Ni antisémitisme, ni haine : la paix

La souffrance des Palestiniens, comme celle des Israéliens, ne devrait jamais être instrumentalisée par des acteurs politiques pour nourrir la haine, l’antisémitisme ou le rejet d’un peuple. Aucun peuple ne doit être transformé en cible.

Cet été aura été, une fois encore, le témoin de la souffrance d’enfants pris au milieu du chaos des guerres. À Gaza, au Soudan, en Ukraine et dans tant d’autres territoires meurtris par les conflits, des enfants auront encore grandi sous les bombes, dans la peur, la faim, l’exil et la perte. Les chiffres ne disent jamais toute l’étendue de leurs blessures : ils ne racontent ni les nuits sans sommeil, ni les maisons détruites, ni les parents disparus, ni l’enfance volée.

Une génération d’enfants apprend ainsi trop tôt le langage de la guerre, alors qu’elle devrait apprendre celui de la vie.

Et pendant que le monde compte les morts, les blessés et les déplacés, une question demeure : que sommes-nous devenus lorsque nous acceptons que l’enfance puisse être sacrifiée au nom de la guerre ? Que sommes-nous devenus si nous n’avons d’autre perspective que d’élever nos enfants dans la haine de l’autre ?

Alors que la campagne présidentielle de 2027 approche, le risque est immense que ces douleurs ne soient à nouveau captées pour fracturer notre société et instrumentaliser l’enfance à des fins politiques. Nous avons la responsabilité collective de refuser ce piège.

Israël et la Palestine : ensemble en paix.

Quand, Jérusalem, tiendras-tu ta promesse de paix universelle, après tant de siècles de douleurs sur ta terre, où l’enfant apparaît au jour patient ?

Photo ©️ LiberTerra

J’ai conscience que parler de paix universelle peut sembler ne servir strictement à rien lorsque la guerre enrichit considérablement les puissants et les profiteurs de guerre.

Je sais que mes mots laissent les puissants et dirigeants indifférents, qu’ils ne les liront certainement jamais.

Je sais qu’un texte sur la paix ne pèse pas lourd face aux milliards de l’industrie de l’armement, aux intérêts économiques, aux stratégies de pouvoir et à tous ceux qui prospèrent lorsque les peuples s’affrontent.

Et aujourd’hui, même certains influenceurs devenus des camelots en paillettes peuvent participer à cette économie de l’attention où la polémique, la haine et la division deviennent parfois des marchandises.

Nous sommes au temps des politiques en influenceurs sur les réseaux sociaux.

Ce qui me révolte surtout, c’est ce décalage vertigineux : pendant que des enfants vivent sous les bombardements, certains semblent davantage préoccupés par leur image, leur visibilité et leur réputation sur les réseaux sociaux que par la réalité humaine qui se déroule sous leurs yeux.

La souffrance devient une image.
La guerre, un sujet de communication.
L’indignation, un positionnement.

Et derrière les écrans, pendant que certains construisent leur notoriété, des enfants cherchent simplement à survivre.

Février 2024, Rafah. Muhammed Zurub, 11 ans, s’occupe avec tendresse de son petit frère. Sa famille déplacée par les bombardements s’est réfugiée à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. ©️ photo/Abed Zagout

Pourtant, je continuerai à écrire sur la paix. Parce que si mes mots ne peuvent empêcher une guerre, ils peuvent au moins témoigner d’une chose : je n’aurai pas accepté de confondre la haine avec le courage, la propagande avec la vérité, ni la puissance avec la paix.

Et peut-être qu’un jour, après avoir épuisé toutes les illusions de puissance, les hommes comprendront enfin que les puissants eux-mêmes ne sont jamais qu’un grain de sable face à la destruction qu’ils ont contribué à rendre possible.

Alors résonnera peut-être cette parole ancienne : « Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers. » Mais il ne faudrait pas attendre la catastrophe pour comprendre. La paix se défend maintenant. La vie se défend maintenant. Et les enfants n’ont pas à attendre que le monde ait fini de jouer avec leur existence pour avoir le droit de vivre.

Chaque enfant du monde compte.

Le 7 octobre est un acte terrorisme et non un acte de résistance. Massacrer des jeunes innocents et s’en réjouir, ça ne peut-être une voix légitime.

Le 7 octobre est un acte de terrorisme, et non un acte de résistance.

Massacrer des innocents, tuer des jeunes, des familles, des enfants, et se réjouir de leur mort ne peut constituer une voix légitime. Aucune cause, aussi douloureuse soit-elle, ne peut justifier le meurtre de civils.

Mais condamner le terrorisme ne signifie pas accepter la réponse qui lui est apportée. La réponse du gouvernement israélien a été tragique, et les conséquences pour les populations civiles palestiniennes sont inhumaines : des enfants tués, des femmes et des hommes victimes de violences, des familles déplacées, une population entière plongée dans une souffrance immense. On ne peut pas opposer les vies les unes aux autres.

La justice ne peut être sélective.
La dignité humaine ne peut avoir de nationalité.

Condamner le 7 octobre, c’est défendre les victimes israéliennes. Dénoncer les souffrances et les violences infligées aux civils palestiniens, c’est défendre les victimes palestiniennes. Les deux ne sont pas contradictoires. C’est précisément parce que nous refusons la déshumanisation que nous devons refuser le terrorisme, la vengeance contre les populations civiles, la haine et la destruction.

Ni terrorisme. Ni haine. Ni déshumanisation.
Israéliens et Palestiniens ont le droit de vivre libres et en paix.

Le grain de sable

Ce qui est important, ce n’est pas d’être l’image, mais d’être au service de l’image que l’on porte : la paix et la liberté.

C’est elle qui doit apparaître.
C’est elle qui doit être reconnue.

Nous ne sommes qu’un grain de sable, qui un jour s’en va.

La paix et la liberté permettent à la vie d’exister : à ce grain de sable de se poser sur la terre, de s’envoler dans le vent, de réfléchir la lumière, de se mêler à l’immensité de l’océan.

La liberté m’a permis de vivre enfant, de ressentir l’invisible et de le voir devenir visible dans la paix du monde : dans la rosée du matin, dans la source vive, dans la douceur de l’air au soir venant, comme une promesse d’éternité.

Souvent, le doute demande à Dieu de prouver son existence. Mais que faudrait-il de plus, lorsque devant nous, la vie est là ? Comment pourrais-je vivre sans ce miracle qui, depuis des millénaires, porte les générations humaines ?

Une humanité qui, pourtant, s’abandonne encore à la souffrance des guerres, de la pauvreté, de la haine et de la domination, alors que tout ce qui fait la paix est déjà là, vivant sous nos yeux.

La vie est là et donne au cœur la force de battre. La souffrance ne l’anéantit pas, ne touche pas la lumière de l’âme, qui elle croit. Sa foi la préserve, la sauve de ce qui détruit.

La vie respire. Elle aime. Elle ne quitte pas le monde.

Et peut-être que croire en la paix, c’est simplement apprendre à regarder ce miracle sans vouloir le posséder.

Nous ne sommes qu’un grain de sable. Mais tant que nous sommes là, nous pouvons choisir de ne pas blesser la lumière.

Fedora Hélène

Deux oliviers frères, enracinés dans la même terre.
Les deux oliviers sont frères, nés de la même terre. Ainsi l’humanité a été conçue : l’être humain est un arbre fécond, né des mêmes racines où circule la vie.

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