Combattantes Kurdes pour la liberté – Une héroïne parmi elles, Evni Goyi, Emine Kara a été tuée à Paris le 23 décembre

@liberterradaily

Hommage à Evni Goyi, Emine Kara, une « héroïne » qui a combattu contre Daech pour la liberté

Berivan Firat, porte-parole du Conseil démocratique Kurde en France, exprime pour L’Humanité que Evni Goyi (Emine Kara) était une « pionnière de la lutte des femmes libres », qui a combattu contre Daech, et qui a clamé  » Femme Vie Liberté», « qu’aujourd’hui, on entend dans toutes les rues du monde « . Ce slogan existe grâce à ces femmes Kurdes combattantes.

Grièvement blessée au combat, elle était venue en France pour être soignée et elle avait demandé une protection qui lui a été refusée. Le statut de réfugiée politique lui a été également refusé en août dernier.

Combattante contre Daech, elle a été assassinée à Paris – Un crime politique, un crime raciste, un crime contre une femme combattante pour la liberté, la liberté des femmes. 

La justice ne reconnaissant pas cela, démontre que les pouvoirs ne sont pas séparés, et qu’il est bien le pouvoir politique s’imposant en décision dans la qualification et enquête.  

C’est une blessure pour la liberté des femmes, une blessure pour la lutte pour la liberté dans l’universalité de la paix des droits humains des femmes. 

Nous ne pouvons croire en l’amour de l’universalité de la paix, de la liberté en la politique et les institutions publiques en France. 

Trop de souffrances, de femmes blessées, maltraitées, violées, tuées sur le sol de France. Aimer notre pays, c’est d’y bâtir les chemins de paix par nos actes, le paver de nos pas par notre engagement pour le respect des droits humains, pour garantir aux femmes le droit de vivre en paix et sécurité.

Par cette ambition, par les efforts faits pour lutter contre la violence faite aux femmes, qui leur interdit tout refuge, nous pourrons entrer dans une nouvelle ère de politiques internationales en tenant dans nos mains les outils bâtissant l’universalité de la paix.

La paix que portent les femmes Kurdes par leur combat contre les oppresseurs, et pour la liberté. Le slogan Femme Vie Liberté inscrit les trois mots essentiels dont notre humanité a besoin en urgence. Ils sont l’expression de femmes donnant leur vie pour la liberté. Il résonne à travers eux la force de la sincérité, de ce qui fait corps avec chacun d’entre nous. Un slogan repris à travers la planète car il a su établir « Nous », nous tous unis, car il nous touche droit au cœur, car il contient ce qui manque à notre humanité pour construire des futurs en paix.

Des futurs, ce qui signifie que le combat pour la liberté, pour les droits humains des femmes est en premier pour les enfants, pour qu’ils puissent vivre sans subir les traumatismes, blessures qu’imposent des politiques de violences, oppressantes, harcelantes, brisant la paix en voulant détruire la liberté.

La liberté représentée par les femmes combattantes, leur connaissance, leur courage et cette étincelle qui ne les quitte pas, l’innocence.

À paris, celui que l’on nomme le « suspect » a assassiné la liberté, l’innocence. Trois personnes ont été tuées, des personnes ont été grièvement blessées, notre peine est immense et ce drame s’inscrit dans l’histoire, rappelle le triple assassinat de femmes militantes kurdes à Paris dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013, soit il y a dix ans.

Le 3 janvier, la communauté kurde s’est rassemblée à Villiers-le-Bel (val d’Oise) pour rendre hommage aux trois victimes décédée le 23 décembre rue d’Enghien, lors des funérailles d’Emine Kara, responsable du Mouvement des femmes kurdes de France, d’Abdurrahman Kizil et de Mir Perwer.

Ils ont fait confiance à la France, il n’a pas été leur protection. C’est une blessure pour tous. Le devoir politique, c’est de protéger des vies. La politique, ce n’est pas posséder un pouvoir exclusif, c’est donner le pouvoir à la paix de vivre, donner le pouvoir à la liberté de s’épanouir, donner le pouvoir à la démocratie de faire de chacun d’entre nous, quelqu’un de précieux et d’enseigner l’universalité de cet engagement pour anéantir la violence, lutter contre le racisme par l’éducation, par rendre visible le respect des droits humains, par affirmer la protection des personnes, la liberté des femmes.

Emine Kara aurait dû pouvoir marcher librement dans les rues de Paris. La liberté n’est pas quand une femme est assassinée en pleine rue, quand des personnes de sa communauté sont également assassinées et d’autres blessées.

La liberté n’est pas quand une femme à sa vie brisée dans nos rues, comme des femmes ont leur corps, leur esprit, leur vie brisés au sein de leur foyer, qui ne doit être qu’un refuge et non un lieu d’enfermement où elles subissent des maltraitances, où leur vie est danger, où elles peuvent être tuées.

L’innocence est tombée à Paris, son sang a coulé et marque pour toujours le sol où son corps s’est évanoui. Une femme combattante a affronté Daech et c’est à Paris qu’elle a été tuée.

Un crime raciste, un crime politique, un crime contre la liberté, un crime contre une femme car elle combattait pour la paix universelle, la liberté des femmes. Notre humanité fait partie de notre Terre, et l’on pense trop souvent qu’un désastre écologique à l’autre bout du monde, n’a pas de conséquences chez nous, comme une guerre sur un autre territoire n’a pas d’importance, ne nous concerne pas. On se trompe. La Terre est comme notre humanité, une Unité. Une unité constituée de différences et c’est grâce à la possibilité des différences d’exister, que la vie est possible.

C’est donc un regard humain, fraternel qui doit être posé sur le crime tuant trois personnes de la communauté kurde. Et, c’est à partir de cette conscience de la solidarité qu’une enquête approfondie incluant la qualification d’attentat, d’attaque raciste et politique aurait dû être retenue.

Et, intervient après ce terrible drame, non pas la politique nationale, mais internationale. Nous sommes dans le domaine complexe de la géopolitique. Ouvrir une enquête en retenant le terme d’attentat, c’était donner un champ d’action très large aux enquêteurs pour répondre aux questions légitimes des proches et de la communauté Kurde, mais aussi à chaque citoyen-nes.

C’est donner de la transparence et rendre ainsi hommage à l’innocence tuée qui se constitue de clarté et qui mérite qu’une enquête soit à cette reconnaissance.

Puis, c’était aussi soulevé la problématique fondamentale des enfants grandissant dans des camps. La guerre, la répression, les conflits armés, la révolution climatique mettent des personnes en exil et des enfants grandissent sans terre, sans maison, sans chez soi et tout devient à la peine, survivre. La survivance, c’est gagner tous les sourires, toutes les joies possibles qui sont chaque jour, comme retrouver au matin ses enfants, leur préparer à manger, être là, vivant.

Berivan Firat souligne auprès du journal L’Humanité, qu’Emine Kara a grandi dans un camp. Actuellement, il y a 100 millions de personnes déplacées à travers le monde, et nous savons que ce constat risque de s’aggraver, notamment par le choc climatique et qu’il est déjà les réfugiés climatiques.

Enfants de guerre, la liberté au coeur !

Grandir dans un camp, vivre l’exil, les conflits armés, cela marque toute une vie et Emine Kara a été le courage, l’engagement pour la liberté. Protéger des enfants, donner reconnaissance à ces enfants qui comme Emine Kara apprennent dès l’enfance que survivre, c’est être libre. Et, qu’au pire des épreuves subies comme la guerre, il y a cette lumière de la liberté en soi qui maintient en vie, qui donne la force de vivre. Et, à ce moment-là, ces enfants, ces femmes montrent au monde qu’ils résistent par la liberté, et que le verbe survivre, laisse place au verbe Vivre par le rayonnement de notre humanité traversant l’obscurité des tyrans, des oppresseurs, par aussi la solidarité.

Nous sommes dans un contexte très difficile avec la guerre en Ukraine, les extrêmes rapports de force, les tensions internationales, les crises mondiales aggravées par les fortes inégalités et la violence dont peut faire preuve la géopolitique. De ce fait, ouvrir une enquête approfondie après l’attaque tuant trois personnes le 23 décembre, c’est un courage politique pour l’avenir. Notre monde subit une période de grande instabilité, une accélération du bouleversement climatique, nos décisions doivent répondre à un engagement pour la résilience, pour la paix.

La révolution en Iran est majeure et va exercer une influence sur d’autres pays, comme la souffrance des femmes en Afghanistan, nous prouve chaque jour combien la liberté est précieuse et que nous devons la porter haut dans nos pays. Une humanité, une Terre, une liberté – Femme Vie Liberté. 

Fédora Hélène

photo © LiberTerra

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