Roumanie – Pandémie de Covid-19 révélatrice d’une situation catastrophique qu’affrontent les hôpitaux publics du pays

La Roumanie est le pays de la chance pour de nombreux étudiants français voulant faire des études de médecine ou paramédicales ce que la France, en fonction des conditions ou accident de la vie,  ne leur permet pas de réaliser. Ce déséquilibre permanent, l’absurde qui règne au cœur de nos politiques et de l ‘économie qui en découle durent depuis des décennies et fait face aux murs d’indifférence, on tourne le dos à la pauvreté, aux souffrances, aux impossibilités qu’érigent les bureaucrates , technocrates et leurs politiques et hommes d’affaires qui défont le monde de son sens et le perd dans l’infinie tristesse.

Des souffrances au nombre de décennies tremblent aujourd’hui dans notre monde. La Roumanie tout comme l’Ukraine souffrent d’infrastructures hospitalières laissées à l’abandon subissant les crises politiques provoquant des drames humains, les séquelles de l’époque communiste, l’instabilité et les corruptions permanentes imposant des trafics en tout genre nuisant à la prospérité du pays et poussant nombreux de ses habitants à chercher un avenir meilleur loin de leur pays.    Puis au loin la Palestine, le Soudan, le Yémen, la RDC,  s’étirent dans le ciel sombre de la pauvreté qui touche en premier la santé des plus vulnérables qui ne peuvent trouver un secours auprès de leurs hôpitaux eux aussi en détresse.

Il est profondément choquant de constater que l’infernal des choix économiques faits par les  politiques ont mis en France, l’hôpital public en peine. Nous possédions ce trésor d’une multitude d’hôpitaux publics de qualité qui virent des suppressions massives de lits, des services fermés, jusqu’à des hôpitaux qui ferment leur porte.  

La pandémie de Covid révèle les souffrances humaines qui aujourd’hui se lèvent et nous font irrémédiablement face. 

La Covid a dressé la pauvreté, vraie guerre. C’est bien elle , la guerre, la misère, la faim, les malades mourant sans soins sur tous les continents. Les guerriers et guerrières  en peuple et humanitaires essayant de garantir la paix, de recueillir, voient malgré tous leurs efforts  mourir des centaines de personnes faute de moyens financiers permettant de créer des infrastructures adaptées et de véritables politiques de santé.

En Roumanie, la corruption a laissé la vie en plein vide et les politiques de santé aux portes de la corruption ont effondré les hôpitaux publics

Le 6 décembre était les élections législatives dans ce pays qui a changé cinq fois de gouvernement en trois ans. Une forte instabilité politique est en Roumanie qui porte encore les cicatrices de sa période communiste avant que le peuple ne fasse tomber Ceausescu en 1989. Il était avant ce décembre 1989, le nom de Walesa qui remplissait la Pologne d’espoir communiquant au peuple Roumain l’envie de liberté et d’en finir avec le froid et la faim, la peur nourrissant les corps.

Le communisme en idylle sous certaines contrées n’est que le souvenir du drame pour ceux l’ayant vécu à l’Est d’une Europe qui souffre toujours des conséquences de l’autoritarisme, et peu importe son nom, celui-ci ne s’alimente que du pouvoir en folie des hommes à penser gouverner l’humanité selon une règle politique dans ce 20ème siècle aux traumatismes des guerres et révoltes qui éclatent en suivant l’ombre de l’atroce, puis  la libération par les résistances naissantes dans les pays opprimés.

La pandémie rappelle aux yeux d’une partie de la population roumaine, par certaines mesures sanitaires, le drame de cette période où en Roumanie une dictature imposait le couvre-feu suivi de longues coupures d’électricité. La mémoire traumatique a également une responsabilité dans le refus de considérer la Covid comme un fait réel, mais plutôt comme une manipulation politique, une conspiration de grande ampleur. Certains politiques et religieux y voient un moyen pris par des personnalités politiques malintentionnées pour  servir uniquement leurs intérêts. Ils voient dans les mesures sanitaires une volonté de maintenir le peuple dans la pauvreté et de l’enfermer. Ainsi près de 30 % de la population ne croit pas en la réalité du virus malgré le nombre de personnes décédées, malgré la situation catastrophique des  hôpitaux qui subissent de plein fouet la crise du Covid. 

La perte de confiance en les gouvernements successifs fait que des personnes refusent de porter le masque , et pensent pouvoir affronter le virus en étant invincibles et des manifestations anti-Covid se sont déroulées notamment au printemps dernier.

La religion impacte également la population qui lutte contre la dureté de la vie en puisant des forces dans la religion et pensant que le fait d’être croyant les protège du virus.

Une culture issue de l’histoire, mais aussi de la pauvreté, du manque parfois d’instruction, la perte d’espoir ruinant l’objectif d’acquérir de meilleures conditions de vie, la mémoire traumatique collective due aux années passées sous le communisme, tout refait surface de manière amplifiée par la crise sanitaire mettant encore plus en danger la fragile économie du pays.

Des mesures sanitaires en pointillé

Les mesures sanitaires qui sont en France sont réservées aux pays riches qui ont les moyens de procéder à des mesures de confinement stricts, de déplacements restreints et de fermetures prolongées en confinement continu aux modifications structurelles allant jusqu’à l’absurde et à tirer politiquement avantage également de situations complexes comme l’établit l’art politique. Difficile alors de concevoir la loi « Surveillance globale » ainsi que les expulsions forcées en pleine pandémie et soulevant une tension qui est déjà extrême en cette période de bouleversement.

Les pays pauvres n’ont pas les moyens de procéder de la sorte et des décisions sanitaires sont prises différemment en fonction des territoires . En Roumanie, actuellement, au moment où les soignants manifestent pour dénoncer une situation plus que critique dans les hôpitaux, alors qu’il est 10 000 nouveaux cas par jour pour 19 millions d’habitants, que les hôpitaux de Bucarest ont atteint un haut niveau de saturation, il est dans la capitale non un confinement , mais un couvre-feu obligeant les commerces à fermer à partir de 21 heures et contraignant la population à être confinée de 23 heures à 5 heures du matin depuis le mois de novembre .

Un couvre feu qui devrait être maintenu jusqu’au moins fin décembre. Le président  roumain annonçant qu’il n’y aurait pas de confinement dans le pays et que seules certaines villes sont contraintes à une quarantaine.

Le masque est cependant obligatoire et dans certaines administrations du pays , les mesures sont particulièrement respectées par les employés car il est très mal vu d’être infecté par le Covid.

Cela s’explique par la saturation dramatique que subit l’hôpital et aussi car il est pratiquement impossible de remplacer les personnes qui se trouveraient alors en arrêt maladie.

Deux paysages s’opposent entre ceux devant respecter les mesures sanitaires et subissant une pression, une culpabilité s’il venait à être positif et de l’autre côté des personnes choisissant pour combat, de défier les mesures sanitaires. Il est cependant à noter que ceux ne respectant pas les mesures sanitaires sont de moins en moins nombreux et que la majorité des personnes portent un masque dans la rue.

Santé – Hôpitaux en manque d’oxygène

Un manque d’oxygène qui n’est pas qu’une expression puisque les hôpitaux manquent de tout , y compris d’oxygène sous pression pour porter assistance aux malades du Covid. Les médecins vivent une situation insoutenable où il y a des malades qui pourraient être guéris et qui devront subir la maladie sans recevoir les soins nécessaires pour les sauver.

Les infrastructures hospitalières pour certaines construites dans les années 1970 sous l’ère communiste n’ont bénéficié de pratiquement aucun entretien.

Des locaux parfois délabrés, inadaptés où il est le besoin de procéder à des travaux urgents avant de pouvoir ouvrir des services de réanimation qui dans l’état actuel de certaines infrastructures ne peuvent fonctionner et dispenser les soins appropriés pour soigner les malades du Covid. Des malades du Covid qui en Roumanie peuvent par l’absence criante de lits, être oxygénés en étant assis sur une chaise.

Des hôpitaux survivent durant la pandémie grâce aux dons de particuliers, d’entreprises et à l’aide apportée par l’Union Européenne. Cependant, la solidarité essentielle ne peut établir un équilibre, une sécurité pour les malades et soignants tant la santé a été abandonnée depuis près de 40 ans. Un exemple dramatique, il est dans des régions : 17 lits en réanimation pour 700 000 habitants.

Un hôpital en manque d’oxygène où les médecins restants en Roumanie accusent une sévère perte de jeunes médecins roumains partant travaillés dans d’autres pays européens car cherchant un salaire plus élevé . Le salaire moyen d’un médecin en Roumanie est d’environ 700 euros ce qui correspond à près du double du smic roumain.

Puis, les étudiants européens dont beaucoup de français venant faire leurs études en médecine en Roumanie, partent également exercés ailleurs. Le pays récolte peu finalement de l’investissement fait dans une politique à l’égard des études supérieures et par sa jeunesse et la jeunesse étrangère diplômées de ses universités.

Une nécessaire solidarité internationale pour la santé doit être partout dans le monde

La pandémie est révélatrice partout dans le monde des conséquences graves d’absence de politiques de santé. L’affaiblissement de celles-ci comme cela est le cas en France démontre la nécessité de relever le défi pour la décennie en cours de garantir la santé pour tous et que celle-ci soit protégée des politiques économiques nocives, ainsi que de la corruption.

L’engagement pour la santé doit impliquer l’investissement des milliardaires pour permettre la construction d’établissements de santé et la pérennisation des politiques en matière de santé si le monde persiste à demeurer en un fonctionnement mondialiste excluant ; alors qu’il est la nécessité de se soutenir mutuellement et de partager équitablement les richesses pour que tout être humain ait accès aux soins. Ce qui est un droit humain fondamental rejoignant la liberté universelle auquel notre monde doit aspirer pour survivre dans le chaotique d’un effondrement.

©Fédora Hélène  

Roumanie – Centre hospitalier ©LiberTerra photo 2020

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