Ukraine – Au bleu soleil de la paix

@liberterradaily

Les mots libres – Paix, il y aura ce matin d’elle

Il n’y aura pas de matin à l’eau claire.  Il n’y aura pas ce vent léger, une brise, ce souffle d’air.  Il n’y aura pas cet enfant riant et jouant dans les prairies fleuries. Il n’y aura pas le sourire du ciel se posant en couleur sur nos rivages en peine. Il n’y aura pas les rayons d’espérance se posant sur les carreaux cassés d’une fenêtre qui s’ouvrait sur le monde. Il n’y aura pas cette vague. Les murs en ruine, une maison effondrée, cette photo qui nous dit adieu. La guerre gronde aux frontières érigeant des barbelés et moi, je rêvais à moitié cachée derrière le rideau de voile blanc. Si léger que l’air dansât dans mes cheveux et tout semblait possible. S’enfuir, traverser la cour. S’évader loin des portes hautes et grises, des murs de pierre quand mon cœur crie liberté !

Je voudrais poser demain cette rose, gravir les escaliers de ces immeubles pauvres sans autre vue que la misère, les champs de mines. Crois-tu que depuis ma cour le monde puisse s’échapper des violences ? Rejoindre la paix universelle à l’heure de l’IA pour arme, à l’heure des drones en armée nouvelle, à la poudre des balles nucléaires, crois-tu possible de rêver encore à ces mouchoirs blancs se faisant drapeau sonnant la fin des combats.

Je m’évade dans ses éclairs d’orages qui se posent du ciel sur ma Terre, prisonnière. Je n’ai trouvé de refuge que dans le cœur de milliers de pauvres, comptant comme moi les morceaux de pain avant la fin, faim d’amour.

Je voudrais poser un point à ce monde fou tuant la joie d’enfants sous les bombes économiques, ses trésors sombrant au fond des mers avec le dernier navire polluant mon océan bleu en unique lumière. Écouter son silence, les lèvres closes ne répondent que par un souffle de vie.

Si l’argent pouvait mourir pour nous laisser vivant, écouter la liberté. Ne pas écrire, mais. Si près de la paix, laisse-moi ce trait bleu dessiner un soleil à mes yeux. Je ne voudrais qu’un peu de couleur pour réchauffer les nuages de pluie et disparaissent les ondées à la fin des printemps. Joli coquelicot ne pâlit pas au soir couchant, l’ocre teintant les pétales rouges du sang des soldats inconnus tombés aux champs des batailles et gronde encore la guerre aux frontières de barbelés.

Les enfants revêtent leur manteau noir, celui des beaux dimanche en fête où se tressent les couronnes de fleurs et se glissent dans les cheveux ses herbes sauvages des jardins libres d’Ukraine. Tu courais enfant dans ses prairies avant que l’avenir ne baisse à jamais le rideau, tu ne reviendras pas. Partis, ces migrants vers d’autres terres et prenant ces trains les emmenant au loin. Adieu, elle avait dit à bientôt et il ne le fut jamais.

France, cette croix sur le calendrier, que je ne pourrai pas effacer, à la vie prendre le dernier train pour ne signer toujours que le premier voyage et revenir. La mémoire, une terre abandonnée. La souffrance au ciel d’été fleurit en flaques de larmes de pluie, et j’avance. Tombe une goutte sur mon front, bénit les jours, je pars vers les ailleurs sans autre mélodie que ce goutte à goutte.

Je revois ton visage, un peu et les traits se font l’ombre. Je reprends la feuille, un crayon, je dessine ce tout de toi. Mon frère disparu, la tristesse me parle de toi tout bas et les rires sont cet éclat de lumière sur la neige, la glace en étoile sur ce lac pour ciel, on se donne la main à la buée de la respiration des anges.

Un jour, l’Ukraine en paix, quittant les malheurs des siècles, chantera de nouveau au son des rivières et en ricochet l’eau du monde douce et calme coulera dans les mains innocentes.

@liberterradaily

Je revois les grands chênes, ces forêts immenses et mes pas dans la neige se sont effacés au sables blanc des glaces éternelles. Je pourrai sentir le vent froid poser sur mon visage l’or du soleil couchant, donnant au pâle fragile, aux yeux de cristal, cette mémoire de mon enfance aux prières chantées et je ferme les secrets de ma main en armure sur mon cœur.

La maison en bois et ce châle noué autour de ma poitrine, ce geste du passé, la chaleur du foyer. Revenir dans les vallées des siècles oubliés et pourtant si proches. Ce temps qui n’existe pas. Une flûte gravée dans le bois, mon frère chante et sa voix légère vient délivrer des guerres, les saisons de paix. Je joue à la marelle du ciel à la terre, je lance la pierre. Demain, le blanc habillera les chemins. Et, les tirs tombent, les oiseaux libres, quelques plumes et le tourment, ce sang en point final, la liberté est morte.

Ces hommes et ce fusil, ces hommes et ces drones, les nouveaux champs de bataille, virevolte la folle idée de paix, cette échappée d’elle, mon âme. Cours, je cours en dernières forces. Le feu prend le village, s’abat le dernier rempart et les enfants plus sages que les rois. Pleure, va, pleure. Je ne te dirai pas au revoir, ni adieu. Je m’en vais cacher derrière la porte ce verbe aimer, avant qu’un homme ne vienne tuer l’enfant.

Je retiens cela des puissants, ce droit d’abattre l’oiseau libre. Sèche tes larmes du revers de ta manche. Ce tissu déchiré, la misère pour vêtement, chantent les opéras au dernier cimetière et repose Mozart, la pluie fidèle en notes d’orages éclairent nos tempêtes, notre histoire. Il ne me faudra qu’une croix, mais laquelle loin des religions ? Les pieds nus, la terre d’ocre, brûlante, et elle, en poussière, voile mes cheveux. En errance des jours en pleine nature, la croix, fait d’elle, ma Terre. Survivre au milieu des montagnes, les roches et ce chemin si près du ravin. Marcher en fermant les yeux et les ouvrir sur l’aurore.

Je danse en mouvement, je suis un instant et mon corps ondule, translucide à l’univers, on sait si peu de choses. Pourtant, on a inventé le bonheur, le verbe aimer, il faut le tenir fort contre soi et l’offrir. Naître par amour par notre alliance avec la Terre, même si les cauchemars se font l’onde par ceux blessant la naissance. Crier son nom dans le silence des mots et danse le ballet des corps triomphants des douleurs.

La guerre aux portes de l’Europe et le monde chavire. Il était cet arc-en-ciel de paix qui colorait les murs se dressant en soldat. Ces hommes qui n’entendent pas et la violence marque leurs traits. Le nouveau jour, liberté. Respire la douceur de la vie. Être né pour vivre, se battre, ce combat pour les droits humains, combattre pour la paix, en armure nos corps et nos larmes, la souffrance en force. Prédateurs, voleurs de vie, nous sommes des millions à les affronter, à nous battre et arrivera le jour de la paix. Une mère veille sur son enfant, femmes en lumière, donnant au monde la naissance. Ce sont elles qui font le jour.

Une étoile dans la nuit, ce loup marchant et veillant sur les plus fragiles, la vie sur Terre. Il était une merveille. Fais-toi mon frère, pas mon ennemi. Il a fallu être guerrière pour comprendre l’étoffe de la paix ou fallait-il qu’elle soit à couler dans mes veines dès le premier jour ? Je répondrai en regardant l’enfance comme si j’étais cet ange gardien murmurant l’avenir et tissant ses pages, quand je traçais déjà enfant ces mots sur le drap blanc pour ligne et cahier.

La liberté fidèle, on prend le large, voguant vers l’inconnu, étirant la voile blanche, une colombe gravée sur l’épaule, une rose entrelaçant son corps, je dessinais la page blanche.

© Fédora Hélène 

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