Urgence – Environ 3 000 migrants et demandeurs d’asile sont en danger « immédiat » en Bosnie-Herzégovine

Incendie ravageant le Lipa Emergency Tent Camp et fortes chutes de neige aggravent les conditions de vie de 3 000 migrants et demandeurs d’asile en Bosnie-Herzégovine

Le 23 décembre, près de 3000 migrants se trouvent dans une situation d’urgence, alerte l’OIM. Un drame que vivent des femmes et des enfants par la migration forcée. Des femmes, des enfants , des hommes qui ne veulent que la liberté, traversent l’épreuve de tout abandonner, de prendre la route pour offrir à leurs enfants le droit de grandir en paix et sécurité .

Partir n’ayant que leur humanité pour richesse, ils affrontent la souffrance de la pauvreté extrême. Démunis de tout, les migrants luttent pour une espérance, acquérir un foyer, un refuge, bâtir un avenir, et également pouvoir venir en aide à leur famille restée au pays en subissant le plus souvent la peur, le dénuement, la longue attente pour recevoir  des nouvelles de leurs proches, partis. Ce verbe partir devient ce douloureux périple, vivre le froid , la faim, un refuge de fortune incertain, et ayant sa propre vie  mise en danger, et la peine de l’accueil absent, laissant place à la souffrance de l’abandon. Le monde politique abandonne des vies, des êtres humains.

23 décembre – Incendie au camp d’urgence de tentes de Lipa

Le 23 décembre vers 8 heures du matin, des tentes prennent feu sur le Lipa Emergency Tent Camp en Bosnie-Herzégovine, (Centre de tentes d’urgence de Lipa. Le feu a ensuite envahi tout le camp vers 12 heures détruisant une grande partie de ses infrastructures et endommageant considérablement la totalité du camp , annonce l’OIM. Un drame qui met près de 1 400 migrants sans-abri, dans une situation dramatique avec des températures hivernales arrivant dans cette région située au nord-ouest du pays près de la frontière de la Croatie.

La « route des Balkans » empruntée par les migrants pour espérer rejoindre la Croatie et les pays de l’Union Européenne. Route fermée en 2016 et qui voit toujours des milliers d’exilés la traverser dans l’espoir de trouver au-delà d’elle, le chemin d’une vie meilleure.

Lipa Emergency Tent Camp, un camp où règnait des conditions de vies éprouvantes et une insécurité que dénonçait l’OIM qui par ailleurs demandait aux autorités que soit notamment l’accès à l’eau potable et à l’électricité en imposant un ultimatum le 12 décembre aux autorités du canton d’Una-Sana en indiquant que le 16 décembre l’organisation Onusienne envisagerait de suspendre les sommes investies avec le soutien de l’Union Européenne pour le fonctionnement de ce camp, puisque leurs demandes pour que soit respecté les droits humains fondamentaux ne sont pas entendues malgré plusieurs appels. Un camp ouvert en mars 2020 pour répondre à minima aux mesures sanitaires devant être prises face à la pandémie de Covid.

D’autre part, il est au moins 1500 demandeurs d’asile, essentiellement des femmes et des enfants, qui se trouvent contraints de vivre dans des squats, camps de fortune dans la forêt se situant à côté, ce qui fait qu’il est actuellement 3 000 migrants vivant dans des conditions extrêmement difficiles mettant leur santé en danger , ainsi que leur vie, alerte l’OIM.

« C’est un scénario cauchemardesque : ces personnes devraient être à l’intérieur dans des conditions chaudes, comme le fait le reste de l’Europe en cette période de vacances » déclare mercredi 24 décembre Peter Van der Auweraert, chef de mission de l’OIM en Bosnie-Herzégovine, indique l’ONU.

Un camp de tentes construit au début de l’année pour répondre à la « surpopulation et aux conditions inadaptées qui règnent ailleurs » précise l’ONU.

Des conditions de vie dramatiques où le froid, l’insécurité alimentaire, sanitaire dominent, notamment par le non respect de l’accès à l’eau potable de manière permanente, « Pour plusieurs raisons, principalement politiques, il n’a jamais été connecté à l’alimentation principale en eau ou en électricité, et n’a jamais été viabilisé pour l’hiver. Et, maintenant, avec cet incendie, il ne le sera jamais » explique le chef de mission de l’OIM.

L’absence d’accueil , un drame humain se déroule actuellement à travers le monde 

Des migrants sont à dormir dans la rue, à vouloir se diriger vers Sarajevo, indique l’OIM, cependant le responsable onusien indique que « Ce qui nous préoccupe, c’est que beaucoup ont dit qu’ils iraient à Sarajevo ou à Velika Kladusa, plus au nord, mais nous savons déjà qu’il n’y a aucune capacité supplémentaire dans aucun des refuges pour hommes seuls ».

L’ONU indique que la Croix-Rouge et le Conseil danois pour les réfugiés ont fourni aux migrants des denrées alimentaires d’urgence, des kits d’hygiène, des couvertures, des vêtements chauds à environ 1 500 personnes.

« Nous allons augmenter le nombre d’équipes de distribution et la quantité des produits pour essayer de faire face à cette nouvelle situation » annonce le responsable de l’OIM, selon l’ONU.

L’hiver glacial s’annonce en ce mois de décembre en Bosnie-Herzégovine

L’incendie ayant détruit le camp de tentes de Lipa, l’absence d’accueil adapté aux conditions hivernales,  laissent des migrants dans le plus grand désarroi et devant affronter sans refuge le froid glacial qui s’annonce par de fortes chutes de neige arrivant lundi 28 décembre. Les nuits sont annoncées sous 0° C.

« Avec les récentes fortes chutes de neige et les températures en dessous de zéro, jusqu’à 500 personnes actuellement bloquées à l’emplacement de l’ancien camp de Lipa sont en danger immédiat pour la sécurité, la santé et la protection », alerte l’OIM et le HCR, Bureau du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés dans une déclaration commune samedi dernier.

Les responsables onusiens expliquent qu’ « En l’absence de chauffage sur le site, des engelures, de l’hypothermie et d’autres problèmes de santé graves sont déjà signalés par les personnes bloquées sur place. Malgré les efforts des acteurs humanitaires pour fournir une aide d’urgence, leur vie est en danger immédiat ».

L’ONU, les ONG humanitaires Danish Refugee Council, Médecins du Monde et Save the Children réagissent en portant secours aux migrants.

Il serait de voir une réponse inédite et efficace de tous les gouvernements européens s’opposant à un tel drame, à de telles conditions de vie inhumaines mettant des vies en danger et faisant subir à des enfants, à des femmes des souffrances intenses.

Le communiqué commun des responsables onusiens précisent que les alertes ont été faites par les humanitaires sur les infrastructures du camp de Lipa ne répondant pas aux besoins essentiels pour vivre en sécurité  et qu’elles n’étaient pas adaptées pour mettre en sécurité les migrants et demandeurs d’asile face aux températures hivernales.

« Malgré tous nos efforts collectifs et notre volonté de soutenir immédiatement toute alternative viable, aucune solution, temporaire ou autre, n’a été proposée par les autorités jusqu’à présent » déclarent les ONG humanitaires et organismes onusiens.

« Ne pas agir avec la plus grande urgence mettra des vies en danger » alertent ONU et ONG humanitaires

« Il appartient aux autorités de fournir une protection minimale à ceux qui sont bloqués à l’extérieur des centres d’accueil dans des conditions hivernales qui se détériorent »

l’ONU et ses partenaires alertent sur le fait qu’il y a environ 2 000 migrants « forcés d’essayer de survivre dans des bâtiments abandonnés et des camps de fortune ».

« Ne pas agir avec la plus grande urgence mettra des vies en danger ».

Des êtres humains essayent de survivre dans des conditions de froid, de faim, d’épuisement grave au 21ème siècle, alors qu’il est les discours politiques valorisant le fleuron de l’industrie de l’armement dans les pays riches , les progrès technologiques et nous ne pouvons pas accueillir des personnes en grand danger, ayant leur santé gravement fragilisée, donc des femmes et des enfants.

Cette grande souffrance humaine à travers le monde où il est plus de 80 millions de réfugiés et déplacés à travers le monde en 2020 en pleine pandémie de Covid, concerne tous les gouvernements, toutes les populations, et nous devons tous être unis pour lutter contre les discriminations, les violences et politiques mettant des vies en danger, imposant des conditions de vie inhumaines à des êtres humains en grande vulnérabilité.

Notre monde entre dans une période de grande fragilité, nous avons tous  besoin plus que tout que soit le respect des droits humains fondamentaux et universels pour permettre à une véritable résilience de voir le jour, permettant ainsi à notre humanité l’espérance de perdurer au cœur d’un avenir serein.

©Fédora Hélène

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