La paix assoiffée face aux 436 milliards du réarmement de Macron

La Russie refuse : l’Ukraine libre

Vladimir Poutine n’a jamais accepté la Révolution de la dignité de février 2014, place Maïdan.

Cette révolution populaire, qui réclamait une Ukraine libre de choisir son destin européen, a marqué un tournant dans l’histoire contemporaine du pays. Elle a aussi ouvert une période de violences, d’affrontements et de ruptures qui allait conduire à l’annexion de la Crimée par la Russie, puis à la guerre dans le Donbass, avant l’invasion russe à grande échelle de février 2022.

L’Ukraine a payé sa liberté au prix du sang.

On pourrait croire cette guerre absurde lorsque l’on sait combien de familles ukrainiennes sont liées à des familles russes, par le sang, les mariages, les langues, les souvenirs et une histoire longtemps commune. Mais cette proximité ne doit pas effacer l’essentiel : l’Ukraine libre. L’Ukraine souveraine. L’Ukraine qui revendique le droit de décider elle-même de son avenir.

Car l’histoire ukrainienne est aussi une histoire de domination, de persécutions et de résistances.

Elle porte la mémoire de l’Holodomor, cette famine provoquée par les politiques soviétiques de collectivisation et de réquisition des années 1930, qui a provoqué la mort de millions d’Ukrainiens. Elle porte également la mémoire des pogroms et des persécutions qui ont frappé les populations juives d’Ukraine au cours de l’histoire.

L’Ukraine est une longue lutte pour la liberté. Sa liberté.

Mais cette histoire ne peut devenir le prétexte à une autre question, celle que nous devons poser à la France.

Emmanuel Macron peut-il engager toujours davantage la France dans une logique de réarmement en invoquant la seule menace russe ?

La menace existe. L’agression russe contre l’Ukraine est une réalité. La sécurité européenne est profondément fragilisée. Mais préparer la guerre ne peut pas devenir l’unique manière de penser la paix.

La France n’est pas l’Ukraine. Son histoire, sa position géopolitique, ses responsabilités diplomatiques et son rôle au sein de l’Europe ne sont pas ceux de Kyiv. Alors, lorsque des centaines de milliards d’euros sont consacrés au réarmement, une autre question doit être posée : Combien investissons-nous dans les chemins de la paix ?

Depuis 2014, les efforts politiques, diplomatiques et européens n’ont pas permis d’empêcher l’escalade. Les accords de Minsk n’ont pas produit une paix durable. La diplomatie n’a pas réussi à empêcher la guerre totale. Il faut avoir le courage de regarder cet échec en face. Non pour exonérer Vladimir Poutine de sa responsabilité dans l’agression de l’Ukraine. Mais pour comprendre ce qui n’a pas fonctionné. Car si nous voulons véritablement éviter les prochaines guerres, nous devons être capables de poser cette question dérangeante :

Qu’aurais-je pu faire pour que la guerre soit évitable ?

C’est une question politique.
C’est une question diplomatique.
C’est aussi une question profondément humaine.

Ne faisons pas de la guerre un marché. Ne laissons pas les milliards, les contrats d’armement et les intérêts industriels devenir la seule réponse à notre peur. Derrière les budgets militaires, il y a des enfants. Derrière les frontières, il y a des familles. Derrière les stratégies géopolitiques, il y a des vies.

La paix n’est pas une naïveté. La paix est une construction politique. Elle exige de la fermeté lorsque la liberté est attaquée, mais aussi du courage diplomatique lorsque la guerre menace de devenir permanente.

Aujourd’hui, pensons la paix.

Parce qu’une Europe capable de se défendre doit aussi rester capable d’imaginer comment ne plus avoir à se battre.

France : un phare pour la paix

La France est un phare éclairant la paix universelle. Elle doit revenir à sa lumière. Elle doit éclairer ses rivages pour accueillir ceux chavirant dans les tempêtes d’un monde instable, ceux cherchant la liberté.

L’Ukraine ne lance pas un appel à la guerre. Elle lance un appel à la liberté.

Elle a été tragiquement attaquée. Son peuple se bat pour son territoire, sa souveraineté et son droit à choisir son propre destin.

Face à cette tragédie, l’Europe ne peut pourtant pas renoncer à son ambition première : construire un espace de paix. Elle doit rechercher cet équilibre fragile entre la nécessité de se protéger et l’exigence de ne jamais cesser de chercher les chemins de la paix. Car l’Europe ne peut devenir seulement une puissance militaire. Elle doit rester une puissance politique, diplomatique et humaniste.

La paix universaliste n’est pas une faiblesse. Elle est une ambition.

Et la France, fidèle à son histoire et à sa vocation, doit retrouver cette lumière. Éclairer plutôt qu’embraser. Accueillir plutôt que rejeter. Dialoguer plutôt que renoncer.

Dans un monde qui chavire, l’Europe doit être un phare.Et la France doit contribuer à en rallumer la lumière.

La France s’éloigne de son destin lumineux

Elle célèbre la puissance, l’ordre, la conquête et la force, tandis que derrière les colonnes du pouvoir demeurent celles et ceux que l’on ne regarde plus : les enfants pauvres, les femmes précaires, les victimes de violences, les vies sacrifiées au nom de contraintes budgétaires toujours à géométrie variable.

On invoque la dette lorsqu’il faut financer la dignité humaine.
On invoque la paix lorsqu’il faut financer les armes.

Mais une République ne devrait pas avoir besoin de la puissance d’un empire pour se sentir forte.

Sa véritable force devrait être sa capacité à protéger la vie

C’est l’invention de la dette, devenue l’argument permanent pour justifier les restrictions, les renoncements et l’austérité.

On nous explique qu’il n’y aurait plus d’argent pour protéger les plus vulnérables, pour lutter contre la pauvreté, pour garantir à chaque enfant des conditions de vie dignes.

Et pourtant, lorsqu’il s’agit de défense, de dissuasion nucléaire et d’armement, les milliards changent soudainement d’échelle.

On négocie, on investit, on programme l’avenir de l’armement au nom d’un mot : la paix.

Mais quelle étrange conception de la paix que celle qui accepte que 3 millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté tout en consacrant des milliards à la capacité de fabriquer des armes dont la fonction ultime serait précisément de détruire des vies.

Protéger la paix devrait d’abord signifier protéger la vie.

Celle des enfants.
Celle des femmes.
Celle des familles précaires.
Celle de tous ceux auxquels on demande constamment de faire des sacrifices.

La question n’est donc pas seulement : « Combien coûte la dette ? »

La véritable question est : Combien sommes-nous prêts à consacrer à la vie humaine avant de considérer qu’elle vaut davantage qu’une arme ?

Les armes nucléaires n’ont jamais protégé la vie. Elles détruisent.

Au moins, si un jour l’humanité devait basculer dans une guerre mondiale et nucléaire, je pourrai dire que j’aurai écrit sur la paix.

J’aurai parlé de la vie, des enfants, des femmes, de la dignité humaine.

J’aurai écrit.

Mais peut-être mes mots se seront-ils déjà évanouis sous le poids de notre indifférence, de nos renoncements et de nos lâchetés.

Et alors, que restera-t-il de notre discours sur la paix, si nous n’avons pas eu le courage de la défendre ?

Après une guerre nucléaire, les puissants pourraient n’être plus que ce que les plus pauvres sont déjà aux yeux d’un monde qui les ignore : un grain de sable.

La richesse, les palais, les titres, les réseaux, les privilèges, les armes elles-mêmes ne pèseraient plus rien.

Face au néant, le puissant et le plus pauvre redeviendraient simplement des êtres humains.

Et peut-être comprendrions-nous alors, trop tard, cette parole ancienne :

« Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers. »

Mais il faudrait peut-être ne pas attendre la fin du monde pour comprendre ce que cette phrase nous dit déjà.

La vie humaine ne se mesure ni à la richesse, ni au pouvoir, ni à la puissance.

Aujourd’hui, la guerre

Emmanuel Macron parle de la guerre comme il lit des discours qu’il n’a pas écrits. Il n’a pas vécu la catastrophe de la guerre, le chaos.

Les enfants sous les bombardements ne sont-ils plus que des images diffusées sur les réseaux sociaux ? La vie est-elle considérée comme artificielle ? La valeur de la vie se perd dans l’illusion qu’un monde prédateur forme.

Ukraine ©️ UNICEF

Ne plus croire en la vie, le sens de l’existence mourant au fil d’intenses bouleversements, des souffrances gisant à terre dans l’indifférence politique, au service d’une industrie qui a déjà remplacé l’homme par des machines, tout en le gardant esclave de la production et de la consommation. Ainsi, les populations vivent une liberté de confort qui a remplacé la liberté.

On regarde, au fond des angoisses provoquées par l’emprise de l’argent, les bombes tomber sur nos écrans. Des enfants sont blessés et tués par des bombardements intenses. Ils souffrent de la faim et de la soif. Et nous errons dans des sociétés qui idolâtrent la puissance financière et guerrière.

Mais Emmanuel Macron n’est qu’un élément de la farandole. Les dirigeants jouent une partition inquiétante pendant que la majorité de la population attend le déluge de la guerre.

Ceux qui sont éveillés supplient la paix.

Les vitres brisées

Les vitres brisées, l’air frais entre dans la pièce renversée. Le décor reste fragile, accroché au mur : un cadre, une photo de famille, une broderie, et les roses fleurissent dans ce jardin suspendu.

Le chant des oiseaux, les pas marchant sur les gravats, je n’entends plus que ça.

Le rire des enfants fait silence. Les portes des appartements ne s’ouvrent plus. Seul le vent s’engouffre par les fenêtres cassées. Le quartier est vide, les immeubles effondrés, le paysage réduit aux ruines de la guerre. Et tremble le regard qui, traumatisé, se fige et cherche rapidement l’ombre de l’armée russe.

L’Ukraine profondément blessée, la Russie lui refuse sa liberté. La Russie n’a jamais reconnue légitime la révolution de la Dignité, la place Maïdan, la révolution de février 2014. La Russie a décidé la guerre contre l’Ukraine cette année là. Elle éclate le 24 février 2022.

Photo ©️ LiberTerra

La guerre est-elle inévitable ?

Alors, on demande. On cherche, au plus fort des possibilités politiques, comment éviter la guerre. Comment protéger les enfants ukrainiens, les femmes et les hommes attaqués sur leurs terres, dans leurs maisons, dans leur chair.

Car derrière les frontières, les stratégies militaires et les calculs politiques, il y a des vies. Des enfants qui ont peur. Des familles qui perdent leur maison. Des femmes et des hommes dont l’existence est bouleversée par la violence.

Éviter la guerre ne signifie pas détourner le regard. Cela signifie chercher, jusqu’au bout, toutes les voies politiques, diplomatiques et humaines capables de faire cesser la violence et de protéger les populations.

La souffrance des enfants ukrainiens

En Ukraine, la guerre ne ravage pas seulement des villes : elle vole une enfance entière. Selon les données les plus récentes de l’ONU et de l’UNICEF, plus de 3 900 enfants ont été tués ou blessés depuis l’escalade de la guerre, tandis que plus d’un enfant sur trois demeure déplacé, à l’intérieur du pays ou comme réfugié à l’étranger. 

Le 21 août 2026, l’attaque des forces armées russes contre un centre commercial de Kryvyï Rih a tué au moins 16 personnes et blessé plus de 140 personnes, dont 23 enfants.

À cette violence s’ajoute une blessure plus silencieuse : des milliers d’enfants ukrainiens ont été déportés vers la Fédération de Russie ou transférés vers des territoires occupés ; l’ONU a, à ce jour, vérifié plus de 1 200 cas et qualifie ces déportations, transferts forcés et disparitions forcées de crimes contre l’humanité.

Derrière chaque chiffre, il y a un visage, un prénom, une famille, une histoire interrompue. Protéger ces enfants, permettre leur retour et préserver leur identité, leur lien familial et leur avenir ne peut être une question secondaire : c’est une exigence fondamentale du droit international et de notre humanité commune.

L’eau vive : la paix universelle

Jésus dit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Jean 4,10

Le don de Dieu est le don de la vie.
Sois vivant. Chéris la vie plus que tout.
Elle est l’eau vive.
Elle jaillit de l’Amour.

Vidéo ©️ LiberTerra

Faire trembler le monde sous le poids de la violence qu’incarnent les pouvoirs politiques, religieux et économiques, l’argent corrompu qui n’est pas vivant, c’est assoiffer l’être humain qui, lui, est vivant.

Les paroles de Jésus parlent aujourd’hui. Elles sont vivantes par lui : elles sont l’eau vive.

Les enfants assoiffés par les guerres, les bombardements, l’idolâtrie des puissants, de l’argent et du nucléaire érigé en nouveau dieu éloignent l’humanité de la source. Ils privent les enfants de cette eau nourricière qui est la vie.

La souffrance s’étend.
Des terres sont privées d’eau.
Voici qu’avance le désert, parce que ceux qui gouvernent n’ont pas eu soif.

Les puissants tarissent la source de la paix

Emmanuel Macron appauvrit la source, comme tant d’autres dirigeants, tandis qu’une Union européenne qui tourne le dos à la paix s’engage toujours davantage dans la course aux armements.

Emmanuel Macron, qui affirme dès 2017 une volonté de puissance militaire, a érigé la loi de programmation militaire au cœur de cette orientation, portant à 436 milliards d’euros d’ici 2030 le budget consacré aux armées pour produire un armement toujours plus destructeur. Le Conseil constitutionnel vient d’en valider entièrement les dispositions, incluant un « état d’alerte de sécurité nationale ».

Dès lors, l’état d’alerte fait entrer l’exception dans le droit. Il étend le pouvoir de l’État sur l’espace public, sur les personnes comme sur l’environnement. La liberté entière de l’humain et la protection du vivant peuvent alors se trouver soumises aux impératifs de sécurité nationale.

Le confinement ordonné lors de la pandémie de Covid semble alors avoir constitué, à certains égards, une répétition générale de ce que pourrait être une société placée sous régime exceptionnel. L’espace public devient, dans la circonstance d’un état d’alerte, un espace militaire.

Et lorsque l’exception devient une norme de gouvernement, une question demeure : que reste-t-il de la liberté lorsque l’État peut décider, au nom de la sécurité, de ce que l’être humain peut faire, de l’espace dans lequel il peut circuler et de ce que le vivant peut devenir ?

L’espace public ne devrait jamais devenir un territoire de guerre. Il devrait rester celui où l’être humain marche librement, où l’enfant joue, où la parole circule, où la nature respire. Car si nous armons le monde pour le protéger tout en détruisant ce qui le fait vivre, que protégeons-nous encore ?

Emmanuel Macron l’a lui-même formulé : « être libre, être craint, être puissant », non par plaisir, dit-il, mais par nécessité. Quelques instants plus tard, il affirme que la France et l’Europe doivent être « prêts à combattre », « au prix du sang s’il le faut ». Être craint. Être puissant. Être prêt au combat. Accepter le prix du sang.

©️ LiberTerra

Les larmes de sang

Les larmes de sang coulent des yeux des mères serrant contre elles leur enfant transpercé par la guerre. Au loin, les puissants fleurissent les cimetières de leur pouvoir adorant le chaos qu’ils font supporter au monde entier.

Ainsi, la source d’eau s’emplit de la souffrance des innocents. L’eau vive devient la marée rouge. Seule abondance des terres brûlées par le métal des armes.

Là où devait jaillir la vie, les bombes creusent des tombes. Là où l’eau devait désaltérer les enfants, la guerre laisse la poussière, la soif et le sang.

La vie se fait craindre. Le désespoir possède les hommes qui ne désirent alors plus vivre au cœur d’une terre dominée par la mort. Mais la vie n’est pas ce cratère béant, ce ciel couvert de fumées épaisses étouffant l’air pur. Cela est l’œuvre de puissants qui trahissent la volonté de Dieu, qui utilisent leur pouvoir pour détruire et qui affirment ainsi protéger la paix menacée, préserver la fraternité dissolue dans la guerre, garantir la sécurité à leurs citoyens sous l’avalanche de bombardements ignorant les frontières, objets qu’ils prétendent défendre. Frontières inventées par le pouvoir politique, concevant un territoire comme une possession marchande. Les puissants ont voulu posséder la terre. Ils ont oublié qu’ils ne possèdent pas la vie.

La vie ne demande pas à être crainte. Elle demande à être protégée. C’est cela le véritable pouvoir de l’humain : être le protecteur du vivant.

©️ LiberTerra

Les puissants sont les faux prophètes, les héritiers de la Rome antique qui se poursuit. Le temps n’a pas la mesure qu’on lui prête. Il ne s’est pas écoulé un sablier depuis l’avènement du Christ.

Deux mille ans ont passé, et pourtant les mêmes mécanismes de puissance, de domination, de conquête et d’idolâtrie semblent encore traverser l’histoire.
Rome n’est pas morte. Elle a changé de visage. Les empires passent, les hommes changent, les frontières se déplacent, mais la tentation du pouvoir demeure. Et face à elle, la parole du Christ est vivante. Il est venu donner l’eau vive aux assoiffés. « Ceci est mon corps, donné pour vous » (Luc 22, 19).

Le pain de vie

Le Christ ne prend pas la vie. Il la donne. Il ne règne pas par la peur, mais par l’amour. Il ne demande pas aux hommes de craindre la vie, mais de la recevoir, de la protéger et de la partager.

L’eau vive et le pain de vie sont issus du même corps. Ils sont le don d’une même vie offerte, une source vivante et éternelle. Jésus communie pour nous. Il nous invite à communier concrètement chaque jour par nos actes. Il nous enseigne à ne pas séparer le grain de l’eau, à avoir confiance en l’Amour donné, à comprendre que nous ne sommes pas des moineaux auxquels on jette le pain, mais que nous semons et récoltons la vie que Dieu nous confie.

La vie vit en nous et nous arrivons à ne pas croire en elle, à défier Dieu, à abandonner le verbe aimer pour finir par adorer des marchandises, à élire des puissants qui conduisent la guerre.

Regarder le cierge éteint, soufflé par le vent des guerres, les vitraux brisés, la prière disparue. Écouter le silence de la nature. Le chant de l’oiseau a fui les champs et les villes. Tout s’est tu. Et personne n’a entendu ce silence, tant le vacarme des industries a empli les cœurs.

Ils n’ont pas eu confiance. Et le blé se meurt.

Mais l’eau du Christ est dans la terre de Jérusalem. Elle a coulé de ses blessures. Son sang versé pour nous est l’ADN du monde. Il coule dans nos veines. L’humanité est une sur une planète qui n’est qu’une, dans un univers qui n’est qu’un. Nous vivons ici en fraternité.

Nous devrions nous tourner vers ce visage et détourner notre regard des puissants qui n’agissent que parce que nous leur obéissons. On oublie le Père et l’on regarde ceux qui usent de gloire. On ne croit pas en l’eau vive qui s’incarne dans les rivières, les fleuves et les océans qui nous nourrissent, mais l’on croit aux nouveaux César qui tarissent la source et appauvrissent des femmes et des enfants.

Depuis 2017, Emmanuel Macron poursuit et approfondit un capitalisme prédateur, dans le prolongement d’une politique économique engagée sous Nicolas Sarkozy, en s’appuyant sur des gouvernements et des politiques issus de la droite et de sa transformation progressive vers ce que l’on peut qualifier de fascisme moderne. Une forme de thatchérisme à la française, fondée sur la réduction de la dépense publique, la flexibilisation du travail et la priorité donnée à la compétitivité et à la performance, a profondément transformé le modèle social.

Les conséquences sociales de cette politique, que l’on peut qualifier d’autoritarisme économique, se manifestent aujourd’hui avec une brutalité croissante. La précarité s’étend, tandis que des millions de familles sont confrontées à un véritable étranglement économique : difficultés à se loger, à se nourrir, à se chauffer et à vivre dignement.

La hausse de la pauvreté atteint désormais un niveau particulièrement préoccupant. Derrière les statistiques, ce sont des existences qui sont durablement fragilisées, des familles qui s’épuisent et des enfants qui grandissent dans l’insécurité matérielle.

Plus de trois millions d’enfants vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté en France, selon les données mobilisées par l’UNICEF. Une pauvreté qui n’est pas seulement une privation matérielle : elle marque les trajectoires, abîme la confiance en l’avenir et peut laisser des blessures durables.

Ce que révèle cette situation dépasse donc la seule question économique : quel modèle de société sommes-nous en train de construire lorsque la richesse progresse pour certains tandis que la pauvreté s’installe durablement chez les plus vulnérables ?

Alors que la vie nous est donnée, nous choisissons encore trop souvent de servir ceux qui la possèdent, plutôt que Celui qui la donne.

Le prix des armes, c’est la vie

La France, puissance de guerre, courtisée par des oligarques milliardaires, chérit l’héritage des tragédies transformées en victoires. Ainsi avançaient les puissances de tout temps, abandonnant sur les champs de bataille les fils et les frères mourants, les vies humaines perdues que la politique a prises et noyées.

La violence des hommes est née de ce pouvoir qui les nomme guerriers, les condamnant à porter les armes et à tuer celui qu’il désignera comme l’ennemi.

Tout revient à ce chaos premier, rien ne s’est véritablement relevé. Les empires demeurent et Vladimir Poutine veut former la Grande Russie en s’appropriant des territoires, gagner l’immensité des terres, des fleuves et des accès à la mer.

Tout est sans fin dans le monde politique qui s’est irrémédiablement détourné de la paix universelle. L’industrie de l’armement est considérée comme un fleuron et, aujourd’hui, chaque citoyen va travailler à la produire. L’illusion du confort et des richesses commence à en avancer le prix. Les derniers qui le subiront seront les plus riches, les indifférents à cette culture morbide de l’inertie, pensant gagner de la mort en terrassant des enfants au cœur de ce monde prédateur.

Les enfants au milieu des bombardements. Les enfants dont le bonheur est confisqué par les crises humanitaires fabriquées par l’homme. Les enfants sans défense face à la violence inouïe de nos sociétés, puisqu’elles génèrent l’esprit de la guerre et assoiffent celui de la paix.

Les investissements colossaux sont consacrés à la guerre, en expliquant qu’ils préservent la paix, qu’ils garantissent la sécurité, qu’ils permettent d’exercer une forte pression, un rapport de force face à d’autres puissances, les tenant ainsi en respect. Ainsi se dessine une France qui entend affirmer sa puissance militaire et son leadership en Europe par la force de ses armées. Une Europe qui se construit dans la peur de la guerre et se prépare à un conflit mondial au nom de la paix.

César à la conquête du monde. Résolument guerrière, la civilisation ne peut-elle croître que par la destruction ?

Ou pouvons-nous enfin imaginer une puissance différente : celle qui protège, soigne, éduque, nourrit, reconstruit et préserve le vivant ? Car la véritable puissance d’une civilisation ne devrait-elle pas se mesurer à ce qu’elle est capable de préserver plutôt qu’à sa capacité de détruire ?

Une culture de la confrontation, une civilisation marchande et guerrière qui consacre des sommes colossales à préparer la guerre tandis que des millions de personnes peinent à vivre dignement.  

La paix assoiffée

De Vladimir Poutine à Netanyahou, de Donald Trump à Emmanuel Macron, jusqu’aux choix européens et à l’augmentation massive des dépenses militaires, le culte de la puissance et de la mort prend place là où devrait demeurer le soin de la vie.

Nous entrons dans la douloureuse décennie de la guerre contre le monde vivant.

Les candidats à l’élection présidentielle de 2027 entrent dans cette décennie où la question essentielle ne devrait pourtant pas être : qui possédera le plus de puissance ? Mais : qui protégera la vie ?

Les marchands du Temple sont toujours là.
Entrepreneurs, actionnaires, financiers, banquiers, places boursières, industriels : lorsque l’argent devient une idole, lorsque le profit devient supérieur à la vie, les ressources sont asséchées et le monde vivant devient une marchandise.

Le mouvement prédateur s’accélère.

Au 1er septembre, beaucoup reprendront le chemin aride du travail, de la consommation, des crédits et des dettes. Le salaire creuse les tombes d’une existence entièrement consacrée à produire et à acheter, et qui, aujourd’hui, sera aux chaînes de la production du chaos.

Et que puiseront-ils lorsque le puits sera vide ? Des crédits ? Des dettes ? Des richesses de béton ?
Cette illusion d’abondance dans laquelle certains achètent jusqu’aux forêts, jusqu’aux terres et rivières, jusqu’au vivant ?

Puis viendra le feu. Et que chercheront-ils pour l’éteindre ? L’eau.
Cette même eau que l’industrie pollue, que les sécheresses épuisent, que les incendies consument, que les conflits rendent inaccessible.

Une civilisation qui traite la vie comme une marchandise finit par ne plus savoir ce qu’est la soif.

Et au-delà des frontières des pays qui s’arment massivement, la guerre poursuit son œuvre. Des femmes, des hommes et des enfants périssent sous les drones, les frappes et les bombardements. Des populations sont chassées de leurs terres, déplacées de force. Des civils deviennent étrangers dans leur propre pays. Pendant ce temps, les hypocrites et les méchants que la Bible dénonce accusent les migrants. Ils condamnent ceux que les guerres, les persécutions, la pauvreté, les bouleversements climatiques et les politiques autoritaires ont eux-mêmes jetés sur les routes. Ils fabriquent l’exil, puis reprochent à l’exilé d’exister. L’extrême droite est un poison né de l’inversion des valeurs, comme toutes les politiques qui nourrissent le chaos, la peur et la haine. Et lorsque certains partis de gauche manipulent à leur tour la misère ou trahissent ceux qu’ils prétendent défendre, ils participent eux aussi à cette dégradation de la parole publique.

On ne trouve pas la vérité dans la bouche des menteurs. La politique devient alors la malédiction d’une parole qui ne cherche plus à servir, mais à conquérir, manipuler et dominer.

Photo ©️ Fédora Hélène

Écoute la liberté

Alors, écoute la liberté. Écoute sa voix qui chante au bord de la rivière limpide et claire. Écoute le don de vie de Celui qui donne à boire. Celui qui verse sur nos corps éprouvés, sur nos cœurs meurtris, sur nos terres desséchées : l’eau vive. Car l’eau vive voit qui nous sommes en réalité, notre humanité. Elle donne. Elle abreuve. Elle relève. Elle fait renaître.

Et peut-être que la véritable révolution commence là : avoir de nouveau soif de la vie.

Fédora Hélène

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