LiberTerra – Lumière sur : « SILENCE ON ARME » – La campagne d’Amnesty International

LiberTerra – Dossier sur la campagne d’Amnesty International « Silence, on arme »

Entretien – Micro tendu avec Maëlle Labomme, Ambassadrice de la campagne « Silence, on arme »

En 2019, Amnesty International lance la campagne « Silence, on arme ».


2019, une date pour donner une impulsion à des années de travail œuvrant pour sauver des vies. Amnésty International a conscience que dans l’opacité des ventes d’armes, dans la complexité des systèmes politiques gérant l’industrie de l’armement, il y a avant tout l’humain, des vies à sauver.
La campagne « Silence, on arme » a un but sauver des vies. Elle a un but alerter pour protéger des millions d’êtres humains qui vivent en situation d’urgence humanitaire.
« Ça glace le sang » exprime Amnesty international France de savoir la puissance inébranlable des politiques et industries de l’armement et d’en connaître l’effet, des crises humanitiares. Et ce sera cette étoile Yémen qui nous lance le plus grand des appels, sauver la vie. L’Onu annonce ce chiffre glaçant, au Yémen, 11 millions d’enfants attendent de vivre en paix et sécurité. Puis, il est ce chiffre intolérable, en 2018, l’ONG Save the Children annonçait dans un rapport rendu public le 19 septembe que 5 millions d’enfants étaient menacés de famine.
La crise humanitaire, au Yémen, selon l’Onu, ce sont près de 24 millions de personnes en urgence humanitaire sur 28 millions d’habitants.
Nous avons la connaissance de l’ampleur des drames humains des guerres mais la connaissance des rapports précis, clairs, transparents sur l’étendue des ventes d’armes, la population, les médias, les organisations humanitaires n’y ont pas accès.
C’est une valeur première de démocratie, qu’Amnesty International met en avant dans sa campagne « Silence, on arme », en exigeant du gouvernement français, la valeur de transparence .

Transparence sur les ventes d’armes, les français donnent leur avis

  • 83 % des français pensent qu’il y a un manque de transparence
  • 75 % des français souhaitent un débat public sur le sujet
  • 83 % des Français considèrent que la France devrait prendre plus d’initiatives pour renforcer le contrôle du commerce des armes
  • 79 % des Français se déclarent sensibles à la question du commerce des armes.
  • 44 % des Français sont prêts à s’engager dans des actions concrètes en faveur d’une meilleur régulation La transparance sur les ventes d’armes pour sauver des vies

« Silence, on arme », un visage celui d’Emmanuel Macron.

Il n’est pas un hasard d’interpeller le président de la République, pas un hasard de le représenter avec le symbole du silence. La « Grande muette » surnom donné à l’armée suite à la décision d’Adolphe Thiers, président de la République sous la troisième, d’adopter le 27 juillet 1872, une loi interdisant aux militiares le droit de vote. Un droit qui leur sera accordé que le 17 août 1945. L’armée, partie intégrante du pouvoir politique et le politique ne la conçoit que dans son obéissance, dans son absolu secret.
Ce secret défense, cette non révélation aux citoyens-es, est la pièce maîtresse du pouvoir d’un État. La sécurité par la guerre, le maintien de la paix par une armée forte, la dualité de notre civilisation ne cesse de nous rappeler la pierre de ses fondements, la conquête par la guerre. Un pays puissant est une armée puissante et aujourd’hui cela signifie une technologie de pointe jamais égalée.
L’on dit que la 4ème guerre mondiale sera celle du bâton car la 3 ème guerre mondiale sera celle du nucléaire, d’un armement intelligent, autonome à la capacité de s’adapter à son environnement, à se constituer sa propre expérience et donc à faire évoluer constamment ses capacités technologiques sans l’intervention d’un commandement humain pour une armée qui esquise déjà le futur. Ce que l’on nomme l’intelligence artificielle et qui est la reproduction de notre cerveau en multiplication de rapidité et sans ce qui est devenu une faiblesse, sa biologie. La robotique de défense que sont déjà les drones, nous fait entrer dans une nouvelle ère de la guerre qui est en constante progression.
Celle-ci fait intervenir une puissance d’énergie qui est celle du nucléaire. Une énergie que l’homme va chercher à mieux contrôler, à adapter à ses besoins non plus uniquement à des fins d’utilisation d’ordre civil, mais surtout à des fins de défense et de la nouvelle conquête par notre humanité, l’Espace. Toute le technologie développée est pour un déploiement de celle-ci dans l’Espace.
Une armée qui depuis plusieurs années travaille à cet objectif de puissance spatiale.
L’opacité, le secret ne peuvent que s’intensifier tant les enjeux sont planétaires car non seulement le débat démocratique sur l’armement et l’accès à une véritable connaissance de l’amplitude de ce domaine n’est pas donnée à la population, mais il est également une opacité de toutes les interactions avec les autres puissances, elles-mêmes observant une opacité totale.
La Chine, la Russie, l’Europe, les États-Unis, tous observent ce secret qui engage l’avenir de toute l’humanité.
C’est parce que les enjeux de la défense sont actuellement à un sommet de puissance qui va augmenter sa valeur de connaissances, de possibilités d’actions, que la campagne d’Amnesty International est d’une grande importance et nous concerne tous. Autant que l’enfant blessé ou tué par une arme ne sait pas la compléxité politique de notre longue civilisation guerrière, autant son innocence se voit meurtrie, autant la nôtre et notre ignorance des accords de ventes entre pays, des ventes d’armes elles-mêmes, interpellent notre conscience et notre devoir de volonté de compendre, de savoir, d’être chacun d’entre nous, acteur au sein d’un bédat démocaratique sur l’armement.

« Silence, on arme », un devoir de transparence à respecter par l’État.

La présidente d’Amnesty International France, Cécile Coudriou, le dit, il est « Un véritable mensonge d’État qui n’a que trop duré ». Il est temps que la France qui est le troisième exportateur d’armes au monde s’engage dans une transparence, dans une communication en respect de la démocratie, des données sur les ventes d’armes, la raisonnance des contrats signés, la responsabilité et ses conséquences humanitaires quand la France vend des armes à « des pays tels que l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis ou encore l’Egypte avec le risque extrèmement élevé qu’elles soient utilisées contre des civils » précise Cécile Coudriou.
Une opacité observée par la France qui nous dépossède de nos droits démocratiques à acceder à la vérité. Car la responsabilité des ventes d’armes et le fait que celles-ci puissent être « irresponsables » et que notre pays soit « en violation flagrante de ses engagements internationaux », selon cécile Coudriou portant la parole d’Amnesty International, fait que nous nous devons, tous, d’être à la légitimité du droit de savoir en conscience, des souffrances vécues par les populations victimes de conflits comme le sont les habitants du Yémen.
Une alerte majeure pour demander la transparence des ventes de d’armes :
80 % des victimes dans les conflits sont des civils

Des Traités signés peuvent-ils rester lettre morte ?

La France a signé le 2 avril 2014, le Traité sur le commerce des armes, (TCA) qui vise à renforcer l’Article 26 de la Chartre des Nations Unies qui affirme la priorité donnée à l’établissement et au maintien de la paix et de la sécurité internationale en « ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde. » Le TCA implique une responsabilité des États dans ce commerce « pas comme les autres » car il est un commerce « dangereux et meurtrier » selon Amnesty International qui engage également les industries de l’armement à respecter une transparence et à s’engager à ne plus être ce « mur d’opacité » qui nuit à un contrôle de ce commerce, qui laissent comme le gouvernement le fait, des questions légitimes sans réponses.
De plus, la France est partie du TCA et également en tant que membre de l’Union Européenne, elle se doit au respect de la Position commune 2008/944/PESC de l’Union Européenne, qui affirme l’objectif de contrôle des ventes d’armes de façon « responsable et à faire preuve de transparence » comme Amnésty International exige que la France engage cette clarté à l’égard de sa population, des médias et des organisations humanitaires.
Le TCA vise avec volonté à préserver les populations de la circulation des armes qui chaque année, à l’échelle mondiale, fait que se sont 500 000 personnes qui sont tuées par armes à feu.

L’inacceptable :

  • 500 000 personnes tuées par arme à feu chaque année dans le monde
  • chaque minute, une personne est tuée et 15 sont blessées par arme. (source Amnesty International)
    « Silence, on arme » est né de ce constat ». Amnesty International engage par sa campagne, une mobilisation pendant deux ans pour lutter, alerter et sensibiliser la population sur « l’omerta » de la France sur ses ventes d’armes et toutes les problématiques que ses ventes soulèvent et qui demeurent au silence de ce que l’on nous cache.

Le traité sur le commerce des armes, et pourtant …

Le TCA, Traité sur le commerce des armes, adopté par les Nations Unies en 2013 et entré en application le 24 décembre 2014, vise par le respect de règles, à empêcher la mise en circulation d’armes à destination de pays qui pourraient les utiliser contre des civils. De pays qui se serviraient des armes pour commettre un génocide, des crimes contre l’humanité, des répressions graves contre des manifestants ou tout autres atteintes graves aux droits humains.
Un travail, une mobilisation sans relâche d’Amnesty international, d’ONG partenaires de la Coalition pour le contrôle des armes, ont permis la création du TCA qui partage ce but premier et universel de sauver des vies, de contrarier la puissance du commerce des armes qui aurait une tendance exponentielle à générer des crises humanitaires. En établissant des normes à respecter, le TCA permet de pouvoir demander des comptes aux gouvernements agissant de façon irresponsable dans le domaine des ventes d’armes et de munitions.
Ainsi que le rappelle Amnesty International, les États Parties au TCA ont « obligation d’évaluer s’il existe un risque « majeur », ou non, que leurs exportations d’armes contribuent à de graves violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains. Et, le cas échéant, ils ne doivent pas autoriser ces transferts ».

Des traités et la réalité, le Yémen souffre d’une très grave crise humanitaire

Yémen, une guerre y fait rage depuis 5 ans. Une guerre qui provoque une famine, une guerre qui provoque la « pire crise humanitaire », selon les Nations Unies. La cruauté brutale est dans notre début de 21 ème qui s’enorgueillit de progrès technologiques époustouflants. Notre civilisation construite par l’impact fort des guerres, ces industries de l’armement qui font la fierté des pays, « le fleuron » de l’industrie, cette tradition des chefs d’État a annoncé en triomphe les milliards d’euros de contrats signés pour des ventes d’armes et la réalité qui sombre et assombrie notre humanité, la guerre. Celle qui porte la haine, celle qui détruit et le Yémen par la catastrophe des armes, outil dominateur qui traduit et réalise la pensée guerrière, est devenue cette Terre où les enfants sont en grande souffrance. La tragédie de ce 21 ème siécle qui naît dans la continuité des drames atroces, de l’horreur de la guerre.

Une arme et la vie d’enfants basculent dans la souffrance

  • Toutes les dix minutes, un enfant au Yémen meurt de faim ou de maladies évitables. Unicef 2018
  • 400 000 enfants au Yémen sont atteints de malnutrition aiguë sévère. Et, ce chiffre ne fait état que des enfants de moins de 5 ans. Unicef 2018
  • 1,8 millions d’enfants au Yémen souffrent de sous-alimentation. Unicef 2018
    Leur vie est en danger, leur souffrance sera pour leur santé psychique et physique avec des conséquences tout au long de leur vie.
    « Le Yémen est aujourd’hui un enfer vivant pour les enfants » Geert Cappelaere (Unicef)

La transparence sur les ventes d’armes est le minimum qu’un État puisse faire en conscience de la souffrance d’êtres humains qui subissent la guerre, qui subissent la réalité des armes.

Yémen et armes françaises, le poids de la conscience

Amnesty International alerte sur le fait grave qu’ « il est désormais prouver que des armes françaises sont déployées dans le cadre du conflit » et qu’il persiste un risque que celles-ci servent pour « commettre des violations des droits humains et des crimes de guerre. »
Pourtant, il s’avère, selon Amnesty, que la France poursuit à transférer des armes vers l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis, qui sont engagés dans le conflit.
Amnesty qui arlete sur le fait que le Groupe eminents d’experts sur le Yémen pointe en septembre 2019 directement la responsabilité de la France, mais également celle de l’Iran, du Royaume-Uni et des États-Unis, qui en « fournissant des renseignements, un soutien logistique ou des armes aux parties du conflit, pourraient se rendre complices de crime de guerre ».
Un rapport où les experts demandent instamment aux autres États de « s’abstenir de fournir des armes susceptibles d’être utilisées dans le conflit et leur rappelle qu’ils sont tenus de prendre toutes les mesures raisonnables pour assurer le respect du droit international humanitaire par toutes les parties au conflit. »
Ce Groupe d’expert a été créé le 4 décembre 2017 par le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme.
Un rapport du 28 août 2018 faisait état au Yémen de frappes aériennes de la coalition qui ont causé dans la majorité des cas des victimes civiles, précisant que des zones résidentielles étaient touchées, et entre autres des marchés, des funérailles, des mariages, des centres médicaux.


Selon le Bureau des droits de l’homme des Nations-Unies, entre mars 2015 et le 23 août 2018, le conflit a fait

  • 6 660 pertes civiles
  • 10 563 blessés, le Groupe d’experts précisant que ces deux chiffres sont probablement plus élevés.

Des crises humanitaires, des vies perdues, des civils victimes vivant quotidiennement dans la peur. Ces drames doivent cesser et le contrôle des ventes d’armes paraît primodial.
Amnesty International note que l’opacité comme règle de communication du gouvernement français au sujet des armes ne peut qu’être un « obstacle majeur » au contrôle de ce commerce des armes. Selon Amnesty « l’interpellation du gouvernement au cours de ces dernières années se sont heurtées parfois à l’absence de réponse et très souvent au déni, voire aux mensonges, de la part du gouvernement. »

Amnesty interpelle le gouvernement mais pas que

  • Les industriels
    Amnesty International demande également aux industries de l’armement d’avoir elles-aussi une politique de transparence sur l’armement qu’elles produisent. En effet, pour Amnesty International « les entreprises de la défense font preuve d’un véritable déni de responsabilité concernant l’usage des armes qu’elles vendent. »
    Amnesty International refuse par ailleurs leurs argumentations justifiant que leurs responsabilités ne peuvent être engagées puisqu’ils expliquent, selon Amnesty, que leurs produits étant expédiés, ils n’ont plus aucun contrôle sur l’usage qui en est fait. Et, que d’autre part, qu’en matière de droits humains et leur évaluation, la responsabilité incombe à leurs États d’origine par les processus d’octroi de licences d’armements.
  • Le Parlement
    Celui-ci a, selon Amnesty International, a « abandonné son rôle de contrôle de l’action du gouvernement dans le domaine des ventes d’armes ».
    Mais, le député Sébastien Nadot lance un pavé dans la marre le 6 avril 2018 en voulant faire entendre la voix d’élus par une proposition de résolution désirant créer une commission d’enquête sur le respect des engagements internationaux de la France sur les autorisations d’exportations d’armes, munitions, formations, services et assistances accordées ces trois dernières années aux belligérants du conflit au Yémen.
    Cependant , Amnesty International est conscient que « Tout reste à faire pour que le parlement exerce un contrôle sur l’ensemble des ventes d’armes autorisées dans le plus grand secret par le Premier ministre »

« Demain, on n’arme pas »

Il est aujourd’hui une conscience forte des catastrophes humaines qu’engendrent les guerres. Le déséquilibre qu’impose à nos sociétés le commerce des armes, qui fait référence aux principes qui ont fondé les puissances des pays. Au-delà de la culture, des arts et des sciences, des échanges commerciaux, il y a entre les pays, l’imposition de la guerre par la puissance de l’arme.
Une conscience qui ne peut plus aveuglément construire une part importante de l’économie d’un pays par l’élaboration des armes. Une conscience qui peut sembler impossible à réaliser dans un monde où est « une paix en danger » comme le disait le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian au Forum mondial Normandie pour la Paix en juin 2019.
Une paix toujours plus menacée, des victimes de guerre, des déplacements colossaux de populations du fait des conflits qui ne sont possibles que par la multiplication des armes et leur accessibilité.
Des guerres dangereuses pour les civils, des guerres qui créent l’extrême de l’instable et plongent notre humanité dans le chaos et la dualité permanente d’opposer la vie à un danger de mort, au lieu de réveler notre civilisation à son droit premier, celui de la liberté.
Le maintien de la paix se construit avec la notion de guerre, la liberté s’établit en équilibre planétaire avec la valeur de vie.
Pour accéder à l’espérance de ce possible de paix universelle, il est nécessaire que les États soient en conscience ouverte sur l’économie et la politque de l’armement, de sa conception de la défense, de sa volonté à aspirer à un autre fleuron que l’industrie de l’armenent. Il serait alors celui de sauver des vies, d’être à l’alliance fondamentale des droits humains, des droits de l’enfant à grandir, à se développer sans craintes de guerre, sans subir les atrocités de la guerre. Nous devrions accéder par un débat démocratique, à penser qu’il est intolérable que la vie d’un enfant puisse être ôtée car une arme peut la tuer.
Une dimension de liberté pour que vive un 21 ème siècle sortant de l’élaboration mentale des guerres . C’est certainement le défi qui demandera à tous une mobilisation intense, de celle dont Amnesty International fait preuve pour sauver des vies.
C’est par cette entente des luttes pour la paix, pour le respect des droits de l’humain, par une transparence sans faille sur les ventes d’armes, que la France peut devenir ce « Demain, on n’arme pas.« 

Aujourd’hui, la transparence est indispensable au contrôle des ventes d’armes

Amnesty demande à la France d’avoir une parfaite transparence et établit ces points précis :

  • La publication régulière des données exhaustives et détaillées sur les exportations d’armes
  • Un affichage public des processus de décision
    -Ces garanties doivent en priorité être apportées au Parlement, lieu de débat démocratique
  • les ventes d’armes doivent tous nous concerner et ne plus rester une affaire d’État

Les mots en langage des mensonges quand l’État se fait opaque et non aux débats démocratiques

Ces mots politiques émanant des mensonges rejoignent les termes de compétitivité, de produits, de bénéfices, de sommes en millards, du bien fondé de leur existence pour l’économie du pays, de progrès technologiques pour des armes de plus en plus puissantes, précises et autonomes. Puis, il y a les liens du système des armes, qui sont leur source énergétique, le nucléaire. Et, les secteurs pluridisciplinaires travaillant à l’élaboration de l’armement. À cela s’ajoute la volonté d’imposer une Europe de défense face aux puissances comme la Chine, la Russie qui ne sont pas signataires du TCA. Puis, l’opacité qu’observe ces pays, tout un enchaînement freine la volonté de transparence dans le domaine de la défense.
Une domination des États, cette prise aux pièges pour les civils, la nécessité de protection du pays par l’armée, invoquée par les gouvernements, et le drame des populations meurtries par la guerre, des souffrances de millions d’enfants, le mouvement de 65,6 millions de personnes réfugiées au 21 ème siécle, ça glace le sang.
Et, il est la puissance des États qui semblent résister à se devoir de ne plus armer, à se devoir de penser que les milliards d’euros constituent le bouleversement qui viendra à toujours plus produire des armes performantes et en quantité.
Inversons le sablier et que ce ne soit pas la vie qui s’écoule vers le bas, mais bien les armes.

Le silence

Amnesty International dénonce la position du gouvernement français qui, « Maintient coûte que coûte l’opacité sur ses ventes d’armes, quitte à s’enfoncer dans le mensonge. » Et, n’hésitant pas à « renier » un des fondements du TCA, « la nécessité de mettre en place un vrai débat démocratique » sur les ventes d’armes, sur leurs conséquences, qui est pour le Yémen, » la pire crise humanitaire », selon l’Onu.
Puis, l’Egypte, et Amnesty International, mentionne son rapport publié en octobre 2018, qui démontrait l’usage de véhicules blindés français dans le cadre de la répression des manifestants en Egypte. Pourtant, selon Amnesty International, la France excluait fournir du matériel aux forces de police participant à la répression.

Langages et mensonges politiques

  • La France  » ne fait pas partie des fournisseurs sur ces matières-là de l’Arabie Saoudite » Emmanuel Macron, 12 octobre 2018
  •  » […] Nous n’avons, récement, vendu aucune arme qui puisse être utilisée dans le cadre du conflit yéménite » Florence Parly, le 20 janvier 2019, France Inter.
  • « Nous ne fournissons rien à l’armée de l’air saoudienne. » Février 2019, Jean-Yves le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Assemblée nationale
    (source : Amnesty international)
  • Faits
    Octobre 2018 – Note de la direction du renseignement militaire adressée aux autorités françaises exposait :
  • Où et comment les armes françaises étaient utilisées par les forces saoudiennes au Yémen
  • Des avions de combat Mirage 2000-9 opéraient au Yémen pour les forces émiriennes
  • Des pods Damoclès, système de téléguidage laser de bombes, embarqué sur les avions de combat saoudiens
    (source : Amnesty International)

2019, les révélations


La crise humanitaire catastrophique qui sévit au Yémen fait débat, les images des enfants souffrant de famine circulent sur les réseaux sociaux, les consciences s’éveillent, un long conflit qui fait rage au Yémen depuis 5 ans et qui est dans l’opacité de ce commerce des armes, éclate au grand jour. Des débats juridiques, politiques, sociétaux ont lieu rappelant la conscience que les ventes d’armes engagent en premier la vie de millions de civils qui au Yémen sont en extrême urgence humanitiare.

Données rapport au Parlement :

  • En 2018 : 9 milliards d’euros , le montant des prises de commandes des industries de défenses françaises à l’exportation. Le gouvernement précise qu’il s’agit d’un des meilleurs chiffres de ces 20 dernières années.
  • L’Arabie Saoudite est le troisième plus gros clients de la France en matière d’armement.
  • en 2018 la France augmente de 30 % ses exportations d’armement
  • en 2018 l’Arabie Saoudite a acheté pour près d’1 milliard
  • en 2017 le Proche Orient et le Moyen Orient représente 60 % des exploitations d’armement

Révélations

Concernant les exportations d’armes en Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis, les contestations se lèvent et critiquent la position du gouvernement.
Ce sont pas moins de 19 ONG internationales qui interpellent le gouvernement et les députés dont Amnesty International France, Salam for Yémen, Médecins du monde, Oxfam France, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme.
Une note de la DMR (direction du renseignement militaire) classée « confidentiel défense » est transmise au média Disclone et révèle la liste des armes françaises utilisées dans la guerre au Yémen. Il s’agit d’un rapport de 15 pages, que des officiers de la DMR ont rédigé le 25 septembre 2018 précise Disclone.
Cette révélation fera l’objet d’une plainte du ministère des Armées et le parquet de Paris ouvre une enquête pour « compromission du secret de la défense nationale » en décembre 2018.
Suite à cela les journalistes du site Disclone, de Radio France, et de l’émission de Quotidien sur TMC avaient recues des convocations, et ils ont été entendus par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Ceci avait soulevé une vague de contestations de plus de 20 ONG et syndicats dénonçant une atteinte à la liberté de presse.
Puis, mercredi 30 janvier était confirmé une information Médiapart, par l’AFP de source judiciaire, que la plainte était classée sans suite . Le parquet de Paris a décidé de ne pas poursuivre les journalistes , qui se voient notifier un rappel à la loi, que Médiapart conçoit comme une sorte « d’intimidation judiciaire ».

Les navires de la honte, l’opacité

Le média Disclone, dans le cadre de révélations, en mai 2019, parle de deux navires Bahri Tabuk et Bahri Yanbu.
Les deux navires tentent de charger du matériel militaire pour l’Arabie Saoudite.
Le navire Bahri Yanbu, qui devait être en charge de huit canons Caesar français, au Havre, le 10 mai 2019, après avoir auparavant chargé du matériel militaire belges, n’accostera finalement pas dans le port normand. Plusieurs ONG s’y opposent dont Amnesty international. Et, l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) et l’ ASER ( Action Sécurité Ethique Républicaines) avaient déposées des recours en urgence au tribunal administratif de Paris pour bloquer au port du Havre le départ du cargo chargé d’équipements militaires.
Quant au navire Bahri Tabuk, en provenance du Canada, il tente lui aussi de charger des équipements militaires, selon les ONG, mais cette fois-ci du port de Marseille-Fos-sur-Mer.
Les ONG s’appuyant sur les révélations du média Disclone concernant la mission de deux navires. Amnesty International exprime que si tel était le cas, cela serait contraire à l’article 6.3 du Traité sur le commerce des armes (TCA) qui stipule qu’un État Partie ne doit autoriser aucun transfert d’armes , s’il a connaissance , lors de l’autorisation, que ces armes ou ces biens pourraient servir à commettre des attaques dirigées contre des civils, des crimes de guerres.
Mais, finalement la mobilisation des militants d’ONG, dont Amnesty International, le Mouvement pour la paix et le président d’ Action Sécurité Ethique Républicaines, venu de Paris pour une manifestation sur le port, puis la mobilisation de l’opinion public, d’élus et du syndicat des dockers feront que le navire n’accostera pas.

Emmanuel Macron , de son côté, déclarait à la presse prôner la « transparence » et que « l’essentiel des armes qui ont été vendues sont plutôt utilisées à l’intérieur du territoire ou à la frontière » et dans la lutte des Saoudiens contre le terrrorisme.(JdD avec AFP, 10 mai 2019)

Ces affaires sensibles pointant du doigt le gouvernement français qui selon les ONG, dont Amnesty International par sa campagne « Silence, on arme » dénonce l’opacité et secrets tenus par le gouvernement.
En agissant ainsi le Gouvernement français « s’enfonce délibérement dans un véritable mensonge d’État »conclut Amnesty International.

Nous Tous Ensemble, nous pouvons agir pour la transparence sur les politiques et économies des armes .

Il est actuelement une chance d’extraordinaire, grâce à l’investissement humain des personnes qui travaillent, militent auprès d’ONG, et pour la campagne d’Amnesty International, « Silence, on arme », veillant au respect du droit international des droits de l’Homme, au droit international humanitaire, au respect des traités tels que ceux établis avec l’ONU, comme le TCA et en essentiel partage avec différents acteurs et toute une jeunesse, de concevoir une civilisation en valeur de paix et de liberté dans leur universalité.
Il est un but sauver des vies et œuvrer à ce que la terrible crise humanitaire saisissant le Yémen puisse cesser au plus vite, que l’aide humanitaire puisse être acheminée sans blocage de quelques sortes, et qu’il puisse être établi des accords de paix.

La France et les pays européens ?


Depuis 2016, 12 pays européens ont suspendu ou limité les exportations d’armes vers Ryad et Abou Dhabi. Parmi eux, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni

Actions « Silence, on arme »

Action – Publicitaire

  • une campagne de publicité  » Le savoir tuer, à la française » lancée à l’occasion de la Fashion Week, crée en collaboration avec l’agence DDB Paris.
    Une campagne publicitaire qui se veut « grinçante et décalée », reprenant le savoir-faire de la Haute Couture française, ainsi que le « made in France » mettant en valeur la créativité française, sa technicité, ses innovations, reconnues et ses produits vendus à l’étranger comme « fleurons » de notre économie et en mettant en parallèle le « fleuron » français de l’industrie de l’armement se plaçant en troisième position mondiale.
    Il sera d’afficher des solgans sur l’armement sur des photos reprenant celles d’inspiration dans le domaine de la mode, en affichant l’inversion du sens « fleuron » et une question pourrait être posée, est-ce une qualité, un prestige de « Savoir-tuer » ?
    Des slogans : « Bienvenue au Yémen, Showroom de l’armement français », « Moins de fashion plus de victimes », « French Bombe »
    Photos à voir sur le site d’Amnesty

Action – Street Art : Murad Subay, street-artiste yéménite

L’art, expression de la liberté pour dénoncer les ventes d’armes françaises

Murad Subay, artiste engagé, surnommé le Banksy du Yémen, réfugié en France et originaire de Dhamar au Yémen, est membre du programme Artist Protection Fund. Il a commencé à mettre son art au sercive des droits Humains pour dénoncer les disparitions forcées et arrestations arbitraires. Puis, en 2014-2015, quand le conflit dévastateur commence, il peint sur les décombes à Sana’a, qu’il transforment en plaidoyer pour la paix et la liberté et faisant des pierres détruites des oeuvres d’art.
Puis, arrivé à Paris, il lance un appel à travers son art pour alerter sur les civils en grande souffrance au Yémen et qui sont les premières victimes du conflit.
il appelle à la responsabilité de chacun d’entre nous pour prendre conscience des conséquences des ventes d’armes en direction de l’Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis, impliqués tous deux dans le conflit yéménite.
La France ne doit pas fermer les yeux mais au contraire exigée la transparence des ventes d’armes .
Murad Subay s’est engagé auprès de sept ONG pour partager son message et dénoncer les ventes d’armes, « l’hypocrisie internationale » et à réaliser une fresque au coeur de Paris dans le Marais. Elle fut dévoilée le mardi 19 novembre 2019 aux côtés d’ Action contre la faim, d’Amnesty International France, d’ ACAT, de CARE France, de Médecins du Monde, d’Oxfam France et de SumOfUs.
Un panneau blanc y est installé pour permettre une pétition et de recueillir de signatures de passants. Près de 250 000 signatures ont déjà été apposées pour demander au président Emmanuel Macron l’arrêt des armes françaises dans le cadre du conflit au Yémen.

Action – Mobilisation de la jeunesse
Est mise en place une cellule de jeunes ambassadeurs bénévoles, formés à la thématique et répartis dans toute la France.
Forte également d’un réseau militant où chacun peut s’engager, Amnesty Internatianol France organise des actions locales et nationales pour communiquer avec la population et interpeller régulièrement le gouvernement.

©Fédora hélène

Aller plus loin – agir


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