Quand la violence faite aux femmes ne s’arrête pas aux portes du foyer, elle peut se prolonger dans les médias, les institutions et les mécanismes de pouvoir.
Cet essai interroge ce qui se joue lorsque l’intimité d’une femme est exposée, lorsque sa parole devient invisible, lorsque les réseaux et les intérêts prennent le pas sur la dignité humaine, et lorsque la justice ne semble plus capable d’entendre toutes les victimes.
Derrière les apparences institutionnelles, combien de femmes restent encore dans l’ombre ?
Une réflexion sur le pouvoir, l’omerta, la violence et l’effacement des femmes et sur l’exigence fondamentale de dignité, de vérité et de protection.

L’injustice frappe toujours au rythme du patriarcat
Quand Tara Heuzé-Sarmini publie sur LinkedIn les propos injurieux qu’un homme lui a adressés, ce n’est pas elle qui saisit la justice : c’est l’homme qui l’attaque en justice. Et la justice sait aller très vite.
Il obtient une procédure en référé « heure à heure », une audience en 48 heures. Huit jours après la publication, une décision est rendue, sans que Tara Heuzé-Sarmini ait pu se défendre dans les conditions habituelles. Elle est condamnée et a fait appel à la décision.

Une injure est donc traitée avec une célérité exceptionnelle lorsqu’un homme estime que sa réputation ou sa vie privée sont atteintes.
Mais que se passe-t-il lorsque des femmes portent plainte pour des violences sexuelles et conjugales graves ? Pourquoi la protection peut-elle être alors si lente, si difficile à obtenir, parfois inexistante ?
Cette question, je ne la pose pas seulement en observatrice. Je la pose à partir de ce que j’ai vécu.
Depuis sept ans, une plainte, dont une pour viols, a été déposée contre Philippe Palat. Journaliste connu par des politiques, des journalistes et le monde judiciaire.

Quand une proie est l’anonyme
Quand une femme est anonyme et témoigne de violences graves, dont de cyberharcèlement, l’indifférence peut dominer. Elle peut alors se retrouver face à une forme d’omerta, y compris de la part de journalistes qui connaissent pourtant depuis plusieurs années les violences et la personnalité de celui qu’ils côtoient.
Dans mon expérience, des journalistes qui connaissaient depuis plusieurs années les violences et la criminalité que je dénonçais ont observé une indifférence absolue face à ma situation et à l’effacement progressif d’une femme.
Ils ont publié sur Philippe Palat en fonction de leurs intérêts, d’un sujet qu’ils jugeaient « vendeur », comme un produit placé en tête de gondole. Mais lorsqu’il s’agissait de la vie d’une femme, d’une mère et de ses enfants, de leur sécurité et des violences que je subissais, cette attention disparaissait.

Ils oubliaient alors leur confrère Philippe Palat, qu’ils avaient eux-mêmes nommé « barbouze », sans jamais mener une véritable enquête sur ses liens avec le pouvoir politique. Sans chercher à savoir quelle était réellement la nature de ses contacts au niveau de l’État, quelles étaient ses actions politiques et médiatiques, ni pour qui il pouvait agir. Mais il fallait publier. Philippe Palat était alors un nom vendeur, notamment lorsqu’il s’agissait du président de France Télévisions d’alors, Hervé Bourges.

Contre Hervé Bourges, Philippe Palat avait mis en œuvre son mode opératoire : manipulations, barbouzeries internes, jeux d’influence au croisement des milieux médiatiques et politiques. Il fabriqua un faux document dans le but de lui nuire, d’installer le doute et de placer Hervé Bourges dans l’obligation de réagir publiquement.

Mais une question demeure : pour qui travaillait-il à ce moment précis ?
Ni la justice ni les journalistes, pourtant capables de le qualifier eux-mêmes de « barbouze », ne trouvèrent la réponse. Mais cette réponse a-t-elle réellement été cherchée ? C’est toute la question. Car lorsque les réseaux de pouvoir se croisent, lorsque les intérêts politiques et médiatiques s’entremêlent, qui enquête ? Qui regarde les réseaux derrière les réseaux ? Qui cherche à comprendre les guerres d’influence qui se jouent dans ce microcosme médiatique et politique, alors même que ces guerres ont besoin du public pour exister ?
Et si, en France, l’omerta n’était pas seulement le silence de quelques-uns, mais aussi le produit d’un système où chacun protège son réseau, son milieu, ses intérêts et sa capacité à continuer de publier ?
Le public, lui, devient alors le spectateur d’une guerre qui se joue sans lui, mais dont on utilise le regard pour lui donner une existence publique.
Quelques journalistes, dans des médias de droite comme de gauche, ont travaillé avec Philippe Palat. Ils ont utilisé ses informations pour ne servir que leurs propres intérêts et publier des articles interagissant avec le pouvoir politique, certains patrons de presse, les salons mondains, les arrangements et l’omerta.
L’information, qui devrait être limpide, transparente, n’est alors plus que trouble et opacité. La violence nécessaire pour naviguer dans ces eaux marécageuses est admise. Les dommages collatéraux ne sont alors que quantité négligeable. Un psychopathe parmi eux, ce n’était qu’une question d’évidence. Produire de l’information nécessite parfois d’adopter un comportement particulièrement narcissique et manipulateur, d’être sans scrupule : voler des documents, des photos, manipuler constamment les faits, détourner la vérité, salir des personnes, détruire l’autre sans aucun remords.
L’affaire tragique du petit Grégory a révélé au grand jour combien la vertu journalistique pouvait n’être qu’une illusion. Lorsque l’information devient une quête de pouvoir, lorsque le journaliste ne cherche plus seulement à informer mais à influencer, à imposer un récit, à fabriquer une image ou à détruire celle d’un autre, où se situe alors la frontière entre journalisme et manipulation ? Et lorsque la souffrance réelle des personnes devient une matière médiatique, jusqu’où peut-on aller au nom de l’information ? Cette forme obscure du journalisme se retrouve dans des réseaux de pouvoir, d’influence et politique. La question serait : que reste-t-il du journalisme lorsque la vérité devient secondaire face au pouvoir, à l’audience, au prestige, aux réseaux, aux intérêts et à l’appât du gain ?
La maltraitance des femmes devient, dans ce monde du pouvoir, quelque chose d’accepté. Elle fait partie du jeu des violences, qui donne à certains la sensation d’être puissants, intouchables, de posséder un statut supérieur. La violence devient alors un instrument de domination. Elle ne sert plus seulement à faire taire ou à détruire une femme : elle devient une manière d’affirmer son pouvoir, son statut, son impunité. Et lorsque cette violence est tolérée, minimisée ou passée sous silence par ceux qui l’entourent, elle devient un système. Un système dans lequel la victime doit se battre non seulement contre celui qui la maltraite, mais aussi contre l’indifférence de ceux qui pourraient voir, entendre et agir.
Philippe Palat appartient à ce système dont la justice fait partie. Ni les journalistes, ni les politiques, ni la justice ne condamneront sa criminalité à l’égard d’une femme. Elle fait partie de leur monde, forme implacablement leur ombre.

Ainsi quand Philippe Palat a publié publiquement sur Facebook des injures, ainsi que des photographies qu’il a volées sans aucun consentement du corps enceinte de son ex-conjointe, ni la justice, ni ses amis politiques et journalistes présents sur son profil Facebook ne semblent avoir été choqués. Aucun d’entre eux ne paraît avoir reconnu, dans ces images et ces publications, la vie d’une femme, celle d’un être humain dont la dignité était ainsi exposée et atteinte. Puis, le corps d’une femme enceinte est une valeur de vie, pas celui qu’un prédateur peut détruire, utiliser ou instrumentaliser à la vue de tous. C’est le corps intime d’une femme qui porte la vie. Un corps dans un moment de vulnérabilité, de transformation et d’une profonde intimité. Ce corps méritait d’être protégé, respecté, préservé de toute exposition imposée. Ces photographies étaient pourtant sous leurs yeux.
Elles montraient non seulement une femme, mais une femme enceinte, dans cette intimité particulière où son corps devient aussi le lieu visible d’une vie à naître. Que cette intimité puisse être transformée en instrument d’humiliation ou de domination donne à ces images une dimension particulièrement violente.
Ce n’est pas simplement le corps d’une femme. Elles impliquaient aussi la dignité de l’enfant à naître, présent dans ce corps qui le portait et le protégeait.
Celui qui était son « père » a ainsi exercé une violence globale, ignoble : une violence faite à une femme, à son corps, à son intimité, à sa maternité et, à travers elle, à la dignité de l’enfant qu’elle portait. La violence n’a pas été uniquement celle des agressions de Philippe Palat en pleine rue contre une femme enceinte. Elle a aussi été celle de l’exposition publique de son corps enceinte, de l’intimité de sa maternité livrée aux regards, sans son consentement et publiée par le prédateur.
Le corps d’une femme enceinte n’est pas un objet que l’on peut s’approprier, exhiber ou utiliser pour humilier. Et lorsque des photographies privées de ce corps sont exposées publiquement pour atteindre une femme, ce n’est pas seulement son intimité qui est bafouée : c’est aussi la dignité de la maternité et la protection due à l’enfant à naître.
Que cette violence ait pu être tolérée, ignorée ou effacée par les institutions auxquelles une victime est en droit de demander protection constitue une seconde violence. La première est celle de l’agresseur. La seconde est celle de l’indifférence, de la violence de la société française à l’égard des femmes et des enfants.
Sa publication a été vue par de nombreuses personnes, dont des amis des enfants, qui ont donné l’alerte. L’un des enfants de Philippe Palat lui a demandé de supprimer immédiatement cette publication, qu’il considérait comme harcelante, violente et déshumanisante pour sa mère. Philippe Palat a refusé. La police a vu cette publication le jour même. Porter plainte a pourtant été refusé.
Dans le même temps, la police savait que Philippe Palat agressait son ex-conjointe en pleine rue, ne lui laissant plus aucun refuge. Il infligeait agression sur agression, dans un harcèlement quotidien, me suivant dans la rue, me guettant près de mon domicile, entrant de force dans mon logement et m’agressant devant les écoles, devant les passants et les enfants. Il est allé jusqu’à commettre une agression au sein d’une école maternelle. La directrice de l’école a appelé la police, qui m’ a raccompagné avec mes enfants à mon domicile pour assurer notre sécurité. Malgré cette agression publique, commise dans l’enceinte d’une école, qui devrait être un lieu de paix et de sécurité pour les enfants, aucune plainte n’a été prise.
Ainsi, il recommençait sans répit ses attaques, poursuivant ce qui apparaissait comme une véritable entreprise de destruction d’une femme. Il suivait sa proie dans la rue, rôdait constamment près de son domicile. Il rentrait de force dans le domicile. Il faisait des scandales publics devant le domicile de sa proie. La police a été maintes fois alertée sans jamais prendre une plainte. Tout cela se déroulait au même moment où il publiait publiquement sur Facebook des photographies qu’il avait volées de la mère de ses enfants enceinte, sans son consentement, exposant ainsi publiquement des images intimes de son corps pendant sa grossesse.
Dans ce même temps, il l’a menacé de mort, avec un couteau et devant ses enfants. Ces menaces avec une arme blanche ont été répétées.

Protéger, entendre, agir
Face à la répétition des violences, à leur caractère public et aux alertes adressées aux institutions, se pose alors une question fondamentale : comment un homme peut-il continuer à exercer de telles violences lorsqu’il sait que les faits sont connus et signalés ?
Proche d’élus de la République, de membres du monde judiciaire et de journalistes qui, selon ce que j’ai vécu et constaté, ont toujours tu son extrême violence, il connaissait parfaitement le fonctionnement du système.

Cette connaissance du système, associée à l’absence de protection effective, a pu renforcer chez lui le sentiment d’une impunité lui permettant de poursuivre les violences. Par sa cruauté, la justice a renforcé le pouvoir d’un psychopathe. Car en ne protégeant pas une femme et des enfants, elle a laissé grandir une prédation sans limite chez un homme capable de menacer de mort une femme et de lui dire, armé d’un couteau et devant ses enfants, qu’il veut la tuer.

La justice a laissé un homme s’enfoncer dans la destruction de la vie d’autrui, dans la criminalité. Elle ne sauve ni les victimes, ni le bourreau.
Les enfants face à la violence
Un prédateur détruit une femme et une mère. Elle voit sa vie s’effondrer sous ses yeux. Elle vit la souffrance d’être maltraitée devant ses enfants, de voir ceux qu’elle aime assister à sa peur, à son humiliation, à son épuisement. Enceinte, maltraitée, humiliée, injuriée.
Témoigner, encore et encore, et comprendre que l’enfant vivant en elle ne semblait pas avoir davantage de valeur aux yeux de la société française et de ce qu’elle vivait comme la cruauté de la justice française. Porter une vie, être enceinte, subir des violences et demander de l’aide pour soi et pour son enfant, et pourtant rester seule face au danger. Une mère ne demande pas seulement que l’on reconnaisse ce qu’elle endure. Elle porte aussi la vie d’un enfant qui dépend entièrement d’elle et qui subit déjà les conséquences des violences qui lui sont infligées. C’est une violence supplémentaire que de devoir constater, alors que l’on demande de l’aide, que la vie que l’on porte semble ne pas être entendue, pas davantage que celle de la mère.
Elle doit continuer à être mère alors qu’elle-même est terrorisée. Elle doit rassurer ses enfants alors qu’elle cherche elle-même un lieu où ses enfants seront en sécurité. Elle doit préserver leur enfance alors que la violence s’installe jusque dans les lieux qui devraient les protéger.
Ce que les enfants voient alors ne disparaît pas avec la fin d’une agression. Ils voient leur mère souffrir. Ils voient la peur. Ils voient les adultes auxquels elle demande de l’aide. Ils voient les portes auxquelles elle frappe. Et ils voient aussi, parfois, que personne ne parvient à faire cesser la violence d’un homme.
Une femme victime ne perd pas seulement sa sécurité. Elle peut voir se fissurer son identité, sa confiance, son rapport aux autres et jusqu’à la possibilité d’imaginer un avenir. Et lorsqu’elle est mère, elle porte en plus la souffrance de savoir que ses enfants vivent avec elle les conséquences de cette violence.
C’est cela que les institutions doivent comprendre : derrière une plainte, derrière un dossier, derrière une procédure, il y a une femme qui tente de rester debout et des enfants qui tentent de comprendre pourquoi celui qui devrait les protéger est devenu celui qui les terrorise.
Ce n’est pas seulement une femme qui est alors laissée sans protection. Ce sont aussi des enfants qui voient, entendent et subissent les conséquences d’une violence qui se répète sous leurs yeux. Ce père qui devrait les aimer et les protéger est devenu, pour eux, l’agresseur qui les terrorisait jusque dans leur école. Et les enfants savent que la justice ne fait rien. Ils ont vu les policiers intervenir après l’appel en urgence de leur mère. Ils ont vu leur mère témoigner devant les forces de l’ordre, dans un état de choc, face à celui qui la terrorisait.
Témoigner en état de choc, garder tout son calme et sa dignité, demander une protection pour ses enfants, et être pourtant abandonnée seule face à l’agresseur.

C’est là que commence la violence institutionnelle
C’est là que commence la violence institutionnelle : lorsque la victime a parlé, lorsque les enfants ont vu, lorsque les alertes ont été données, lorsque les forces de l’ordre ont été appelées, mais que rien ne vient réellement mettre fin au danger.
La police me répondait : « Il est chez lui. » Et que je n’avais qu’à « déménager ». Comme si le domicile de l’agresseur constituait une protection pour lui et non un lieu depuis lequel la violence pouvait continuer. Les enfants eux-mêmes n’étaient pas considérés comme chez eux, mais chez lui. Comme si une femme confrontée à des violences physiques, sexuelles, psychologiques, financières et coercitives devait simplement disparaître pour laisser à son agresseur la liberté de poursuivre sa vie.
Ces paroles institutionnelles, lorsqu’elles sont prononcées face à une victime qui demande la protection de ses enfants, ne sont pas de simples paroles. Elles peuvent être vécues comme un abandon, une déshumanisation. Et l’agresseur, lui, peut y trouver la confirmation que ses violences ne rencontrent pas de réponse à la hauteur du danger.
Des violences financières graves, des violences coercitives : le bourreau a bu comme du petit lait les paroles de certains policiers ou gendarmes. Comme il a pu se rassasier de l’indifférence de la magistrature à l’égard des violences faites aux femmes. Lui qui a fait partie du trouble de ce monde judiciaire. Lui qui a possédé des dossiers d’instruction en toute illégalité, comme il a été proche de quelques magistrats proches du pouvoir politique, et de quelques « grands flics », comme l’a écrit le journaliste de Libération, Alain Leauthier. Là, il a su parler de Philippe Palat qu’il connaît bien.

La magistrature accoudée à la fenêtre noire
Témoigner d’un viol aggravé subi enceinte, assise sur une chaise à côté de la porte ouverte donnant sur un couloir passant.
Des policiers entrant et sortant du petit bureau.
Puis, une plainte abandonnée dans un tiroir.
Et l’amusement du prédateur, jamais entendu, jamais arrêté, citant la procureure Carole Étienne, épinglée dans Mediapart, et qui était auparavant au tribunal de Caen.

L’injustice
Voilà ce que produit une institution lorsqu’elle ne protège pas : elle ne laisse pas seulement une victime seule. Elle laisse aussi les enfants face à leur peur. Elle laisse l’agresseur face à un espace d’impunité. Et elle laisse la violence s’installer, se répéter, s’aggraver.
Une institution de protection ne devrait jamais demander à une victime de s’effacer pour permettre à l’agresseur dé perdurer dans la violence. Elle devrait protéger. Elle devrait entendre. Elle devrait agir. Car lorsque la justice et les institutions échouent à protéger ceux qui les appellent au secours, elles ne sont plus seulement spectatrices de la violence : leur défaillance devient elle-même une part du problème.
Et c’est précisément là que se trouve le scandale : lorsque les institutions savent, lorsque les alertes existent, lorsque les violences sont visibles, mais que la protection n’existe pas.

Le parcours des combattantes
La justice a aussi invisibilisé le parcours des combattantes. Témoigner devant des assistantes sociales. Témoigner devant des soignants, après avoir, à huit mois de grossesse, été conduite par les pompiers aux urgences à la suite de violences. Témoigner devant la police. Devant des avocats. Devant des associations. Parler. Répéter. Raconter encore. Décrire les violences, le danger, la peur pour ses enfants. Demander de l’aide. Demander une protection. Et rien. Ou si peu.
Toujours devoir recommencer à raconter ce que l’on a déjà raconté, à des institutions différentes, à des professionnels différents, comme si chaque témoignage recommençait à zéro et que la vie de la victime pouvait être découpée en dossiers, en procédures et en cases administratives. C’est ainsi que le parcours des combattantes devient invisible.
On voit les procédures. On voit les dossiers. On voit les actes administratifs. Mais on ne voit plus la femme qui traverse tout cela. On ne voit plus la mère qui tente de protéger ses enfants. On ne voit plus la survivante qui, malgré les violences, les humiliations et l’épuisement, continue de parler parce qu’elle espère encore que quelqu’un va enfin entendre.
Ce pays anéantit des vies humaines lorsqu’il transforme la demande de protection en un parcours institutionnel interminable, où la victime doit sans cesse prouver ce qu’elle a déjà vécu. Et derrière les chiffres, il y a des milliers de survivantes qui connaissent ce parcours inhumain.

Des femmes qui ont parlé. Des femmes qui ont alerté. Des femmes qui ont demandé de l’aide. Des femmes qui ont continué à vivre, à protéger leurs enfants et à se battre alors même que les institutions auxquelles elles s’adressaient ne leur donnaient pas la protection qu’elles étaient venues chercher.
Leur parcours ne doit plus être invisibilisé. Leur parole ne doit plus disparaître dans le néant de l’injustice. Leur vie ne peut pas être anéantie. Une femme qui demande protection ne demande pas un privilège. Elle demande que sa vie, et celle de ses enfants, aient la même valeur que toutes les autres. Et lorsque la parole d’une victime se perd dans les procédures, lorsque les alertes s’accumulent sans produire de protection, ce n’est pas seulement une femme que l’on abandonne. C’est une promesse fondamentale de la République que l’on trahit : celle de protéger les personnes lorsqu’elles sont en danger.
Le « journaliste » Philippe Palat
Radié de la carte de presse, il ne cessera pas d’appartenir à ce milieu. Il a d’ailleurs exercé un pouvoir plus important après cette radiation « symbolique ». Bien évidemment, il a dissimulé ce fait à sa proie. Mais, les journalistes trinquant avec lui étaient eux parfaitement informés.
Réduire à néant toute vie professionnelle, faire d’une femme une proie, pendant qu’il mentait sans vergogne, et qu’aucun de ses amis journalistes ne s’est jamais demandé qu’il était en train de détruire la vie d’une femme.
Les médias et leurs tribunes contre les violences faites aux femmes, comme contre l’extrême droite, alors que, dans ce même milieu, certains ont soutenu un homme dangereux qu’ils savaient proche du Front national à ses heures, suivant les intérêts politiques, les manipulations journalistiques et les jeux de pouvoir. Ce monde absurde où chacun semble placer ses intérêts avant la vie des autres.
Comprendre que le monde médiatique pouvait être un puits. Réaliser une information claire, humaniste, humanitaire, écologique, indépendante des intérêts de pouvoir : c’était un rêve qui semblait inaccessible.
Les réseaux sociaux : le pouvoir des journalistes en influenceurs
L’identité numérique conduit à être un chiffre algorithmique. Nous sommes un nombre de « follower ». L’IA n’a nullement besoin de transformer notre identité. Le système l’a déjà fait.
Une vie virtuelle en produit financier. Être son propre publicitaire, influenceur pour devenir une réthorique Internet. Il est inutile de s’embêter à écrire des articles, à témoigner. Dans le fil continu de la machine, tout devient finalement ce sablier s’écoulant sans fin dans le silence de l’illusion.
La vie est devenue une publicité défilant sur les réseaux sociaux. La manipulation des émotions pour susciter la curiosité, l’empathie, puis tout est oublié. Il y a eu Lola, puis Lyanna. Il y a eu un féminicide, puis un autre. Une histoire chasse l’autre. Un visage remplace un autre visage. L’émotion monte, quelques jours, quelques heures parfois, puis disparaît dans le flot continu des images.
Les journalistes font souvent d’un être humain un pourcentage de followers sur les réseaux sociaux, une vie virtuelle dont on parle parce qu’elle correspond à un audimat. Mais, dans le même temps, des milliers de femmes en France sont littéralement effacées. Leur existence est niée, leurs paroles ignorées, leurs témoignages relégués dans un silence absolu.
Elles ne disposent ni d’une audience suffisante, ni d’un réseau, ni d’une notoriété qui puisse rendre leur histoire « intéressante ». Alors leur parole demeure dans l’ombre. Comme si une vie ne prenait de valeur médiatique qu’à partir du moment où elle pouvait produire de l’audience. Et leurs témoignages restent soumis à cet invisible qui accompagne encore tant de violences faites aux femmes : ce crime que l’on sait, que l’on nomme, mais qui demeure trop souvent invisibilisé par la justice : le viol.
En France, 94 % des plaintes pour viols sont classées sans suite, oubliées, perdues.
Un homme qui a violé le corps de sa femme enceinte a déjà commis toutes les insultes faites à la vie.
La France est ce pays qui se teinte d’obscurité voilant la clarté de la paix, de la vérité, de vies innocentes qui n’ont demandé que le droit de vivre en paix.
Le pouvoir en France est prédateur. Est-ce cela qui signifie être une puissance ?
Philippe Palat a imposé une destruction profonde. Il tue. Sa haine de la femme et de la vie est sans limite. Il a chassé une femme comme on chasse une proie. Il n’a pas aimé une épouse, ni voulu un mariage, mais acquérir un droit de propriété dans le système napoléonien de la France. Il a voulu s’offrir un décor de « père de famille ». Son désir était de posséder une vie comme une poupée de chiffon que l’on balance contre un mur pour satisfaire ses pulsions de violences, un sadisme conscient et responsable, alimenter son plaisir de faire et de voir souffrir. Il a trouvé au cœur du pouvoir la possibilité de vivre sa prédation en toute impunité. Il a été assuré dans la société française d’un droit de vie ou de mort sur une femme.
Aux politiques, magistrats, journalistes, avocats et policiers qui ont été en lien avec Philippe Palat, qui exerce dans les milieux politique et médiatique depuis les années 1980, soit près de 40 ans. Il a commencé auprès de Dominique Baudis à Toulouse. Il faisait partie des favoris et était alors préféré à Jean-Luc Moudenc, actuel maire de Toulouse. Les deux jeunes étaient alors amis.
Philippe Palat était déjà, alors qu’il avait moins de 25 ans, un escroc et un faussaire sans scrupule, un manipulateur ayant besoin de briller.
Le clair-obscur de la France sait être l’ombre d’une violence inouïe. L’illusion de démocratie est le fondement de la politique et de son arme : le système judiciaire.
Fédora Hélène



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