
Hier, la liberté jaillissait des flots
Ce matin, les plages normandes, la mer nouvelle, immense, si calme, la lumière unit le ciel et la Terre, la liberté s’épanouit sereine et douce, elle donne vie ainsi à nos corps blessés, réconcilie l’humanité avec la paix.

Un jour avant, les couleurs grandioses se posent à l’aurore, nos yeux, l’âme, voit à jamais l’indicible beauté du monde aux nuances berçant la Terre entière et d’un océan à un autre, nos yeux voient le mystère suprême s’éveiller, un jour de plus parmi des milliards d’année passées et à venir.
Le temps disparaît, la lumière seule est née. Elle est venue avant le chant des morts, l’espoir partant, la vague rouge sang s’est couchée sur la plage portant les corps des soldats, la cendre pour sable, les canons semant le feu.
Il regardait la mer calme avant de partir pour ne jamais revenir, les tambours battants, les copains, les frères, le voyage vers l’enfer, un massacre, une ruine, mais avant il était au port de l’autre côté à l’abri des canons, qui demain achèveraient sa vie.
Il a donné ses 20 ans à la liberté, le sacrifice de sa vie tout entière, il est là parmi les flots, revient avec la vague posant l’écume blanche. L’âme légère, la paix pour dernière demeure au ciel apaisé, ce matin, il regarde le soleil se lever comme jadis avant que la fin signe son nom sur la liste des camarades partis.
Il ne connaîtra pas le visage de sa mère aux cheveux blancs, ne reverra pas son sourire, n’entendra plus ses mots le suppliant d’être prudent. L’étreinte, la dernière est restée à quai, loin de la guerre.
Il fut le jour d’avant, le dernier matin, sa sérénité, la douceur des couleurs, la lumière se posant sur son visage. Il croyait vivre, quand le bruit des vagues éclatées dans la furie des bombardements, la mer de noir vêtue, en deuil, emporta avec elle, le sang des martyrs. Elle était la plage sanglante, et aujourd’hui renaît la douceur insaisissable, l’émotion si puissante, et les larmes retenues, adieu l’ami, notre frère d’hier.

La guerre, il la voulait disparue à jamais. La mémoire n’est-elle pas suffisante pour que les peuples s’unissent en une voix pour la paix ?
Nos vies, aujourd’hui, et un feu de joie sur la plage quand s’éteint l’espoir des résistants, des soldats, leurs vingt ans. La guerre revient, la nuit paresse sur la Terre, l’homme puissant enveloppe le jour d’obscurité. Les discours d’hommage écrivant « liberté » sont oubliés à l’instant, et la guerre reprend son voyage, ne quitte pas l’humanité.
Normandie, et loin de toi, loin du soldat, de son âme en paix, des résistants aux tombes fleuries, le monde au cœur d’un bouleversement souffre à nouveau. L’Ukraine, la pauvreté, la détresse de la guerre, les enfants au froid de l’hiver, et à quelques pas, les enfants du Congo pleurent, les enfants de Palestine tremblent, les génocides peuplent l’histoire, qu’un jour, nous voudrons l’oublier, ne plus porter le fardeau que les puissants ont fait de la naissance de l’humanité.
Oublier l’histoire de l’humanité, effacer le souvenir des guerres, des massacres, fuir ce qu’ils ont fait. La politique au sommet en Olympe et la paix tire sa révérence.
Saint Lô en ruine porte toujours les traumatismes de la guerre. Normandie, terre d’asile, plus qu’une autre, elle doit être le symbole de la liberté, de la paix.
Il devrait battre au vent le drapeau de l’universalité dans son ciel azur aux tempêtes rappelant le 6 juin 1944. Il devrait être le drapeau d’une nation : l’humanité.
Il devrait être une société nouvelle, la voix de la liberté. Abandonner les marchands de canon, l’argent, quand la pauvreté saisit l’espérance, le printemps et les plonge dans un long « au revoir ».
Puis, revient le souvenir de ce jeune soldat américain, il aurait pu courir libre sur les plages normandes, et le jour aurait pu voir son sourire, accueillir sa vie. Mais, la guerre lui a préparé un autre destin inscrivant sur le marbre blanc : 6 juin 1944.
Sa silhouette transparente en ombre sur la grande plage, et le silence emporté par la vague. Son cœur est resté en Normandie, le voyage pour la liberté a commencé après la mort, ils ne l’auront pas tuée, les tirs d’obus, les mines, les fusils.
Aujourd’hui, un enfant marche sur la plage endormie, les flots d’hier nous ont quitté, ne réveillons pas la guerre. Il est de l’éteindre à jamais, de la condamner, de la juger coupable. Ne plus jamais couler toute une jeunesse en mer rouge sang, c’est cela l’effort de mémoire.
Les enfants de Palestine, Emmanuel Macron ne reconnait pas la liberté de leur terre, la mémoire pleure en Normandie.

Une vague s’échoue sur les rives de Gaza, elle, en voile rouge, les enfants périssent tués par la main politique, la folie des hommes dressant les canons, les armes, et chante au loin, la voix du souvenir, ne jamais oublier, les ruines et massacres.
Le sable, les poussières brûlantes, les éclats d’obus, le métal tranchant resurgit des sols inondés des pleurs, des cris, des appels, une envie puissante de vivre, les corps tombés, les flots emportant l’histoire, et la terre porte les cicatrices éternelles. Les cratères, les collines brisées, les champs dévastés, l’arbre déraciné, l’oiseau mort près de l’homme, le paysage de la guerre a dessiné une autre terre.
Les frontières naturelles se sont retirées, les barbelés écorchent les mains, les champs de mines en récolte à venir ne laissent pas le printemps renaître pleinement, et demain, la jeunesse grandira sur ce sable mouvant pour chemin.
Le soleil couchant, les drapeaux endormis, le vent disparu, la paix rêve que le jour soit suspendu jusqu’à ce que les hommes posent les armes, tremblent d’émotion, se prennent la main, se serrent dans les bras, soient frères.
Il ne sera plus le sacrifice de la mort, et la silhouette partie rejoint la mer dans un au revoir liberté chérie.
Hier, la liberté jaillissait des flots. Un soldat marche sur les plages normandes, son sourire éclaire son visage et d’un salut, il nous confie, la paix. « Garde la bien, veille sur elle, elle est une mère. Je suis mort pour te le dire, soit son fils ».
Fédora Hélène
Galerie Photos LiberTerra – Normandie



Copyright ©️ LiberTerra 2024 – Tous droits réservés – Tous droits de production et de diffusion réservés
