Emmanuel Macron fait basculer la France dans l’autoritarisme.
Aujourd’hui, il est une exigence de dignité : la démission immédiate de Laurent Nuñez. La répression barbare lancée contre des lycéens, dont certains n’ont que 14 ans de vie sur Terre, est insupportable, d’une indignité qui brise toute démocratie. S’attaquer à des enfants, le cynisme politique jusqu’à la cruauté.

Répression : histoire de l’autoritarisme
« Depuis quand répond-on à des enfants par des tirs de LBD ? » questionne le Syndicat de la magistrature.
Depuis quand la réponse politique à une jeunesse qui manifeste passe-t-elle par la force, la répression et l’usage d’armes de force intermédiaire ? Depuis que la droite radicale, dont certaines composantes s’inscrivent dans l’histoire de l’extrême droite française, est au pouvoir ? La question mérite d’être posée. Mais elle ne peut être comprise sans remonter dans l’histoire.

En France, la répression mutile des enfants
« En 2006, Jiade El Hadi, 16 ans sera grièvement blessé au visage à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)
En 2007, ce sera un lycéen de 16 ans de Nantes qui perdra un oeil.
En 2009, ce sont 8 personnes qui perdront l’usage de leur oeil suite à un tir de Flash-Ball . Chaque année des bléssés graves sont à déplorer. » ( Article LiberTerra)
En 2006, la France est sous la présidence de Jacques Chirac. Dominique de Villepin est Premier ministre et Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur. Sarkozy appartient à cette génération politique issue du RPR puis de l’UMP, dans laquelle Charles Pasqua fut une figure majeure. Les réseaux politiques et militants qui ont contribué à la construction du RPR sont cependant bien antérieurs à sa création officielle en 1976 par Jacques Chirac.
La France porte encore les fractures profondes de son histoire contemporaine : Vichy, la Résistance, les guerres coloniales, la guerre d’Indochine, puis la guerre d’Algérie. Les secrets politiques se sont inscrits dans le trouble de l’instabilité et de la violence de ces guerres. Des hommes politiques se sont construits dans ces bouleversements, parfois au croisement de courants politiques opposés, de réseaux militants, de fidélités et de ruptures.
François Mitterrand en est une figure particulièrement complexe. Son parcours renvoie à des controverses majeures liées à la Seconde Guerre mondiale, à Vichy et à la Résistance, mais aussi à la guerre d’Algérie. Au déclenchement de celle-ci, il est ministre de l’Intérieur. Le 12 novembre 1954, quelques jours après les premiers attentats, il affirme : « L’Algérie, c’est la France. » Il défend alors le maintien de l’unité française et la répression immédiate de l’insurrection, tout en présentant une politique algérienne fondée également sur le développement économique et le dialogue. Cette position appartient à une époque où les frontières politiques que nous connaissons aujourd’hui ne correspondent pas encore à celles de la Ve République. Pierre Mendès France appartient à la gauche radicale et républicaine ; François Mitterrand à la gauche non communiste, au sein de l’UDSR. La question algérienne traverse alors les familles politiques et provoque des fractures profondes.
La guerre d’Algérie ne sépare donc pas simplement « la droite » et « la gauche ». Elle fracture les partis, les consciences, les familles politiques et les sociétés. Une haine se cultive. Les dialogues de méfiance, les manipulations, les affrontements et les trahisons participent à une manière de faire de la politique dont les conséquences vont traverser plusieurs générations.
En 1956, Mitterrand devient garde des Sceaux dans le gouvernement de Guy Mollet. Nous sommes toujours sous la IVe République. Alors que la guerre s’intensifie, il signe le décret du 7 mars 1956 qui transfère à des tribunaux militaires de nombreux crimes et délits commis en Algérie. Le 12 mars 1956, le Parlement vote les pouvoirs spéciaux en Algérie. La République donne ainsi au gouvernement des moyens supplémentaires pour rétablir l’ordre dans un conflit qui ne cesse de s’aggraver. Durant cette même année, la Tunisie et le Maroc accèdent à l’indépendance. La société française vit alors de profonds bouleversements culturels et sociaux.
À l’orée de la Seconde Guerre mondiale, puis dans son sillage, viennent les guerres coloniales, la pauvreté, une crise sévère du logement, le déchirement des consciences et l’indifférence parfois indicible face aux survivants de la Shoah. La mémoire meurtrie des résistants croise le cynisme de Vichy dans les longs couloirs politiques.
La Seconde Guerre mondiale s’est achevée. La guerre d’Indochine commence et prend fin quand la guerre d’Algérie se manifeste. On chantait la libération, on criait de joie : la guerre est finie. Mais pour qui ? La souffrance, elle, ne lâche rien.
Les hommes politiques se construisent dans ce tourment permanent. Une tempête sans fin. Une horloge qui sonne inlassablement le tremblement de la terre sous le coup des bombes, dans le fracas des cratères, des maisons effondrées, des morts sur les chemins, de la faim tenace, des cœurs fendus en deux. Les hivers hantent les bidonvilles. On meurt de froid dans les rues. Des familles logent dans des caves. Les marchands de sommeil prospèrent. Les couvertures de l’armée américaine sont découpées pour faire des vêtements aux enfants. La maladie assomme les corps fragiles. La nuit de la guerre persiste. La violence ne quitte pas les pavés, hier frappés par le bruit des bottes. Les cœurs abîmés et ce courage inhumain traversent la résistance ouvrière qui, dans les chaînes des usines, poursuit l’ère industrielle dont la récolte nourrit une bourgeoisie colonialiste et une aristocratie qui n’abandonnent pas leur désir de pouvoir par l’oppression. Les manifestations ouvrières sont réprimées. Le Conseil national de la Résistance est progressivement balayé par les transformations politiques et économiques de l’après-guerre. L’espérance a rejoint l’attente.
Le XXe siècle se modèle par les hommes et les femmes sortis vivants du chaos de la guerre. La société demeure marquée par une dualité entre ceux qui portent les actes de collaboration et de haine, errant avec leur histoire, et ceux qui se hissent vers la lumière de la paix. Parfois, l’ombre et la lumière se cognent l’une contre l’autre. Et le pari est lancé pour savoir laquelle l’emportera.
Une politique du maintien de l’ordre née de la guerre
C’est ici que commence une autre histoire. Celle d’une République qui, sortie de la guerre est confrontée aux conflits sociaux, aux guerres coloniales, aux mouvements indépendantistes, au terrorisme, à l’OAS, puis aux grandes mobilisations populaires.
Une République qui s’organise dans un monde conflictuel, marqué par les pressions de l’URSS et des États-Unis, tandis que l’espoir d’une Europe de la paix se dessine et que l’ancien monde cohabite aux frontières du progrès social, économique et scientifique, qui transforme profondément la société. On ne mesure pas suffisamment combien les progrès scientifiques et technologiques ont bouleversé l’humanité, notre conception du sens de l’existence, notre relation avec la nature, notre responsabilité et nos devoirs à l’égard du monde vivant.
La progression de l’industrie chimique et le temps des « machines » ont considérablement modifié l’agriculture dès l’après-guerre. Un progrès qui fit également un bond en avant sous l’impulsion de la guerre, bâtissant l’ultime : la bombe atomique. Le monde avait alors irrémédiablement changé.
Un XXe siècle qui accélère l’histoire de l’humanité de manière inédite avec l’avènement du nucléaire et un fait historique : l’homme a marché sur la Lune. Il a quitté la Terre pour la première fois. Mais la politique s’inscrit en décalage avec cette nouvelle révolution de l’humanité et procède encore par des méthodes rattachées au pouvoir autoritaire, à la corruption, à l’appât du gain et à l’orgueil du pouvoir. Ainsi, une politique qui reste enfermée dans les réflexes de puissance, de guerre et de contrôle freine une République, qui sortie de la guerre, va finalement concevoir une politique du maintien de l’ordre s’opposant à la liberté, à l’émancipation de tous.

Et une question demeure, jusqu’à aujourd’hui : Que reste-t-il de cette histoire dans la manière dont la France maintient l’ordre face à sa propre jeunesse ?
Une culture coercitive s’impose et reprend le pire pour interdire à la liberté de s’exprimer pleinement. La dignité humaine est encore une fois blessée.
Le 17 octobre 1961, Maurice Papon, préfet de police de Paris, organise et supervise un dispositif policier qui conduit à la répression meurtrière d’une manifestation pacifique d’Algériens organisée à Paris contre le couvre-feu qui leur est imposé. Des milliers de manifestants sont arrêtés. Des violences sont commises par les forces de police, et plusieurs dizaines de personnes meurent ; le bilan exact demeure discuté par les historiens. La guerre d’Algérie ne se joue donc plus seulement de l’autre côté de la Méditerranée. Elle entre dans Paris. La violence coloniale traverse les frontières et atteint le cœur même de la République.
Le 8 février 1962, quelques mois après le 17 octobre 1961, une manifestation interdite contre l’OAS et pour la paix en Algérie est violemment réprimée à Paris. Huit manifestants meurent, étouffés dans la bouche de métro Charonne, et plus de 240 personnes sont blessées.
Charonne marque une nouvelle étape. La violence du maintien de l’ordre ne frappe plus seulement les populations algériennes soumises à la répression coloniale. Elle frappe également des citoyens français mobilisés contre l’OAS et pour la paix. Le maintien de l’ordre devient ainsi un miroir des fractures politiques du pays. Mais l’histoire ne s’arrête pas avec la fin de la guerre d’Algérie. La France va progressivement transformer ses méthodes, ses équipements et sa doctrine de maintien de l’ordre. Le tournant ne se résume pas à une simple continuité de la violence coloniale. Il est aussi celui d’une professionnalisation : spécialisation des forces, chaîne de commandement, formation, équipements de protection, recherche de la mise à distance et volonté affichée de limiter l’usage de la force. Le Défenseur des droits rappelle que cette évolution historique vers une modération de l’emploi de la force s’est notamment construite autour de la gendarmerie mobile et de la professionnalisation du maintien de l’ordre.
Puis vient Mai 1968. Pour les responsables policiers de l’époque, Mai 68 constitue une véritable mise à l’épreuve du modèle. L’événement entraîne une évolution importante des équipements, des tactiques et de la professionnalisation des forces chargées du maintien de l’ordre. Les CRS renforcent notamment leurs équipements de protection et adaptent leurs moyens à des formes de confrontation plus mobiles. Le paradoxe est alors saisissant. La République cherche progressivement à mieux protéger les manifestants comme les forces de l’ordre, à mettre les foules à distance et à réduire les affrontements directs. Mais, dans le même temps, elle perfectionne ses moyens matériels de contrainte et poursuit une volonté de domination par la force. Les dirigeants choisissent par les violences policières d’envoyer aux manifestants un message : le pouvoir ne cède pas.
Mai 68, le mouvement de la jeunesse et du monde ouvrier cherche une libération, à franchir le mur des discriminations, de ce qui étouffe une jeunesse traumatisée par cette guerre des crises, de la précarité, de la violence politique et bourgeoise. Une révolution féministe entre également en mouvement et s’oppose au patriarcat dominant. Le maintien de l’ordre se confronte alors à un changement social qui éclôt et que le pouvoir ne reconnaît pas. La liberté est-elle possible au peuple ? L’interrogation demeure ouverte.


Pouvoir : quand la gouvernance fracture la société
En 2026, le mouvement lycéen rejoint, à sa manière, ce temps de conflits et de crises : la précarité, l’inquiétude face à l’avenir, mais aussi face à un progrès technologique qui dépasse désormais la compréhension humaine : l’IA. Face au bouleversement de la société qui se construit aujourd’hui, la jeunesse devra affronter des défis majeurs, pourtant elle est écartée des tables de décisions et soumises à une pression politique développant une économie de guerre, des conflits énergétiques, des fortes rivalités financières et un mépris des plus vulnérables.

Emmanuel Macron : quand l’exercice du pouvoir devient oppressif
Emmanuel Macron n’entend pas la jeunesse. Mais, il exige d’elle une conformité aux décisions politiques. Parmi lesquelles figure l’obligation d’un service militaire. Les paroles du Président sont alarmantes et la jeunesse est en première ligne de ce discours guerrier.
Le 13 juillet 2026, Emmanuel Macron déclare, lors de son discours aux armées à l’Hôtel de Brienne, que la France doit se tenir prête à défendre « la liberté et le droit », « au prix du sang s’il le faut ». Une déclaration prononcée dans un contexte de guerre en Ukraine, de confrontation avec la Russie et de réarmement européen, qui interroge directement la place de la jeunesse dans cette nouvelle économie de défense.
Une jeunesse plongée dans l’instabilité, l’incertitude et de fortes inquiétudes. Mais, le pouvoir politique ne lui concède pas sa liberté de choisir, de créer sa société dans la paix et la justice pour que le monde ait la vie. De l’eau à l’air que nous respirons aux sols où le grain du pain est récolté.
Emmanuel Macron a contribué à installer une forme d’instabilité pour toute une jeunesse, avec la nomination de huit ministres de l’Éducation en neuf ans de présidence, ainsi qu’une succession de réformes préjudiciables à l’équilibre, à l’égalité et au bien-être des enfants, qui constitue un droit humain.
À travers l’éducation, ce sont des intérêts politiques et des influences électoralistes qui sont priorisés. Le gouvernement tient à séduire les voix réactionnaires, et les mesures prises dans le domaine de l’éducation répondent à une haine de la jeunesse qui s’est développée dans une opposition générationnelle. Mais un pays qui n’aime pas sa jeunesse n’a pas d’avenir.
L’humiliation, la moquerie à l’égard des jeunes, le mépris face à leurs compétences, les discriminations, un racisme prononcé et une précarité sociale multiplient les traumatismes de la jeunesse et sa perte de confiance en elle-même, comme envers les institutions. Des institutions qui peuvent elles-mêmes devenir sources d’atteintes aux droits de la jeunesse.
Le dernier rapport du Défenseur des droits consacré aux discriminations vécues par les jeunes, publié en février 2026, dresse un constat préoccupant : les jeunes sont particulièrement exposés aux discriminations fondées sur l’origine, dans l’ensemble de leur parcours, de l’école aux relations avec les forces de l’ordre. Le rapport souligne que ces discriminations peuvent durablement entraver leurs parcours et éroder leur sentiment d’appartenance à la société. Cette réalité rejoint une question plus vaste : comment demander à une jeunesse de croire en ses institutions lorsque celles-ci ne garantissent pas toujours l’égalité, la dignité et l’effectivité de ses droits ? Le problème n’est alors plus seulement celui de l’éducation. Il devient celui d’une République face à sa jeunesse.
L’autoritarisme utilise toujours la violence policière, l’injustice. Il combat la paix et la liberté, renie les droits humains fondamentaux, dont l’enseignement qui vit par la liberté et qui ouvre pour des millions d’enfants les portes de l’autonomie, de la liberté. Entraver et abîmer l’école par la violence politique, c’est interdire aux enfants l’accomplissement de leur existence, c’est renforcer les fortes inégalités, continuer le mensonge de la « méritocratie ».
L’ombre de 1986 enveloppe la politique du maintien de l’ordre de 2026
En 1986, les armes ne sont pas encore les LBD qui marqueront les décennies suivantes. Mais une logique est déjà à l’œuvre : intervenir vite, pénétrer dans la foule, poursuivre, frapper.
Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, pendant les manifestations étudiantes contre le projet de loi Devaquet, Malik Oussekine, 22 ans, est poursuivi puis frappé par des policiers du peloton voltigeur motocycliste. Il meurt quelques heures plus tard à l’hôpital Cochin. Ces voltigeurs avaient été créés après Mai 68 pour intervenir en appui des CRS dans le maintien de l’ordre. Leur dispositif, deux policiers à moto, dont l’un intervenait avec une matraque, était conçu pour être extrêmement mobile et intervenir au cœur des mouvements de foule. À cette époque, Jacques Chirac est Premier ministre et Charles Pasqua est ministre de l’Intérieur. Le drame provoque une profonde émotion nationale. Le projet de loi Devaquet est finalement retiré quelques jours plus tard. Les deux policiers impliqués seront condamnés en 1990 à cinq ans et deux ans de prison avec sursis pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Cette décision judiciaire laissera une profonde question dans la mémoire collective : lorsque la violence est exercée par des représentants de l’État, la justice est-elle réellement en mesure de reconnaître pleinement la gravité des faits ? Pour certains, cette affaire demeure ainsi le symbole d’une justice s’alignant sur le pouvoir politique et l’institution policière.
Des binômes de policiers à moto sont de nouveau créé à Paris en mars 2019 dans le contexte des Gilets jaunes. La BRAV-M rappelle le peloton des voltigeurs motorisés dissout en 1986 après la mort de Malik Oussekine. Les méthodes Pasqua du RPR réapparaissent dans le mouvement macroniste dans une continuité de réseaux passant par les fidèles de l’UMP. Parti qui se recompose indéfiniment à l’intérieur de différentes structures politiques.

Le pouvoir politique aux mains de la droite radicale
La Première cohabitation prend place en 1986 et introduit à l’Intérieur les réseaux politiques de Charles Pasqua, issus des années troubles et des conflits entre différentes droites, entre celle qui se définit comme gaulliste et celle qui s’inscrit dans l’extrême droite. L’entrisme de l’extrême droite s’impose progressivement dans le paysage politique lorsque le Front national réalise une percée aux élections européennes de 1984, obtenant près de 11 % des suffrages.
Cette progression marque une nouvelle étape dans la construction électorale du parti de Jean-Marie Le Pen. Il comprend qu’il peut devenir un acteur prépondérant des jeux électoraux. Les compromis, les manipulations politiques, les rencontres opportunistes, les rivalités et les haines au sein du RPR comme du FN forment alors le nid idéal pour construire la pérennité de la droite au pouvoir, investir les axes stratégiques du pouvoir et y introduire des socialistes. Comme les hommes politiques de la IVe République n’ont pas soudainement disparu avec l’arrivée de la Ve République, certains, issus du socialisme de la cohabitation, se mêleront aux jeux électoraux et au machiavélisme politique qui nourrit l’idée de puissance et occupe des hommes ayant gagné des privilèges et une rente : l’illusion de la paix.
Les méthodes de barbouze n’ont pas quitté les stratégies de déstabilisation, d’information et d’actions occultes. La politique ne se fait pas toujours au grand jour, ni dans la transparence d’un rayon de soleil. L’argent n’est pas exclu de la balance, et les années 1980-1990 feront de l’argent un moteur, un moyen de pression et de pouvoir. Tous les coups sont permis, tandis que les affaires financières battent leur plein.
Au RPR, d’un étage à l’autre, on s’espionne, on se méfie, on écrit les agendas au crayon de papier, tandis que quelques barbouzes sont invitées à tendre l’oreille, à rapporter des informations, à infiltrer des réseaux politiques ou à tenir un politique en particulier. Les interactions entre les renseignements, la police, la justice, la politique et certains patrons de presse deviennent une habitude bien rodée, un moyen de propagande. Des affaires sont lâchées dans la presse, les faits manipulés, et le public ne se doute pas qu’il a été choisi pour donner de l’ampleur à des révélations qui servent des intérêts dont il ignore tout.
La politique ne comprend pas la liberté du peuple, elle n’entend que le pouvoir.

Augmentation de la répression de droite radicale avec l’entrée de Sarkozy à l’Intérieur
Sarkozy succède dans une logique de transmission à Pasqua au ministère de l’Intérieur, Il est nécessaire de maintenir le bouclier des réseaux au pouvoir. Une République qui fonctionne dans un microcosme verouillé de décennie en décennie gardant une continuité de méthode et d’hommes. Une politique qui s’auto-bloque elle-même dans un automatisme par l’usure, l’accumulation des manipulations, trahisons, fourberies propres aux milieux politiques.
Pasqua, Sarkozy en fil conducteur d’un RPR se transformant en UMP, puis en LR, comme il se divise en plusieurs branches pour occuper une vaste espace de pouvoir dans différents gouvernements. C’est ainsi que Gérald Darmanin, ancien porte-parole de l’UMP, a été nommé ministre de l’Intérieur, puis de la Justice. La main de Sarkozy ne quitte pas véritablement le pouvoir.
Laurent Nuñez intègre le ministère de l’Intérieur en 1999. Ses premières fonctions relèvent de l’administration territoriale et des finances locales. Puis, progressivement, il évolue au cœur de l’appareil préfectoral et sécuritaire : préfectures, cabinet du préfet de police de Paris, préfet de police des Bouches-du-Rhône, direction générale de la Sécurité intérieure, coordination nationale du renseignement, puis préfecture de police de Paris.
Une trajectoire qui permet d’observer, non pas une filiation politique directe, mais la permanence d’un appareil administratif et sécuritaire traversant les alternances politiques, notamment sous Nicolas Sarkozy.
En 2017, Laurent Nuñez devient directeur de la Direction générale de la Sécurité intérieure. En 2018, il rejoint le gouvernement aux côtés de Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur.
Christophe Castaner, issu du Parti socialiste, s’inscrit alors dans la recomposition politique engagée autour d’Emmanuel Macron. Une recomposition qui rassemble des personnalités venues de la gauche, du centre et de la droite, notamment de l’ancienne UMP et de LR. Cette recomposition politique ne peut pourtant être réduite à une simple alliance entre la gauche et la droite. Elle révèle aussi un déplacement des frontières partisanes et une circulation des femmes et des hommes politiques entre différents espaces de pouvoir, au gré des rapprochements, des compromis, des stratégies d’influence, des remerciements politiques et de la corruption.
Le pouvoir n’a pas attendu Emmanuel Macron pour faire des rapprochements entre l’UMP et les socialistes, comme avec l’extrême droite, ou le centre. Gilbert Baumet, ancien ministre délégué au Commerce et à l’Artisanat en 1992-1993, dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy, sous François Mitterrand a rejoint les rangs de l’UMP en 2002 par une certaine obligation de remerciement. Ancien du Parti socialiste, il avait déjà rejoint le groupe RPR au sénat en 1985.
Un croisement gauche-droite qui ne se fait pas toujours dans la sincérité politique, mais dans les eaux troubles du pouvoir. Une sorte de « mafia politique », où les différentes compositions se présentent en idylle de conviction, en choix réfléchi pour le bien de la France, au nom de la dignité de servir. Derrière les discours, les alliances et les recompositions, se dessine alors une autre réalité : celle des intérêts, des influences et des rapports de pouvoir qui traversent les familles politiques et brouillent les frontières idéologiques.
Emmanuel Macron : la continuité d’un système de répression en eaux troubles
L’Intérieur, fidèle aux eaux troubles, veille au pouvoir par la force, un autoritarisme ayant permis de maintenir des réseaux politiques au pouvoir. La lignée Pasqua change de visage avec ses héritiers. Jeunes arrivistes dans les années 1990, ils ont mûri au soleil de l’appareil du pouvoir et transmettent leur savoir-faire, appris dans cette culture de la répression qui a su être sans limite, sans respect de la dignité humaine.
L’ombre du RPR plane au-dessus de Macron et s’entrelace avec celle d’un socialiste qui ne s’est jamais relevé de l’après-Mitterrand. Une figure de puissance politique qui a scellé la porte de l’avènement socialiste au pouvoir. Ils n’ont d’autre choix, aujourd’hui, que de cohabiter avec la droite, de devenir un socialiste droitier, comme Hollande l’a été. Les violences policières en 2016, lors des manifestations contre la loi Travail, étaient également déjà dirigées contre des lycéens mobilisés.
Emmanuel Macron ne change rien. Il manipule. C’est plus simple. Il n’a créé aucune nouvelle philosophie politique, aucun nouveau mouvement, aucune émancipation. Il vient de se passer près d’une décennie dans le carcan d’un vieux pouvoir obsolète, enchaîné à une mécanique politique. Le pouvoir par la guerre, quelle soit un déchirement entre pays, économique, contre la nature ou le droit de manifester. La liberté est prisonnière de la politique.
Libérer le monde de la politique pour qu’il puisse connaître la paix.
La répression actuelle contre les lycées émane d’un mécanisme ancien perpétué par des dirigeants et responsables politiques qui n’hésitent pas à bafouer le sens même de la République. Elle est celle autoritaire d’un gaullisme ayant pris ses racines d’une culture du XIX ème siècle. Conception verticale de l’autorité, ordre social, rapport entre État et citoyens, maintien de l’ordre, inégalités sociales, mépris des familles précaires, une domination patriarcale et colonialiste demeure dans l’esprit de ce vieux monde qui ne veut pas lâcher le pouvoir.

Une histoire politique de coercition
Emmanuel Macron est prêt à devenir trumpiste si son intérêt politique le demande, lui qui se présentait comme un rempart contre l’extrême droite. Les intérêts de l’argent seraient-ils devenus supérieurs à l’humain, plaçant le pouvoir politique sous la dépendance de la finance et l’inscrivant sur l’échiquier de la guerre de l’énergie ? Le 1er octobre 2026, Emmanuel Macron a reçu Javier Milei à l’Élysée. Le président argentin était à Paris pour attirer des investissements européens et renforcer les relations économiques entre la France et l’Argentine. Dans le même temps, TotalEnergies annonçait près de 10 milliards de dollars d’investissements en Argentine, principalement dans des projets gaziers et pétroliers. Une rencontre qui pose une question politique : jusqu’où les intérêts économiques et énergétiques peuvent-ils conduire un pouvoir qui s’était présenté comme un rempart contre l’extrême droite à composer avec des dirigeants dont les orientations politiques sont profondément éloignées des siennes en apparence ? En apparence, c’est la subtilité du pouvoir politique. Rien n’est qu’hypocrisie de réthorique.

Hier encore, à l’Assemblée générale des Nations unies, Emmanuel Macron s’indignait face aux souffrances du peuple palestinien et dénonçait, à propos de Gaza, « un spectacle qui nous fait honte à tous ». Aujourd’hui, l’adrénaline du pouvoir le conduit dans les bras de Javier Milei. Un contraste saisissant entre les mots prononcés devant les Nations unies au nom du droit international et les réalités des alliances économiques et stratégiques du pouvoir.
Hier, il montait le ton contre la violence faite aux enfants palestiniens, aujourd’hui il lance une répression brutale contre les enfants demandant à leur président de respecter leur droit d’étudier dans le respect de la dignité humaine. Emmanuel Macron fait-il preuve de dissonance cognitive lorsque le pouvoir devient l’objet d’une obsession, jusqu’à exercer son charme et son contrôle sur ceux qui le détiennent ?
Une répression contre des enfants
28 septembre : Léon XIV déclare à Metz, « les relations humaines entre les États sont de plus en plus barbares. La valeur de la parole donnée est méprisée, on se vante plutôt des mensonges et de la tromperie. »
L’absence d’éthique et de morale domine dans les rangs des gouvernements. Des dirigeants observent ce cynisme à l’égard de leur propre population. Les dialogues de paix sont ignorés et la violence est lancée à vive allure. Le devoir du ministre de l’Éducation, c’est de donner l’exemple du respect de la dignité humaine, de l’écoute des jeunes et d’user de l’excellence de la diplomatie à l’égard de la population. La répression trahit déjà les paroles du pape prononcées en France depuis son arrivée.
Pour que le monde ait la vie, il a ardemment besoin de sa jeunesse. La traumatiser par des violences policières, des arrestations, des gardes à vue parfois violentes et des comparutions immédiates, sans lui laisser aucune trêve, c’est exposer une génération à la peur et à l’épuisement. Une justice qui agirait par cette violence serait indigne d’une démocratie.

Léon XIV , défenseur des droits humains, artisan de paix rassemblant toute une jeunesse dans sa diversité, donnant un élan de joie et d’espérance, une écoute sincère des souffrances, n’avait pas quitté le sol de France, qu’un jeune lycéen de 14 ans, élève de seconde, a été atteint au visage par un tir de lance-grenades Cougar, à très courte distance. Les conséquences sont particulièrement graves : fracture de la mâchoire, toutes les dents du haut sont cassées et plusieurs dents du bas. Il a dû subir une lourde intervention chirurgicale. Le Défenseur des droits s’est autosaisi de l’affaire et une enquête de l’IGPN a été ouverte concernant l’usage de cette arme.
Une autre problématique de violences policières :
Lancer une voiture à vive allure, sirène hurlante, en aspergeant du gaz lacrymogène fenêtres grandes ouvertes, au milieu d’un rassemblement de jeunes, c’est l’antithèse absolue de la démocratie. C’est prendre un risque considérable pour les jeunes, les mettre en danger.
C’est l’inverse du devoir de sécurité, du respect de la dignité humaine et de la protection due aux enfants.
Une institution chargée de protéger ne peut pas devenir, par ses propres méthodes d’intervention, une source de peur, de danger ou de traumatisme pour une jeunesse qui exerce sa liberté de se rassembler.
Pouvoir : les mécanismes d’une gouvernance oppressive
Des armes sont aujourd’hui au cœur de la politique du maintien de l’ordre, parmi lesquelles le LBD. En 2021, le Défenseur des droits recommandait déjà l’interdiction de son usage lors des manifestations, après avoir constaté les risques de blessures graves liés à cette arme, notamment lors du mouvement des Gilets jaunes. En 2024, le Comité des droits de l’homme des Nations unies a à son tour demandé à la France de réexaminer l’autorisation des armes intermédiaires, notamment les grenades explosives et les lanceurs de balles de défense, au regard du nombre important de blessures graves subies par les manifestants. Malgré ces recommandations, le LBD demeure autorisé dans le maintien de l’ordre en France. ( Voir l’article : « Violences politiques et policières : LBD, les armes de la honte » Liberterrajournal.com)
30 septembre 2026, Tours, en marge du blocage d’un lycée, Maël, jeune lycéen, a été grièvement blessé par un tir policier de LBD. Maël a perdu l’usage de son œil droit. À 16 ans, un jeune a été éborgné.
En France, des mineurs ont été gravement touchés par des tirs policiers de LBD. Des blessures qui impactent toute une vie, qui sont traumatisantes pour la santé globale du jeune blessé et pour la mémoire collective.
« En 2006, Jiade El Hadi, 16 ans sera grièvement blessé au visage à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)
En 2007, ce sera un lycéen de 16 ans de Nantes qui perdra un oeil.
En 2009, ce sont 8 personnes qui perdront l’usage de leur oeil suite à un tir de Flash-Ball . Chaque année des bléssés graves sont à déplorer. » ( Voir l’article : « Violences politiques et policières : LBD, les armes de la honte » Liberterrajournal.com).
La brutalité de la droite se tenant à la porte de l’extrême droite perpétue sa tradition d’autoritarisme et de manipulation dans sa politique de la répression. Garder le pouvoir à n’importe quel prix, semble être la devise de ce courant politique soutenu par une partie de la population les plaçant inlassablement à des postes d’élus.
Emmanuel Macron, le président porte-parole de l’UMP, tant il s’est fondu dans les manipulations politiques, un machiavélisme d’us et coutumes, un théâtre d’ombre qui blesse et traumatise des vies humaines, et qui s’acharne contre les plus vulnérables.
D’autres lycéens ont été grièvement blessés au cours de ce mouvement lycéen. À Alençon, une lycéenne de 14 ans a subi une clé d’étranglement lors d’une intervention policière devant son établissement. Filmée pendant l’intervention, elle a ensuite témoigné dans la presse du traumatisme subi. Elle raconte avoir supplié le policier de la lâcher parce qu’elle n’arrivait plus à respirer. Elle a également souffert de douleurs au cou et à la mâchoire après les faits. Une violence qui laisse une trace physique, mais aussi psychologique, sur une adolescente de 14 ans.
Amnesty international rappelle que les techniques d’étranglement comportent des risques de blessures graves et de mort, même quand elles sont pratiquées brièvement.
Des enseignants ont également témoigné concernant des violences policières, y compris à leur encontre, alors qu’ils affirment le caractère pacifique des manifestations pour le droit d’étudier et d’enseigner dans le respect de la dignité humaine, de l’égalité et de la démocratie.
De nombreuses vidéos et des témoignages ne cessent de documenter une répression brutale à l’encontre de jeunes lycéens et interrogent profondément les méthodes employées par le gouvernement pour répondre à leur mobilisation. Des journalistes témoignent également des violences subies sur le terrain, dont un journaliste qui affirme avoir été percuté par un policier à moto, vidéo à l’appui.
À ces blessures s’ajoutent l’ampleur des arrestations : plus de 5 000 depuis le début du mouvement, dont une majorité d’enfants. Selon le ministre de l’Intérieur, 85 % sont mineurs.
Le Syndicat de la magistrature dénonce une réponse répressive qui mobilise l’ensemble des outils du maintien de l’ordre contre des mineurs. Il critique également l’intervention politique transmettant des consignes de sévérité adressées aux parquets et il appelle à privilégier la désescalade et le dialogue.
Jeunesse : une colère que l’on refuse d’entendre
Une jeunesse blessée, humiliée, traumatisée, jetée dans l’arène judiciaire, que certains magistrats jugent eux-mêmes inadaptée à la vulnérabilité de mineurs mobilisés et confrontés à un stress majeur. Des jeunes qui peuvent par ailleurs subir une angoisse sociale et climatique dans un monde aux futurs incertains. Souvent une détresse est ressentie dans un contexte où des politiques aggravant les conditions de vies des plus précaires provoquant une souffrance psychologique autant qu’épuisement moral et physique.

La société française a un besoin urgent d’apaisement, de retrouver confiance dans ses institutions, ce qui implique un changement profond de mode de gouvernance et de la manière d’exercer le pouvoir.
Rompre avec un système hérité de l’après-guerre, qui fracture durablement les relations humaines et détourne le progrès de son véritable chemin, celui de la paix, de la justice et de la liberté.
Fédora Hélène







Copyright ©️LiberTerra 2026 – Tous droits réservés – Tous droits de production et de diffusion réservés
