CAEN : INAUGURATION DE LA PLACE DE LA RÉPUBLIQUE AU SON DE SES OPPOSANTS QUI S’ INVITENT ET S’ AFFIRMENT

Samedi 23 novembre, sous un ciel pluvieux, Joël Bruneau, maire de Caen inaugurait en cette après-midi, la Place de la République nouvelle formule et sujet de contestations fortes par l’opposition, les associations écologiques et le Collectif pour la Défense de la place de la République.

Le coût de l’opération est estimé à 9,9 millions d’euros. Chiffre cité dans les médias locaux à partir de quelle source, de quel bilan effectif ?

La ville de Caen a t’elle contracté des prêts ?

Des pas de l’histoire a nos, jours

La place Royale devenue la place de la République en 1882 , puis détruite à 30 % lors des bondardements et son Hôtel de ville qui fut quant à lui complètement rasé par les bombes s’abattant sur Caen en ce 6 juin 1944, voit en l’année du 75 ème anniversaire du débarquement sa nouvelle conception qui prend des allures « américanisées ».

En effet, le projet fait de la place, en sa partie Ouest, confiée aux architectes Jean-Paul Viguier situé à Paris et à l’agence Bienvenu quant à elle sur Caen, un centre commercial baptisé Halle gourmande d’environ 1 500 m2 dédié à l’alimentation, complété d’un espace co-working, d’un rooftop et d’un forum . Le tout devant ouvrir pour 2021.
Un projet en partenariat public-privé puisque deux parcelles publiques accueillant la halle gourmande ont été vendues à Secoprom et Toscaleo conseil.
Puis en sa partie Est, confiée à l’architecte urbaniste Yves Couloume, sont les jardins paysagers et une fontaine.

INAUGURATION EN PROSTESTATION : LE CHAHUT-COHUE

La pluie s’invita sans discontinuer à l’inauguration mais pas que, puisque Extinction Rebéllion, Uni pour le climat ainsi que d’autres associations s’opposant au projet du centre commercial et de l’abattage des arbres firent leur apparition comme un rayon au mileu des nuages gris. C’est avec une des banderoles « le monde n’est pas une marchandise » qu’une centaine de manifestants et le Collectif de Défense de la place de la République, qui par ailleurs avait procédé à des recours devant la cour administrative de Caen contre l’abattage de 49 grands arbres et visant à bloquer la construction du centre commercial, que solgans et chants des militants sont venus confirmer leur opposition bien que les recours engagés furent rejeté. Des recours qui sont actuellement en attente de leurs résultats en cour d’ appel.

Des manifestants qui demandent au maire de Caen d’organiser un référendum pour que les citoyens soient les décideurs des choix pour l’aménagement de la place .

Des solgans comme « Bruneau démission » scandés par environ 50 manifestants qui suivirent le maire qui préféra écourter l’inauguration et rejoindre la mairie en compagnie de ses soutiens.

Des opposants qui confirment que selon eux le projet d’un centre commercial est préjudiciable à l’environnement. Extinction Rébellion évoque « une augmentation de l’artificialisation des sols » et dénonce l’abattage des arbres.

En réponse, dans les colonnes de la presse locale et par Tweeter le maire de Caen indiquait que la ville de Caen s’était enrichie de  » 2 000 arbres supplémentaires » et déclarait «  cette place est le fruit d’une concertation » ajoutant « Il faut maintenant que cette place soit prise en main par les enfants avec des jeux, c’est ça l’essentiel. ce n’est pas un mouvement ponctuel d’activistes pendant une soirée d’inauguration qui doit changer ça.« 

«Plus d’arbres moins de béton »

L’objectif est clair et s’affiche.
Pour les opposants, la nouvelle place aurait dû être dédiée à un jardin au coeur de la ville, en symbole de priorité répondant à l’urgence climatique, au bien-être des habitants et de tous, et non à l’implantation d’un centre commercial supplémentaire allant dans le sens de la consommation et non de la préservation de notre planète qui se doit être la valeur première.
L’abattage d’arbres qui a déjà été, puisque se sont à l’écoute des anciens de Caen et relaté dans Ouest France, 5 platanes, 1 bouleau et 31 poiriers à fleur qui ont été supprimés.


Une tendance actuelle à travers les villes puisqu’à Marseille en son centre ville était née, à l’automne 2018, une Zad s’opposant au projet de la mairie voulant renouveller la place Jean Jaurès, incluant l’abattage d’arbres .
Forte de 2,5 hectares, celle-ci avait vu se bâtir une cabane de Notre Dame des Landes de près de 5 m de haut en soutien aux manifestants en lutte pour la défense de la place.
À Bordeaux, c’est la place Gambetta que la mairie transformait en procédant à l’abattage de 17 marronniers, il y a un an . Un anniversaire que n’ont pas manqué les membres du collectif pour la défense des arbres, qui s’est réuni sur la place Gambetta le 22 novembre dernier avec un solgan « L’abattage de la honte ».

GENTRIFICATION EN MARCHE

Les quartiers se voient modifiés pour être à une rentabilité, réprondre à une économie basée sur la compétitivité où tout s’uniformise en un mouvement « start-up » en ville « produit », attirant à elle le tourisme, des entreprises et de nouveaux habitants correspondant le plus souvent à une classe sociale bourgeoise, dite « bobo », et comme l’ écrivait François Mauriac « partage l’humanité en deux camps, les élus et les exclus, deux termes à quoi il faut songer lorsque l’on cherche à définir le snobisme. »

Bordeaux en est la ville « témoin » de la flambée des prix du secteur immobilier, des constructions et bétonnages, projets en surpelatifs constants évinçant du vocabulaire le mot « quartier populaire ».


Le premier à avoir initié ce concept urbain en France fut certainement Patrick Balkany.
Dès son élection en 1983, Patrick Balkany va gentrifier la ville de Levallois voulant en faire le deuxième Neuilly où son ami, Nicolas Sarkozy, en est le maire en cette année des élections municipales.
C’est donc plus de 30 ans plus tard, que des villes se mettent à embourgeoiser leur quartier en appelant des centres commerciaux et d’affaires en « start up » à être le devenir de notre économie urbaine.
Une économie « public-privé » dont on pourrait presque dire que patrick Balkany en est l’initiateur bien avant l’heure.
Un système que la France n’a pas inventé mais qu’elle copie certainement à une heure où l’appauvrisement de la population et l’urgence climatique aurait souhaité voir posséder au centre des décisions politiques, une initiative, cette fois en avance pour concevoir dès à présent le futur de notre vie, de celle des jeunes et des générations futures.

©Fédora Hélène

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