Des rues d’Amsterdam aux ruines de Gaza : le monde face à la situation apocalyptique en Palestine

Enfants de Palestine, enfants de paix

Amsterdam – Dimanche 03 novembre, une marche pour la paix en Palestine défile dans les rues d’Amsterdam. Le drapeau de la Palestine, en symbole de paix, s’étend sur la façade d’un immeuble, puis est porté avec joie et solidarité, en lien les uns aux autres. Cette joie lumineuse teintée d’une émotion emplie de chagrin rend hommage aux enfants de Palestine, le visage de la paix, et s’inscrit dans nos mémoires, dans notre conscience collective. 

©️ LiberTerra
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La valeur de la vie resplendit dans les yeux des enfants de Gaza. La colombe, abattue par les bombardements intenses, appelle la clarté du monde à manifester contre l’obscurité qui tente d’éteindre cette vie précieuse. 

Il est essentiel de reconnaître la paix, le courage et la force de vivre qui animent les enfants de Gaza – ceux qui souffrent, mais ne faiblissent jamais. Les bombardements israéliens ont détruit des quartiers entiers, des maisons, des écoles, des hôpitaux, transformant Gaza en ce que l’ONU qualifie de « cimetière pour enfants ». En novembre 2024, l’ONU informe que les enfants sont « directement attaqués », que la situation à Gaza est « apocalyptique ». 

©️UNICEF

Les linceuls blancs en drapeau de paix sont ensevelis dans la terre brûlée de Gaza en peine, l’humanité au chaos. 

La force de vivre des enfants de Palestine est incommensurable, et le chagrin immense qui déchire leur âme devient la flamme de la résistance. Ces enfants, avec leurs petits corps fragiles, se retrouvent seuls face à un armement lourd et technologique, conçu pour détruire sans égard pour l’innocence. 

Le 7 novembre, la violence a touché à Amsterdam, alors que la paix a tant besoin de chacun de nous. Des supporteurs israéliens, en marge d’un match de Ligue Europa, arrachent un drapeau palestinien affiché sur la façade d’un immeuble, en scandant « Fuck Palestine » et lançant publiquement : « Laissons Tsahal gagner pour finir les Arabes », des propos graves appelant à la destruction de la civilisation arabe,   avant que n’éclate la colère contre eux, semant des actes de violence contre les supporteurs israéliens. 

Un jour avant, le 06 novembre, le Commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a adressé à l’Assemblée générale des Nations Unies un message tragique sur la situation catastrophique à Gaza, l’obstruction de l’aide humanitaire et les attaques visant l’UNRWA. Il a déclaré « Une année du bombardement le plus intense d’une population civile depuis la Seconde Guerre mondiale et la grave restriction de l’aide humanitaire ont transformé Gaza en une horreur dystopique ». 

Philippe Lazzarini lance un appel poignant aux décideurs politiques, aux États Membres de l’ONU 

Les États Membres de l’ONU sont plus que jamais appelés à protéger les civils palestiniens, en particulier les enfants de Gaza. Ce devoir humain ne peut être ignoré. Les décideurs politiques ne pourront plus prétendre représenter la démocratie si le droit international humanitaire et les droits de l’homme continuent d’être gravement piétinés à Gaza par les forces israéliennes, laissant les enfants de Palestine abandonnés.

Des gouvernements restent sourds à la souffrance de civils, à l’atroce destruction, qui emporte avec elle les ambitions pour la paix universelle et le devoir de protéger de la valeur suprême de la vie et des droits humains fondamentaux. Gaza, dévastée sous les yeux de la communauté internationale, est le témoin d’une indifférence que nul ne pourra justifier par l’ignorance. Les ventes d’armement à Israël forment la complicité du monde politique. La responsabilité du pouvoir se révèle tragique, alors que des dirigeants séduits par la haine propagent la violence, transformant la barbarie en langage géopolitique. Les puissants, à la tête d’empire, incarnent une intelligence destructrice qui ruine la paix. 

Face à cela, le plus petit, le plus fragile, devient paradoxalement celui qui porte une nouvelle voix : celle de la paix universelle. Il incarne une chance de survie pour tous, si l’on aspire à un futur prospère, libéré des ténèbres de la guerre et du pouvoir générant un système en Hydre qui abat la liberté. Car notre monde ne peut vivre sans la liberté, c’est ce chemin que la vie emprunte pour perdurer. 

Gaza, meurtri par des attaques israéliennes inhumaines

La barbarie, celle causée par la main de l’homme, envahit le nord de Gaza, et Philippe Lazzarini décrit l’horreur, « dans le nord de Gaza, les Palestiniens sont incendiés et enterrés vivants par des frappes israéliennes ». Et, le monde politique ne s’indigne pas. Il poursuit son témoignage, « La quasi-totalité de la population est déplacée. Un siège brutal et des attaques contre les hôpitaux et les équipes de secours privent la population de fournitures vitales et d’assistance ». La violence des forces israéliennes s’étend en Cisjordanie qui subit une escalade du conflit. Philippe Lazzarini alerte, « La violence dans les territoires occupés et les incursions militaires sont monnaie courante. »

L’existence de l’UNRWA est menacée par la législation israélienne

Par ailleurs, il affirme que l’UNRWA est menacé et ne pourrait plus remplir sa mission pour apporter une aide d’urgence aux réfugiés en Palestine, « l’action législative de la Knesset israélienne constitue une menace existante et existentielle ». Il précise que depuis le début de la guerre, le pouvoir israélien à pour objectif de guerre « le démantèlement de l’UNRWA ». De même, il cherche à affaiblir l’ONU. Ainsi, les forces israéliennes déterminent que plus aucun soutien humanitaire ne sera présent et efficace sur le terrain pour la population de Gaza.

À Gaza, plus d’un demi-million d’enfants ont besoin d’un accès à l’éducation, aux soins de santé et un soutien social que fournissent les services de l’UNRWA. D’autre part, l’expérience des professionnels de l’Agence a permis de réaliser une aide humanitaire adaptée et performante pour les civils. Ainsi, souligne Philippe Lazzarini « nos enseignants sont devenus gestionnaires de refuges du jour au lendemain. Nos dispensaires ont été transformés en salles d’urgence. » L’UNRWA représente pour la population de Gaza « une bouée de sauvetage », alors que les bombardements ravagent des zones peuplées, que les infrastructures publiques sont « délibérément détruites », et qu’il est observé que « l’économie est au bord de l’effondrement », affirme-t-il. Pour les civils à Gaza, l’Agence onusienne, « c’est le seul pilier de leur vie. »

La législation de la Knesset veut réduire à néant l’UNRWA, et sa mise en œuvre aura « des conséquences désastreuses », confirme-t-il. Il rappelle avec force, « À Gaza, le démantèlement de l’UNRWA écrasera la réponse humanitaire des Nations Unies, qui dépend fortement de l’infrastructure de l’Office. » 

Depuis, le 7 octobre 2023, au moins 239 membres du personnel de l’UNRWA ont été tués, et d’autres ont été arrêtés, dont certains témoignent avoir été torturés. 

De plus, des locaux de l’UNRWA ont été détruits, le siège général se situant à Jérusalem-Est a été incendié, alors que les autorités locales tentent d’expulser les travailleurs humanitaires des locaux de l’Agence, pour construire des colonies. Philippe Lazzarini rappelle que le personnel travaille depuis 13 mois sans pause dans des conditions très difficiles et en étant touché par des pertes personnelles. « Aujourd’hui, je demande aux États Membres d’agir pour défendre les réfugiés de Palestine et l’UNRWA » adresse-t-il à l’Assemblée générale des nations Unies, en affirmant, « sans intervention des États Membres, l’UNRWA s’effondrera, plongeant des millions de Palestiniens dans le chaos. » 

L’absence de sanctions de l’Union européenne contre le gouvernement israélien, la poursuite des livraisons d’armement, et les profits générés par le système bancaire international à partir de la destruction de Gaza ont contribué à accorder à Israël un pouvoir disproportionné et illégitime, menant aujourd’hui à la mort de plus de 43 000 personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants.

Enfants de Palestine, le visage de la paix

Chaque jour compte quand des enfants risquent de mourir. Des enfants meurent sous les bombardements, d’autres sont grièvement blessés, épuisés par des déplacements forcés sans eau ni nourriture. Ils ont perdu leur foyer, leur communauté, leurs écoles et des membres de leur famille. Leurs droits humains les plus fondamentaux sont gravement bafoués. Parmi eux, des enfants handicapés ou atteints de maladies graves, privés de traitements vitaux et de soins médicaux essentiels, sont encore plus vulnérables. Ne pouvant fuir en raison de leur état de santé, ils risquent de perdre la vie sous les bombardements. Chaque jour de retard dans l’aide humanitaire, pour un cessez-le-feu permanent, est une question de vie ou de mort pour ces enfants. Pas un jour sans les enfants de Gaza.

Fédora Hélène

Mobilisation pour la paix en Palestine à Amsterdam après les événements du 7 novembre.

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