ORADOUR-SUR-GLANE 10 JUIN 1944 LE DERNIER JOUR

L’horreur nazie sera le mental de la Panzer Division Das Reich, dirigée par le général LAMMERDING.

Elle est basée à Rouffiac-Tolosan et Montauban. Elle se compose de 15 000 hommes et un matériel constitué de 14 000 véhicules.

Ils se divisent en plusieurs groupes.

L’un d’eux reprend Tulle en 20 minutes le 8 juin 1944 et sème l’horreur.

149 résistants déportés à Dachau dont il y aura 48 survivants.

213 civils tués

99 hommes seront pendus.

Cette même Panzer Division Das Reich se rendra à ORADOUR-SUR-GLANE en Haute-Vienne.

Et, l’atroce sera.

Les SS tueront 642 civils dont 246 femmes et 207 enfants dont 6 de moins de 6 mois.

Il y aura 5 survivants dont une femme.

Des exécutions, pillages, et ces femmes, ces enfants enfermés dans l’église à laquelle les SS mettront le feu. Une institutrice y périt brûlée avec ses élèves.

Des SS qui n’auront aucun remord, et qui resteront impunis.

La négation la plus extrême de la vie, de notre humanité.

La reconnaissance pour les victimes vit dans notre mémoire,, dans notre cœur, par nos émotions, notre profonde tristesse qui se font notre devoir de veiller à la Liberté, de ce devoir de toujours se battre pour elle car c’est par elle que la cruauté humaine se tait, et que sa haine ne recommence pas à détruire.

Combattre l’indifférence, car elle est le pire terreau dont se nourrit la violence, ses extrêmes, cette incompréhension que l’homme puisse être cela.

Nous devons comprendre, apprendre que la fraternité est précieuse, que de ne pas lui nuire est essentielle.

Cette paix doit être en nous, sa présence doit être puissante pour protéger nos sociétés de la cruauté dont l’homme est capable.

Cette paix, aujourd’hui, fragile.

Cette conscience de connaître ces chiffres, seulement 8 milliards sont consacrés au maintien de la paix, tandis que les États n’hésitent pas à dépenser des fortunes pour l’armement.

1% du budget est consacré à la paix aux États-Unis.

La paix n’est pas encore première dans nos civilisations qui pensent toujours la posséder par la guerre.

Aujourd’hui, au cours du 75ème anniversaire de la Libération, un hommage est rendu aux martyres d’Oradour-sur-Glane.

Village martyr resté à ce terrible jour de juin pour la Mémoire, essentielle, pour la reconnaissance des Victimes, pour ce profond respect d’une phrase forte, « plus jamais ça».

ORADOUR-SUR-GLANE, 10 juin 1944

Il est le printemps, calme, aux rayons de soleil, aux chants de l’oiseau, et la rivière coulant douce et fraîche. Il y a les champs aux formes rondes comme une femme endormie, nue, en pleine lumière, immobile. Il est une sérénité.

Il est toi ma mère qui en ce jour est paisiblement au matin. Les rues, les bonjours, les enfants, tous vivants.

Cette machine à coudre posée en cendre des larmes. Celle qui attend la main qui s’y posait.

Il est ce chant de nos peines car était celui de nos vies.

Ce matin, ce dernier où j’ai vu.

La beauté de la vie, celle qui sommeille à présent.

Je suis là dans une tombe où plus rien demeure de moi et où je m’échappe pour être ce mystère de la vie qui s’est arrêté ce matin 10 juin 1944.

Je suis un enfant, une femme, un homme, je riais.

Voyez mes rires, nos histoires, nos quotidiens.

Cette robe pliée sur la chaise, la fenêtre entre ouverte, le temps s’écoule sur cette montre brûlée.

Voyez, je vous en supplie, tous ses rires, cet homme amoureux qui récitait « je t’aime » en silence, le sourire, d’elle, quand elle l’apercevait.

Voyez, lui, le coiffeur qui s’appliquait fier, ceux marchant dans les rues, et lui fumant sa cigarette adossé au mur.

Il y avait aussi le garagiste et ses mains fortes et noires des machines, aujourd’hui, qui figées, patientes se rouillent lentement, pensant qu’il reviendra ce matin.

Elles pensent car sur cette place vide qui laisse le moteur sans bruit, il y avait assis un homme.

J’avais neuf ans. J’étais silencieux. J’aimais marcher dans les rues, regarder, j’apprenais à grandir.

Ce chemin était celui de ma maison. Je le prenais pour l’école et je voyais son sourire.

Elle tournait toujours la tête quand je passais.

Je me souviens de sa robe de coton bleu ciel.

De ses cheveux blonds et nattés. Elle était fine, fragile. Nous étions petits de cette enfance qui rêve.

Je me souviens de nos sourires.

Je me suis arrêté là. Je suis mort.

Je n’ai pas compris. Ils nous emmenaient vers l’église. Je marchais dans cette rue, ces rues que j’aimais, ce village de ma mémoire, niché au cœur du paradis.

Il faisait beau.

Je marchais mais cette fois, je ne souriais pas.

Vivais-je encore ?

Avant que la vie s’en aille, je n’étais plus libre et je  ne rentrais pas chez moi.

Je n’entendais plus les oiseaux. Le ciel était devenu gris.

Ils nous pressaient et nous avancions. Tout avait cessé. Les visages marquaient la peur.

Alors, c’est dont ça partir pour toujours ?

Je me souviens du froid de leur regard, de leur uniforme, de leurs mouvements précis, tout était si bien commandé, implacable, le chaos et l’ordre.

Hommes d’armures, ils tuent.

Leurs pas poussaient chaque porte, entraient dans chaque maison.

Les flammes signaient leurs âmes qu’ils abandonnaient au feu cruel.

Et, nos vies tombaient , brûlaient. Nous étions la paille.

Je n’ai pas revu ma mère ni mon père. Je n’ai jamais pris le chemin pour rentrer chez moi.

Ma maison est au bout de la rue. Celle où je jouais et croisais ceux que j’aimais. Ils étaient là près de moi. Cette mamie courbant son dos. Elle me prouvait que la vie se traverse.

Je voudrais que tous voient son prochain comme celui qu’il l’aime. Celui présent, celui qui fait que le matin aura un demain, qu’il sera là.

Je voudrais ces bonjours , leur donner la main.

Mais, aujourd’hui, je n’existe pas.

Je suis mort.

Il était un printemps , il était beau ce jour.

Puis, ils sont arrivés.

Le bruit, les fumées, j’ai appris ce jour- là, le verbe « sauver ».

Je n’ai pas pu, ils n’ont pas pu se sauver.

Les corps s’effondrent. Les cris, l’horreur.

Un bébé, le plus jeune d’entre nous, il n’a pas su. Il est notre histoire. Nous ne savions pas que l’homme était cruauté à l’extrême de cette guerre où l’esprit meurt, où la vie sans sens d’aimer, saisit la splendeur de nos instants, de notre innocence.

La liberté n’est plus alors tout succombe et seule la barbarie demeure.

Ce vélo reposant contre un mur, c’est mon corps attendant l’éternité. Notre vie c’est lui sur cette Terre. Il est précieux, ne le blessez pas.

Il était un printemps heureux, il était son dernier matin, le 10 juin 1944.

Récit imaginaire

© Fédora Hélène

ORADOUR-SUR-GLANE

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s