Océan Viking – L’admirable d’un engagement solidaire : sauver la vie – 180 rescapés débarqués après 11 jours d’une attente éprouvante

Mardi 7 juillet – Après 11 jours d’attente en état d’extrême urgence , d’un épuisement majeur pour 180 rescapés-es, après 7 demandes aux autorités européennes pour que soit donné un lieu sûr de débarquement « sans délai », les 180 rescapés à bord de l’Océan Viking ont pu débarqué la nuit dernière à Porto Empedocle (Sicile) , annonce SOS Méditerranée. Les réfugiés-es ont été pris en charge à bord du Moby Zazà, un ferry affrété par les autorités italiennes, où en raison de la pandémie de coronavirus, ils se trouvent en quarantaine.

2 Juillet – LiberTerra publiait après l’alerte qu’Océan Viking, le navire ambulance, lançait sur Facebook sur la page de SOS Méditerrannée.

Ce 2 juillet , il est 180 personnes secourues en pleine mer à bord de l’Océan Viking, lorsque la souffrance que vivent les rescapés-es éclate.

Deux respacés désespérés se jètent par dessus bord espérant rejoindre à la nage les côtes européennes. Ils seront secourus par l’équipage de l’Océan Viking. Puis, un troisième homme veut se jeter à l’eau, en exprimant selon SOS Méditerrannée, « Je préfère mourir et que ma famille sache que je suis mort plutôt que d’être là et qu’elle ne sache pas si je suis mort ou vivant ». Ce marocain tentant tout pour rejoindre l’autre rive , l’ a fait dans le but d’apporter de meilleurs conditions de vie à sa famille.

Nous pouvons nous rappeller que ce drame est celui de nombreux marocains-es partant pour trouver un travail et permettre à leur famille de recevoir de l’argent pour vivre.

En réponse au courage de tous les réfugiés qui partent dans l’espoir de rendre leur famille plus heureuse, il leur est donné la douleur, que ceux qui ont oublié le sens de la vie, la signification de ce mot leur infligent. Il est alors de prendre conscience que sans l’Océan Viking nombreux réfugiés n’auraient pu survivre en plein mer sur des embarcations de fortune mais également à l’indifférence de nos pays que nous nommons riches.

Notre Europe qui se définit par une volonté d’union solidaire, fraternelle a accepté de laisser des personnes en grande vulnérabilité. Ces refugiés-es ont vécu le drame de la violence dont l’homme sait être capable, ont vécu l’épuisement physique et psychique en se retrouvant isolés en pleine mer après avoir subi des traumatismes en fuyant notamment la libye, en fuyant la pauvreté, les conflits ; ils vivaient alors par l’attente insupportable, car sans port pour débarquer, des traumatismes suplémentaires. Notre Europe semblait leur envoyer comme message qu’aucune terre ne pouvait les accueillir, que notre Terre à tous se refusait de les recevoir, de leur donner le droit d’être libre.

Cette liberté qui nous porte tous et nous permet de vivre, leur était interdite.

C’est par cette intense soufffrance que 5 rescapés-es ce 2 juillet ont fait part « d’attentions suicidaires, d’une extrême fatigue mentale », selon l’Océan Viking qui alerte sur le fait que les réfugiés-es subissent une extrême fatigue.

Ces femmes, ces enfants, ces hommes rescapés à bord de l’Océan Viking viennent de traverser des épreuves qui ont mis leur vie en danger. Ils ont par leur courage, par cette énergie de vie que l’on ressent quand notre vie est menacée par une extrême violence, par une menace de mort, de se sauver d’un calvaire éprouvant, de la Libye , et de résister à pluisieurs jours en pleine mer dans des conditions catastrophiques sur des embarcations en bois, en vibre de verre, en pneumatique où les uns contre les autres, subissant la faim, la soif, ils ont bravé l’impossible pour échapper à l’horreur dans le but d’être libres.

Libre et l’Ocean Viking est sens de ce nom, imprégné par la liberté et tout son équipage n’a qu’un but, sauver.

La pandémie de coronavirus contraint à un confinement et il est la moitié de la population mondiale qui a été confinée, soit plus de 3 milliards de personnes.

Les personnes en situation d’urgence humanitaire connaissent alors des difficultés sans précédant. Les refugiés continuent à partir en mer sans infrastructures conséquentes. Le confinement pour eux signifie une continuité d’une réalité triste, d’une aggravation des situations d’urgence, de leur vie mise chaque jour un peu plus en danger. Les limites de l’horreur n’existent pas, la pauvreté va grandissante, les conflits n’hissent pas de drapeau blanc, la faim persiste et accable de plus en plus de population. L’ONU lance des alertes urgentes et il était le 8 juillet celle concernant la Libye et l’Onu déclarait sur son site « Entre le 1er avril et le 30 juin, la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a enregistré au moins 356 victimes, dont 102 civils tués et 254 civils blessés, soit une augmentation de 172% par rapport à la période de janvier à mars ». Notre paix est menacée, l’accélération des crises humanitaires nous touche tous et l’indifférence à l’agard des premiers touchés sera notre pire ennemi. Sauver devient le primordial pour penser que l’espoir de maintenir la paix sera une réalité. Pas de justice, pas de paix. Pas de paix, pas de refuge et cela est pour toute notre humanité.

Le refuge par l’appartenance à un pays, puis par l’appartenance à une classe sociale, à un pouvoir financier et le refuge change diamétralement de sens.

Pour les réfugiés qui mettent leur vie en danger pour la sauver en traversant la mer sur ces radeaux du 21 ème siècle, le refuge n’est que leur vie, seule, leur corps, seul sans autre force que celle-ci pour être en vie. Alors que nous étions confinés, qu’il est le confinement long de personnes pauvres, il est celui extrême des personnes qui sur cette terre, connaissent ce refuge, un pays qui se fait synonyme de torture, de mort, de déssepoir. La mer devient alors le refuge qui sauve, permet d ‘échapper à l’atroce . La mer devient la liberté, le recueil par lequel il est possible de fuir la cruauté des sociétés humaines.

Le radeau devient le refuge, la chance de partir, d’être délivré et ce que nous voyons comme étant le risque extrême , est compris comme le seul refuge maintenant l’espoir de vivre.

L’Océan Viking recueille cet espoir et la souffrance visible du désespoir.

Le 22 juin, après cette période de confinement , l’Océan Viking fait route pour sauver des vies en Méditerrannée centrale.

Le jounal de bord de l’Océan Viking est la mémoire, celle de naufragés de notre système civilisationnel et notre mémoire collective car il s’agit de notre humanité. Il y a une Terre pour nous et nous l’avons divisée en frontières en faisant d’elle une impasse alors qu’elle est une immensité. Nous croyons que notre langue, notre culture, notre histoire , nous donnent le droit de posséder une terre, de le séquencer en attribuant à la force de conquêtes par la guerre, le droit éternel d’occupation d’un territoire. Un refuge en sauvegarde d’un peuple alors que nous devrions penser la Terre en un territoire de sauvegarde de notre humanité.

25 juin – L’Océan Viking, journal de brod

Les larmes se retiennent, il s’écrit un jour, une douleur et ce qui est important sauver.

25 juin, il est 11 heures, SOS méditerrannée porte secours à 51 personnes perdues en pleine mer , dérivant sur une embarcation en bois. Seul, l’équipage par son magnifique courage va permettre à ces personnes dont une femme enceinte de trouver refuge, d’être en sécurité à bord de l’Océan Viking.

Cette même journée, 19h49, une opération de sauvetage a permis de mettre à l’abri 67 personnes .

L’Océan Viking écrit alors qu’il est repéré à 40 milles maritimes au sud de Lampedusa dans la région maltaise une embarcation à la dérive.

Le journal de bord précise, «  Les autorités maltaises et italiennes ont été contactées à toutes les étapes de l’opération par téléphone et par courrier électronique, en vain » En vain, ce qui signifie que notre système d’Union impose une souffrance à des personnes en danger, en état d’urgence absolue, perdues en pleine mer, et que cela est accepté par nous tous, car l’Union européenne se sont les populations qui forment l’existence de pays. La technocratie, la politique maîtrisent les populations, et parmi elle des personnes sont elles-mêmes en état d’urgence car sans refuge, à la rue, où vivant la peur de perdre le toit qui les abrite où parce que celui-ci est insalubre.

Ce refuge qui doit être pour chaque être humain, devrait être une exigence des populations. Cette exigence placerait notre humanité en valeur vraie et non ce qui ordonne nos systèmes.

Le 25 juin, il est 118 personnes réfugiées à bord de l’Océan Viking.

26 juin – L’Océan Viking demande aux autorités maltaises et italiennes un lieu sûr de débarquement ainsi que le Journal de bord l’écrit.

26 juin – Il est le signalement d’une embarcation, un pneumatique noir, avec à son bord 95 personnes dont 20 femmes et 8 enfants.

L’Océan Viking et le Mare Jonio partent à leur recherche durant 12 heures.

27 juin – 13h41 – L’embarcation de fortune compte alors 93 personnes à son bord. Elle est interpellée par les gardes libyens et l’océan Viking informe que «  Tous les rescapés ont été ramenés à Al-Khums, puis libérés » selon l’OIM Libye et Alarm phone.

Ce 27 juin, six personnes seraient mortes dans ce refuge qu’est la mer pour ceux fuyant la violence des hommes. Ce 27 juin, une femme enceinte aurait accouchée sur le canot. Un nouveau né naufragé que nous pourrions penser comme étant le symbole d’une Terre, d’une humanité indivisible.

L’Ocean Viking nous interpelle une nouvelle fois en stipulant que l’équipage a « essayé de contacter les autorités maritimes libyennes, en vain »

29 juin – Trois demandes ont été faites par l’Océan Viking pour permettre aux rescapés-es de pouvoir débarquer en sécurité, avec les mesures sanitaires liées au Covid-19. Et, ce mot s’écrit encore, en vain.

Les mesures sanitaires sont scrupuleusement respectées à bord de l’Océan Viking.

L’équipage a durant ces sauvetages veillé au respect des mesures sanitaires, à la sécurité des respacés et du personnel à bord, tout en étant à sauver des vies, à apaiser la souffrance intense de réfugiés à bout de trop de chagrin, de trop de désespoir, de violences subies et se trouvant être refuser de toutes rives, de tout port pour pouvoir débarquer.

30 juin – Une embarcation en bois, 47 personnes y sont réfugiées. Ils sont en situation d’extrême urgence, tous déshydratrés, et étant en mer depuis 4 à 5 jours depuis leur départ de libye, consigne l’Océan Viking sur son journal de bord.

Ce 30 juin, il est 164 survivants à bord de l’Océan Viking qui souligne le fait que « Malgré nos tentatives pour contacter le MRCC- Malte à toutes les étapes , nous avons effectué le sauvetage sans aucune coordination ».

23h56 – Il est noté que ce sont 16 personnes dont une femme et cinq mineurs qui sont secourues alors qu’ils se trouvaient sur une embarcation en vibre de verre depuis plusieurs jours passés en mer. L’Océan Viking précise que cette fois, l’opération de sauvetage a été avec la coordination de MRCC Malte.

30 juin – 4ème demande d’attribution d’un lieu sûr de débarquement qui ne reçoit pas de réponse.

1 juillet – 5ème demande pour que soit l’accomplissement du sauvetage, pouvoir débarqué en lieu sûr les rescapés-es.

3 juillet – Urgence absolue

le 2 juillet a été marqué comme le jour où la souffrance se fait comme elle l’est au cœur de ceux qu’elle impacte, violente, intense, brutale, menaçant en bombe à retardement la vie. Le drame de la violence ne s’arrête pas le jour où on arrive à fuir. Elle se perpétue par les conséquences qui imprègnent la vie des victimes. La pauvreté, l’absence de refuge, l’incapacité de rassurer leur famille en leur annonçant qu’ils  ont a réussi à regagner une Terre d’accueil.

Ces personnes rescapées portent leur souffrance mais également celles de leur famille. Une peine qui devient par cette force de la liberté, l’espoir dans toute son ampleur humaine.

Sauver prend alors tout son sens car le verbe sauver un nauvragé signifie également porter secours à toute une famille qui est dans l’attente et dans l’espérance .

Ce 3 juillet, le journal de bord de l’océan Viking écrit que « La situation à bord s’étant détériorée au point que la sécurité des 180 rescapés-es et de l’équipage ne peut plus être garantie »

15h25 – L’Océan Viking a été déclaré en état d’urgence . Il s’écrit alors «  De nombreux-ses rescapés-es sont en détresse mentale aïgue, exprimant l’intention de s’infliger des sévices. » et il est un appel « Nous avons besoin d’un lieu sûr de toute urgence ».

À bord de l’Océan Viking, deux personnes ont entamé une grève de la faim et 44 rescapés-es sont en détresse aïgues.

La souffrance incommensurable des nauvragés-es s’exprime comme la souffrance l’est, violente. L’Océan Viking souligne que la sécurité de l’équipage est menacée.

Et, l’Océan Viking est confronté seul face à cette crise majeure , il y fait face seul, et rappelle les maintes demandes faites pour que soit un débarquement qui apaiserait la douleur ressentie par les rescapés-es.

Il est noté sur le jounal de bord « Aucune réponse des autorités maritimes à notre requête d’évacuation médicale ».

4 juillet – une réponse concrète émane des autorités maritimes italiennnes et il sera une évaluation médicale. Elle est faite par une équipe médicale envoyée à bord et constituée d’un psychiatre et d’un médiateur culturel. La conclusion de leur rapport déclare qu’il est un important « inconfort psychologique et à une situation quasi incontrolâble » à bord du navire. Seulement, précise l’Océan Viking « Aucune solution de débarquement est proposée ». Frédéric Penard demande dans une déclaration « Y’a t-il quelqu’un en Europe qui entend notre appel et le prend au sérieux ? […] Faut-il que quelqu’un meure pour être autorisé à débarquer ? »

5 juillet – Les autorités italiennes dépêchent une autre équipe médicale à bord pour mener un dépistage du Covid-19 auprès des personnes réfugiées. SOS Méditerrannée peut s’entrenir avec l’équipe médicale et démontrer que le protocole sanitaire mis en place à bord effectuait des prises de température et une vérification deux fois par jour du taux d’oxygénation des occupants du navire en plus du protocole classique.

ce 5 juillet, une réponse concrète est apportée et l’Océan Viking indique que les autorités italiennes leur ont donné l’instruction « de se rendre à Porto Empedocle, en Sicile, après sept demandes pour un port sûr « sans délai » », et le journal de bord peut enfin écrire qu’il est un soulagement pour tous à bord de l’Océan Viking.

6 juillet – Vers 23h40, l’Océan Viking indique « le premier rescapé pose le pied sur le sol italien et est escorté vers le Moby Zazà ».

7 juillet – Les 180 rescapés-es ont pu débarquer en sécurité pour suivre un isolement préventif de 14 jours à bord du Moby Zazà.

Par ailleurs, la presse italienne a annoncé que les tests pratiqués pour le dépistage du Covid-19, sont tous revenus négatifs.

L’Océan Viking indique qu’il doit rester 14 jours au « mouillage au large de Porto Empedocle avant de repartir sauver des vies en mer Méditerrannée ».

Sauver des vies – Notre mémoire saura retenir par notre envie de fraternité, par notre conscience, par notre humanité, elle saura retenir, rappeler, transmettre qu’il est une Terre qui accueille notre humanité et que sans cette unité, sans la nature libre, sans cet immense refuge, la liberté, aucun de nous pourrait vivre.

Prendre conscience du sens du mot vie, être en vie, pour sauver la vie.

L’accord de Malte et la solidarité demeure le parent pauvre

SOS Méditerrannée déclare sur son site que « Une fois de plus, l’Union Européenne ne s’est pas montrée à la hauteur de la situation dramatique en Méditerrannée et des valeurs d’humanité et de solidarité qui l’ont fondée ».

Il est pour l’Océan Viking d’être assuré qu’un soutien fort sera à l’avenir présent et concret par une volonté politique de réponde à l’urgence humanitaire par « Un système de débarquement coordonné, solidaire et pérenne en Méditerrannée. » souligne SOS Méditerrannée.

Il est imposé des souffrances évitables et le soutien de toutes et tous peut rendre possible ce qui aujourd’hui n’a pas été, une fraternité immédiate qui n’attend pas pour sécourir.

Pas un jour de plus pour que la souffrance soit, chacun de nous peut faire en sorte d’être une voix pour refuser que la fraternité soit oubliée.

Des réfugiés qui au cœur de terribles épreuves pensaient à leur famille, pensaient à leur apporter des solutions concrètes pour avoir une meilleure vie, des mineurs isolés prenant leur courage et le portant à bout de bras, et nos pays riches qui oublient , qui ne peuvent pas penser une fraternité concrète, réelle ?

Combien à l’intérieur de notre Europe oublie leur famille, la solidarité, oublie ce que signifie l’énergie de vivre ?

Sa signification n’a qu’un but, sauver la vie.

©Fédora hélène

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