Une Déclaration inédite conjointe à 5 pays dont la France, donne-t-il l’espoir d’éliminer les armes nucléaires ?

L’examen du Traité de non-prolifération des armes nucléaires qui devait commencer mardi 4 janvier a été reporté du fait de la pandémie de Covid.

L’annonce de ce report fait place à la publication d’une déclaration inédite conjointe à cinq États établissant une volonté commune pour prévenir la guerre nucléaire et éviter la course aux armements. La France, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et les États-Unis établissent une Déclaration commune appelée P5, pour affirmer « qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée ».

La 10ème Conférence d’examen du TNP devant se dérouler du 24 au 28 janvier prochain, doit accueillir l’affirmation de gagner un futur réalisant un monde plus sûr, capable de contribuer à la paix universelle.

Pour ce faire l’engagement des chefs d’États et gouvernements doit fonder en premier une alliance garantissant une mobilisation positive pour le désarmement nucléaire, la non-prolifération nucléaire et usages pacifiques de l’atome. Ces trois piliers énoncés dans la déclaration sont pour préserver l’autorité et la primauté du Traité fondé de longue date dans l’espoir de mettre fin à l’armement nucléaire.

Le Chef de l’ONU rappelle dans une Déclaration que  « Le seul moyen d’éliminer tous les risques nucléaires est d’éliminer toutes les armes nucléaires ».

Un processus de désarmement essentiel si nous ne voulons pas enfermer notre monde dans une paix virtuelle ne tenant que par les rapports de force entre les pays. Lesquels encouragent la continuité de politiques d’armement, même si celles-ci seront, comme l’indique la Déclaration, contenues dans une volonté de confirmer les Déclarations passées sur le déciblage.

La Déclaration conjointe aux 5 États publiée lundi, confirme l’application de ce principe primordial et rappelle qu’aucune des armes nucléaires que possèdent ces pays ne prenait pour cible l’un d’entre eux, ni aucun autre État.

Des armes nucléaires au nombre de 13 000 qui seraient dans quelques pays, a alerté l’année dernière Antonio Guterres, et ces armes représentent un risque constant. Nous devons avoir conscience que tout peut basculer très vite et déclencher une catastrophe dévastatrice pour notre humanité, comme pour la nature. Une menace qui, par les conflits, l’aggravation des crises humanitaires et climatiques prend chaque année plus d’ampleur. Le Chef de l’ONU souligne dans un article d’opinion publié au niveau international qu’il « suffirait d’un malentendu ou d’une erreur d’appréciation pour entraîner non seulement la souffrance et la mort à une échelle effroyable mais aussi la fin de toute vie sur Terre ».

Notre humanité est assise sur une bombe nucléaire, et la résolution de procéder à une décroissance des productions d’armement est le travail auquel les gouvernements doivent s’atteler.  L’élimination des armes nucléaires est pour Antonio Guterres, un objectif à atteindre « dès que possible ».

Une résolution que la Déclaration P5 tient à affirmer en déclarant, « Nous sommes fermement convaincus de la nécessité de prévenir la poursuite de la dissémination de ces armes ». Une nécessité qui est également celle de faire en sorte que puisque ces armes existent, qu’elles soient uniquement à servir à des fins de « défensives, de dissuasion et de prévention de la guerre », affirme la Déclaration.

Une définition qui confirme la présence des armes dans les rapports de force, et qui maintient l’industrie de l’armement en valeur, d’autant que les ventes d’armes continuent leur ascension. Une réalité, et c’est pourquoi la Déclaration commune tient à réaffirmer l’importance de respecter « les accords et engagements bilatéraux et multilatéraux en matière de non-prolifération, de désarmement et de maîtrise des armements ».

Un travail qui doit être suivi d’actes forts, concrets et établir la transparence en matière d’armement et de ventes d’armes. Si les efforts sont faits pour qu’ils ne soient plus ces armes destructrices, les décideurs politiques  doivent également stopper les ventes d’armes. Or les nouvelles technologies dans le domaine de l’IA et la robotique  qui conçoivent des armes puissantes et autonomes sont en progression.  Il ne faudrait pas que les bonnes résolutions qui donnent espoir, se transforment en serpent qui se mord la queue !

La déclaration tente de donner des arguments sûrs pour que la confiance puisse être le cœur de cette alliance. Laquelle engage non seulement les cinq pays signataires, mais la totalité de notre monde.

L’accord stipule qu’il est l’objectif  de fermement respecter le TNP et est souligné l’article VI, « poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle internationale strict et efficace ».

Le défi est de réunir autour de cet accord en plaidoyer pour mettre fin à l’armement nucléaire, tous les États. La menace ne peut pas rester à planer au-dessus de notre avenir et l’engagement de tous est nécessaire pour aboutir à « un monde exempt d’armes nucléaires », souligne la Déclaration.

Les puissances politiques ont créé un monstre, ils doivent l’anéantir. La population doit rester vigilante et rappeler aux gouvernements leurs engagements de « traiter les menaces nucléaires » comme l’indique Le communiqué.

Ce travail pour éviter l’irrémédiable se fonde sur la diplomatie, sur la compréhension les uns envers les autres pour assurer une confiance mutuelle.

La Déclaration reconnaît qu’il est nécessaire de lutter contre « une course aux armements qui ne profiterait à personne et nous mettrait tous en danger ».

Mais, les États signataires sont conscients que la poursuite d’un dialogue constructif, ne peut se faire sans la garantie pour chaque pays de posséder la sécurité pour son propre territoire et répondre à ses intérêts lors de conflits internationaux.

Une sécurité des territoires qui passe aussi par une augmentation de la surveillance de la population, un contrôle permanent mettant les libertés et droits de l’homme en danger.  Une liberté enfermée au nom d’une sécurité ne provoquerait que des discriminations et maltraitances  à l’égard d’une population stigmatisée  pour son appartenance culturelle et religieuse. Il faut donc veiller aux actes politiques appliquant des lois sécuritaires toujours plus intrusives dans le quotidien de la population. 

Nous sommes  par la Déclaration P5 au dialogue louable qui donne espoir et nous ne voudrions pas un jour nous dire que nous avons eu tort d’espérer, de faire confiance aux décideurs politiques.

Il suffit d’une étincelle pour que s’enclenche un processus irrémédiable et la volonté de conquérir des territoires interplanétaires laissent nombres d’interrogations en suspens. Des questions telles que : qui dominera ces nouveaux territoires et avant même de penser les posséder un jour, sera la course pour dominer ce nouvel espace. Nous pouvons espérer une collaboration scientifique solidaire, une alliance internationale solide pour cette nouvelle civilisation que des États veulent à tout prix fonder.

Une paix menacée

Une paix qui se trouve en permanence menacée car elle se positionne entre deux fractures, entre des conflits persistants sur des territoires comme au Yémen, qui sont engendrés non seulement par une culture de la guerre qui émane de notre civilisation, mais également par une puissance commerciale qui négocie la paix par les ventes d’armes en rapport de force. Donc la voix de la diplomatie passe également par la voie des ventes d’armes. On est en permanence en déséquilibre entre deux fractures et jamais dans l’unité.

La division provoque cette idée de la sécurité car elle fait de l’homme le premier ennemi de l’humanité. L’Homme en supra prédateur constitue son propre ennemi. On appelle cela l’autodestruction. L’homme est cet éternel guerrier qui combat contre lui-même donc le risque est permanent et les armes nucléaires le mettent face à cette possibilité qu’il possède, détruire.

Il serait plus loin de se poser la question : est-ce que la nature de l’homme n’est pas de se positionner constamment au bord du précipice et de savoir qu’il y a toujours un risque de basculer. Ce risque, il le prend en instaurant la pauvreté, les politiques totalitaires et en étant animé par la quête de pouvoir. Par le pouvoir, les puissances s’imposent en décideurs de l’avenir de la paix qui n’existe alors que par les tensions constantes et la division.

Le visible de cet esprit, ce sont les armes nucléaires. Le monde prospère par la vie et notre humanité a prospéré en créant une civilisation guerrière et marchande.

Nous ne savons pas nous sortir de ce nœud, de cette invention de l’économie destructrice car la paix véritable n’existe pas, car elle ne vit pas. Elle a besoin pour vivre de la réconciliation et non d’une humanité divisée.

Le premier signe véritable en faveur d’un désarmement, c’est la lutte contre la pauvreté. La pauvreté émane d’une violence terrifiante qui s’impose, détruit la vie des plus fragiles.  Pour gagner un enrichissement, les puissants appauvrissent leurs semblables. Durant la pandémie les plus riches ont augmenté leurs richesses, et en parallèle la pauvreté a augmenté.  L’extrême pauvreté touche des millions d’enfants sur tous les continents, y compris en France qui compte 10 millions de pauvres. Une pauvreté qui marque profondément le début de l’année de 2022, et qui s’impose toujours plus fortement. Un déséquilibre qui s’aggrave et le Liban subit les graves conséquences de la catastrophe que des politiques sont capables de provoquer.

Emmanuel Macron souligne le 4 décembre dernier agir pour favoriser « les équilibres » permettant de « contribuer à bâtir la paix et la stabilité », écrit-il sur sa page Facebook.

Il évoque tout particulièrement le Liban et la Libye où se déroulent des crises majeures provoquant de graves souffrances, ainsi que la nécessité d’aller dans le sens d’un dialogue constructif avec les Emirats arabes unis, le Qatar et l’Arabie saoudite.

Emmanuel Macron exprime dans son communiqué,  rendre visible l’ambition d’aller vers le dialogue et la coopération pour améliorer les situations extrêmement problématiques comme la lutte contre le terrorisme. C’est par des ventes d’armes inédites de 80 rafales et de 12 hélicoptères aux Émirats arabes unis le 6 décembre qu’il établit sa stratégie de paix. Un communiqué de l’Élysée s’en félicite et souligne le partenariat historique entre la France et les Émirats arabes unis par la réalisation de contrats d’un montant de 16,6 milliards d’euros. Ceux-ci – précise le communiqué, viennent renforcer l’accord de défense signé en 1995 et renouvelé en 2009.

Un accord stratégique se justifiant comme un moyen sûr dans l’objectif de coopération dans la lutte contre le terrorisme, le financement du terrorisme et l’extrémisme. Le visible, se faisant par le matérialisme, lequel émane de puissances économiques en rapport de force, les ventes d’armes traduisent une volonté de garantir la paix et la sécurité en fixant une coopération pour promouvoir les valeurs de la paix et de la tolérance.

Mais, c’est le matérialisme qui fonde cet accord, donc ce qui s’oppose, ce qui divise, et ce qui établit l’éphémère. Ce n’est pas l’invisible qu’est une paix profonde qui unit les hommes et permet de cultiver une paix durable pour les générations futures.

Emmanuel Macron s’attache à la visibilité par un excès de surenchères commerciales et la France établit le record de ventes d’armes en 2021 pour un montant d’environ 28 milliards d’euros, annonce La Tribune.

Une année 2022 qui s’annonce prometteuse pour la vente d’armes. Une progression qui est aussi par l’application de la loi relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025. Un programme engageant un total de 295 milliards d’euros.

Une paix fragilisée qui se consolide par un visibilité accrue des ventes d’armes et un accord inédit entre 5 puissances d’armement qui laisse une inquiétude majeure pour la concrétisation de la paix universelle.

Cette alliance pour la paix par la force des stratégies militaires internationales est-elle réellement possible et durable ?

Le message du Président Emmanuel Macron se voulait porteur des mots « paix » et « stabilité » et soulignait l’aide humanitaire apportée en Afghanistan par l’acheminement de matériel médical et à l’hôpital mère-enfant de Kaboul.

Nous connaissons aujourd’hui la gravité sans précédent de la crise humanitaire sévissant en Afghanistan où 24 millions de personnes subissent une insécurité alimentaire.

De la sécurité à l’insécurité alimentaire pour 3 milliards de personnes, nous donne l’ampleur des déséquilibres provoqués par un multi développement des activités économiques et un de ses phares, l’armement.  

La question serait : est-ce que la stratégie hautement développée actuellement par Emmanuel Macron est véritablement vertueuse pour bâtir une monde plus durable, plus sûr et plus juste ? De la même manière peut-on allier en stratégie les valeurs de paix et celles pour prévenir de la guerre par un armement en multiples accords internationaux basés sur un engagement financier à hauteur de milliards d’euros ?

La durabilité de la paix est avant tout dans la lutte contre la pauvreté car celle-ci exige une interprétation nouvelle de notre monde où l’homme ne serait plus l’ennemi de lui-même. Se faire confiance, avoir confiance en notre humanité, ce n’est pas forcément de la maintenir en rivalité tout en lui opposant des accords commerciaux en stratégie de paix.

Le Chef de l’Onu fait six recommandations pour agir pour la paix

Antonio Guterres confirme que seule l’élimination des armes nucléaires constitue une assurance vie pour notre monde. Pour avancer vers cet objectif, le TNP demeure, selon lui, « le principal espoir d’inverser » la courbe concernant la course mondiale aux armements.

Le Chef de l’ONU invite les États Membres à définir une marche commune à suivre en vue du désarmement nucléaire. Il est également important d’avancer dans la transparence pour que le dialogue soit sincère et qu’il respecte les populations qui seraient les premières victimes. Affaiblir au maximum le risque d’une guerre nucléaire reste une urgence.

Le Chef de l’ONU alerte sur les crises nucléaires qui « couvent » au Moyen-Orient et en Asie.  Pour permettre plus de sécurité et ne permettre qu’une escalade des conflits s’opèrent, il est également de renforcer les instances mondiales œuvrant pour la non-prolifération, comme l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le nucléaire doit être pensé pour une utilisation pacifique tel qu’il peut être dans le domaine médical.

La jeunesse est le véritable espoir de faire perdurer une paix durable par son universalité. Une jeunesse en alliance avec les peuples du monde, devenant des citoyens du monde convaincus de la nécessité de l’élimination des armes nucléaires. C’est l’enseignement que les États doivent transmettre. Une action qui doit être accompagnée par une ouverture inédite des établissements éducatifs et universités. Des universités qui subissent des stratégies de profits qui freinent considérablement l’accès au droit du savoir, d’apprendre, et de fortifier les pays vers un objectif de l’universalité de la paix, par l’universalité des droits humains.

© Fédora Hélène 

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