Yvette Roudy : Merci !

Elle aura contribué à faire entrer les droits des femmes au cœur de la République, avec une conviction simple et radicale : l’égalité ne vaut que lorsqu’elle transforme réellement la vie. Yvette Roudy a porté cette exigence dans les institutions, dans les lois et auprès des femmes, sans jamais renoncer à l’idée d’une liberté conquise et partagée. Figure majeure du féminisme français, ancienne ministre des Droits de la femme, elle s’est éteinte le 18 août 2026, à l’âge de 97 ans, laissant derrière elle un héritage politique dont les combats restent brûlants.

« Rien ne justifie que la moitié de la population souffre et se soumette. Rien ne l’a jamais justifié. » Yvette Roudy

Yvette Roudy incarnait une politique des femmes ouverte aux femmes : une politique qui ne se construisait ni dans l’entre-soi, ni dans le népotisme, ni au nom des héritages sociaux, mais dans la rencontre, le partage et la capacité d’avancer ensemble. Elle plaçait l’humain avant le nom de famille, la fortune héritée, les titres ou les diplômes brandis comme des signes de supériorité. Elle ouvrait ainsi un chemin : quitter l’illusion d’une société fondée sur les privilèges pour entrer dans l’espérance d’un monde plus juste et plus égalitaire. Car le patriarcat s’enseigne aussi dès l’école : page après page, les manuels racontent l’histoire des artistes, chercheurs, écrivains, intellectuels et responsables politiques principalement à travers des figures masculines, tandis que les femmes sont effacées, comme si elles n’avaient ni pensée, ni créativité, ni courage, ni capacité à diriger. Alors les enfants apprennent insidieusement que l’homme serait supérieur ; les filles, elles, peuvent finir par intérioriser que leur avenir sera plus étroit, leur destin déjà limité. Combattre le patriarcat, c’est donc aussi réécrire ce que nous transmettons, rendre visibles celles qui ont fait l’Histoire et donner à chaque enfant la possibilité de se penser libre, capable et légitime.

Je suis une fille

Enfant, je demande une coupe de cheveux à la garçonne, je m’habille en garçon et je descends jouer dans la rue, ce territoire alors occupé par les garçons. Je quitte ma chambre parce que je refuse d’être consignée, enfermée, assignée à une place qui n’est pas la mienne. Je suis une fille et je ne veux nullement être un garçon ; mais, très jeune, je comprends que, dans cette société, c’est peut-être la seule manière de franchir la porte, de circuler, de jouer, d’exister librement. Ma liberté est paradoxale : pour pouvoir être dehors, je dois renoncer provisoirement à être reconnue comme fille. Je me présente alors comme un garçon au leader du groupe ; il m’accepte et je joue avec eux, dans la rue. À La Courneuve, dans une ville populaire marquée par la pauvreté et les inégalités, une enfant comprend déjà la violence sociale. Quand la liberté n’est pas donnée, il faut parfois la conquérir. Et, elle se trouve dans la révolte.

Je savais rêver, penser, créer. Je voyais la pauvreté, l’exclusion, les différences entre les quartiers populaires et les quartiers bourgeois. Je vivais les violences conjugales, les cris, les colères des adultes et la peur que je ressentais. Il fallait s’armer de résistance. Une enfant le sait. Un enfant est quelqu’un de sérieux, qui comprend le monde sans pouvoir décider, sans pouvoir le changer. Il se protège avec ses silences, avec une force intérieure, avec ce calme qu’il apprend lorsque la violence éclate : la sidération. La violence sous ses yeux. Une femme à terre. Un homme qui crie. Et le regard d’une enfant.

Je subissais aussi les règlements absurdes, les hautes grilles fermées et j’imaginais mon évasion.

La rue, c’était mon monde. Savoir rester debout, Savoir avancer, s’élancer, chasser le chagrin, jouer avec les copains, gagner aux billes, les battre à la course en vélo. Exister sans trembler quand l’injustice frappe aveuglement.

Je subissais aussi les règlements absurdes, les hautes grilles fermées, et j’imaginais mon évasion.

La rue, c’était mon monde. Savoir rester debout. Savoir avancer, s’élancer, chasser le chagrin, jouer avec les copains, gagner aux billes, les battre à la course à vélo. Exister sans trembler quand l’injustice frappe aveuglément.

La France, je connais sa violence. Des apparences polies, des costumes serviles. À 15 ans, tout bascule. La rue se fait lointaine. Et les violences sexuelles anéantissent. Gamine résistante, cela fabrique ma survie d’adolescente, victime de violences intrafamiliales et sexuelles.

Yvette Roudy, j’ignore alors son nom. Mais les actions féministes se pressentent. Quelques informations passent. Les combats des femmes résonnent et soutiennent ces filles seules face à la prédation du patriarcat.

Femmes, battez-vous. Faites entendre votre voix. Manifestez. Criez votre révolte.

Car là, oubliée, une enfant dans le noir, plaquée contre le mur par un homme âgé de 50 ans, entend les slogans des luttes. Elle est seule. Pourtant, quelque part dehors, des femmes parlent, se lèvent, manifestent. Leurs voix traversent le silence. Elle ne connaît pas encore leurs noms. Mais, elle entend, découvre les articles, apprend, regarde les photos de manifestations, les visages des femmes qui se lèvent.

Puis, le patriarcat fait tout disparaître. Les longs mois de silence. La justice toujours absente. Les manipulateurs aux ordres du système se dressent sur les bancs du pouvoir judiciaire. Des décennies que l’obscurantisme loge en procureur, en magistrat implacable, soumis aux tourments politiques, à la bourgeoisie des privilèges, à cette monarchie assise en République. Des seigneurs devenus juges, assommant les droits des femmes. Et pendant ce temps, les femmes attendent. Elles témoignent. Elles parlent. Elles crient. Mais le silence demeure, comme si les murs de l’institution étaient encore plus épais que ceux derrière lesquels elles avaient été enfermées.

Yvette Roudy : une politique en actes

Yvette Roudy le sait. Elle ne lâche pas la barre. Les droits des femmes ne doivent pas rester des mots, des principes inscrits dans des textes : ils doivent vivre concrètement, dans la vie quotidienne, pour que les filles et les femmes puissent être des êtres humains libres.

En 1982, Yvette Roudy, alors ministre déléguée chargée des Droits de la femme, veut que les droits nouvellement conquis deviennent accessibles aux femmes dans leur vie réelle. Son ministère développe les Centres d’information sur les droits des femmes, des lieux où l’on peut venir s’informer, être écoutée, comprendre ses droits, trouver une orientation et faire entendre sa voix. Trente-cinq centres sont créés dès cette période, tandis que le réseau se déploie progressivement sur l’ensemble du territoire. 

Cette dynamique féministe des années 1980 ne consiste pas seulement à proclamer l’égalité depuis les institutions. Elle cherche à faire circuler l’information, à ouvrir des portes et à rapprocher les droits de celles qui en sont encore trop souvent éloignées. Une politique faite avec les femmes et pour les femmes : une politique qui donne des moyens de comprendre, de se défendre, de se rencontrer et d’agir. Yvette Roudy veut ainsi faire de l’information l’un des instruments essentiels de l’émancipation : connaître ses droits, c’est déjà pouvoir commencer à les exercer. 

Cette politique s’inscrit dans l’élan du début du premier septennat de François Mitterrand. En 1982, le 8 mars devient une véritable journée nationale des femmes et le gouvernement annonce plusieurs mesures importantes en matière d’égalité et de droits des femmes. 

Puis, en 1985, à Cenon, près de Bordeaux, cette volonté prend une forme encore plus concrète. L’APAFED accueille des femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants ; le 12 décembre, Yvette Roudy inaugure le foyer. Là, le droit quitte le papier pour devenir un lieu : une porte qui s’ouvre, un toit, une écoute, une protection, une possibilité de partir et de recommencer.

C’est cela aussi, l’héritage d’Yvette Roudy : ne pas enfermer les droits des femmes dans les discours. Les faire entrer dans les rues, dans les quartiers, dans les associations, dans les lieux d’accueil, dans la vie de celles qui en ont besoin. Une politique qui ne demande pas aux femmes d’attendre leur tour, mais qui leur donne les moyens d’avancer.

Les moyens d’avancer seront pourtant bientôt limités par l’économie qui reprend la main. La colombe de la paix, portée par un féminisme actif, concret et efficace, est blessée en plein envol. Les moyens financiers se font rapidement absents. Les structures existent, les femmes ont commencé à prendre leur place, les droits ont progressé, mais les ressources manquent pour transformer durablement les conquêtes en réalités.

Une droite patriarcale, qui séduit déjà une extrême droite en quête de pouvoir, impose progressivement un masculinisme toxique, attaché à la domination politique et au maintien des rapports de pouvoir. La promesse d’émancipation se heurte alors à une vieille mécanique : lorsque les femmes commencent à conquérir leur liberté, ceux qui bénéficient de l’ordre établi cherchent à reprendre le contrôle.

Des décennies d’immobilisme

Quarante années s’écoulent dans l’immobilisme d’une France dont le ciel se couvre du deuil des féminicides. Marie Trintignant meurt sous les coups. Dans les jours qui suivent, une partie du traitement médiatique contribue à déplacer le regard : la violence subie est relativisée, la victime questionnée, les coups minimisés jusqu’à devenir presque une simple gifle. Il faudra notamment la parole courageuse de Lio pour rappeler publiquement la réalité de la violence et refuser que la mort de Marie soit enfermée dans le silence.

On tait, on dissimule, on nie la vie des femmes. Elles sont humiliées, diffamées, salies. Leur parole est suspectée, leur souffrance relativisée, leur résistance retournée contre elles. Survivantes, elles portent parfois en elles les traces d’une société qui, avant même de les protéger, les a déjà condamnées.

Yvette Roudy : les droits des femmes, le combat d’une vie

Yvette Roudy ne renonce pas. Elle déclare à l’âge de 90 ans, « Et maintenant, j’œuvre pour développer un large comité de sélection qui me permettra d’échanger et de m’ouvrir à de nouvelles initiatives. Ce sera mon objectif pour l’année prochaine. »

En 2018, Yvette Roudy choisit de prolonger son combat autrement : elle crée, sous l’égide de la Fondation de France, une fondation qui porte son nom et à laquelle elle lègue une partie de son patrimoine. Elle transforme ainsi une part de ce qu’elle possède en un outil au service de celles qui n’ont pas encore obtenu l’égalité. Trois chemins se dessinent : permettre aux femmes de disposer librement de leur corps, soutenir leur accès à l’éducation et renforcer leur autonomie, et combattre les inégalités professionnelles qui les maintiennent encore à distance des responsabilités. La lutte contre les violences faites aux femmes y trouve également sa place, comme une exigence fondamentale de liberté. Chaque année, la Fondation Yvette Roudy distingue et soutient des initiatives qui font avancer concrètement l’égalité entre les femmes et les hommes. Ainsi, son engagement ne s’arrête pas avec le temps : il devient transmission. Ce qu’une femme a conquis par le combat, elle choisit de le remettre entre les mains des générations suivantes pour qu’elles puissent, à leur tour, ouvrir des portes.

Macron : dix années de violences conjugales et sexuelles, une décennie de honte

Des prédateurs qui agressent des enfants peuvent rester sans poursuites, des enquêtes peuvent ne pas aboutir, et le sentiment d’impunité s’installe. Comment croire alors que la société saura protéger une femme victime de viol ? L’enfant est le plus précieux. Le protéger devrait être une obligation absolue : entendre sa parole, enquêter, prévenir, protéger. Lorsqu’un enfant est abandonné face à la violence, c’est toute la société qui renonce à son devoir de protection. Et lorsqu’une femme est violée, elle ne devrait jamais avoir à lutter seule pour que sa parole soit enfin entendue.

Puis vient ce chiffre qui glace : 85 047 plaintes concernant des violences sexuelles commises sur des mineurs sont recensées par les parquets après que Gérald Darmanin a demandé aux procureurs généraux de reprendre l’ensemble des dossiers. En quelques semaines, près de 70 000 procédures sont examinées. Et dans ce travail apparaît une réalité encore plus vertigineuse : près de 15 000 plaintes supplémentaires n’avaient même pas été enregistrées dans Cassiopée et transmises à la justice. 

Quatre-vingt-cinq mille plaintes. Des enfants, des vies, des violences signalées à l’institution judiciaire. Derrière ce nombre, il y a des paroles déposées dans un commissariat, une brigade de gendarmerie, des parents qui attendent, des enfants qui grandissent avec ce qu’ils ont subi. Il y a des dossiers qui avancent, d’autres qui attendent, et des plaintes qui n’avaient même pas franchi la porte de la justice. Le chiffre n’est pas seulement celui d’un stock judiciaire : il mesure l’immense distance qui peut encore séparer la parole d’un enfant de la protection que la République lui doit. Et lorsqu’il faut attendre un drame pour compter enfin les plaintes, la question devient terrible : combien d’enfants faudra-t-il encore pour que leur parole soit entendue dès le premier jour ?

15 ans : pas le temps d’être adolescente. Témoigner de violences sexuelles

J’ai témoigné à 15 ans devant un parent qui aurait dû me protéger. Je me souviens de l’expression glaciale de son visage. Je le vois encore. Une telle violence faite à un enfant marque à vie. Elle s’inscrit dans la mémoire, dans le corps, dans chaque silence qui suit.

Puis, quelques années plus tard, mariée, j’ai témoigné, y compris enceinte. Et les mêmes visages, aux expressions glaciales, se sont imposés. Des violences sexuelles, des viols, des violences inouïes. En France, au XXIᵉ siècle, des filles et des femmes les subissent encore, dans l’indifférence morbide d’un pays qui, de son clair-obscur, semble avoir choisi la face de son obscurité comme gouvernance. Une culture de la maltraitance, où la parole des victimes se heurte encore trop souvent au silence, au doute et à l’inertie.

Une culture qui divise les victimes, qui les hiérarchise, qui oppose les violences entre elles. Il est pourtant primordial de poursuivre tous les prédateurs, qu’ils aient agressé un enfant ou une femme. Les enfants victimes de violences sexuelles sont ensuite davantage exposés au risque de nouvelles violences. Les prédateurs chassent une proie. Ils repèrent les failles, utilisent le traumatisme, s’en servent pour blesser toujours plus profondément, installer l’emprise et manipuler. C’est une mécanique criminelle : atteindre l’autre là où il est vulnérable, puis transformer cette vulnérabilité en instrument de domination. Aucune victime ne devrait avoir à prouver qu’elle mérite davantage d’être protégée qu’une autre.

La France donne parfois l’impression d’être hantée par un culte de la perversité narcissique, tant le fonctionnement des prédateurs, fondé sur la manipulation, l’emprise et le renversement de la culpabilité, semble trouver des résonances troublantes avec certains mécanismes du système. Le prédateur manipule, dissimule, inverse les responsabilités ; la victime doute d’elle-même, se retrouve isolée et doit encore démontrer qu’elle mérite d’être entendue. Lorsque les institutions reproduisent, même involontairement, ces mécanismes de silence, de doute et d’impunité, elles deviennent un terrain où la violence peut se prolonger. C’est ainsi que la slogan « justice complice » définit un système prédateur qui n’arrête pas les prédateurs.

L’argent apparaît comme une valeur plus importante que la vie dans ce monde dystopique où l’économie politique finit par devenir le modèle des lois et du système judiciaire, lui-même profondément politique. La valeur d’une existence se mesure alors à l’aune de ce qu’elle coûte, rapporte ou représente, tandis que la protection des personnes devient secondaire. Une société où l’argent commande, où le pouvoir économique influence les choix politiques et où la justice semble parfois s’éloigner de sa première mission : protéger les êtres humains.

La liberté est une révolution

L’inertie doit prendre fin. Elle est indigne. Le combat des femmes ne doit plus être solitaire. Les hommes doivent rejoindre cette lutte pour le droit à l’existence de la moitié de l’humanité : les femmes.

ONU Femmes le rappelle dans sa campagne de 2025 : les hommes doivent prendre leur part dans le combat féministe. Parce que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une cause réservée aux femmes. Elle est un droit humain, un droit pour toutes et tous.

Le droit de dormir sans être violée en pleine nuit. Le droit de réaliser ses projets sans être terrorisée par les violences conjugales qui peuvent s’abattre jour et nuit. Le droit de vivre, d’aimer, de rire, d’être heureuse. Le droit pour chaque fille de grandir sans l’entrave de cette cruauté incompréhensible exercée contre les femmes.

La liberté ne se négocie pas. Elle ne se demande pas. Elle se conquiert, ensemble.

Vivre libre !

Que signifie vivre dans l’anéantissement de la liberté, dans l’acceptation de la déshumanisation ?

Vivre dans l’anéantissement de la liberté, c’est lorsque la violence finit par réduire une personne au silence, à la peur, à l’obéissance et à la perte de sa propre dignité.

Accepter la déshumanisation, c’est laisser s’installer l’idée qu’une femme ou un enfant pourrait être dominé, humilié, contrôlé ou violenté sans que la société ne réagisse.

La liberté ne peut pas exister sans sécurité, sans consentement, sans égalité et sans respect de l’intégrité de chaque personne.

Stop aux violences conjugales et sexuelles.
Stop à l’impunité.
Stop à la déshumanisation.
La dignité humaine n’est pas négociable.

Fédora Hélène

ONU Femmes : Agir maintenant !

ONU Femmes a lancé en 2025 la campagne : « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes »

ONU Femmes alertent sur l’augmentation des violences faites aux femmes et rappelle un chiffre tragique au niveau mondial : Toutes les 10 minutes une femme est tuée.

ONU Femmes demande des lois qui mettent fin à l’impunité des auteurs de violences et les rendent responsables de leurs actes. Il faut mettre fin au calvaire que les femmes et les enfants subissent encore dans le parcours judiciaire : des années d’attente qui épuisent, des classements sans suite qui détruisent l’espoir, des enquêtes qui n’aboutissent pas ou ne sont pas menées, et une charge qui repose trop souvent presque exclusivement sur les épaules des victimes. Elles doivent raconter, prouver, répéter, attendre, se défendre encore, comme si la responsabilité de faire fonctionner la justice leur appartenait. Mais ce n’est pas à une victime de porter seule le poids du crime qu’elle a subi. La justice doit enquêter, protéger et poursuivre. Elle doit rendre les auteurs responsables, et non demander aux victimes de devenir les survivantes d’un second parcours de violence.

La France s’est engagée à réaliser les Objectifs de développement durable des Nations unies. L’ONU porte un objectif clair : zéro violence faite aux femmes et aux filles, zéro tolérance pour les agresseurs. Maintenant, que les responsables politiques respectent leur devoir et que la justice change profondément pour respecter la dignité des femmes et des enfants, trop souvent seuls face à un prédateur et à l’environnement qui peut l’entourer, le protéger, le croire ou être manipulé par lui. Car l’emprise ne connaît pas de sexe : des femmes peuvent elles aussi être manipulées, instrumentalisées ou devenir les relais d’un système de domination. Mais la responsabilité demeure celle de l’auteur des violences. La justice doit regarder les faits, protéger les victimes et poursuivre les responsables. La dignité d’une femme ou d’un enfant ne peut plus dépendre de la capacité d’un système à détourner le regard.

Zéro violence ne peut signifier qu’une chose : aucune violence ne doit être tolérée, aucune victime ne doit être abandonnée, aucun prédateur ne doit pouvoir compter sur l’impunité.

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