Migrants et réfugiés – Le silence des barbelés , le cri de la liberté

Le 25 novembre était la Journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes s’ouvrant sur 16 jours de militantisme jusqu’au 10 décembre Journée internationale des droits de l’Homme. Des évènements forts pour engager notre société vers la réalisation des objectifs du développement durable pour établir in fine la paix universelle.  Une paix qui reconnaît pour tous le droit de vivre, de vivre libre  par la garantie pour tous de ne pas avoir sa liberté traumatisée, brisée par la violence. Une violence qui ne correspond pas à notre humanité qui ne peut s’épanouir que par la liberté, empreignant toute vie, et lui donnant ainsi  toute possibilité de perdurer. 

Le 25 novembre signifie une lutte contre toutes les violences, celles qui impactent gravement la vie de millions de femmes à travers le monde : la pauvreté, les discriminations, le racisme. Une lutte qui prouve encore une fois que les droits humains ne peuvent être séparés et qu’ils doivent tous être réalisés en même temps pour que la paix universelle puisse naître.

Le 24 novembre dernier, il y a eu le dramatique naufrage au large de Calais où au moins 27 migrants ont trouvé la mort. Une drame qui nous rappelle avec force que notre humanité ne peut perdurer par la division, par le fait de considérer une personne comme étant étrangère. La Cimade reprend cet essentiel : « Il n’y a pas d’étranger sur cette terre ». Il n’y a que des êtres humains, ensemble, qui doivent reprendre cette volonté, initiative du Chef de l’ONU, Tous UNIS. Tous unis pour mettre fin à la violence faite aux femmes par cette conscience que cette lutte est pour la vie. Elle implique donc chacun de nous et elle ne peut considérer un être humain comme étant un étranger. Ce mot excluant des personnes de nos communautés solidaires et provoquant ainsi des catastrophes humanitaires qui ne peuvent que nous blesser profondément et faire reculer les droits humains, ruiner des années d’efforts faits par les membres et bénévoles d’ONG humanitaires, des organismes onusiens, ainsi que des associations aidant les personnes vulnérables.

Le 24 novembre, au moins 27 personnes ont trouvé la mort par ce déchirement de notre fraternité. Une ligne inventée que nous appelons :  frontière – nous sépare alors que les mers et océans ne font qu’un sur une planète, notre Terre. Une division que toute notre humanité subit à cause de lois et politiques oppressant toujours plus la paix. Aujourd’hui, alerte la Cimade, plus de 300 personnes ont perdu la vie en 30 ans sur le littoral Nord. La mer prend le deuil  et la Cimade rappelle dans un communiqué de presse commun avec Médecins du Monde, Amnesty International France, Médecins sans frontières et Secours Catholique-Caritas France, le fait que la France et le Royaume Uni ne tiennent pas à prendre leur responsabilité concernant non seulement le terrible naufrage se déroulant le 24 novembre dernier, mais également car la politique observée de part et d’autre, selon les associations et ONG, est menée par des mesures sécuritaires et répressives. Une politique de « non accueil menée depuis 30 ans » s’impose à la frontière franco-britannique, souligne la Cimade . Une politique entraînant des conséquences dévastatrices pour les plus vulnérables exposés à la précarité, à des conditions de vie inhumaine, imposées par la violence dont nos sociétés sont encore dépendantes.

Il est urgent de mettre fin à la violence qui bouleverse la vie des plus fragiles. L’injustice de mourir dans les eaux froides car notre humanité a oublié d’aimer, à oublier sa fraternité, son humanité dans ce non-sens de se perdre en étant contre elle-même. La France, le Royaume-Uni, l’Europe et les États Membres, souligne la Cimade, ne peuvent plus cacher la responsabilité politique fermant les portes à la paix, aux droits humains. Des choix politiques  qui provoquent cet infernal recommencement de la violence depuis plusieurs décennies. Cette violence émane de la conception des rapports de force entre puissances suivant le mouvement d’une séparation profonde de notre humanité entre riches et population mise en état de vulnérabilité.

Les « passeurs » sont la conséquence de politiques migratoires abandonnant les migrants et réfugiés, la conséquence de politiques économiques appauvrissant plus de la moitié de notre humanité, de politiques oubliant les graves conséquences de la pandémie de Covid sur les plus fragiles durant laquelle les conflits ont été toujours plus violents, aggravant les crises humanitaires dans le contexte d’une crise climatique.

Il est urgent de mettre fin à la violence politique conçue  et qui ne génère que souffrances et drames. Les murs en frontières qui sont continuellement érigés alors qu’il est nécessaire d’enclencher un mouvement contraire. D’autre part, la Cimade souligne que d’importants moyens sont consacrés pour enfermer nos sociétés dans une mécanique sécuritaire nocive –  faisant partie d’un besoin permanent d’enrichissement pensé comme une protection des territoires, la garantie de leur indépendance et dominations.

La Cimade appelle à remettre en cause le traité du Touquet et le protocole additionnel de Sangatte. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) alerte dans un communiqué de presse le 11 février, que les réseaux de trafiquants de personnes exilées et de passeurs se développent de manière alarmante et s’adressent à des personnes en détresse en leur proposant de traverser au péril de leur vie sur des « small boats ». Des passeurs approchant particulièrement des femmes en grande vulnérabilité, ainsi que des victimes de traite des êtres humains.

Les politiques doivent garantir la sécurité des plus vulnérables en adoptant des politiques d’accueil et de solidarité. La CNCDH qui après cinq ans de ses premières actions menées sur le terrain, s’est de nouveau rendue en décembre 2020 à Calais et Grande-Synthe. La Commission faisant un constat sans appel des conditions de vie des exilés. « On a fermé des campements, mais on a ouvert de l’innommable » a déclaré un élu à la délégation de la CNCDH souligne le communiqué de presse.

Jean-Marie Burguburu, président de la CNCDH, a affirmé qu’« Il n’est  pas tolérable qu’au titre de la politique migratoire, des mesures continuent d’être prises qui ont pour effet de porter atteinte aux droits fondamentaux des personnes exilées ».

L’urgence d’agir pour le respect des droits humains des migrants est sans appel. La pandémie de Covid continue d’impacter les plus vulnérables et la crise des frontières ainsi qu’il est en Pologne met chaque jour la vie des plus vulnérables en danger.

© Fédora Hélène 

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