Ukraine – L’OTAN craint le pire – La mobilisation de milliers de soldats russes aux frontières menace la paix

La violence aux portes de l’Ukraine, l’emportera-t-elle sur la paix, quand les souffrances sont pour les civils 

Les portes de la paix se referment-elles ?

Ce monde qui peut basculer dans la guerre, faisant de la paix une colombe fragile. Les enfants n’ayant pas le temps de grandir dans un environnement sécurisé, n’ayant pas encore le droit de vivre en paix, eux teintant pourtant la lumière de leurs yeux aux couleurs de l’arc-en-ciel, cet accord parfait. Il forme l’alliance de paix entre les pays, plus forte que les résolutions politiques qui peuvent d’un accord de paix vaciller en une guerre effondrant l’espoir. Il ne tient à présent qu’à la détermination des rapports de force, des stratégies politiques en inspiration militaire, ainsi qu’à des engagements précis pour permettre une désescalade rapide du conflit Russo-Ukrainien.

Œuvrer collectivement pour le maintien de la paix, en exerçant une pression à l’égard de la Russie, définissant l’expression de « mises en garde fermes et crédibles », souligne Emmanuel Macron lors d’une visioconférence sur les tensions entre la Russie et l’Ukraine. Poursuivre les négociations dans le cadre du format Normandie, définies le 26 janvier dernier, et confirmant la réponse à faire aux propositions russes de décembre dernier. Pendant ce temps,  la mobilisation de soldats russes aux frontières s’accentue.

L’Union européenne préoccupée pour la sécurité de l’Europe et devant démontrer sa solidarité pour la réalisation d’un processus de désescalade.

Emmanuel Macron a confirmé le 26 janvier, la nécessité d’ « une coordination étroite entre Européens »,  comme l’a souligné Jean-Yves Le Drian dès le 5 janvier dernier, précisant que « Toute nouvelle agression militaire contre l’Ukraine aurait des conséquences massives et un coût sévère en réponse » .

Mobilisation des forces russes aux frontières

Les forces russes se déploient aux frontières et il serait près de 100 000 soldats russes positionnés en Biélorussie et aux abords de la frontière, selon les services de renseignements américains. Il est également les analyses d’images satellites qui enregistrent la présence d’équipements militaires en mouvement, et qui depuis décembre forment une menace contre la paix.

Un conflit Russo-Ukrainien qui briserait les Accords de Minsk de 2014, ainsi que le Paquet de mesures de Minsk, comme la rupture des travaux Format Normandie, renforcé par le Sommet Normandie à Paris en 2019, et marquant un cessez-le-feu essentiel. Lequel a subi des violations dans l’Est de l’Ukraine, mettant alors des civils en danger. Une population vulnérable, qui demeure traumatisée par le conflit de 2014 faisant près de 13 300 morts, dont 3000 civils, 21 000 blessés et laissant place à une crise humanitaire.

Les cicatrices sont toujours visibles et tous les efforts faits pour apporter une aide humanitaire, pourraient, par un conflit, s’effondrer. Si la paix a ce signe vital, c’est bien pour protéger une population vulnérable, des enfants qui ont besoin de la paix pour grandir, tant elle est cette assurance d’avenir.

L’OTAN renforce sa présence aux points stratégiques proches de l’Ukraine

OTAN

L’OTAN avance elle aussi sur les bases militaires, comme celles se situant à Orzysz en Pologne, en Estonie, en Lettonie et  en Lituanie. Elles constituent 4 groupements tactiques dirigés par le Royaume-Uni, le Canada, l’Allemagne et les États-Unis. Il est également l’arrivée de forces à Craiova en Roumanie. Base qui constitue une brigade-cadre multinationale. L’OTAN précise que les Alliés mettent à disposition des forces à terre, en mer et dans les airs.

Le 26 janvier dernier, lors d’une conférence de presse, l’OTAN précise avoir envoyé à la Russie des propositions écrites, parallèlement aux Etats-Unis.

L’OTAN, particulièrement inquiète, craint la reprise du conflit Russo-Ukrainien, qui provoquerait alors la réaction des Alliés en protection de l’Ukraine. Un territoire stratégique par rapport au gaz, mais également qui donnerait à la Russie une position de force inégalée en étant à la frontière de l’Europe.

L’Ukraine est un territoire stratégique pour la Russie, aussi bien sur le plan économique, que sur le plan militaire, pouvant lui donner toujours plus de pouvoir face à l’Europe et aux États-Unis.

Par ailleurs, la Chine pourrait s’inviter dans le conflit pour servir en premier ses intérêts, comme d’ailleurs la Russie le fait. D’autre part, la Roumaine n’oublie pas  que la Russie demeure un danger pour son indépendance. La Roumanie résolue en tant que membre de l’Union européenne et de l’OTAN, à défendre les intérêts de l’Europe, ainsi que ses frontières qui pourraient potentiellement être menacées.  

L’alliance des Alliés, la présence de Centre d’excellence de l’OTAN pour le renseignement humain et parrainé par plusieurs pays membres et se situant à Oradea en Roumanie, constitue pour ce pays membre, une garantie essentielle pour le maintien de la paix sur son territoire et donc en Europe.

Tel un château de carte, si l’Ukraine venait à être par la force annexée à la Russie, d’autres pays pourraient eux aussi en cascade tomber. Une guerre des territoires qui marque notre Histoire, et le Format Normandie, rappelle le drame terrifiant de la guerre, et combien il est d’avoir la sagesse de grandir vers la paix.

La paix menacée s’inscrit dans le contexte de la puissance technologique et nucléaire qui vise à changer profondément nos sociétés par le langage numérique, la domination de l’énergie nucléaire, et la conquête spatiale.

Une problématique fondamentale et le secrétaire général de l’OTAN souligne que « Nous devons moderniser le Document de Vienne sur la transparence militaire et travailler à réduire les menaces spatiales et cybernétiques ».

Pas certain que la Russie et la Chine veulent se joindre à cette exigence pour la sécurité de notre monde. Les puissants pensent avant tout à leur stratégie où ils se voient gagnants.

Il est alors de définir qui possèdera le pouvoir et cet avenir se joue aujourd’hui, dans cet espace choisi après la pandémie de Covid qui a fragilisé l’équilibre de la société, à renforcer dangereusement les fortes inégalités, la pauvreté et les crises humanitaires.

L’Ukraine subit une aggravation de la pauvreté à cause des mesures sanitaires prises contre l’avancée de la pandémie. Sa fragilité économique persiste, bien que les aides du FMI aient été à hauteur de 4,6 milliards de dollars en 2014, de 8,4 milliards de dollars de 2015 à 2019 et que le FMI programme un versement en plusieurs fois de 5 milliards de dollars pour soutenir l’Ukraine dans l’épreuve de la pandémie.

L’Ukraine affaiblie par la crise Covid voit une chute de 9 % de sa production par rapport à 2019, et subit l’effondrement de son économie agricole de 40 %. De plus, près de 3,2 millions d’Ukrainiens travaillent à l’étranger et les transferts ont représenté environ 12 % du PIB en 2019. La fermeture des frontières a provoqué une chute de l’économie en Ukraine, contrariant aussi sa politique et la poursuite de ses réformes. Une instabilité qui ne semble pas échapper à la stratégie russe.

La Russie tient à démontrer sa puissance et que l’avenir ne se fera pas sans elle. Ce qui appelle une haute vigilance de la part de l’Occident quand la Russie rend visible sa volonté de dominer par une mobilisation militaire de grande ampleur aux frontières de l’Ukraine.


Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg  a déclaré lors de la conférence de presse du 26 janvier, que la « Sécurité euro-atlantique » est face à un « moment critique ».

Il confirme le déploiement de milliers de soldats russes, y compris en Biélorussie, pendant que « d’autres sont en route ».  Jens Stoltenberg exhorte la Russie à « Désamorcer immédiatement la situation ».

La Russie qui compte certainement bien faire patienter l’OTAN en bénéficiant de l’ouverture des Jeux Olympiques à Pékin, où il pourrait être la présence de Vladimir Poutine aux côtés du président Xi Jinping.

Une manière qui pourrait être aussi de démontrer la réalité d’un bloc face à l’Occident.

La reconnaissance du génocide ouïghour par plusieurs pays, dont dernièrement la France, ainsi que la volonté des États-Unis d’observer un boycott diplomatique des Jeux olympiques, forment un ensemble de tensions sans précédent se répondant les unes aux autres.

Des Jeux olympiques sans sérénité dans un contexte d’instabilité politique très important, où les puissances doivent affirmer leur position de manière ferme. Ainsi que l’OTAN le rappelle, garantir la sécurité euro-atlantique est la priorité. De fortes perturbations s’annoncent durant les Jeux et le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, demande aux États-Unis de « cesser de perturber » les Jeux d’hiver à Pékin.

Une affirmation qui pourrait se comprendre comme un ordre donner aux occidentaux, et principalement à l’égard des États-Unis qui possède une puissance militaire de premier plan.

Nous sommes loin de la Déclaration P5, où la France, les États-Unis, la Chine, la Russie et le Royaume-Uni s’unissaient pour lutter contre la prolifération des armes nucléaires. Une Déclaration publiée le 4 janvier dernier qui paraît bien lointaine. Une Déclaration en passe d’être rompue ! D’autant que la Russie a rompu ses relations diplomatiques avec l’OTAN.

Les armes nucléaires seraient ce basculement, le risque majeur de conflits dans la dimension des armes nucléaires et autonomes. À ce propos, Jens Stoltenberg rappelle l’importance de « la réduction des risques, la transparence et le contrôle des armements », précisant que « L’histoire a montré que l’engagement sur ces questions peut apporter une réelle sécurité à tous ».

Jens Stoltenberg souligne l’intérêt d’Accords communs au profit de « La maîtrise des armements, la réduction des menaces des armes nucléaires, des missiles à courte et moyenne portée, la lutte contre les menaces et la réduction de la menace du cyberespace, mais aussi de l’espace systèmes d’armes, plus de transparence sur les activités militaires ».  Des points primordiaux, mais pour le moment les actes concrets sont absents.

Il est donc important de revenir aux bases de dialogue pour faire de la paix le fer de lance, et non un armement nucléaire

Le secrétaire général de l’OTAN invite les Alliés et la Russie à faire preuve d’un « dialogue constructif » pour aborder ces domaines essentiels et appelle à « Une série de réunions pour aborder toutes ces questions plus en détail au sein du Conseil OTAN-Russie ».

Un Conseil qui doit être « dès que possible », tant la situation actuelle est dangereuse. Le dialogue doit reprendre ses droits.

Jens Stoltenberg souligne qu’une coordination étroite se poursuit avec l’Ukraine, et les partenaires de l’OTAN, tels que la Finlande, la Suède, la Géorgie et l’Union européenne. Rappelant que « L’OTAN est une alliance défensive et nous ne recherchons pas la confrontation ».

Mais la position est ferme, et Jens Stoltenberg affirme que « Nous ne pouvons pas et ne voulons pas transiger sur les principes sur lesquels reposent la sécurité de notre Alliance et la sécurité en Europe et en Amérique du Nord ». Des rapports de force dangereux, comme celui de faire planer le doute par des exercices militaires qui pourraient dissimuler « des réactions militaires agressives », fait remarquer Jens Stoltenberg.

La Russie sème le doute, exerce une pression internationale et pourrait  saisir au dernier moment une solution politique, que la Russie pourrait alors négocier en sa faveur. La période des Jeux olympiques, qui en symbole devrait constituer un accord de paix, pourrait être cet artifice, usant de l’image des Jeux pour faire illusion. Amnesty international évoque la technique du « sportswashing » que la Chine pourrait utiliser pour donner une image internationale en son avantage, mais qui ne saurait en rien être réelle.

Les droits humains sont blessés et la Chine aura du mal à cacher son triste bilan en matière de droits humains.

La communauté internationale se sert également de cet évènement sportif pour signifier à la Chine qu’elle doit « Impérativement respecter les droits humains et sincèrement s’engager en faveur du système international des droits humains », souligne Amnesty International.

Pour le moment, la « compréhension mutuelle » que souhaite l’ONG, n’est pas au rendez-vous, ni la transparence souhaitée par l’OTAN.

 Les prochains jours seront décisifs, mais il faudra certainement attendre fin février à mars, pour déterminer si la paix sortira renforcée de l’instant critique qui se joue actuellement.

© Fédora Hélène 

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