La France reconnaît par une résolution symbolique, le génocide ouïghour – Liberté pour les Ouïghours, celle urgente !

En 2017, une femme Ouïghoure témoigne des violences dont elle a été victime.  Violées, torturées, des stérilisations forcées, des avortements tardifs, enfermées, brisées et la force de témoigner, la vie de ces femmes plus fortes que l’atroce, plus forte que ce qui a voulu les anéantir.

Elles témoignent, survivantes. Leurs témoignages percent la nuit, le silence et des articles paraissent dans la presse américaine, des reportages, journalistes d’investigations,  et également des chercheurs,  rendent visible l’atroce que subit le peuple Ouïghour.

La beauté, la richesse de leur culture, de leur langue, des vies anéanties – la communauté internationale alertée et le silence persiste, le mondialiste continue son œuvre, s’enrichit au prix de la vie de femmes, d’enfants et d’hommes.

Des images satellitaires identifient dans la nuit la position de camps d’internement, des données, rapports, témoignages d’anciennes et anciens détenus, puis tout se fige et la forte répression contre les Ouïghours continue année après année.

Génocide culturel

L’Australian Strategic Policy Institut, a effectué des recherches rigoureuses sur la situation des droits de l’Homme dans la région du Xinjiang. L’ASPI fait part dans un communiqué de presse de la gravité des violences que subissent les Ouïghours.

Il est fait état de l’existence présumée de camps d’internement de masse, d’une haute surveillance de la population Ouïghoure par notamment des moyens technologiques comme les caméras de reconnaissance faciale, QR code. Il est également le travail forcé, ainsi que des campagnes de « rééducation », établissant intentionnellement la destruction culturelle d’un peuple.

Le nouveau rapport réalisé par l’ASPI, et intitulé « Culture Erasure :  Tracing the destruction of islamic and UYghur spaces in Xinjiang » (Effacement culturel : retracer la destruction des espaces islamiques et Ouïghours au Xinjiang), établit pour la première fois, l’ampleur de la destruction de mosquées et autres lieux culturels Ouïghours, depuis 2017.

L’étude établit qu’environ 16 000 mosquées à travers le Xinjiang ont été détruites ou endommagées, depuis 2017. Ce qui représente 65 % au total de lieux de cultes touchés par la politique de répression. De plus, environ 8 500 mosquées ont été complètement démolies.

Un chiffre édifiant démontre l’écroulement du patrimoine culturel ouïghours dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, où ce sont plus de 26 500 mosquées qui ont été détruites depuis la Révolution culturelle (1966-1976).

Des sites sacrés ouïghours, tels que des cimetières, sanctuaires et chemins de pèlerinage ont également été touchés et ce sont 30 % de ces sites qui ont été démolis, et 28 % supplémentaires ont été abîmés ou transformés en différents lieux.

Des imagines satellitaires ont également démontrer la destruction quasi complète de site de pèlerinage sacré d’Ordam Mazar situé dans le désert du Grand Bughra entre Kashgar et Yarkant.

Décembre 2017, le mois où le site d’Ordam a été détruit, et celui où l’anthropologue ouïghour et expert international reconnu, Rahile Dawut, a disparu. Ce chercheur de renommée internationale fait partie des plus de 300 intellectuels ouïghours détenus, alerte le rapport.

Une destruction lourde de sens qui donne à réfléchir sur un discours politique portant la haine contre les musulmans, quand les autorités du Xinjiang alerte contre la « halalisation », la « musulmanisation » et l’« arabisation » de la culture au Xinjiang, et efface les symboles architecturaux comme  la calligraphie arabe, des minarets, dômes, l’étoile et le croissant, entre autres.

De plus sous prétexte de lutte contre le séparatisme et le terrorisme, l’étude souligne qu’il est une surveillance stricte des mosquées, du personnel religieux, qui s’inscrit avec la démolition de mosquées dans une campagne de « rectification des mosquées », suivie par le Département central chinois des affaires ethniques et religieuses.

L’effacement culturel dans toute sa dimension, l’esprit et les corps meurtris, la violence calculée, méthodique, récurrente à l’égard d’un être humain, est issue d’une volonté de destruction de l’être et de soumettre sa vie à une obéissance à ce qui la détruit. Notre civilisation porte en elle ses lettres qui l’ont construite, l’esclavage. Des femmes, des enfants soumis depuis des siècles au silence des souffrances qui leur sont imposées en normes civilisationnelles, comme elles sont capables de détruire un peuple, de le soumettre à un ordre politique dominant. La politique érigée en puissance et dictature, est la pire erreur faite par l’humanité ! Nous pouvons alors émettre l’hypothèse que la fin des pouvoirs politiques oppresseurs , sera la libération de l’humanité.

Génocide – Un peuple en souffrance

Les recherches faites par ASPI’s International Cyber PolicyCentre ont pu localiser, cartographier plus de 380 centres de détention dans la région du Xinjiang, nouvellement construits ou agrandis depuis 2017.

Le communiqué souligne que les recherches et analyses faites, constituent un ensemble de données, les plus complètes au monde, sur le système carcéral du Xinjiang.

Des images satellites prises de nuit ont pu identifier l’activité électrique à partir de Xinjiang. Une méthode efficace qui met en évidence la construction de nouveaux centres de détention, en plus de l’agrandissement de centres de détention existants en 2019 et 2020.

Le rapport identifie également les différents niveaux de rééducation et d’enfermement des personnes, allant du niveau 1 à 4, où la sécurité est maximale.

Le chercheur Nathan Ruser souligne que « Les preuves contenues dans cette base de données montrent que malgré les affirmations des responsables chinois concernant la détention des « diplômés » des camps en décembre 2019, des investissements importants pour la construction de nouveaux centres de détention se sont poursuivis tout au long de 2019 et 2020. Au moins 60 installations ont vu de nouvelles constructions durant les mois précédents et depuis le rapport, 14 installations restent en construction, selon les dernières images satellite disponibles. »

Le rapport identifie que sur 60 sites, environ 50 % des établissements sont de haute sécurité, ce qui pourrait signifier que les centres de rééducation de sécurité de niveau inférieur basculent en établissements de type carcéral de sécurité plus élevée. Dans le même temps, il serait selon des données satellitaires, environ 70 sites de sécurité inférieure qui sembleraient avoir été « désécurisés » par la suppression de clôtures internes ou de murs d’enceinte.

D’autre part, 8 centres de détention montreraient des signes de déclassement et certains auraient pu être fermés.

La position précise des 380 sites est accessible au public dans les bases de données consultables sur une carte interactive du Xinjiang Data Project.

Témoigner –   Base de Données sur la Justice Transitionnelle Ouïghoure (UTJD)

Le site constitue une base de données se concentrant sur l’enregistrement des Ouïghours disparus et internés de manière extrajudiciaire en Turkestan oriental.

Le site transmet également des témoignages révélant l’atroce qui persiste dans notre monde et qui définit le génocide Ouïghour au regard de la Convention pour la prévention de la répression du crime de génocide de 1948, selon l’article II, ainsi que de la Convention contre la torture de 1984.

Il est de rappeler que aucune lutte par un État conte le terrorisme, le séparatisme, ni autres, ne peut justifier des actes de tortures, ainsi que le définit l’article 2 de la Convention internationale de 1984 contre la torture et autres peines et traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Adrian Zenz – Un des premiers chercheurs à révéler les violences que les Ouïghours subissent

Adrian Zenz, anthropologue allemand effectue depuis plusieurs années des recherches sur la répression touchant gravement les Ouïghours dans la région de Xinjiang et il a contribué par ces courageuses études à ce que l’Assemblée nationale est adoptée la résolution symbolique dénonçant le génocide ouïghour. Le chercheur a estimé dès 2018, que plus d’un million de Ouïghours ont été internés dans des camps de « rééducation ». La Chine s’inscrit en faux contre les études du chercheur et poursuit le fait que le terme « génocide » constitue une diffamation. Les camps de « rééducation » seraient des centres de formations professionnelles diplômantes, selon le pouvoir chinois.  

Adrian Zenz a souligné que, « Ce que nous voyons au Xinjiang est un génocide culturel ciblé qui est mis en œuvre avec une sophistication technologique sans précédent, de vastes ressources financières, une planification détaillée et une exécution de style militaire ».

Adrian Zenz rappelle sur Twitter que « En complétant les preuves sur la mise en œuvre des politiques avec des informations sur les processus de prise de décision du parti-État, les documents « révèlent la chaîne de commandement centralisée derrière ces politiques ».

Enregistrer les preuves – Difficile à lire, à entendre, à prendre conscience tant la violence que subissent les Ouïghours, est intenable. Notre mémoire collective ne pourra pas effacer le drame qui accable encore une fois notre humanité. Dans un tweet, Adrian Zenz, a déclaré « C’est vraiment difficile à croire tant que vous ne l’avez pas vu. »

Depuis plusieurs années, le silence de certains décideurs politiques s’impose douloureusement, « Personne ne se soucie de ce qui arrive aux Ouïghours, d’accord. Je vous dis une vérité très dure et laide. De toutes les choses qui m’importent, (l’atrocité contre les Ouïghours) est en dessous de ma ligne » transmet Adrian Zenz dans un message Twitter.

Amnesty International demande à l’ONU de réagir

Ainsi que les Etats-Unis demandent à l’ONU l’établissement d’un rapport sur la situation des Ouïghours au Xinjiang, alors que les Jeux olympiques d’hiver doivent se dérouler à Pékin, Amnesty International a demandé à l’ONU de reconnaître le génocide ouïghour dès 2019.  

La tenue des Jeux Olympiques d’hiver à Pékin de février à mars 2022 soulève la problématique fondamentale des droits humains dont Amnesty International note que « La liberté d’expression n’est pas le sport national en Chine ». L’ONG précise que la Chine « se sert des Jeux pour essayer d’améliorer son image sur la scène internationale en tirant parti du côté glamour et prestigieux du sport (…) pour détourner l’attention de son bilan déplorable en matière de droits humains ».

La Chine ferait tout simplement du « sportswashing », selon L’ONG qui souligne « les nombreuses violations des droits humains commises par les autorités chinoises ».

Par ailleurs, Amnesty International a demandé dès septembre 2019, à l’ONU par la voix d’Antonio Guterres, de « condamner publiquement et sans équivoque les politiques abusives menées par les autorités chinoises dans le Xinjiang, et de demander la fermeture immédiate des camps ».  Un million de musulmans turcophones sont enfermés, selon les estimations élaborées par une coalition de cinq organisations de défenses des droits humains, dont Amnesty International.

En 2017, Adrian Zenz a évalué quant à lui à 1,8 million de personnes détenues, tandis que l’UTJD, émet une évaluation entre 2,36 millions à 3, 48 millions de musulmans turcophones détenus.

Il est temps que les décideurs politiques protègent les droits humains

La Résolution adoptée par l’Assemblée, non contraignante, mais reconnaissant symboliquement le génocide Ouïghour, va dans le sens d’une prise de conscience internationale signifiant que la République populaire de Chine commet « des violences politiques systématiques ainsi que des crimes contre l’humanité » qui perdurent contre les Ouïghours.

En février 2021, le Canada a reconnu le caractère génocidaire des violences faites aux Ouïghours par la motion adoptée à la Chambre des communes par 266 voix sur 338.

Ainsi qu’en France, où 4 députés de la France Insoumise, et un député communiste se sont abstenus, et un vote contre, des députés et certains ministres du gouvernement libéral de Justin Trudeau, ont botté en touche !

D’autres pays s’engagent dans cette volonté de reconnaissance, comme la Belgique, l’Allemagne, la Lituanie et la Nouvelle-Zélande.

Aujourd’hui, il est l’urgence de protéger les minorités turciques qui dans la région du Xinjiang subissent une violente répression sans précédent depuis au moins 2014 et s’intensifiant en 2016.

Ainsi que le souligne la Résolution présentée à l’Assemblée et adoptée le 20 janvier 2022, il est important de rappeler la répression ayant eu lieu au Tibet. Un système violent alors que Chen Quanguo, désigné à la tête du Parti communiste chinois dans la région du Xinjiang, exerçait auparavant cette fonction au Tibet.

D’autre part, des révélations ont été faites dans le New York Times, précise la présentation de la résolution, à la suite de la fuite de documents de communication interne au Parti communiste chinois, et établissant que « les fonctionnaires d’État de la Région ouïghoure ont reçu des ordres visant à « rafler toutes les personnes devant être raflées », et de « briser leur lignée, briser leurs racines, briser leurs liens et briser leurs origines ».

La résolution, dernièrement adoptée, confirme la réalité de la politique répressive à l’égard des Ouïghours et la surveillance intensive via les nouvelles technologies, dont l’utilisation de caméras à reconnaissance faciales, de QR code contrôlant tous mouvements, activités et achats, jusqu’à la présence de QR code sur les portes des appartements des Ouïghours, ainsi que des GPS de surveillance obligatoire dans les voitures, entre autres moyens oppressifs de surveillance.

Une grave oppression qui se poursuit en France, « Où les membres de la diaspora ouïghoure (dont certains naturalisés Français) et leurs conjoints Français sont intimidés voire traqués et harcelés par la police chinoise ou les services de l’ambassade de Chine », affirme la présentation de la Résolution.

Une pression constante exercée contre la liberté d’expression, jusqu’à « l’internement de masse des Ouïghours dans des camps d’internement », souligne la Résolution portée à l’Assemblée nationale par Frédérique Dumas, Aurélien Taché, Alain David, entre autres.

Une urgence : protéger les Ouïghours, mettre fin aux violences qu’ils subissent et que soit réalisée la demande d’Amnesty International, la fermeture immédiate des camps.  

 Vers un boycott des Jeux Olympiques d’hiver à Pékin ?

Peter Jennings, directeur exécutif de l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI) a exprimé le 7 décembre 2021, que le risque d’arrestations pourrait être durant les Jeux, ajoutant, « Bonne chance si vous pensez qu’un évènement sportif vous protègera ». Et, rappelant au cours d’un article que « Joe Biden a fait ce qu’il fallait en décidant d’un boycott diplomatique où les athlètes participent mais les officiels et les politiciens restent à l’écart ».  

L’article soulignant les violences politiques systématiques envers les Ouïghours, la répression de Hong-Kong, ainsi que des arrestations arbitraires, dont la disparition de Peng Shuai, ex Numéro 1 mondiale de tennis, suite à son message posté sur le réseau social Weibo, où elle exprimait avoir été victime de viol par l’ex-Premier ministre chinois Zhang Gaoli.

Peter Jennings qui indique qu’il est décevant que « l’administration Biden n’ait pas fait plus d’efforts pour construire un consensus international pour un boycott », concernant les Jeux à Pékin.  

Un bras de fer s’établit-il entre la Chine et l’Occident, et les Jeux Olympiques serait-il le coup d’envoi d’une séparation déterminée entre les autorités chinoises et le monde occidental ?

Quand tout peut basculer

La Chine figure dans la déclaration P5, annoncée le 4 janvier 2022 et dont la France fait partie. Une alliance entre cinq pays pour l’élimination des armes nucléaires.

Quand tout peut basculer dans un moment de forte instabilité mondiale où la puissance d’un commerce mondialiste, de quelques milliardaires « soufflant » aux oreilles de décideurs politiques dans la finalité d’acquérir un enrichissement toujours plus élevés, maintient un grave déséquilibre par de fortes inégalités, répressions et la fragilisation des droits humains.

Le 9 avril 2021, des ONG françaises ont déposé plainte contre 4 grands du textile. À la suite de celle-ci, la justice française a annoncé l’ouverture d’une enquête pour recel de crimes contre l’humanité.

Une plainte démontrant le travail forcé dont des Ouïghours sont victimes dans la région autonome Ouïghoure du Xinjiang. Les ONG citent entre autres, Inditex possédant notamment les marques Zara, Bershka, Pull and Bear, Massimo Duti. Comme est cité Uniqlo, SMCP, (De Fursac, Claudie Pierlot, …) et Skechers USA qui pourraient commercialiser des produits fabriqués par des Ouïghours détenus et seraient alors tirés profits à partir du travail forcé.

Chacun de nous peut être amené à connaître ses marques. Un système de multinationales, de lobbies, de milliardaires influents fait du marchand la domination de notre monde. Une économie qui blesse notre humanité, et alors que les moyens et surveillances technologiques s’imposent de plus en plus à travers le monde, la liberté est affaiblie et le bouleversement actuel augmenté et accéléré.

La résolution de protéger les plus fragiles, ainsi que la liberté est aujourd’hui celle que les décideurs politiques doivent prendre. Elle demande des efforts très importants, et de changer profondément un système économique destructeur.

La reconnaissance du génocide ouïghour par la France à quelques pas des Jeux olympiques d’hiver à Pékin, s’inscrit dans une volonté de renforcement des droits de l’homme et marque un tournant dans l’économie mondiale, où les stratégies géopolitique s’établissent en rapport de force. La Résolution adoptée ne doit pas s’évanouir dans une valeur symbolique car ce sont des vies qui sont menacées, en souffrance et qui témoignent depuis des années des violences systématiques dont les Ouïghours sont victimes.

La paix est toujours plus en danger, et la force de la justice internationale doit être présente pour éviter le pire. Un pire multidimensionnel qui pourrait impacter notre humanité. Sauver les Ouïghours, que la reconnaissance de la justice soit pour le génocide ouïghour, sans faire la guerre, nos sociétés à l’épreuve.

Tout peut basculer, la paix : le défi majeur qui se fait présent. 

© Fédora Hélène

@liberterradaily

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