Rachida Dati : Outil du système. La République de l’illusion et des réseaux

Quand le pouvoir se prépare avant le vote, que les réseaux se perpétuent et que les contre-pouvoirs deviennent indispensables.

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Rachida Dati face à la justice, mais aussi face à son propre parcours politique. Ministre de la Justice devenue ministre de la Culture, candidate à la mairie de Paris, elle doit comparaître en septembre 2026 dans l’affaire Renault-Nissan, où elle est poursuivie pour corruption et trafic d’influence passifs, faits qu’elle conteste.

Après son échec à Paris, Rachida Dati, magistrate politique, envisage également de réintégrer la magistrature. Cette perspective, dont les modalités sont aujourd’hui au cœur des interrogations, intervient alors que son procès doit se tenir du 16 au 28 septembre. Un retour dans le bercail de la justice qui pourrait être remis après le procès.

Justice, Culture, ambitions électorales, réseaux politiques : son parcours concentre une succession de positions au cœur de l’État qui pose une question plus vaste. Jusqu’où les réseaux peuvent-ils accompagner une trajectoire politique, et que devient la confiance démocratique lorsque les mêmes cercles se retrouvent, d’une fonction à l’autre ?

Au-delà du cas Dati, c’est le fonctionnement même du pouvoir que cet article interroge : les nominations, les réseaux, les contre-pouvoirs et la place réelle du citoyen dans une République ayant effacé la démocratie.

La France fonctionne de manière obsolète et injuste

La République est, depuis bien longtemps, sous l’emprise d’une bourgeoisie et d’une aristocratie revêtues de corruption.

L’opacité est la règle. On ne demande pas au peuple de décider du choix des ministres, qui bénéficient d’un statut monarchique, d’une respectabilité obligatoire, de privilèges à vie.

Une conception du pouvoir cynique et hautaine, garantie par une maltraitance organisée contre le peuple. S’imposer par la crainte, un autoritarisme aux allures démocratiques par la manipulation. C’est la politique.

Les citoyens sont sous l’emprise d’un endoctrinement qui place le pouvoir politique au-dessus de toute chose, dans son attachement à une continuité de l’Empire antique.

La nomination de Rachida Dati comme ministre sous Nicolas Sarkozy avait déjà revêtu un caractère d’opacité.

Sous Emmanuel Macron, sa nomination peut également être analysée comme la traduction de remerciements politiques et d’arrangements avec Les Républicains, héritiers du RPR, présents au pouvoir depuis plusieurs décennies.

Derrière les nominations ministérielles se dessine ainsi une autre réalité du pouvoir : celle des alliances, des fidélités et des arrangements entre formations politiques, bien éloignés du principe d’une décision transparente devant les citoyens.

Une bourgeoisie qui s’achète par les corruptions, l’argent en entrant dans les sphères du pouvoir.

Rachida Dati connaît ce monde d’hommes manipulateurs, violents, narcissiques qui naviguent dans les ministères, les réseaux financiers, et qui oppressent la population par la pauvreté calculée, conçue et voulue.

L’appauvrissement de la population est une décision politique pensée.
Et, au premier rang, les plus fortunés et héritiers de la bourgeoisie s’enrichissent sans mesure. C’est un état de guerre latent, un entretient des crises fabriquées par la politique.

Rachida Dati est devenue multimillionnaire par ce système destructeur.

Pendant qu’un des pires partis politiques, Les Républicains, montre du doigt les pauvres qu’il humilie, qu’il noie, en les maintenant volontairement sous l’eau, détruisant les droits sociaux et accablant le droit du travail qu’il ne connaît pas, dans une paresse mondaine et narcissique, les profiteurs de guerre s’enrichissent à pourrir.

Pendant que certains désignent les plus fragiles comme responsables de leurs propres difficultés, d’autres continuent de tirer profit des crises, des conflits et de la misère.

Les Républicains, vieux alliés du FN.
Marine Le Pen, condamnée, fera l’effort de se rappeler de l’UMP, si proche de l’extrême droite. Son slogan UMP/PS, une vaste blague, quand le FN était aussi au balcon. Tous ces gens-là sont des manipulateurs jouant avec l’idolâtrie, l’emprise et le machiavélisme.

Le procès Dati sera politique. Il se déroulera dans un environnement où s’entrecroisent des réseaux, des intérêts et des relations politiques dont l’opacité échappe aux citoyens.

Rachida Dati, magistrate politique avant d’être une figure politique

Rachida Dati, magistrate politique, bien avant d’être mise en avant par Nicolas Sarkozy. Avant que son nom soit connu du grand public, le milieu médiatique la qualifiait de « magistrate inconnue », celle « sortie de nulle part ». Ce qui est finalement quelque chose de courant dans les milieux de pouvoir.

Il était d’ailleurs assez étonnant d’entendre ce jugement dans la bouche de journalistes tirant leurs informations de réseaux de barbouzes.

Le monde politique, celui des affaires et celui des médias forment un microcosme. Ils sont interconnectés et interagissent par le biais d’intérêts financiers, de pouvoir, de places à obtenir, mais aussi de divertissements : mondanités aux vapeurs alcoolisées, rapports de domination, violences sexuelles.

Rachida Dati n’ignore pas la violence politique, ces hommes sans scrupules, n’ayant aucun respect pour les femmes. Le culte de la perversité narcissique, de l’immoralité, porté par ceux qui avancent en costume luxueux.

On fait le procès Dati pour éviter de faire celui du pouvoir.

C’étaient déjà les procès contre Bernard Tapie. Le harcèlement médiatique, et surtout judiciaire. Une justice aux mains sales qui juge le système destructeur auquel elle appartient. Comment sa pensée pourrait-elle être autrement lorsque la justice se révèle cruelle à l’égard des femmes et des enfants, proies de prédateurs, parmi lesquels peuvent se trouver des hommes issus du monde politique ?

Derrière le procès d’une femme politique, c’est peut-être alors tout un système qu’il faudrait regarder. Celui des réseaux. Celui des fidélités. Celui des protections. Celui d’un pouvoir qui sait parfois fabriquer ses propres récits, ses propres figures et ses propres boucs émissaires.

On juge une femme. Qui juge le système ?

On juge une femme. Rachida Dati n’a rien inventé du système destructeur dans lequel nous vivons.

Les élections présidentielles restent pourtant fidèles à ce système. Elles semblent moins chercher à transformer le pouvoir qu’à en assurer la prolongation, à travers des réseaux, des intérêts et des alliances. Derrière les discours politiques, ce sont des milliards d’euros qui sont en jeu. Des accords se négocient, des signatures de contrats se préparent, notamment avec des puissances étrangères.

L’État devient alors le théâtre d’un immense jeu d’intérêts : oligarques milliardaires, dirigeants politiques, tensions géopolitiques, contrats d’armement. Un système de pouvoir qui peut décider de l’avenir d’un pays en tenant sa population à distance.

Et pendant ce temps, on juge une femme. La question n’est donc peut-être pas seulement de savoir qui doit être jugé. Elle est de savoir qui détient réellement le pouvoir, pour quels intérêts, et au nom de qui.

6 milliards pour des parcs d’attractions : quand la politique devient un marché

L’Arabie saoudite annonce investir cette somme dans trois parcs d’attractions à Cergy-Pontoise, près de Paris. Un projet annoncé par Emmanuel Macron et le prince héritier Mohammed ben Salmane, avec Qiddiya comme investisseur. 

Un projet présenté comme un investissement majeur pour la France, avec la promesse de milliers d’emplois et d’un rayonnement international. QMais derrière les milliards, les contrats et les grands accords internationaux, une autre question demeure : quelle place reste-t-il au citoyen dans cette politique des grands investissements et des alliances entre puissances ? Car pendant que les gouvernements excluent l’entrepreneuriat pour tous, les États négocient des milliards.

Pendant que l’on demande aux citoyens de supporter les conséquences des crises économiques, sociales, écologiques et géopolitiques, les puissances se rencontrent, signent et investissent d’autorité, sans le consentement des citoyens.

Un autoritarisme financier présenté comme une valeur emploi.

Des emplois souvent précaires, bloqués au SMIC, quand le relationnel politique placera les « amis » aux postes décisionnels. Quand la valeur est surtout celle des investissements boursiers, des profits de l’actionnariat.

La valeur du travailleur ou la valeur du capital ?

Et derrière les milliards investis, les contrats signés et les promesses d’emplois, c’est finalement une conception de la société qui se dessine : celle où la rentabilité financière devient la mesure de la réussite, tandis que le citoyen demeure spectateur de décisions qui engagent pourtant son avenir.

Six milliards pour le divertissement.

Et pendant ce temps, combien pour ceux qui n’ont plus de logement, ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté, les enfants, les femmes isolées, l’hôpital, l’école, la protection du vivant ?

La question n’est pas de refuser l’investissement étranger. La question est de savoir quelles priorités une démocratie choisit pour son peuple.

France : Un peuple aux droits humains fondamentaux restreints, dont la culture.

La Culture, avec Rachida Dati nommée par Emmanuel Macron au ministère de la Culture, s’est retrouvée elle aussi prise dans les rapports de force politiques. Une culture sommée de s’adapter aux équilibres politiques, au lieu de défendre pleinement la création, la liberté et l’émancipation.

Lors de sa venue à Caen, dans le Calvados, Rachida Dati est venue garantir la « culture pour tous ». Mais que vaut cette promesse lorsque l’on confronte le discours politique à la réalité du terrain ?

Le droit à la culture ne signifie pas seulement pouvoir entrer dans un musée, acheter un livre ou assister à un spectacle. Il suppose que chaque personne puisse réellement accéder à la création, au patrimoine, à l’éducation artistique et aux lieux culturels, quelles que soient ses ressources, son lieu de vie, son âge ou sa situation sociale.

Pourtant, plusieurs mécanismes produisent de l’exclusion. Les fortes inégalités sociales et économiques limitent l’accès à la culture. Le coût des billets de spectacle, des livres, du cinéma, des transports ou des abonnements devient difficile à supporter pour les personnes pauvres et les familles nombreuses. Les inégalités territoriales renforcent encore cette exclusion : l’offre culturelle est beaucoup plus importante dans les grandes villes que dans certains territoires ruraux ou quartiers populaires.

L’école est également déterminante. Lorsque l’éducation artistique et culturelle dépend fortement des moyens des établissements et des collectivités, l’égalité devant la culture devient théorique.

Pour les populations précaires, le choix est parfois brutal : lorsqu’une personne doit choisir entre se nourrir, se chauffer et acheter un billet de spectacle, le droit à la culture devient un droit formel plutôt qu’un droit réellement exercé.

La culture ne devrait pourtant pas être un privilège réservé à ceux qui peuvent en payer l’accès. Elle est un droit, un espace de liberté, de création, de connaissance et d’émancipation. Une démocratie qui prétend garantir les droits humains doit aussi permettre à chacun de prendre part à sa vie culturelle.

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La démocratie s’est effacée

Rachida Dati a utilisé sa position de ministre de la Culture dans sa conquête de la mairie de Paris, qu’elle n’a finalement pas obtenue.

Ministre de la Justice ou ministre de la Culture, tout semble procéder des mêmes mécanismes de réseaux et de reproduction du pouvoir. Une mécanique politique qui donne le sentiment que la politique française n’a pas véritablement évolué depuis plus de trente ans.

Le parcours de Gérald Darmanin peut également être observé à travers cette logique : nommé ministre de l’Intérieur, puis garde des Sceaux, il a lui aussi évolué au sein de réseaux politiques communs à Rachida Dati et construits de longue date. Imposé par Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin a évolué dans le cercle d’Emmanuel Macron, qui, depuis 2017, s’entoure d’une droite et d’un socialisme des affaires. Ils se tiennent tous et ne reculent devant aucune trahison.

Dans ce monde de pouvoir, les mots amitié et fraternité ont perdu leur sens. Les alliances ne reposent plus nécessairement sur la confiance ou la fidélité, mais sur les intérêts, les réseaux et la capacité à préserver une place dans le système.

Le pouvoir se prépare avant même d’être élu.

Les places de ministres, de conseillers et les responsabilités dans les cercles du pouvoir se négocient dès le début de la campagne présidentielle. Avant même que les citoyens ne déposent leur bulletin dans l’urne, les réseaux s’activent, les alliances se nouent et les ambitions se positionnent. Et lorsque les mêmes réseaux se retrouvent, d’une élection à l’autre, dans les mêmes cabinets, les mêmes ministères et les mêmes cercles d’influence, c’est la promesse même de renouvellement démocratique qui se trouve interrogée.

Car les conséquences ne sont pas seulement politiques. Elles touchent au cœur même de la démocratie. Lorsque les postes et les responsabilités sont anticipés dans des cercles politiques avant que le peuple ne se soit prononcé, le citoyen peut avoir le sentiment que son vote ne décide plus réellement de ceux qui gouverneront. L’élection demeure, mais une partie du pouvoir semble déjà distribuée en amont.

Cette mécanique favorise la reproduction des élites politiques : les mêmes personnalités, les mêmes conseillers, les mêmes réseaux et les mêmes relations circulent d’une majorité à l’autre. Elle réduit la possibilité d’un véritable renouvellement et décourage celles et ceux qui ne disposent ni des bons contacts, ni des codes, ni des relais nécessaires pour accéder aux responsabilités.

Elle nourrit également la défiance. Comment demander aux citoyens de croire à la neutralité des institutions lorsqu’ils ont le sentiment que les décisions importantes se prennent dans des cercles auxquels ils n’ont jamais accès ? Comment parler d’égalité politique lorsque la proximité avec le pouvoir peut devenir un capital plus déterminant que la compétence, l’engagement ou le suffrage populaire ?

À terme, cette confiscation ressentie du pouvoir produit une conséquence particulièrement dangereuse : le retrait démocratique. Certains ne votent plus, d’autres ne croient plus aux institutions, beaucoup finissent par considérer que, quel que soit le résultat des élections, les mêmes réseaux finiront toujours par gouverner.

La démocratie ne se résume pourtant pas à déposer un bulletin dans une urne. Elle suppose que les citoyens puissent réellement peser sur les choix politiques, comprendre qui décide, pourquoi les décisions sont prises et dans quels intérêts elles s’inscrivent.

Lorsque le pouvoir se distribue entre réseaux avant même que le peuple ne se prononce, l’élection risque de devenir moins le moment où le peuple choisit son pouvoir que celui où il valide un pouvoir déjà organisé.

Et c’est précisément là que se situe le danger : quand le citoyen conserve le droit de vote, mais perd progressivement le sentiment d’avoir prise sur la décision.

Au-delà des personnes, c’est donc le fonctionnement même du pouvoir qui interroge. Les responsabilités ministérielles, les ambitions électorales et les réseaux politiques semblent se croiser dans une mécanique où les mêmes familles politiques, les mêmes relations et les mêmes cercles continuent de peser sur les trajectoires.

Et face à cette permanence, l’inertie d’une partie de la population interroge. Combien de temps encore accepterons-nous que la politique soit pensée comme une affaire de réseaux, plutôt que comme l’exercice d’un mandat au service des citoyens ?

Gerald Darmanin, expliquera-t-il la réalité de ces réseaux de pouvoir ?

Pourquoi ne parle-t-il pas de cette face obscure de la politique, de ses mécanismes, de ses protections, de ses rapports de force et de cette proximité parfois troublante entre réseaux politiques, milieux d’affaires et institutions ?

Pourquoi ne pas regarder en face ce que produit un système dans lequel les carrières, les fonctions et les influences peuvent se croiser au sommet de l’État ?

La question de l’indépendance de la justice ne peut donc pas être évitée.

Rachida Dati appartient, elle aussi, à cette histoire politique. Avant de devenir ministre de la Justice sous Nicolas Sarkozy, elle fut sa conseillère et porte-parole de campagne. Son parcours illustre cette circulation des personnalités entre pouvoir politique, justice, cabinets ministériels et réseaux d’influence. L’opacité des liens efface tout sens de la démocratie.

Lorsque les relations entre politiques, magistrats, réseaux d’influence et milieux d’affaires deviennent illisibles pour les citoyens, la confiance disparaît. Une démocratie ne peut vivre durablement dans l’ombre.

La confusion des mondes : celui de la magistrature, celui du pouvoir politique et celui des réseaux qui permettent de passer de l’un à l’autre. Puis, c’est précisément cette question qu’il faut poser.

Qui connaît qui ?
Qui protège qui ?
Qui intervient pour qui ?
Qui travaille pour qui ?

L’histoire de l’UMP, devenue Les Républicains, est jalonnée de personnalités, de réseaux et de scandales qui méritent d’être documentés plutôt que recouverts par le silence.

La justice dans cette société politique n’existe pas. Alors, je ne vais pas demander à ce qu’elle puisse reconnaître l’humain, la liberté.

La République a été un rêve qui ne s’est pas réalisé. Il reste les procès politiques comme celui de Rachida Dati, magistrate politique qui n’aurait jamais été nommée ministre dans une démocratie.

La liberté : contre-pouvoir

La liberté de penser, de parler, d’informer, de créer, de contester et de s’organiser permet au citoyen de ne pas devenir un simple spectateur du pouvoir. Elle donne à chacun la possibilité d’interroger les décisions publiques, de révéler les abus, de défendre ses droits et de demander des comptes à ceux qui gouvernent.

Une démocratie sans liberté réelle ne peut disposer de contre-pouvoirs véritables. Lorsque la parole critique est marginalisée, lorsque l’information dépend trop étroitement des intérêts économiques ou politiques, lorsque les citoyens renoncent à s’exprimer par peur, découragement ou sentiment d’inutilité, le pouvoir gagne mécaniquement du terrain.

La liberté est donc l’un des premiers remparts contre la confiscation du pouvoir. Elle appartient aux citoyens. Elle ne se négocie pas dans les couloirs des ministères, dans les cabinets politiques ou entre réseaux d’influence.

Les murs contre la liberté, le pouvoir politique ne cesse de les dresser. Emmanuel Macron en a été un des maçons.

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Un procès Dati à l’obscurité de la présidentielle 2027

Les médias fabriquent les élections par la propagande. Les patrons de presse en héritiers de rôles politiques, loin de concevoir la liberté de la presse. Le procès de Rachida Dati va être vendeur, autant que des informations seront dans le vacarme des manipulations en pleine campagne présidentielle.

Ce qui suggère aussi la responsabilité du vote des citoyens, de l’éveil à la liberté. Un suffrage universel manipulé, car trop de pouvoir et d argent sont en jeu au cœur d’un chaos géopolitique miné par la guerre en Ukraine et au Proche Orient.

Miné également par les conflits internationaux, rivalités de puissance dans une nouvelle ère : l’espace. Le nouveau territoire à conquérir. Les dirigeants jouent leur puissance dans cette conquête spatiale, et sont en train d’élire le pouvoir dominant l’espace. La nouvelle guerre annoncée qui fonctionne par l’archaïsme politique laissant l’état de guerre latent. « Les gros investissements » quand Emmanuel Macron pense en financier industriel du XIXe siècle, en politique inscrit dans une tradition séculaire des marchands du Temple.

Sa conception du pouvoir s’inscrit dans une logique où tout peut devenir valeur, investissement, marché ou actif stratégique : la terre, l’eau, l’énergie, les infrastructures, la culture, jusqu’aux territoires eux-mêmes. Le monde vivant devient une ressource, le citoyen un acteur économique, et la puissance publique un instrument destiné à accompagner les grands intérêts industriels et financiers.

C’est une conception profondément politique : celle d’un État qui ne se pense plus d’abord comme le protecteur des biens communs et de l’intérêt général, mais comme le facilitateur de la puissance économique.

Dans cette logique, la croissance justifie l’artificialisation, l’investissement justifie la transformation des territoires et la rentabilité devient progressivement la mesure de la réussite collective.

L’artificialisation de la vie

L’artificialisation de la vie avec un parc d’attractions lunaire prévu pour 2036, quand les terres se meurent, que les écosystèmes périssent sous le coup de la pollution industrielle, que l’immaculée blancheur des neiges de territoires millénaires se recouvrent des suies d’incendies dévastateurs.

L’artificialisation de l’eau : transformer chimiquement l’eau lunaire pour en faire une ressource permettant l’implantation humaine sur la Lune, tandis que, sur Terre, les rivières d’eau cristalline voient leur pureté trahie par les polluants éternels.

L’eau n’est pas un actif. La Terre n’est pas un portefeuille. La culture n’est pas une marchandise. Et un citoyen n’est pas une unité de production.

C’est précisément là que se situe le conflit politique : entre une civilisation qui considère le vivant comme une richesse à exploiter et une humanité qui devrait considérer le vivant comme un bien commun à protéger.

Le véritable progrès ne consiste pas à reproduire au XXIe siècle la pensée industrielle et financière du XIXe. Il consiste à sortir de cette logique lorsque celle-ci menace les conditions mêmes de notre existence.

La question n’est donc plus seulement : combien cela rapporte-t-il ? Mais : qu’allons-nous laisser vivre ?

Un monde vivant prisonnier de l’empire politique

La politique va achever l’urbanisation de la nature tout entière, les territoires deviennent des lieux d’expérimentation pour établir des sociétés spatiales dans le silence sidéral. La société dystopique est déjà instaurée.

C’est la dimension de la vie qui est profondément touchée. À cette lecture, le procès Dati apparaît dérisoire et bien inutile. Juger la corruption dans un monde politique corrompu. Cela n’a aucun sens. Les procédés Rachida Dati appartiennent à une politique obsolète qui perdure par la paresse mentale des politiques, des profiteurs de détresse, des « gros investissements » pour l’orgueil spatial alimentant la folie industrielle.

Une République de l’injustice

Pendant que Rachida Dati a construit une importante fortune au cours de sa carrière politique, des personnes profondément honnêtes, courageuses, qui affrontent les épreuves et la précarité tout en créant des initiatives et des projets positifs, sont étouffées par la pauvreté et par des injustices sociales criantes.

Ce contraste interroge profondément notre conception de la réussite et de la valeur dans la société française. Pourquoi celles et ceux qui créent, travaillent, entreprennent, prennent des risques et tentent de construire malgré les difficultés doivent-ils parfois lutter pour survivre, tandis que les carrières politiques peuvent conduire à des situations matérielles considérables ?

Au-delà des individus, c’est un système économique et politique qu’il faut questionner : celui qui peut laisser les plus vulnérables enfermés dans la précarité, tandis que les réseaux de pouvoir et les intérêts économiques disposent de moyens considérablement supérieurs. Un accès économique est réservé à un microcosme politique et il est interdit aux citoyens accablés de taxes, d’impôts, de normes, de contraintes administratives absurdes dignes d’un soviétisme enrichissant une cour oligarchique au pouvoir.

Cette violence sociale est une forme de violence coercitive lorsqu’elle prive durablement les personnes de leur autonomie, de leur dignité et de leur capacité à construire leur avenir.

Une société qui brise celles et ceux qui tentent de créer, tout en récompensant les réseaux et la proximité du pouvoir, instaure l’inversion des valeurs, un système destructeur.

Le procès Dati, ce sont les marchands du Temple, les hypocrites, ceux perdant le temps de vivre, de réconciliation entre l’humain et la nature, l’humanité avec elle-même, l’accomplissement de la spiritualité de la paix.

La justice n’existe pas

Par ailleurs, une justice qui humilie et abandonne des femmes et des enfants survivants de violences, et qui, lorsque cela est établi, protège des prédateurs d’une atroce lâcheté, ne portera jamais pleinement le nom de justice.

Le procès Dati ne sera-t-il alors qu’un fracas politique ? Le vacarme de l’argent, le carriérisme narcissique des procès politico-financiers, pendant que tant de victimes attendent encore une justice qui les entende, les protège et leur rende leurs droits ?

Au-delà d’une femme et de son procès, c’est la justice elle-même que nous devons regarder. Qui protège-t-elle ? Qui écoute-t-elle ? Et pour qui la justice est-elle réellement rendue ?

L’argent a plus de valeur que la vie dans la société politique, financière et judiciaire. Car l’universalité de la justice véritable et la paix qu’elle porte sont bafouées lorsque le droit cesse d’être une protection commune pour devenir l’expression des rapports de force. Une justice digne de ce nom ne peut être à géométrie variable : elle doit s’imposer avec la même exigence face au puissant qu’à celui qui n’a ni argent, ni réseau, ni influence pour se défendre.

Lorsque la justice abandonne les plus vulnérables, ce n’est pas seulement un droit individuel qui est bafoué : c’est le pacte démocratique tout entier qui se fissure. Et lorsque l’impunité, l’humiliation ou l’indifférence prennent la place de la protection, la paix elle-même devient impossible, car il ne peut y avoir de paix véritable sans justice, ni de justice véritable sans égalité.

La justice universelle n’est pas un idéal abstrait : elle est la condition première d’une société qui veut vivre en paix.

La responsabilité citoyenne

Il est accablant pour la démocratie que Les Républicains puissent encore disposer d’élus et accéder au pouvoir à travers des mécanismes de réseaux, de proximité et de remerciements politiques. Des réactionnaires moralisateurs dont les discours peuvent, selon cette lecture, parfaitement composer avec les manipulations et le machiavélisme que nous reprochons à Emmanuel Macron.

À force de voir les mêmes réseaux se maintenir, les mêmes alliances se recomposer et les mêmes pratiques politiques se perpétuer, une question finit par s’imposer : que dit de notre démocratie l’acceptation répétée de ces mécanismes ?

Le plus inquiétant n’est peut-être pas seulement l’existence de ces pratiques, mais leur capacité à se reproduire avec le consentement électoral d’une partie du pays. Une partie des Français continue de placer le lepénisme au second tour des élections présidentielles, et certains souhaitent désormais voir Marine Le Pen accéder à la présidence en 2027.

Mais une démocratie ne peut pas se débarrasser de sa propre responsabilité en accusant uniquement ses dirigeants. Les choix électoraux ont des conséquences. Lorsque les citoyens portent au pouvoir des formations, des personnalités ou des systèmes politiques qu’ils savent contestables, ils participent aussi, par leur vote, à la construction du paysage politique qu’ils dénonceront ensuite.

Pour autant, la responsabilité démocratique ne signifie jamais que tout un peuple « mérite » la corruption, l’injustice ou l’abandon. Elle signifie que nul ne peut durablement déléguer son pouvoir sans accepter de regarder ce que deviennent ses choix.

La démocratie exige davantage qu’un suffrage universel manipulé : elle exige de la vigilance, des contre-pouvoirs, une presse libre, une justice indépendante et des citoyens capables de refuser l’imposture politique, quelle que soit l’étiquette de celui qui la porte.

Le pouvoir appartient au peuple. Mais le peuple doit encore vouloir exercer ce pouvoir.

Fédora Hélène

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