Se connecter à Internet – une impossibilité pour près de 3 milliards de personnes

L’ UIT (Institution spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l’information et de la communication) a publié  l’édition 2021  sur les « données et chiffres » établissant la situation de la connectivité numérique dans le monde.

Cette Institution fondée en 1865 se manifeste à chaque fois que nous téléphonons depuis un portable, envoyons un courrier électronique en permettant une harmonie entre les différentes interconnexions des réseaux et des technologies du monde entier, tout en s’efforçant de veiller à ce que toutes les communautés puissent accéder aux droits de se connecter, de pouvoir communiquer, s’informer par le biais des supports numériques. L’UIT définit son but : connecter tous les habitants de la planète. Chacun doit pouvoir bénéficier du droit de communiquer avec le monde entier sans être entravé.

Une connectivité qui a augmenté de plus de 10 % du fait des contraintes imposées durant la première année de la pandémie de Covid, soit une progression annuelle la plus importante en dix ans. En 2020, ce sont 782 millions de personnes supplémentaires qui se sont connectées , soit une hausse de 17 %. Une progression qui a pu être réalisée par un accès augmenté à Internet dans les pays en développement soit plus de 13 %. L’ONU précise que la hausse moyenne a atteint 20 % dans les 46 pays étant les moins bien avancés (PMA).

« Ces statistiques montrent que l’UIT a beaucoup progressé dans l’accomplissement de sa mission consistant à connecter le monde » a indiqué la Directrice du Bureau de développement des télécommunications de l’UIT, Doreen Bogdan-Martin.

Cependant, les pays subissant une vulnérabilité économique importante et impactant gravement les populations souffrant de pauvreté, de malnutrition, de mortalité infantile et maternelle, demeurent isolés et il est observé un véritable « fossé en matière de connectivité » – près des trois quarts des populations vulnérables n’ont pas accès à Internet et n’ont jamais accédé à leurs droits de communiquer, de s’informer.

De fortes inégalités entre riches et pauvres apparaissent dans le cadre du droit à la connexion et les femmes subissent en premier ces discriminations en demeurant coupées de tout et sans aucun respect de leurs droits. Doreen Bogdan-Martin souligne que « Les femmes qui vivent dans ces pays sont particulièrement marginalisées, puisque quatre sur cinq ne sont toujours pas connectées ». Les femmes subissent encore et toujours de graves discriminations et Mme Bogdan-Martin alerte sur le fait que « La fracture numérique entre les hommes et les femmes est en train de se réduire à l’échelle mondiale, mais de fortes inégalités subsistent dans les pays pauvres ».

Pouvoir se connecter régulièrement, pouvoir communiquer, transmettre une information reste un privilège alors qu’il ne devrait en aucun cas en être un, mais accessible à tous où que ce soit dans le monde. Les populations ne pouvant se connecter, n’ayant jamais pu utiliser Internet, subissent la pauvreté, la malnutrition, un accès inexistant à l’électricité, sont totalement démunies, n’ont pu avoir accès à l’éducation et souffrent d’analphabétisme. Les populations fragiles ne peuvent dans ces conditions de vie très difficiles, inhumaines posséder une connaissance numérique.

En 2021, ce sont près de 3 milliards de personnes pauvres qui n’ont pas accès à Internet. Les Oubliés pendant que les pays riches conçoivent un avenir au langage exclusivement numérique avec une portée dans le domaine spatial qu’Emmanuel Macron réitère lors de la conférence de presse depuis le Pavillon France de l’Exposition universelle de Dubaï.

Des investissements gigantesques sont pour l’avancée IA au cœur de nos sociétés, pour également former un armement de haute technologie IA et nucléaire en fleuron de nos industries d’armement et de technologies, pendant que près de la moitié de notre humanité est exclue par la violence de l’économie provoquant par ses activités une accélération du réchauffement climatique qui impacte les populations vulnérables qui ont besoin d’infrastructures fondamentales comme celles pour l’assainissement, la santé, l’éducation pour ne plus être exclues des progrès numériques.

Le droit de communiquer est un droit humain 

Des communautés à travers le monde sont exclues de tous droits , il ne reste que moins de dix ans pour réaliser les objectifs du développement durable, il est primordial de défendre et de protéger les droits humains, les droits des femmes et de ne pas faire silence face aux thèses alarmantes de l’extrême droite se cachant au sein même d’une certaine droite véhiculant des propos mensongers sur les populations vulnérables telles que les migrants et réfugiés qui n’ont que très peu accès à Internet, jusqu’à ne pouvoir alerter des conditions de vies inhumaines qui leur sont imposées.

Il est d’alerter les organismes onusiens sur la progression novice en France de mouvements d’extrême droite mettant en danger les objectifs du développement durable. La responsable du développement des télécommunications à l’UIT, soulignant, « Malheureusement, les communautés décrites comme les plus susceptibles d’être laissées pour compte dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 sont précisément celles qui sont aujourd’hui exclues du numérique ».

Statistiques – les inégalités de connexion à Internet entre femmes et hommes

L’UIT rappelle dans sa publication que dans le monde, 62 % des hommes en moyenne utilisent Internet contre 57 % des femmes. Dans les pays les moins avancés, le fossé se creuse puisque 31 % des hommes sont connectés contre 19 % des femmes. Dans les pays d’Afrique, la fracture entre les hommes et les femmes est de 35 % d’hommes connectés contre 24 % des femmes. La publication démontre également que dans les États arabes, 68 % des hommes sont connectés contre 56 % des femmes.

Les inégalités entre le monde rural et urbain

Les conclusions du rapport démontrent aussi des inégalités entre les populations urbaines et rurales. Un différentiel important qui peut s’expliquer par un  manque de moyens, un délaissement politique pour les zones rurales et ce sont 76 % de personnes connectées en milieu urbain contre 39 % en milieu rural. Ainsi les femmes victimes de violences en milieu rural ont des possibilités moindres d’alerter, de communiquer et subissent un isolement augmenté.

Dans les pays économiquement riches, cette fracture est moins persistance avec 89 % des personnes vivant dans les zones urbaines qui sont connectées contre 85 % en milieu rural. Un différentiel s’exprimant plus fortement pour les personnes précaires, ainsi que pour les personnes âgées, et d’autant plus pour les retraités ayant de faibles revenus.

Une coupure générationnelle persiste –  en moyenne, 71 % de la population mondiale âgée entre 15 et 24 ans utilise Internet, contre 57 % des personnes des autres groupes d’âge. Un fossé générationnel apparaît dans le monde entier. Toutefois, dans les PMA, 34 % des jeunes sont connectés contre 22 % concernant tout le reste de la population.

L’UIT considère la capacité des jeunes à se connecter comme une très bonne chose participant à l’émancipation des moyens de communication pour tous et permettant un développement dans différents secteurs d’activités, y compris dans le domaine des études. D’autant plus dans les PMA où la moitié de la population a moins de 20 ans et la connectivité est un des éléments permettant un avenir sorti de l’isolement. Cela contribue à lutter toujours plus efficacement contre la pauvreté, les fortes inégalités provoquant des conflits et crises humanitaires. 

Il est noté qu’avant l’arrivée des Talibans en Afghanistan, de jeunes Afghanes ont développé le numérique dans leur pays, les communications et activités avec le monde entier.

D’autre part, l’UIT met en évidence la problématique financière pour acquérir l’outil numérique et la possibilité de communiquer. Les forfaits mobiles doivent être accessibles et non atteindre des prix élevés. Dans les pays les plus pauvres, l’accès à une ligne peut atteindre le taux catastrophique pour les plus vulnérables, de 20 % du RNB par habitant, voire plus, précise la publication.

Le droit à l’éducation pour accéder à Internet

Des populations fragiles n’ont pu aller à l’école, comme 258 millions d’enfants n’ont pas accès à l’école en 2021 – la majorité des enfants non scolarisés étant des filles – et rencontrent des difficultés pour acquérir une connaissance numérique. L’alphabétisation est essentielle pour permettre aux plus vulnérables d’utiliser différents outils numériques dont Internet. De plus, il manque sur Internet des traductions de contenus en langue locale ce qui accentue les barrières bloquant les possibilités de communications numériques.

« Alors que près des deux tiers de la population mondiale disposent à présent d’un accès Internet, il reste encore beaucoup à faire pour connecter tous les habitants de la planète » a informé le Secrétaire général de l’UIT, Houlin Zhao.

© Fédora Hélène 

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