4 Mai, les ronds-points de la victoire?

Editorial des RIENS

Quand la colère gronde.

Mai 2019, le point zéro, la situation économique des « gilets jaunes » s’est aggravée.

Les charges ont augmenté fragilisant encore plus considérablement l’équilibre budgétaire de familles, retraités, précaires, personnes isolées et une violence physique et psychique est vécue par les manifestants.

Des blessés graves sont et Libération établit une carte non exhaustive  des blessés.

144 y figurent du 17 Novembre 2018 au 26 Janvier 2019.

Les vidéos, photos des violences circulent sur tous les réseaux sociaux.

Le choquant qui laisse nombreux indifférents, et ce sont des marchés d’armes du « maintien de l’ordre » qui exercent leurs profits.

Ce sont 13 500 grenades différentes qui ont été tirées par les forces de l’ordre en un Samedi à Paris, auxquels se sont ajoutés 136 000 litres d’eau des canons à eau.

Nous sommes le 1er Décembre 2018.

L’Etat démontre sa totale et implacable puissance. Il reste l’incontestable dominateur et le discours sera contre ceux qui « en veulent à la République ».

Non, contre ceux qui posent la question de la légitimité du gouvernement et non celle de la République.

Un pouvoir de partis n’est pas la République. Ils sont à un instant T par une élection troublée qui annonce non la fin de la République mais un tournant que celle-ci souhaite prendre pour retrouver ses fondements.

Ce que nous entendons est de dénoncer aussi une « République » accaparée par un système de hauts bourgeois et bourgeoisies de commerces qui domine une économie de profits par la philosophie de l’esclavage et de confréries dominantes et sectaires qui se sont développées au XVIIIème siècle.

Macron est à ce vieux monde du capital des « élites » nommées par un pouvoir financier et une administration qui en est le socle immuable.

La République serait alors non un nouveau monde mais une continuité d’un système qui a détrôné le roi pour s’assoir sur son trône.

Les « Gilets jaunes » dont la peine devenait trop lourde sont sortis sur les ronds-points qu’ils prenaient revenant au peuple d’un drapeau « Egalité, Fraternité, Liberté ».

Ils se jettent dans la rue dans la méfiance des uns, des agitateurs politiques soupçonnés d’en être les instigateurs et réseaux sociaux qui faisaient naître des gens comme Jacline Mouraud par cette dynastie des « vues » sur Internet.

La visibilité est au virtuel…

Loin de prédire la bataille se jouant dans la rue de la légitimité, un matin du 17 novembre 2018 apparaissait un mouvement qui au fil du mois d’octobre annonçait sur les réseaux sociaux un grand rassemblement populaire baptisé les « Gilets jaunes» .

Des gens qui nombreux n’avaient jamais manifesté, se rassemblèrent en ce premier Samedi pour une contestation massive de la politique du gouvernement les appauvrissant notamment par des charges lourdes.

Les grandes villes sont d’ordinaire le théâtre des manifestations.

Là, des Français manifestent dans toute la France et les campagnes voient fleurir cette nouvelle culture des « Gilets Jaunes ».

Et, pour cause, les petites villes de province voient les services publics disparaître et cette politique de désertification engagée depuis 2007, fermeture des tribunaux d’instance et grande instance par la loi Rachida Dati, fermetures de postes, services d’urgence, écoles, associations ne recevant plus de subventions, trafic ferroviaire réduit, et les habitants contribuables payant des impôts à l’égal des villes, voient un mépris considérable de l’Etat vis-à-vis d’eux qui ne respecte pas une égalité sur les territoires.

Les pertes d’entreprises constituées souvent par des petits commerces, des artisans et de petites usines ayant fermées, le chômage se greffe comme quotidien nécessitant d’aller plus loin, donc des dépenses notables de charges en carburant comme pour se rendre sur des services de santé de plus en plus éloignés du domicile.

Leurs revendications alors sont simples : « vivre »

Les gilets jaunes revendiquent l’essentiel de ce droit de vivre avec dignité et ne se limitent pas aux prix du carburant comme certains vont s’amuser à ironiser.

Leur « essentiel » appelé « directives du peuple » envers les politiques, qui rappellent-ils doivent respecter leur fonction première « servir le peuple », et non les lobbies, banques, reliés aux têtes milliardaires pour qui le peuple est sacrifié.

Zéro SDF, taxes carbone, augmentation des salaires, fiscalité, retraites, logements, ISF, RIC, un programme populaire par la parole libérée de ceux que les politiques trompent la confiance par le vote.

Car, en revenant à la source, ces citoyens, Gilets jaunes, ont voté pour l’idée de République qu’engageait le suffrage universel avant d’être la plus grande manipulation politique.

Et, la question primordiale qui émane de ce mouvement du peuple est bien la légitimité qu’accorde normalement le vote prononcé par le suffrage universel.

La légitimité du président Macron qui ne fidélise que  8 % des inscrits et un deuxième tour qui le nomme à la tête de l’Etat par un contexte d’obligation pour faire « barrage » à l’extrême droite, ceux pensant qu’il sera efficace pour améliorer leur quotidien économique qui décline d’années en années. Puis, par le vote des bourgeois conquis d’intérêts et privilèges mais qui ne comprennent pas l’économie pour la société et l’arrêtent au pas de leur avidité et besoin de pouvoir.

Des médias se feront aussi la « voix de leur maître » et le suffrage universel revient aux millions d’euros qui sont engagés pour lui.

Les comptes de campagne du candidat Emmanuel Macron seront à ces prêts qui resteront au silence, la raison d’Etat étant à celui qui la représentera pendant 5 ans.

Le président des très riches est maintenant à son Jupitérien quinquennat.

Puis, il y a la légitimité du peuple que tiennent à représenter les « Gilets jaunes ».

Beaucoup d’entre eux n’imaginent pas ce qui attend leur mobilisation qui, à presque six mois d’existence, s’apprête à reprendre les ronds-points par ce fondamental de la légitimité.

Car ce n’est de savoir si cette occupation est légale, il est de connaître sa légitimité.

Elle l’est par le nombre de gens qui les soutiennent comme un suffrage à main levée, par un représentation populaire des lieux occupés, « la rue est à nous » , slogan rejoint par les milieux militantistes, « on lâche rien » , et ironisait Claude Malhuret, « On lâche rien, sans qu’on sache d’ailleurs ce qu’il tenait » dit-il dans son discours du 10 Avril devant le Premier Ministre.

A lui tout seul, Claude Malhuret, résume ce qu’a enduré ce mouvement de « Gilets jaunes » comme critiques  visant en premier à lui retirer toute légitimité.

Le peuple doit rester à sa place et ne pas oser penser être « acteur » « nous devons décider », « nous remplaçons les syndicats qui ont déserté leur rôle », « il est normal que les politiques nous ayant trahi, nous reprenions notre droit à décider pour notre vie. » me confient des Gilets jaunes.

La question de la légitimité est posée et c’est contre cette réponse qui pourrait être défavorable au président en place, que le gouvernement et le Président Emmanuel Macron s’oppose aux « Gilets jaunes ».

Les jeux de communications politiques, souvent appelés mensonges car détournant au-delà du mensonge propre, le sens des mots. C’est ce que fit Christophe Castaner en utilisant le mot « attaque », puis voyant l’artifice trop gros, se révise laissant le terrain aux polémiques qui seront débatues dans la presse et le laissent Ministre, donc, il n’y a pas d’affaire et le pouvoir reste maître.

Plus qu’aux coups de bluff de Castaner, le politique est l’art sans fin de l’échiquier.

Sur celui-ci, le ministre de l’Intérieur mettra en place les préfets comme Didier Lallement, nommé pour sa dureté, préfet de Paris et contre lequel un rapport de 60 pages de l’ OGLP (Observatoire Girondin des Libertés Publiques) dénonce sa « une politique d’intimidations » qui a attisé la violence.

Les témoignages recueillis, vidéos et signalement confortent que l’action du préfet Lallement a « contribué à une escalade des tensions à Bordeaux ».

Liberterra a pu recevoir des témoignages expliquant un comportement « répressif » de la police qui ne se justifiait pas.

Et, peut-on penser que la légitimité à faire perdre au mouvement de contestation citoyenne des « Gilets jaunes » ait participé à des conséquences graves de la violence exercée puisque à Bordeaux, des blessés seront et certains d’entre eux en porteront des blessures traumatisantes.

Cet homme, pompier volontaire, gravement blessé ; ce jeune qui a perdu un œil, cet autre blessé amputé de la main.

Car ce sont des blessures de guerre qui vont être,  des jeunes touchés, des personnes âgées, le décès de Zined Redouane, 80 ans, Geneviève Legay qui sera gravement blessée.

Toute la France va être prise au piège.

La légitimité du Président est-elle à ce prix ?

Quelle reconnaissance pour les victimes aura-t-il ?

Quel seront les conséquences du traumatisme à long terme de ces violences au cœur de la population ?

Des réponses seront dans soixante ans dans ce pays où Papon a fait une brillante carrière.

La légitimité qui prendra place par la puissance de l’Etat et l’organisation d’un débat à 12 millions d’euros.

La légitimité qui s’imposera lorsque Emmanuel Macron sera à son éloquence délirante durant ce qu’il appelle une conférence de presse qui compassée laissera les médias aux puissances financières et politiques poser contre ce même mur politique et financier face à eux.

Les mensonges, eux, tiendront leur couronne que des Républicains se sont posées sur la tête sans « ordonner » au pape de les sacraliser.

Cette légitimité Napoléonienne qui fait défaut dans ce XXIème moderniste qui emploie les vieilles habitudes de pouvoir de faire tomber le courage du peuple par le stratège de l’usure.

Le courage de ce peuple méprisé et Claude Malhuret en fera l’éloge sans le savoir dans son discours de l’inversion.

Il suffit de projeter sur le miroir les lettres pour y lire ce qui est la réalité des « Gilets jaunes » et de tous les manifestants se joignant à eux.

Malhuret en un discours a fait celui de tous.

« J’ai l’impression d’avoir plus appris en six mois, … qu’en 30 ans ».

30 ans que la prospérité capitaliste laisse les politiques dans leurs abris de turpitudes, manipulations, scandales d’affaires, d’évasions et d’optimisations fiscales, 30 ans que le peuple a abandonné sa voix, 30 ans que les affairistes ont construit leur fortune, 30 ans que l’abbé Pierre crie la douleur des souffrants sans faire de marketing humanitaire, 30 ans pour bâtir un empire qui efface l’homme et la nature dont il dépend, oubliant que l’un et l’autre sont unis de la même vie comme les premiers frères qui firent éclore la vie sur Terre, 30 ans que l’avidité remplace la politique de l’homme dans la cité, 30 ans de cet évènement capitaliste qui tient la place, 30 ans que nos enfants héritent, que les premiers touchés seront ceux des familles modestes et très modestes.

30 ans qui pousse la force de l’espoir plus que celle du désespoir à faire de jeunes, les black blocs, qui se perdent dans cette confusion, où la violence cherche sa légitimité et non plus la légalité d’un système qui les a trahis, fait pleurer leurs mères, et ce père qui s’est suicidé, qui a sombré, ces familles détruites par le chômage, accusées, coupables d’être pauvres par ce même système qui envahit l’espace d’un pays par une corruption en auto destruction.

Dans cette finalité de légitimité, il y aura un chaos, celui que l’argent dresse pour ciel d’avenir.

La planète, elle-même doit se résoudre à être sauvée par lui.

Les taxes auront raison de la pollution à l’échelle planétaire.

C’est absurde et pourtant nous sommes à cet évènement.

Il est le cylindre au cœur duquel le politique règne et le peuple tourne autour à perdre vie, dans une rage incessante ne pouvant fuir l’évènement sur lequel il est si simple de discourir en regardant ce peuple pris au piège.

Il faudrait qu’il se détache de l’évènement et ne s’adresse plus aux politiques mais qu’il bâtisse son économie dans cette auto gestion locale, pas à pas où chacun construit en confiance dans cette utopie puisque le pouvoir a depuis des siècles entrepris que l’homme était un prédateur pour l’homme et le plus puissant contre sa propre humanité.

Une civilisation va naître.

La légitimité est à elle et les combats macroniens sont au passé.

« On s’est réveillé, on ne s’endormira plus » disent des Gilets jaunes.

Quand ceux souffrants dépassent leur peur, celui qui les frappe, n’aura jamais un fouet assez grand pour tuer leur esprit.

La légitimité est là, à l’esprit de ceux qui se sauvent, apprennent à vivre libres.

Ce samedi 4 mai 2019 sera une nouvelle marche franchie, « vous nous avez fait trop souffrir », c’est le cœur qui reprend son droit de vivre dans sa dignité humaine.

Sortir de l’évènement et revenir aux fondamentaux de la Liberté à l’instant de ces européennes d’un gouvernement en campagne, nous parlant de l’Europe dont la valeur de paix se doit d’être première, au moment où ils sèment toujours la confusion, les manipulations, les programmes de réformes aux milliards manquants, et « l’attaque » que d’inlassables vidéos montreront de ce peuple, que le pouvoir gifle.

Editorial pour Rien des Riens

©FédoraHélène

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s