
Une campagne de vaccination essentielle lancée dans un contexte très complexe de crise
Le 1er septembre, l’organisation de la santé a annoncé le début d’une campagne de vaccination contre la polio, apportant un espoir crucial pour les enfants de Gaza. Malgré les conflits et l’insécurité, cette initiative vise à protéger les enfants de maladies évitables.
L’UNRWA et l’OMS ont mis en place à Gaza, la campagne de vaccination visant à vacciner 640 000 enfants de moins de 10 ans.

Actuellement, un cas de polio a été confirmé chez un bébé de 11 mois. Quelques mois de vie au milieu de l’enfer qu’est devenue Gaza pour les enfants, et sa petite vie est déjà marquée par une grave maladie, qui pourtant est évitable.
La situation humanitaire à Gaza, déjà extrêmement fragile, s’est encore aggravée avec les déplacements forcés de la population. Le système de santé, pourtant bien établi avec une couverture vaccinale quasi universelle avant la guerre, s’effondre sous la pression des conditions de vie dégradées. Le surpeuplement des zones de refuge, la destruction des infrastructures vitales telles que les systèmes d’assainissement et l’accès à l’eau potable, ainsi que les eaux stagnantes, créent un terrain propice à la résurgence de maladies évitables comme la poliomyélite.
Avant le conflit, Gaza avait atteint des taux de vaccination exemplaires, soit plus de 99 %, permettant de maintenir la poliomyélite sous contrôle. Mais la situation actuelle rend difficile l’accès aux soins, aux vaccins, et complique la mise en œuvre des mesures d’hygiène et de santé publique. La combinaison de ces facteurs augmente considérablement le risque de flambées épidémiques.
La vaccination contre la polio apporte donc un peu de réconfort aux familles palestiniennes. Amman, le 4 septembre : « les trois derniers jours ont apporté une rare lueur d’espoir au milieu du conflit désastreux qui frappe la bande Gaza. Après près d’un an au cours duquel des familles ont vécu des horreurs qu’aucun homme, femme ou enfant ne devrait jamais à avoir à endurer, nous avons vu cette semaine ce qu’il est possible de faire, avec, tout simplement, de la volonté » a déclaré Adele Khodr, Directrice régionale de l’UNICEF au Moyen Orient et en Afrique du Nord.

Des chiffres encourageants : 355 000 enfants déjà vaccinés
Depuis le 1er septembre, quelque 355 000 enfants ont été vaccinés dans le centre et le sud de Gaza dans un contexte de crises majeures, de bombardements incessants, y compris contre des écoles et des sites accueillant des enfants très éprouvés, traumatisés, déplacés.
Des familles se déplacent vers les points de vaccination, malgré l’insécurité alarmante, pour protéger leurs enfants par la vaccination contre la polio. Leur santé est fragilisée par l’aggravation de l’insécurité alimentaire, le manque d’accès à l’eau potable, des conditions de vie déchirantes. Des familles épuisées font l’effort de venir, car « elles savent qu’il n’y a pas de temps à perdre pour protéger leurs enfants », souligne Adele Khodr, Directrice régionale de l’UNICEF pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord.
Les équipes de vaccination sont en alerte constante pour atteindre le plus grand nombre d’enfants.
Le 5 septembre, environ 161 000 enfants ont été vaccinés en une seule journée dans le sud, montrant l’efficacité de l’organisation malgré les défis logistiques.

Un déploiement logistique sans précédent dans un environnement complexe
Cette campagne de vaccination est rendue possible par le déploiement de plus de 500 équipes dans le sud de Gaza, dont plus de 380 équipes mobiles.
Une organisation très complexe qui mobilise également quatre grands établissements de santé du centre de Gaza pour fournir des vaccins pendant encore quelques jours supplémentaires.
La vaccination s’organise en trois phases, dont la troisième et dernière phase doit avoir lieu entre le 9 et 11 septembre pour atteindre quelque 150 000 enfants. La première phase de vaccination dans le centre de Gaza a touché plus de 189 000 enfants de moins de 10 ans, qui ont été vaccinés entre le 1er et le 3 septembre.
Une campagne de vaccination réalisée dans un contexte de guerre à Gaza, où le danger est permanent, où les bombardements ne cessent de détruire des infrastructures vitales, alerte l’UNICEF. « Les enfants de Gaza sont les premières victimes de la guerre, au-delà des bombardements et des tirs qui menacent leur vie au quotidien », a souligné Adele Khodr.
Une trêve humanitaire a été observée pour la polio, mais elle n’a été que la flamme vacillante et fragile d’une simple bougie allumée dans l’obscurité de la guerre. « La campagne de vaccination est confrontée à de graves dangers et à des obstacles incommensurables, notamment des routes et des infrastructures sanitaires endommagées, des populations déplacées, des pillages et voies d’approvisionnement interrompues », a indiqué Adele Khodr.

Dans un monde politique intransigeant, perpétuant des politiques basées sur la violence et la guerre, au détriment des droits humains fondamentaux, les enfants continuent d’être les premières victimes des conflits armés. Les enfants paient un prix énorme : leurs maisons, leurs écoles sont détruites, leurs besoins de base comme l’alimentation, l’eau potable, la santé sont négligés, jusqu’à disparaître.

Le sourire d’un enfant, ce précieux, les soignants le reçoivent, comme la plus grande espérance au milieu du chaos, alors que « cette campagne de vaccination est l’une des plus dangereuses au monde pour un enfant » alerte Adele Khodr.
Vidéo : Campagne de vaccination à Gaza
L’accès aux soins médicaux, un défi persistant
L’insécurité à Gaza demeure extrêmement préoccupante, avec un conflit actif et des restrictions d’accès qui compliquent les efforts humanitaires. Pour garantir que chaque enfant puisse recevoir le vaccin contre la polio, des vaccins ont été fournis dans plus de 140 sites fixes. Ces sites incluent des hôpitaux, des centres de soins, ainsi que des lieux stratégiques tels que les sites de déplacement, les principales voies de transit et les espaces publics. De plus, des points fixes de vaccination ont été établis dans les lieux de distribution de nourriture et d’eau, afin d’atteindre un maximum de familles dans ce contexte de crise.
Les équipes mobiles ont dû également se déplacer de tentes à tentes et ont effectué des missions spéciales pour atteindre les familles isolées en raison de l’insécurité et vacciner leurs enfants.

Bien que la vaccination soit une réussite, l’OCHA alerte sur la suspension des évacuations médicales en raison de la fermeture du passage de Rafah depuis quatre mois. Environ 12 000 patients attendent un transfert pour des soins urgents. Quelques missions ont permis d’évacuer des enfants atteints de cancer et des blessés graves, mais l’insécurité complique ces évacuations.
LiberTerra a publié sur les évacuations réalisées lors d’une mission complexe et inédite fin juillet 2024. Un nouveau jour s’était levé pour 85 patients gravement malades ou grièvement blessés quittant Gaza pour être soignés.
Le 15 août, ce sont 11 enfants atteints d’un cancer qui ont pu être évacués vers la Jordanie, ainsi que 17 accompagnateurs, a annoncé l’OMS.
Le 26 août, l’espoir s’est aussi levé pour cinq enfants atteints d’un cancer et deux enfants mutilés par la guerre, qui ont pu quitter Gaza avec 10 accompagnateurs.
Ce sont au total : 124 patients et 137 accompagnateurs qui ont pu quitter Gaza lors de quatre évacuations organisées depuis le 7 mai.
Les équipes de santé ont alerté que « sans mécanisme systématique d’évacuation médicale des patients gravement malades et blessés en dehors de Gaza, la liste d’attente va s’allonger tandis que les conditions cliniques de beaucoup d’entre eux continuent de se détériorer. »

Photo: © WHO
Des vies en suspens : L’appel à un cessez-le-feu et à une aide humanitaire urgente
L’ONU et ses partenaires appellent à un cessez-le-feu durable pour permettre l’accès aux soins, à la nourriture, et à l’eau potable. Les conditions de vie à Gaza sont aussi aggravées par des prix exorbitants pour les produits d’hygiène, et l’accès à l’eau potable reste très limité. Malgré la distribution de kits d’hygiène, les bombardements et ordres d’évacuation israéliens perturbent constamment les efforts humanitaires.
L’OCHA prévient que l’accès limité et difficile à l’eau potable et à l’hygiène aggrave la crise sanitaire à Gaza. D’autre part, les prix des produits d’hygiène subissent une augmentation continuelle. En juillet, le prix du savon a atteint une augmentation de près de 1 200 % dans la bande de Gaza, par rapport à juillet 2023. Le prix du shampooing a augmenté quant à lui de près de 500 %.
Les humanitaires, en partenariat avec les organisations onusiennes, ont distribué des centaines de milliers de kits d’hygiène aux personnes dans le besoin, répondant à l’urgence sanitaire. Cependant, ces efforts sont constamment entravés par la poursuite du conflit, les restrictions d’accès et l’insécurité qui persiste à Gaza. L’absence d’ordre et de sécurité publics complique davantage ces interventions cruciales. De plus, les ordres d’évacuation israéliens touchent de plein fouet des populations déjà vulnérables et épuisées, rendant encore plus difficile l’accès aux ressources vitales et exacerbant la crise humanitaire.

Les ordres d’évacuation émis par Israël ont de lourdes conséquences. En juillet et août, il y a été une baisse de 35 % des repas quotidiens fournis aux familles très vulnérables. Ce qui signifie que des enfants subissent une insécurité alimentaire grandissante, la famine est entrée dans des zones de Gaza. Selon l’organisme mondial d’analyse de l’insécurité alimentaire, 96 % de la population de Gaza est au bord de la famine.

« Des images épouvantables continuent d’émerger de Gaza, montrant des enfants qui meurent sous les yeux de leurs familles à cause du manque persistant de nourriture, de produits nutritionnels et de la destruction des services de santé », a déclaré Adele Khodr.
Les ordonnances d’évacuations se sont multipliées, aggravant fortement l’accès aux ressources alimentaires et d’eau potable pour les Palestiniens
Durant le mois d’août, ce sont 16 ordres d’évacuation qui ont été émis, dont cinq ordres de déplacements en une seule semaine entre le 19 et le 24 août. « Les ordres d’évacuation émis par l’armée israélienne ont augmenté, avec des impacts dévastateurs sur les civils », a déclaré Joyce Msuya, sous-secrétaire générale par intérim aux affaires humanitaires et coordinatrice des secours d’urgence.
« Les ordonnances ont touché un quart de million de personnes dans 33 quartiers de Deir al Balah, Khan Younis et le nord de Gaza » a alerté Joyce Msuya.
Les combats persistent, alourdissant le bilan humain
Les bombardements aériens et terrestres israéliens continuent à être signalés dans la bande de Gaza, et causent des pertes humaines dramatiques, ainsi que la destruction de maisons et autres infrastructures civiles.

Des opérations terrestres israéliennes ont eu lieu plus particulièrement à Beit Hanoun, au sud-ouest de la ville de Gaza, à l’est de Khan Younis, à Deir al Balah et à l’est et au sud de Rafah. L’OCHA indique également que de violents combats et tirs de roquettes ont eu lieu.
Le 3 septembre, une crèche a été touchée dans l’ouest de Jabalya, au nord de Gaza. Le bilan est de sept Palestiniens tués et d’autres blessés.
Le 5 septembre, une attaque a coûté la vie à cinq Palestiniens et a blessé 15 autres, dont des enfants, dans l’est de Deir al Balah. Des tentes abritant des personnes déplacées ont été touchées, provoquant un incendie qui a ravagé plusieurs abris dans la zone environnante. Ces tentes, qui servaient de refuge à des familles déjà vulnérables, ont été entièrement détruites, aggravant encore la situation des civils pris au piège dans le conflit. Cette tragédie illustre l’intensité de la violence à Gaza et ses conséquences dévastatrices pour la population civile.
Entre le 7 octobre 2023 et le 5 septembre 2024, selon le ministère de la Santé à Gaza, au moins 40 078 Palestiniens ont été tués, dont 14 100 enfants et 94 454 blessés, dont plus de 12 000 enfants.
Joyce Msuya a déclaré devant le Conseil de sécurité sur la situation humanitaire à Gaza, au-delà du désespoir, « nous avons informé à plusieurs reprises des niveaux déchirants de décès, de blessures et de destructions qui soulèvent de très sérieuses préoccupations quant au respect du droit international humanitaire ».

Un appel à l’action internationale contre l’indifférence
Face à la situation tragique des enfants de Gaza, la communauté internationale ne peut plus se permettre de rester indifférente. Chaque jour qui passe sans intervention met en péril des vies innocentes. La campagne de vaccination contre la polio est une lueur d’espoir, mais elle ne peut suffire à compenser les immenses besoins humanitaires non satisfaits.
Il est impératif que les gouvernements, les organisations internationales et la société civile se mobilisent pour exiger un cessez-le-feu durable, garantir l’accès aux soins médicaux, et rétablir l’approvisionnement en nourriture et en eau potable. L’indifférence face à cette catastrophe humanitaire est une forme de complicité. L’avenir des enfants de Gaza dépend de notre capacité collective à agir avec humanité et solidarité. Ensemble, nous devons lutter pour que chaque enfant, où qu’il soit, ait droit à la sécurité, à la santé et à la dignité.
Le sourire d’un enfant, ce précieux, les soignants le reçoivent, comme la plus grande espérance au milieu du chaos, alors que « cette campagne de vaccination est l’une des plus dangereuses au monde pour un enfant » alerte Adele Khodr.
Notre monde a besoin en urgence de liberté pour accéder à la paix et les bienfaits de son universalité.
Parfois, certains pensent qu’on ne peut rien faire pour aider Gaza, que la situation dramatique à Gaza n’impacte pas le reste du monde.
La question serait : est-ce que les politiques, laissant en péril l’innocence des enfants de Gaza, des hommes et des femmes, succomber sous les pierres des bombardements, la faim dévastée la vie d’enfants mourant sous les yeux de leurs parents, sont ceux qui porteront un avenir en paix, des futurs prospères, un monde juste et durable ?
Réfléchir à la question, car aujourd’hui, la société leur confie l’avenir de millions d’enfants à travers le monde.
La politique pense par la guerre et la violence, elle n’a pas créé une civilisation nouvelle fondée par la paix, et elle est aujourd’hui l’échec.
Investir pour la paix, et non dans la militarisation maintenant les souffrances, avoir la volonté d’actes politiques dans le respect absolu d’une priorité : protéger les enfants, premières victimes des conflits armés, et les civils. Cela doit être l’objectif principal.
Emmanuel Macron a reçu le Président israélien comme si rien ne se passait à Gaza. Netanyahu a été reçu au congrès américain pour réclamer plus d’armements, comme il a été reçu par les candidats à la présidentielle américaine.
Pendant ce temps là, les humanitaires, dont l’UNICEF présent sur le terrain, témoignent de la catastrophe qui dévaste Gaza.
Un enfant de 4 ans, grièvement blessé, a été amputé. Il n’a pas entendu les discours politiques, les phrases des puissants, ni vu la richesse des banques, mais il sait mieux que quiconque, la réalité de leurs actes, le monde qu’ils façonnent. Et, au-delà de la souffrance qu’il ressent, il sait que la paix est le chose la plus puissante que les peuples peuvent construire.
Je ne serai comment dire, qu’il est un rêve : bouleverser l’ordre des choses, une grève générale pour la paix, la justice, la destitution de politiques faisant de notre monde, un chaos, un champ de bataille.
Fédora Hélène

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