Jeudi 11 février – Expulsion de la Zone libre à Cenon à 6 heures du matin, le froid

Il est près de 110 enfants qui marquent le 11 février 2021 à 6 heures du matin à la Zone Libre à Cenon (Gironde).

L’heure d’une expulsion comme il y en a tant, partout en France.

Rappeler les paroles de M Rajagopal, expert à l’ONU déclarant en août 2020, « Les expulsions forcées sont une violation scandaleuse des droits de l’homme » ne sert à rien auprès d’une politique, technocratie, économie , justice qui ne cesseront d’être ce qu’il l’a conçoit , une volonté de pouvoir où notre humanité est en souffrance depuis des décennies.

Des enfants scolarisés, des bébés , des bus pour des destinations décidées sans l’accord des personnes, déstabilisant totalement leur vie, sans avoir tout fait en amont pour trouver d’autres solutions,  pour donner un toit, la possibilité de vivre en paix et en sécurité.

Les personnes de cœur, associations et collectifs œuvrant toujours avec courage s’opposant à toute cette inhumanité ont reçu pour certaines d’entre elles des gaz lacrymogènes pour s’être opposées à cette expulsion. Par ailleurs, les propos de la préfecture seront toujours à justifier l’injustifiable, et se revêtant de ce qu’ils appellent la légalité. L’égalité, c’est tout simplement de donner un toit à tout être humain, de donner la gratuité pour les besoins essentiels , fondamentaux et répondant aux valeurs des droits humains.

Jeudi 11 février,  des familles arrivent sans rien place Pey Berland, et il est alors la volonté symbolique de trouver refuge dans la  cathédrale de Bordeaux à l’image de l’église Saint-Bernard à Paris occupée en 1996 par près de 300 personnes dont 68 mineurs. Les portes de l’église Saint-Bernard seront ouvertes brutalement par la force des coups de hache la brisant. Ce seront près de 1 500 CRS qui interviennent pour expulser les occupants le 23 août à 7h55, heure où la porte de l’église cède. Le ministre de l’intérieur donnant l’ordre est Jean-Louis Debré sous la présidence de Jacques Chirac. Henri Coindé, curé de la paroisse, lit à ce moment-là devant les 300 occupants, « J’ai fait un rêve » de Martin Luther King. 

La fin du rêve sonnée par le glas du politique doit vivre aujourd’hui son commencement par la volonté de chacun d’entre nous. Ce rêve qui trouva porte close à la cathédrale de Bordeaux. Portes fermées, il a été justifié que l’infrastructure religieuse n’avait pas les moyens d’accueillir en toute sécurité les enfants, leurs familles se retrouvant à la rue. De ce fait, les familles ont trouvé refuge au gymnase Barbey et à Darwin ce vendredi 12 février.

Il est aussi une belle action, ce 11 février si froid, celle d’un jeune homme , missionné pour déménager les affaires se trouvant sur la Zone Libre et qui  a refusé de répondre à cette mission par humanité tout simplement, sans être un militant, sans connaître les squats, juste par humanité.

La peine est face à ce drame humain qui se déroule en permanence sous nos yeux, en France. Notre pays est devenu une démocratie défaillante et il est ce mur, ce mur se dressant en permanence, l’obéissance à tels ordres, à de tels choix qui déséquilibrent toute notre humanité.

Il peut être la peine, la colère, la légitimité de ces émotions mais rien ne touchera le pouvoir dominant. Il faudrait qu’une grève générale importante s’impose , un arrêt de la circulation de l’argent, l’ouverture de logements sociaux vacants, la gratuité de produits alimentaires pour tous, tant à faire pour la liberté, la beauté de la paix et pourtant rien de tout cela ne sera dans l’immédiat, de manière spontanée, juste par un élan de notre humanité. 

Demain, un autre squat vivra une expulsion, des familles vivent dans la crainte de perdre leur logement. Des jeunes, familles précaires, mères isolées, travailleurs pauvres, chômeurs, petits retraités, petits commerçants et artisans donnent toutes leurs forces pour survivre dans la pauvreté, la combattre, trouver des solutions, avancer et tenir secret une intense souffrance. C’est épuiser un être humain que de lui imposer de lutter contre la pauvreté, car c’est une chose voulue par un mécanisme économique qui repose sur la pauvreté qu’il impose pour acquérir des richesses. Les inégalités, discriminations sont fortes et le prix Nobel de la paix décerné en 2020 au Programme Alimentaire Mondial (PAM) est le choix de souligner l’urgence qui est de sauver, de protéger ceux vulnérables, des enfants, des femmes en première ligne à lutter contre l’extrême pauvreté ,  tant l’injustice met notre monde en péril. 

L’expulsion ordonnée de la Zone Libre, comme toutes celles ayant lieu ne peuvent que choquer, être ce drame humain qui nous éloigne du chemin à prendre, la solidarité. La responsabilité de tels ordres est de mettre notre humanité en péril. Nous sommes tous sur la même Terre et les conséquences d’un instable puissant sera pour tous, y compris ceux se croyant puissants et pensant répondre à une légalité de normes qui ne sont pas la justice véritable, en aucun cas. 

Pourquoi agir ainsi avec la brutalité d’une expulsion ? Pourquoi casser, briser, entraver soudainement l’avenir de personnes, leurs rêves

Le sourire d’un enfant est merveilleux – Est-ce que leur sourire était présent le 11 février à 6 heures du matin à la Zone Libre durant l’expulsion ? Qui peut éteindre le sourire d’un enfant ? Qui peut vouloir une telle chose ?

Nous sommes un pays riche avec des politiques ayant le but de l’argent plein leurs discours, et accueillir, partager, secourir , se soutenir mutuellement dans une solidarité véritable, cela ils ne savent pas le vivre. Aimer, se vit avec l’élan de notre être libre, l’élan de notre humanité, de nos larmes, de notre douleur , de notre envie de conquérir le bonheur de la paix.

Les préfectures, les ordres, les politiques, leur économie, leur justice ne sont pas la paix, le juste , ce qui illumine l’espérance. Ils semblent avoir oublié dans l’or faux des palais, le simple d’être un être humain qui ne peut prendre le droit de diriger la vie d’autrui dans la folie de normes, de directives, d’ordonnances , de ce mythe du pouvoir qui ne fera que briser chaque jour un peu plus notre humanité.

Surveiller, la surveillance pour loi, sera le profil de nos villes, qui seront ces prisons où tout est ordonné, normé, établi en certitude. Nous sommes tous étranger, étranger à l’autre, et nous allons dresser cette chaîne qui en premier séparera les riches des pauvres, l’humain de son humanité.

Aujourd’hui, des enfants ont perdu ce qu’ils pensaient être leur refuge, leur école, et ils espéraient avoir une vraie maison, une clé , celle de chez eux et un ordre a décidé en plein hiver qu’il était urgent, indispensable de procéder à une expulsion faisant de l’espérance, l’injuste, et pourtant espérer demeure d’une telle force pour ceux en souffrance.

L’espérance en lumière – La cathédrale de Bordeaux fermée, l’espoir éteint, la flamme soufflée à la ressemblance de la porte fermée

Le secours catholique est présent, aide  les personnes de la Zone Libre. Puis, il est cet étonnant, tout se sépare, comme si il était à montrer que seule la force du cœur compte, que seule la force d’aimer est précieuse, une valeur sans frontière, universelle, qui nous unit tous, qui nous réunit et non nous désunit.

Le pouvoir politique , le gouvernement, l’économie et la justice nous désunissent car ces pouvoirs ne portent pas l’espérance par la force de notre solidarité. Être humain , être là, répondre oui, agir selon les moyens de chacun, mais être là et vouloir que les droits humains fondamentaux , universels soient la seule légalité possible avec cette voix du cœur pour leur donner vie. 

Une clé pour toit !

©Fédora Hélène

©️ LiberTerra 2021

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