et qu’ils en sont les soldats. Lâchés au sein de la population, ils plongent celle-ci dans un état d’épuisement. Nombreux sont celles et ceux qui constatent que ces personnalités nocives, destructrices sont à se déployer en grand nombre. Logique dans une société de violences et de mensonges économiques et politiques où la théorie du plus fort est une valeur de réussite et où l’honnêteté est considérée comme une faiblesse.

Face à cette hydre capitaliste faisant régner les prédateurs, il ne faut pas que les voix de la liberté se taisent mais qu’elles s’expriment avec force et détermination. Être visible, se soutenir mutuellement, se parler, partager, est l’essentielle circulation de la liberté.

Collectif de lutte 33

Les femmes de ménage en lutte

Toutes le savent, elles doivent toujours se battre avec force et courage, en sachant qu’elles n’auront qu’un court répit. Nous sommes toutes ces femmes de ménage, tant les femmes sont très nombreuses à assumer seules des tâches ménagères en plus de toutes les charges qui reposent sur leurs uniques épaules. Nous connaissons cette humiliation car nous faisons le ménage, recommençant inlassablement. Une culture patriarcale persistante qui considère normal qu’une femme s’épuise à faire des heures de ménage, d’entretien et cela sans recevoir le moindre respect.

Ce sont ces femmes qui n’ont pu acquérir des études, qui ont vécu des épreuves, qu’elles ont su surmonter seule en ne comptant que sur elle-même, qui sont toujours dévalorisées, alors que leur courage peut en faire pâlir plus d’un.

Elles dépassent la peine, la douleur physique, des dos cassés, des mains asséchées, la nocivité des produits toxiques, des heures de sommeil courtes, dépassant la maladie car il faut être toujours debout et répondre, oui, pour survivre. Elles y laissent leur santé sans se plaindre tant la douleur prend le pas sur toutes voix qui pourraient l’exprimer.

Il est alors nécessaire que la solidarité soit pour porter la réalité de la vie des plus vulnérables et réveiller la conscience des riches qui ont oublié qu’ils en avaient une.

Les riches qui ne tiennent pas la société en situation de richesse mais de pauvreté. Ce n’est pas grâce à eux que la société vit, mais à cause d’eux qu’elle est dans une phase de bouleversement.

Il est un fait certain, la liberté ne peut-être quand 1 % des plus riches possèdent 82 % de la richesse mondiale. Oxfam 2019.

Collectif de lutte 33

Une lutte de longue date

Les petites mains des hôtels apparaissent sur la scène médiatique en ces années 2002-2003 , pour dénoncer la maltraitance, leurs conditions déplorables de travail et la sous-traitance qui dans l’ombre persistait depuis les années 1980. Il était admis sans le moindre remords d’exploiter ces femmes . C’est la CNT-solidaire qui milite durant toutes ces longues années dans ce secteur et c’est également les militants de Sud rail qui soutiendront la lutte des femmes de ménage.

Puis fleurissent dans ces années 1980, les sociétés de nettoyage qui imposent des heures décalées, des emplois de temps changeant constamment, sous-payant leur personnel qui ne bénéficie d’aucunes protections, ni des accords collectifs des hôtels où les femmes de ménage interviennent.

Beaucoup des femmes travaillant dans ces conditions, sont sans connaissance de leurs droits, certaines ne parlent pas bien le français et les patrons profitent de leur situation difficile, précaire pour les soumettre à leurs conditions, dans le but de débourser le moins de frais possibles. Les patrons ne pensant qu’à la réduction de leurs charges et à leur unique profit.

Une situation qui sera également dénoncées en 2012 et la lutte sera engagée par les personnels de ménage contre leurs conditions de travail. Une lutte qui sera victorieuse et qui touchera les établissements de prestige dès 2013. C’est ainsi que sera une nouvelle victoire pour les femmes de ménage après des jours de lutte, soit 36 jours de lutte dans la rue  pour obtenir leurs droits. Pour la première fois les noms de palaces tels que le Royal Monceau à Paris, le Park Hyatt Madeleine, ou encore le Park Hyatt Vendôme auront leurs noms cités autres que pour des étoiles. Les grévistes obtiendront alors une augmentation de salaire entre 20 et 30 % et la fin du paiement à la chambre.

Depuis, la lutte trouve un élan porteur, une motivation qui ne faiblit pas. Et qui fait que commencer comme le déclare cette femme de chambre au journal l’ Humanité «Un jour ou l’autre, ils n’auront plus le choix, on est tellement fort et solidaire, ils tomberont. Chaque année, il y a la Fashion Week … »

À l’été 2019, la lutte continue et les femmes de chambre de l’Hôtel Ibis Batignolles, le plus grand de France, seront en grève. C’est à l’appel de la CGT, que 28 femmes de chambre se mettront en grève illimitée pour protester contre leurs conditions de travail catastrophiques et des salaires de misère. Épuisées, elles déclarent au journal Le Monde «Parfois, on pleure tellement nous sommes fatiguées »

Au 21 ème siècle, en France , des femmes de ménage doivent toujours se battre contre la maltraitance, le harcèlement, les menaces de licenciement, le tout pour qu’une minorité satisfasse ses besoins de pouvoir et de cupidité.

Collectif de lutte 33

En lutte toujours !

En février 2020, est toujours la lutte contre la sous-traitance et les conditions de travail imposées au personnel de ménage. Cette fois ce sera le Collectif de lutte 33, qui soutiendra les femmes de ménage. Et une action « Remue-ménage », s’est déroulée le samedi 15 février au petit matin sous les fenêtres des grands hôtels bordelais.

Devant le Grand Hôtel à Bordeaux, des banderoles se sont déployées, et une « déambulation et beau vacarme », selon le Collectif de lutte 33, a eu lieu, le tout accompagné par notamment la distribution de tracts .

Depuis les années 1980, quarante ans de lutte sont pour obtenir des condition de travail respectant les droits humains, pour défendre les personnels de ménage. Des femmes de ménage souvent étrangères qui sont exploitées et cela remonte bien au-delà des années 1980. Il était dans les années 1920, des immigrés-es venant de différents pays, qui étaient exploités sans limite par les patrons de différents secteurs et par des propriétaires terriens. Ces personnes qui pour beaucoup ne parlaient pas le français, accomplissaient les tâches les plus rudes pour des salaires de misère, et sans recevoir ni respect ni quelconques droits.

Il est un héritage culturel lourd issu de l’empire colonialiste qui persiste et perdure, et qui correspond à une culture patriarcale qui aggrave les maltraitances à l’égard des femmes de chambre. La lutte s’inscrit bel et bien dans la continuité jusqu’à ce que soit l’anéantissement des pratiques mettant un être humain en souffrance.

Et, croyons, comme le disait une femme de ménage, que « la lutte commence » et que forte de solidarité, elle fera tomber cet endoctrinement culturel, cette normalité de mettre en souffrance des personnes vulnérables .

© Fédora Hélène

Collectif de lutte 33

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