Macron, le visage des tourments

Un XIXème siècle inachevé

Dans un élan d’idéologies post révolutionnaires, une organisation nouvelle de l’Etat, une pensée lui attribuant une puissance non monarchique, l’investissement industriel venant à dépasser le politique absolu par cette nouvelle conquête dans l’espace de la société , les capacités de marchés saisissant la société du XIXème qui voit apparaître une nouvelle population, le monde ouvrier.

Les nobles et bourgeois, philosophes, vont intégrer dans leur cheminement intellectuel, ce nouveau monde en train d’éclore laissant les politiques obsolètes, ceux immobiles, improductifs vivant un système de vieille noblesse usant du fruit produit par la nation sans l’inventer ni le produire.

A cette époque, l’ancien duché, est remplacé par un industriel qui fera vivre tous les habitants de la commune où son usine est implantée.

Il est le maître. Il détient l’économie, donc le pouvoir politique.

Les riches propriétaires s’estiment être le moteur de la société et combattent alors un socialisme naissant qui se veut être organisateur et législateur d’un monde ouvrier mais  à qui il ne fournit pas le salaire et c’est sur ce point que l’industriel impose sa doctrine sociale et politique, faisant de l’argent ce nerf de la guerre et du pouvoir.

Le socialisme est l’ouvrier devenant un citoyen à part entière car acteur principal de la production qui rend possible l’émergence d’un nouveau monde qui sera irrémédiablement l’avenir de notre société.

Quant à lui, l’administratif qui régit et maintient l’ancien monde politique en place est à cette improductivité qui récolte perpétuellement les gains des entreprises sans y contribuer mais en y prélevant une partie des ressources pour en faire un usage stérile alimentant uniquement ses privilèges et dominations.

L’ouvrier quitte progressivement son statut d’ignorant pour acquérir celui d’instruit.

Ce qui lui permettra de comprendre que sa capacité à produire le nouveau monde, lui donne aussi la compétence et la force représentative de gouverner  cette nation naissant de ses mains et non se restreindre à n’être qu’un outil de production vivant dans la misère et coupé d’un système politique ne lui accordant aucun pouvoir.

Emmanuel Macron est dans ce démantèlement du système administratif au profit des mannes financières qui ne sont plus les industriels et un peuple, les ouvriers, population que la volonté d’enrichissement, l’avidité, le besoin d’évasion et d’optimisation fiscale par les grands patrons a mis en péril.

Et par leur volonté de combattre cette force politique qu’était le peuple ouvrier.

Demeurer le maître coûte que coûte, même au prix de fermer les usines en France et investir dans les pays où l’ouvrier est resté maintenu sous le joug d’un pouvoir politique archaïque fondé sur une élite commandant et possédant.

Et, c’est là où l’incohérence de Macron domine.

Il se veut ce philosophe politique libérateur du pouvoir administratif et d’une gestion du pays par des partis politiques se passant plus ou moins à tour de rôle le pouvoir sur un fondement administratif immuable qui fait dire aux citoyens « bonnet blanc, blanc bonnet » quel que soit le parti qui gouverne.

Mais, notre siècle est celui des lobbies et d’un capitalisme désireux de toucher son point culminant.

La France compte, aujourd’hui, des milliardaires représentants pour les cinq premiers une valeur totale de 193,6 milliards de Dollars.

Celui qui est « l’Empereur » de cette gouvernance de la haute finance est Bernard Arnault, le luxueux LVMH, une fortune estimée à 66,9 milliards d’Euros.

Le principe de ces nouvelles fortunes est de ne pas faire partie au départ d’une noblesse financière et d’héritages.

Ce « socialisme » capitaliste qui repose sur le socle de la « méritocratie ».

Le travail, un devoir devant mener à la fortune, un droit.

Propos qui étaient ceux de Sarkozy et que reprend Macron pour le commun des mortels, qui peut lui aussi accéder à sa place de premier de cordée par cet élitisme républicain se plongeant à corps perdu dans l’hydre de l’argent.

Et, les propos de Sarkozy reviennent alors « Ta fortune est faite, la mienne viendra peut-être un jour » disait-il à Stéphane Richard, patron de Orange.

Tout l’objectif est dans ce qui rapporte, quantifie la réussite, la matérialise pour l’imposer en politique contre une noblesse administrative improductive et partis politiques anciens n’assumant pas la société de la perte des idées par l’idée de faire fortune.

Mais, Macron ne produit pas, il accède uniquement à placer à son sommet l’investissement des premiers et le peuple qui se doit de suivre les bénéfices des premiers pour espérer gravir la corde qui leur fournira des droits en fonction des nœuds qu’il passera sur cette corde.

Et, la tête de corde étant l’extrême de la pensée unique qui ramène tous citoyens à la volonté majeure de la Tête.

La vie de tous doit se penser en fonction de ce but.

Il y a une corde et une direction, celle qu’elle a imposée.

Nous sommes alors dans la confusion mentale de Macron d’où émanent ses mensonges se concrétisant en un déni.

Il est sûr de donner le meilleur et son autoritarisme est pour mener à bon port tous ceux qui seront obligés de s’engager dans sa traverse en pauvres soldats obéissants ou qui seront alors les déserteurs.

Et tous ses efforts qui seront sans répit, sont un don conçu qu’il fait de lui-même à son pays tant il l’aime et personne pourrait en douter.

C’est ainsi qu’il ne se projette pas dans une prochaine élection présidentielle bien qu’il fasse date de 2015 comme apothéose de sa réussite politique et de la conduite de moments de notre histoire que seront les jeux Olympiques et la renaissance de Notre Dame.

La voûte n’étant pas optimalisée dans sa structure et en attente d’expertises comme le soulignaient les conservateurs et architectes des Monuments historiques qui se sentaient mis à l’écart de la reconstruction.

Peut-être se doit-elle de se conformer au prestige du Macronisme et des dons généreux de la part de cette idée de fortune « providence » et « généreuse ».

Ce cœur abondant du guide conduisant son troupeau, que Macron qui aime se tend à devenir dans une envolée du sacrifice Pascalien, pose une question d’analyse, peut-on aimer ce que l’on ne connait pas ?

Puis-je tendre avec « passion » les propos d’Emmanuel Macron, le but de ma vie vers ce que j’ignore ?

Il reconnait avoir découvert un peuple à travers 6 mois du mouvement des gilets jaunes, d’un Grand Débat à hauteur de 12 millions d’euros, d’apprendre l’existence de nouvelles familles monoparentales, donc les « mères isolées ».

Et, nous tombons dans l’incompréhension, le déni de ce président.

Sa quête de conquête qui le ramène dans les rangs d’un XIXème  de misère qu’il instaure, lui qui voulait échapper à ce temps d’histoire de bourgeoisie dominante aux raisons politiques et administratives.

La fermeture d’usine a drainé ses drames qui touchent l’humain dans toute sa richesse humaine, cet Humain, qu’il évoquait, ce rappelant soudain de lui et en répétant le mot, pour nous où lui, pour s’en convaincre, de son devoir de le mettre au cœur du système.

Et, nous touchons le nœud de sa fameuse corde.

L’Humain est la société. Sans lui, un pays n’a aucune existence.

L’être Humain est dans sa multitude de vies, que le système met au rythme des échecs et réussites pour qualités de vie alors que ce dualisme lui ôte son caractère premier d’être le transmetteur dominant de la vie par la possession de son savoir lui permettant de la faire perdurer et de la protéger pour sa vie pleine et entière qui intègre en ses branches directes la nature.

Donc préciser qu’il a découvert qu’il fallait penser à l’humain dans un système de société est d’une aberration absolue puisqu’il n’y a pas de système sans l’humain.

Pour en revenir aux « mères isolées », je rappelle à Emmanuel Macron, que l’acharnement à établir un capitalisme par hiérarchie de fortune commandant le pouvoir politique décideur du destin d’un pays donc de ses habitants, constitue une dictature de celui-ci qui contraint l’homme à servir un commerce de production comme cela l’était au XIXème siècle, où le chômage garantissait la puissance de négociations politiques pour dominer le pouvoir .

Le peuple était un pion que l’on amenait en première ligne des conflits, se faisant blessés et tués, en pensant lutter pour ses droits alors que sa lutte serait l’argument des « maîtres » financiers pour établir leur puissance et fortune en gage de réduction du chômage.

Lequel chômage détruit par la souffrance qu’il impose, la dévalorisation de l’humain qui est alors hors sujet de production et maintenu dans un carcan administratif de contrôle au service du dominant politique Bourgeois dans un optique du pouvoir du commerce.

Ce que Macron veut combattre, il le crée.

Seront pour ceux mis dans la peine par un système, divorces, décès prématurés, suicides.

De ce fait, les couples ayant divorcés par cette souffrance que le politique leur a imposé, n’auront ni l’un ni l’autre les moyens d’honorer une pension alimentaire puisque leur foyer a été mis en échec par l’argent ne représentant plus une sécurité.

Il n’y a rien à prendre à ceux qui n’ont rien, donc l’ignorance, l’incompétence, ou l’indifférence de Monsieur Macron laisseront toutes ces femmes dans la misère.

Des femmes avec des enfants n’ayant parfois que ces 1000 euros par mois qu’il croit suffisant pour vivre dignement.

Macron s’accable lui-même.

Dans l’inachèvement d’une pensée véritable porteuse de Liberté, nous sommes dans l’excès délirant de ce qui conduit nombre de citoyens à l’inquiétude angoissante d’être les pauvres à qui on donne un jeu de cartes trichées pour gagner des droits aux pays des riches.

L’argent ne pouvant être le moteur d’une nation, mais bien la vie riche de nos différences, imaginations humaines par la complexité de nos émotions  et de notre langage qui pourrait s’effacer au profit de celui de l’IA.

L’IA qui sera le pouvoir politique de demain si les citoyens n’en prennent pas la démocratie.

Emmanuel Macron, un XIXème siècle inachevé aux portes d’une surenchère de puissances financières, dans son archaïsme qui laissera de sa pyramide le sable de ses pierres.

©Fédora Hélène

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