Le terrifiant des agressions sexuelles. Noa, 17 ans nous a quitté

Le terrifiant, les agressions sexuelles

« Une histoire tragique qui nous interroge aussi sur le fait qu’aujourd’hui, n’importe où dans le monde, c’est la victime qui est condamnée. » France Inter

Noa, 17 ans, si jeune, si belle, est devenue un ange, une profonde tristesse, qui nous blesse.

Noa, jeune Néerlandaise, est décédée dimanche 2 juin dans une clinique aux Pays-Bas. Elle avait cessé de s’alimenter et de boire. Victime de plusieurs agressions sexuelles lors de son enfance, elle souffrait d’un grave traumatisme.

Elle a écrit, une bouteille à la mer….

Tant de victimes ont écrit, tant de victimes, de vies brisées, de traumatismes, de souffrances, de larmes brûlantes.

Peut-être que notre génération de femmes ne vivra pas la fin de la culture du viol et des maltraitances faites aux femmes, aux enfants, mais, nous nous devons de nous battre pour que les enfants qui seront les femmes et les hommes de demain, n’aient plus à vivre l’épreuve terrifiante de la violence sexuelle.

Des témoignages parfois 30 ans après les faits et la douleur, la peine est celle du premier jour de l’agression.

Une plaie invisible qui blesse avec une arme puissante, une agression sexuelle.

Combattons l’indifférence.

TÉMOIGNAGE D’UNE VICTIME

«Se libérer et vivre, la victime est toujours condamnée. Il faut écrire pour vivre. Derrière des mots, derrière celui d’agression sexuelle, il y a le mot violence. En ce mot, il y a le mot viol. Une agression sexuelle, une tentative de viol, un prédateur sexuel, un violeur. Les mots, derrière une victime, puis en ce mot, le mot Vie. Une victime qui vit, en vie, vivante. Un traumatisme, lui, il peut tuer. Alors, je reviens au mot Vie. Aimer la Vie, courir, marcher, respirer, regarder, aimer, rire, espérer, pour elle, la vie et la victime, un vœu effacer le traumatisme. La peur qu’un jour, il gagne, qu’il me tue. Un appel, une bouteille à la mer. Ce n’est pas écrire au prédateur. Il reste celui qui agresse. Il est ce criminel qui écrit : « j’en ris encore ». 

Ces mots, mon Dieu, ces mots… Ses mots d’une méchanceté narcissique, sa folie consciente, il mettait le son à ses actes.

Un corps inerte sous lui. Mon corps inerte sous lui. Cet instant où la vie s’arrête. C’est instant sombre. Tout est noir. La pièce sombre, mes yeux dans le coma. Mon corps absent. C’était mourir un peu et la force de lui dire « tu me fais mal ». Il n’y aura pas de mots pour me sauver. Il y a eu une force de lui dire « tu me fais mal ». La phrase est éternelle. 

Violence, viol, tentative de viol, agression sexuelle. Mon corps n’est plus, il n’est plus la beauté de la naissance de mes enfants qu’il a insulté.

 Renaitre, dis lui, aie la force !  « Tu me fais mal ».

Il n’était pas, il était une fois, il était une nuit sans nom où tout bascule, où la douleur puissante brise, où la vie semble s’en aller. Je vais mourir, cette peur, son poids lourd sur moi, cette peur, puis les mots pour vivre, « tu me fais mal ». Il m’avait déjà mordue, tiré mon visage, tapé sur les fesses, pris ma main, tenté de me faire un suçon, soulevé mon haut, regardé mon corps, poussée, balancée, joué avec ma souffrance, parlé de ma vie. 

Un gouffre, moi, je tombe. Il s’est servi de ma vie.

Ne plus manger, 4 jours, et il faut avoir la force de vivre. Se nourrir, accepter de soigner ce corps qu’un prédateur sexuel a nié comme s’il n’existait pas.

La mémoire du corps, son intelligence, il dit sa souffrance, sa blessure.

Mes mots sont les sons de sa liberté, de sa douleur.

Un prédateur, pour lui, quelques instants où il agresse. Pour une victime la blessure est à vie.

Ne plus vivre normalement, mais devoir toujours dépasser ce traumatisme d’une agression sexuelle.

Narcissique, manipulateur, quel mot pour une violence, viol, tentative, agression, mon corps n’est plus. C’est le prédateur qui décide ce qu’ il fait de moi et la victime est condamnée. La souffrance est. Il n’y a pas d’échelle de la souffrance. Il y a la souffrance. Une femme vit des agressions dans sa vie. Un besoin de reconnaissance pour vivre. La victime est toujours condamnée. Le prédateur impuni. Pire, excusé.

Une plainte, des états de chocs répétés, c’est revivre l’agression. Porter plainte seule. Devoir mettre des mots sur l’agression sexuelle . Voir des policiers, des étrangers, et encore notre intimité brisée, devoir mettre son corps à terre. La vérité de son corps. En état de choc dans un commissariat. Repartir et avoir la force de vivre. Se dire que la justice n’existe pas. C’est inhumain ce qu’un prédateur fait porter à sa victime. Inhumain la façon dont la victime est laissée et paraît tellement rien.

Puis, quelle mère le laisserait dans la haine ? Quelle éducation ne lui demanderait pas de s’excuser ? Il n’est pas de le condamner mais qu’il reconnaisse l’être Humain qu’il a agressé. 


Noa, 17 ans, est morte. Elle a vécu des agressions sexuelles. Elle n’a pas pu se sauver. 
Se sauver, j’apprends. Se sauver de la violence de cet homme. Se sauver. Ce silence. Ces mots. Ma souffrance. J’ai jeté une bouteille à la mer. Il rit de mon corps. Tout est sombre chez lui. Tout est le sombre de sa violence. 

« C’est bien, tu as une bonne mémoire », m’écrit-il. 

Le prédateur violent, froid, si froid. Il fait froid chez lui. J’ai froid. Comme si chez le diable, il faisait froid. Comme si son enfer, il le vivait à agresser le corps Humain d’autrui, comme s’il ne rêvait plus. Plus jamais. Sa méchanceté rêve t-elle ? 

Noa a écrit. Des pages. J’ai écrit, des pages. Écrire pour dire qu’on est un être humain, pour dire que l’on vit, pour hisser la Vie. La Vie plus merveilleuse que tout, la vie, car un prédateur sexuel peut tuer, plus tard. Si, je ne dépasse pas la souffrance. 

Le corps d’une maman donne la VIE. 
C’est le profond respect qu’il doit à la vie, à ma vie, à mes enfants. Il se doit de reconnaître avec respect le mal qu’il m’a fait. Il ne le fait pas et ne le fera pas car il est fier de sa violence. Il ne peut pas s’excuser de ce dont il est fier. « J’en ris encore » écrit-il.
Après ce qui est à dire. Doit être dit à ses parents qui l’ont odieusement excusé et porté aucune humanité à la victime.  »

Par respect, ce témoignage reste anonyme et protégé.


©Fédora Hélène.

©LIBERTERRA

Noa, 17 ans

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