Aujourd’hui, la guerre
Emmanuel Macron parle de la guerre comme il lit des discours qu’il n’a pas écrits. Il n’a pas vécu la catastrophe de la guerre, le chaos.
Les enfants sous les bombardements ne sont-ils plus que des images diffusées sur les réseaux sociaux ? La vie est-elle considérée comme artificielle ? La valeur de la vie se perd dans l’illusion qu’un monde prédateur forme.

Ne plus croire en la vie, le sens de l’existence mourant au fil d’intenses bouleversements, des souffrances gisant à terre dans l’indifférence politique, au service d’une industrie qui a déjà remplacé l’homme par des machines, tout en le gardant esclave de la production et de la consommation. Ainsi, les populations vivent une liberté de confort qui a remplacé la liberté.
On regarde, au fond des angoisses provoquées par l’emprise de l’argent, les bombes tomber sur nos écrans. Des enfants sont blessés et tués par des bombardements intenses. Ils souffrent de la faim et de la soif. Et nous errons dans des sociétés qui idolâtrent la puissance financière et guerrière.
Mais Emmanuel Macron n’est qu’un élément de la farandole. Les dirigeants jouent une partition inquiétante pendant que la majorité de la population attend le déluge de la guerre.
Ceux qui sont éveillés supplient la paix.

Les vitres brisées
Les vitres brisées, l’air frais entre dans la pièce renversée. Le décor reste fragile, accroché au mur : un cadre, une photo de famille, une broderie, et les roses fleurissent dans ce jardin suspendu.
Le chant des oiseaux, les pas marchant sur les gravats, je n’entends plus que ça.
Le rire des enfants fait silence. Les portes des appartements ne s’ouvrent plus. Seul le vent s’engouffre par les fenêtres cassées. Le quartier est vide, les immeubles effondrés, le paysage réduit aux ruines de la guerre. Et tremble le regard qui, traumatisé, se fige et cherche rapidement l’ombre de l’armée russe.

L’eau vive
Jésus dit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Jean 4,10
Le don de Dieu est le don de la vie.
Sois vivant. Chéris la vie plus que tout.
Elle est l’eau vive.
Elle jaillit de l’Amour.
Faire trembler le monde sous le poids de la violence qu’incarnent les pouvoirs politiques, religieux et économiques, l’argent corrompu qui n’est pas vivant, c’est assoiffer l’être humain qui, lui, est vivant.
Les paroles de Jésus parlent aujourd’hui. Elles sont vivantes par lui : elles sont l’eau vive.
Les enfants assoiffés par les guerres, les bombardements, l’idolâtrie des puissants, de l’argent et du nucléaire érigé en nouveau dieu éloignent l’humanité de la source. Ils privent les enfants de cette eau nourricière qui est la vie.
La souffrance s’étend.
Des terres sont privées d’eau.
Voici qu’avance le désert, parce que ceux qui gouvernent n’ont pas eu soif.

Les puissants tarissent la source de la paix
Emmanuel Macron appauvrit la source, comme tant d’autres dirigeants, tandis qu’une Union européenne qui tourne le dos à la paix s’engage toujours davantage dans la course aux armements.
Emmanuel Macron, qui affirme dès 2017 une volonté de puissance militaire, a érigé la loi de programmation militaire au cœur de cette orientation, portant à 436 milliards d’euros d’ici 2030 le budget consacré aux armées pour produire un armement toujours plus destructeur. Le Conseil constitutionnel vient d’en valider entièrement les dispositions, incluant un « état d’alerte de sécurité nationale ».
Dès lors, l’état d’alerte fait entrer l’exception dans le droit. Il étend le pouvoir de l’État sur l’espace public, sur les personnes comme sur l’environnement. La liberté entière de l’humain et la protection du vivant peuvent alors se trouver soumises aux impératifs de sécurité nationale.
Le confinement ordonné lors de la pandémie de Covid semble alors avoir constitué, à certains égards, une répétition générale de ce que pourrait être une société placée sous régime exceptionnel. L’espace public devient, dans la circonstance d’un état d’alerte, un espace militaire.
Et lorsque l’exception devient une norme de gouvernement, une question demeure : que reste-t-il de la liberté lorsque l’État peut décider, au nom de la sécurité, de ce que l’être humain peut faire, de l’espace dans lequel il peut circuler et de ce que le vivant peut devenir ?
L’espace public ne devrait jamais devenir un territoire de guerre. Il devrait rester celui où l’être humain marche librement, où l’enfant joue, où la parole circule, où la nature respire. Car si nous armons le monde pour le protéger tout en détruisant ce qui le fait vivre, que protégeons-nous encore ?
Emmanuel Macron l’a lui-même formulé : « être libre, être craint, être puissant », non par plaisir, dit-il, mais par nécessité. Quelques instants plus tard, il affirme que la France et l’Europe doivent être « prêts à combattre », « au prix du sang s’il le faut ». Être craint. Être puissant. Être prêt au combat. Accepter le prix du sang.

Les larmes de sang
Les larmes de sang coulent des yeux des mères serrant contre elles leur enfant transpercé par la guerre. Au loin, les puissants fleurissent les cimetières de leur pouvoir adorant le chaos qu’ils font supporter au monde entier.
Ainsi, la source d’eau s’emplit de la souffrance des innocents. L’eau vive devient la marée rouge. Seule abondance des terres brûlées par le métal des armes.
Là où devait jaillir la vie, les bombes creusent des tombes. Là où l’eau devait désaltérer les enfants, la guerre laisse la poussière, la soif et le sang.
La vie se fait craindre. Le désespoir possède les hommes qui ne désirent alors plus vivre au cœur d’une terre dominée par la mort. Mais la vie n’est pas ce cratère béant, ce ciel couvert de fumées épaisses étouffant l’air pur. Cela est l’œuvre de puissants qui trahissent la volonté de Dieu, qui utilisent leur pouvoir pour détruire et qui affirment ainsi protéger la paix menacée, préserver la fraternité dissolue dans la guerre, garantir la sécurité à leurs citoyens sous l’avalanche de bombardements ignorant les frontières, objets qu’ils prétendent défendre. Frontières inventées par le pouvoir politique, concevant un territoire comme une possession marchande. Les puissants ont voulu posséder la terre. Ils ont oublié qu’ils ne possèdent pas la vie.
La vie ne demande pas à être crainte. Elle demande à être protégée. C’est cela le véritable pouvoir de l’humain : être le protecteur du vivant.

Les puissants sont les faux prophètes, les héritiers de la Rome antique qui se poursuit. Le temps n’a pas la mesure qu’on lui prête. Il ne s’est pas écoulé un sablier depuis l’avènement du Christ.
Deux mille ans ont passé, et pourtant les mêmes mécanismes de puissance, de domination, de conquête et d’idolâtrie semblent encore traverser l’histoire.
Rome n’est pas morte. Elle a changé de visage. Les empires passent, les hommes changent, les frontières se déplacent, mais la tentation du pouvoir demeure. Et face à elle, la parole du Christ est vivante. Il est venu donner l’eau vive aux assoiffés. « Ceci est mon corps, donné pour vous » (Luc 22, 19).

Le pain de vie
Le Christ ne prend pas la vie. Il la donne. Il ne règne pas par la peur, mais par l’amour. Il ne demande pas aux hommes de craindre la vie, mais de la recevoir, de la protéger et de la partager.
L’eau vive et le pain de vie sont issus du même corps. Ils sont le don d’une même vie offerte, une source vivante et éternelle. Jésus communie pour nous. Il nous invite à communier concrètement chaque jour par nos actes. Il nous enseigne à ne pas séparer le grain de l’eau, à avoir confiance en l’Amour donné, à comprendre que nous ne sommes pas des moineaux auxquels on jette le pain, mais que nous semons et récoltons la vie que Dieu nous confie.
La vie vit en nous et nous arrivons à ne pas croire en elle, à défier Dieu, à abandonner le verbe aimer pour finir par adorer des marchandises, à élire des puissants qui conduisent la guerre.

Regarder le cierge éteint, soufflé par le vent des guerres, les vitraux brisés, la prière disparue. Écouter le silence de la nature. Le chant de l’oiseau a fui les champs et les villes. Tout s’est tu. Et personne n’a entendu ce silence, tant le vacarme des industries a empli les cœurs.
Ils n’ont pas eu confiance. Et le blé se meurt.
Mais l’eau du Christ est dans la terre de Jérusalem. Elle a coulé de ses blessures. Son sang versé pour nous est l’ADN du monde. Il coule dans nos veines. L’humanité est une sur une planète qui n’est qu’une, dans un univers qui n’est qu’un. Nous vivons ici en fraternité.
Nous devrions nous tourner vers ce visage et détourner notre regard des puissants qui n’agissent que parce que nous leur obéissons. On oublie le Père et l’on regarde ceux qui usent de gloire. On ne croit pas en l’eau vive qui s’incarne dans les rivières, les fleuves et les océans qui nous nourrissent, mais l’on croit aux nouveaux César qui tarissent la source et appauvrissent des femmes et des enfants.
Depuis 2017, Emmanuel Macron poursuit et approfondit un capitalisme prédateur, dans le prolongement d’une politique économique engagée sous Nicolas Sarkozy, en s’appuyant sur des gouvernements et des politiques issus de la droite et de sa transformation progressive vers ce que l’on peut qualifier de fascisme moderne. Une forme de thatchérisme à la française, fondée sur la réduction de la dépense publique, la flexibilisation du travail et la priorité donnée à la compétitivité et à la performance, a profondément transformé le modèle social.
Les conséquences sociales de cette politique, que l’on peut qualifier d’autoritarisme économique, se manifestent aujourd’hui avec une brutalité croissante. La précarité s’étend, tandis que des millions de familles sont confrontées à un véritable étranglement économique : difficultés à se loger, à se nourrir, à se chauffer et à vivre dignement.
La hausse de la pauvreté atteint désormais un niveau particulièrement préoccupant. Derrière les statistiques, ce sont des existences qui sont durablement fragilisées, des familles qui s’épuisent et des enfants qui grandissent dans l’insécurité matérielle.
Plus de trois millions d’enfants vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté en France, selon les données mobilisées par l’UNICEF. Une pauvreté qui n’est pas seulement une privation matérielle : elle marque les trajectoires, abîme la confiance en l’avenir et peut laisser des blessures durables.
Ce que révèle cette situation dépasse donc la seule question économique : quel modèle de société sommes-nous en train de construire lorsque la richesse progresse pour certains tandis que la pauvreté s’installe durablement chez les plus vulnérables ?

Alors que la vie nous est donnée, nous choisissons encore trop souvent de servir ceux qui la possèdent, plutôt que Celui qui la donne.

Le prix des armes, c’est la vie
La France, puissance de guerre, courtisée par des oligarques milliardaires, chérit l’héritage des tragédies transformées en victoires. Ainsi avançaient les puissances de tout temps, abandonnant sur les champs de bataille les fils et les frères mourants, les vies humaines perdues que la politique a prises et noyées.
La violence des hommes est née de ce pouvoir qui les nomme guerriers, les condamnant à porter les armes et à tuer celui qu’il désignera comme l’ennemi.
Tout revient à ce chaos premier, rien ne s’est véritablement relevé. Les empires demeurent et Vladimir Poutine veut former la Grande Russie en s’appropriant des territoires, gagner l’immensité des terres, des fleuves et des accès à la mer.
Tout est sans fin dans le monde politique qui s’est irrémédiablement détourné de la paix universelle. L’industrie de l’armement est considérée comme un fleuron et, aujourd’hui, chaque citoyen va travailler à la produire. L’illusion du confort et des richesses commence à en avancer le prix. Les derniers qui le subiront seront les plus riches, les indifférents à cette culture morbide de l’inertie, pensant gagner de la mort en terrassant des enfants au cœur de ce monde prédateur.
Les enfants au milieu des bombardements. Les enfants dont le bonheur est confisqué par les crises humanitaires fabriquées par l’homme. Les enfants sans défense face à la violence inouïe de nos sociétés, puisqu’elles génèrent l’esprit de la guerre et assoiffent celui de la paix.
Les investissements colossaux sont consacrés à la guerre, en expliquant qu’ils préservent la paix, qu’ils garantissent la sécurité, qu’ils permettent d’exercer une forte pression, un rapport de force face à d’autres puissances, les tenant ainsi en respect. Ainsi se dessine une France qui entend affirmer sa puissance militaire et son leadership en Europe par la force de ses armées. Une Europe qui se construit dans la peur de la guerre et se prépare à un conflit mondial au nom de la paix.
César à la conquête du monde. Résolument guerrière, la civilisation ne peut-elle croître que par la destruction ?
Ou pouvons-nous enfin imaginer une puissance différente : celle qui protège, soigne, éduque, nourrit, reconstruit et préserve le vivant ? Car la véritable puissance d’une civilisation ne devrait-elle pas se mesurer à ce qu’elle est capable de préserver plutôt qu’à sa capacité de détruire ?
Une culture de la confrontation, une civilisation marchande et guerrière qui consacre des sommes colossales à préparer la guerre tandis que des millions de personnes peinent à vivre dignement.

La paix assoiffée
De Vladimir Poutine à Netanyahou, de Donald Trump à Emmanuel Macron, jusqu’aux choix européens et à l’augmentation massive des dépenses militaires, le culte de la puissance et de la mort prend place là où devrait demeurer le soin de la vie.
Nous entrons dans la douloureuse décennie de la guerre contre le monde vivant.
Les candidats à l’élection présidentielle de 2027 entrent dans cette décennie où la question essentielle ne devrait pourtant pas être : qui possédera le plus de puissance ? Mais : qui protégera la vie ?
Les marchands du Temple sont toujours là.
Entrepreneurs, actionnaires, financiers, banquiers, places boursières, industriels : lorsque l’argent devient une idole, lorsque le profit devient supérieur à la vie, les ressources sont asséchées et le monde vivant devient une marchandise.

Le mouvement prédateur s’accélère.
Au 1er septembre, beaucoup reprendront le chemin aride du travail, de la consommation, des crédits et des dettes. Le salaire creuse les tombes d’une existence entièrement consacrée à produire et à acheter, et qui, aujourd’hui, sera aux chaînes de la production du chaos.
Et que puiseront-ils lorsque le puits sera vide ? Des crédits ? Des dettes ? Des richesses de béton ?
Cette illusion d’abondance dans laquelle certains achètent jusqu’aux forêts, jusqu’aux terres et rivières, jusqu’au vivant ?
Puis viendra le feu. Et que chercheront-ils pour l’éteindre ? L’eau.
Cette même eau que l’industrie pollue, que les sécheresses épuisent, que les incendies consument, que les conflits rendent inaccessible.
Une civilisation qui traite la vie comme une marchandise finit par ne plus savoir ce qu’est la soif.
Et au-delà des frontières des pays qui s’arment massivement, la guerre poursuit son œuvre. Des femmes, des hommes et des enfants périssent sous les drones, les frappes et les bombardements. Des populations sont chassées de leurs terres, déplacées de force. Des civils deviennent étrangers dans leur propre pays. Pendant ce temps, les hypocrites et les méchants que la Bible dénonce accusent les migrants. Ils condamnent ceux que les guerres, les persécutions, la pauvreté, les bouleversements climatiques et les politiques autoritaires ont eux-mêmes jetés sur les routes. Ils fabriquent l’exil, puis reprochent à l’exilé d’exister. L’extrême droite est un poison né de l’inversion des valeurs, comme toutes les politiques qui nourrissent le chaos, la peur et la haine. Et lorsque certains partis de gauche manipulent à leur tour la misère ou trahissent ceux qu’ils prétendent défendre, ils participent eux aussi à cette dégradation de la parole publique.
On ne trouve pas la vérité dans la bouche des menteurs. La politique devient alors la malédiction d’une parole qui ne cherche plus à servir, mais à conquérir, manipuler et dominer.

Écoute la liberté
Alors, écoute la liberté. Écoute sa voix qui chante au bord de la rivière limpide et claire. Écoute le don de vie de Celui qui donne à boire. Celui qui verse sur nos corps éprouvés, sur nos cœurs meurtris, sur nos terres desséchées : l’eau vive. Car l’eau vive voit qui nous sommes en réalité, notre humanité. Elle donne. Elle abreuve. Elle relève. Elle fait renaître.
Et peut-être que la véritable révolution commence là : avoir de nouveau soif de la vie.
Fédora Hélène


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