LREM, lance ses Européennes

1r meeting LREM de la campagne des Européennes

Le 6 Mai au Centre des congrès de Caen s’ouvrait le premier meeting de la campagne électoral de LRME pour les Européennes.

Un accueil « Gilets jaunes » composé d’une centaine de personnes attend les inscrits pour participer à ce meeting public.

Des manifestants déploient une banderole, chantent et entonnent des slogans dans une démarche pacifique que les forces de l’ordre contiennent à hauteur du lycée Malherbe à quelques mètres du centre des congrès.

Cependant quelques Gilets jaunes sont présents sur le parvis de l’entrée du Centre des Congrès et énumèrent à haute voix la situation Areva, Benalla, citent Victor Hugo, rappellent la conscience qui doit éveiller les soutiens de LREM au sujet des SDF, petits retraités, personnes handicapées.

C’est sur ces vérités de misères sociales grandissantes  que les Gilets Jaunes interpellent les participants attendant leur tour pour rentrer et assistant à une « désorganisation » plus qu’une organisation de campagne.

Nombre des inscrits se verront refuser l’entrée et parmi eux une suppléante d’un député montrant pourtant sa carte tricolore.

D’ailleurs, les Gilets jaunes sont rentrés en respectant les modalités fixées pour accéder à la salle du meeting et n’ont pas « forcé » une intrusion comme certains pouvaient le penser.

C’est dans ce contexte démontrant la division du peuple séparé par l’argent donnant une liberté de confort à certain plus qu’une vraie liberté, mais ils s’en contentent, et une injustice sociale et économique réelle pour une majorité de la population qui perd ainsi, inévitablement ses droits pleins et entiers de liberté atteignant leur dignité humaine .

Le droit pour tous de manger à sa faim devrait être le fondement même de notre pays.

Peut-on concevoir l’idée de démocratie quand tous les enfants d’un pays ne sont pas égaux devant la nécessité de se nourrir, d’avoir un toit ?

Rappelons qu’en France en  2018, 13 mineurs sont décédés dans la rue.

Une question qui est profondément l’ambition de l’Europe à sa création par ceux ne voulant plus de la souffrance de la faim et de la rue vécue après- guerre, mais que LREM ne pose pas.

Ce parti monté telle une Startup et possédant dans les initiales de son parti celles de E-mmanuel M-acron, érigée comme une boîte de commerce et de communication cotée en bourse et perdant actuellement de sa valeur boursière.

Parti sans Histoire en Hollywood de la politique donnant la chance de leur vie à des seconds et troisièmes rôles qui n’auraient jamais été tête de cordée …

D’ailleurs, le théâtre choisit pour la Première de leur pièce électorale n’est pas celle gagnante puisque la salle du Centre des Congrès est petite et comptait environ 700 personnes des 800 qu’elle peut contenir.

 Dont environ 200 étaient venus par les bus étiquetés LREM pour l’occasion et venant de l’Eure et de la Seine Maritime.

Quant au Calvados, l’Orne et la Manche, ils  réunissaient à eux  trois 500 personnes.

Nous sommes loin des ambitions de Sarkozy et de Fillon qui lors de leurs meetings à Caen prenaient le Zénith et remplissaient une salle d’environ 4 000 personnes.

C’est donc bien timidement que la Startup LREM se lance en campagne.

Ce timide inquiet qui ressort de l’expression de la candidate Loiseau et de ses soutiens membres du gouvernement venus la soutenir.

Ils ne semblent pas si assurés d’obtenir le résultat leur permettant d’être en tête des Européennes.

Et, les Gilets jaunes ne manquent pas de leur rappeler en la présence d’environ 15 d’entre eux dans la salle qui ont chanté « On est là ».

Et les LREM ont rétorqué « On chante plus fort qu’eux » à environ 700 contre 15 ce n’était une prouesse de leur part et ça manquait d’élégance pour des gens y prétendant.

Quant à Nathalie Loiseau, elle, entonna l’air de la campagnede des Européennes.

Et Nathalie Loiseau parle… pour se taire

La tête de liste LREM-Modem-Agir «Renaissance» n’a décidément pas la baraka. Quand sa concurrente LR tirée par un parfait inconnu, catho comme elle, François-Xavier Bellamy, entame une remontada, que celles de LFI et de EELV avec une autre inconnue Manon Aubry et Yannick Jadot, le seul routier, tutoient les 10%, elle se fait accrocher voire même dépasser par celle de RN menée par encore un inconnu, Jordan Bardella. Ex-Ministre de l’Europe, ancienne directrice de l’ENA ou porte-parole de l’ambassade de France à Washington, ni son « parcours » ni son adoubement par Emmanuel Macron «himself » (vous comprenez pourquoi l’emploi de l’anglais plus loin) n’auront permis à Nathalie Loiseau de décoller comme tous les nouveaux produits au lancement de sa campagne.

Il se dit en Macronie que le Président aurait d’ailleurs poussé une soufflante à ses affidé.e.s et ministres en aparté et lors du dernier conseil des ministres, conscient qu’il est qu’après le Grand Débat puis son allocution égocentrique du 25 avril, un mauvais résultat aux Européennes réduirait à néant son Acte II et le mettrait sérieusement en danger tant en France mais aussi à l’échelle de l’Union européenne, puisque les compteurs seront mis à zéro le 26 mai prochain pour tous les 27 pays qui la composent et vieillissent du coup sa légitimité électorale d’il y a deux ans. Une éternité en politique et dans les grandes négociations internationales.

Alors, on s’attendait à un percutant coup de booster façon « blitzkrieg » lors du meeting d’hier soir au Centre des Congrès de Caen. Car ils étaient venus, ils étaient tous là pour la « Mamma » Loiseau. Notez bien, Gabriel Attal,  Muriel Pénicaud, Sébastien Lecornu, Stéphane Travert (ex-ministre de l’alimentation et de l’agriculture, redevenu député, ex-1er secrétaire du PS de la Manche) et le local Rodolphe Thomas (ex-député, vice-président de la Région et maire Modem d’Hérouville) avec en guest star le « PM » Edouard Philippe (ex-RPR, UMP, LR).

Et de tout ce beau linge, rien ou si peu à retenir. For un, comment dire, soupçon de peur ?

Oui c’est cela, une forte inquiétude de s’effondrer dans moins de trois semaines.

Sans Histoire et en absence de conception politique et économique réelles par l’idée, LREM fait de l’ultra communication en ramenant à lui, la grande figure politique qu’était Simone Veil, comme il le fait en citant le grand Européen qu’était François Mittérrand. LREM a clairement besoin d’eux.

LREM joue aussi sur l’aura qu’avait Simone Veil notamment dans la droite giscardo-centriste. Et, un Hommage est rendu à Simone Veil « qui présida la première le Parlement européen ». Et, Nathalie Loiseau place alors le « Pacte Simone Veil », produit d’accroche sans réel contenu détaillé, porté avec Marlène Schiappa – qui n’était à Caen (tiens ?)- en omettant les autres incontournables figures féministes, de Françoise Giroud à Nicole Ameline en passant par Monique Pelletier et Yvette Roudy. Sans oublier le fils de Simone Veil, Jean, carrément candidat de témoignage (78ème sur 79) sur la liste.

Erreur de jeunesse, Nathalie Loiseau fut candidate sur une liste étudiante émanation du GUD, « une connerie » dit-elle. Comme lorsqu’elle se réjouit de la future ( ?) fin de l’ENA qu’elle dirigea cinq années (2012-2017) et qu’elle disait alors que « ceux qui veulent la fermer sont des populistes »…

Comme son positionnement au centre après son élection à Strasbourg – elle connaît bien, c’est là qu’est l’ENA ! « Renaissance sera un groupe central autour de partenaires européens. Nous allons faire en sorte qu’aucune majorité ne soit possible sans nous. » Dès lors quel sera le positionnement des élus LREM, issus de familles différentes, qui individuellement ont tous pris des engagements avec les Grünen, le PPE, les Libéraux ou les Socialistes européens pour intégrer (pour certains retrouver) leurs groupes et composer une majorité ? Sera-ce un casus belli, ou une situation au cas par cas ? On est loin de « l’ambition progressiste » qu’elle annonce, sans rien de concret.

Non à ce jour, Nathalie Loiseau qui critique les « partis sur le repli, la nostalgie, qui proposent de gérer le déclin » n’est pas certaine que plusieurs et non des moindres de ses co-élus ne rejoindront pas les rangs de ces derniers.

D’autant qu’Emmanuel Macron, pour sa vision libérale européiste, ne pourra en aucun cas se couper du poids de la nouvelle patronne de la CDU, qui succède à Angela Merkel, et qui ne semble pas tant le porter dans son cœur…

Alors dans le meeting, en technicienne lisant ses notes, Loiseau a fait son nid dans le marketing de comm’, « dans vingt jours, ce sera notre D-Day » expression qu’elle a –peut-être-retenue de sa visite au Mémorial de Caen dans l’après-midi de cette journée de lancement de sa campagne. Ou « Keep calm and carry on » (rester calme et continuer). Oui bon. Heureusement Edouard Philippe venait exactement, mais en français, de dire la même chose moins de dix minutes auparavant… Mais il avait rajouté « et boire frais ». C’était pas de lui, mais de son adjudant à l’armée, explique-t-il.

« Conquérant » aussi est venu du « Prime » comme l’appelle Loiseau, selon les indiscrétions, pour Edouard Philippe, le Premier ministre. Et par elle-même et Gabriel Attal.

Pas très original dans la ville du Duc de Normandie et Roi d’Angleterre, Guillaume Le… Conquérant, pour elle, dite »Madame Brexit » au Conseil des ministres !

Et puis, c’est exactement ce qu’avait dit dix jours plus tôt, au même endroit, Laurent Wauquiez…

Mais en fait, rien ne va plus au jeu de bonneteau des stratèges de LREM.

Les petites phrases chocs, débitées pour être reprises, les compliments de circonstance, paraissent s’émousser. « « Honnêteté », « solidité », « patience », « tenace », « précis », « compétent », « tout cela tu l’as, tu l’es, Nathalie », voilà l’antienne des soutiens à l’ex-ministre.

Et les Gilets Jaunes sont leur cauchemar. Une phrase de Philippe l’a laissé transpirer d’un « dans les campagnes et leur feu électoral, on aimerait parler de grands débats, mais on est renvoyé à des petits sujets ».

Pas sûr que ceux qui étaient venus au meeting de lancement officiel de campagne, issus des zones rurales de toute la Normandie aient apprécié cette sorte de mépris condescendant de l’ancien maire du Havre, qui envisagea sérieusement jusqu’à il y a quinze jours (mais les sondages étaient irréductiblement plats) d’être candidat à la mairie de Paris, eh oui ! C’est vrai que celui qui lui donna les clés du port, le Gaulliste Antoine Ruffenacht, qui fut ministre de Pompidou, ne le portait pas dans son cœur, prêt à lui savonner une planche qui penche dangereusement depuis les inadmissibles frasques de son successeur qu’il avait couvertes depuis près de dix ans…

En fait, confirmant cette fébrilité pour le moins, il aura suffi d’entendre Sébastien Lecornu, ministre des Collectivités territoriales, ancien maire de Vernon, ancien président du Conseil départemental de l’Eure (ex-LR) avouer à la tribune qu’il faut « serrer les rangs » et que « on va gagner, surtout on a besoin de gagner, alors merci Nathalie ».

Et oui, les municipales sont dans moins d’un an et toutes les pièces rapportées du macronisme conquérant de 2017, qui ont trahi leurs anciennes familles politiques, ont des sueurs froides qu’un simple semi-échec des européennes les entraînent par le fond pour leurs implantations locales.

Car, au fait, en dehors des éléments de langage, il n’y a rien d’autre.

Et oui, hier soir Nathalie Loiseau aura parlé pour… se taire, car il n’y a pas de programme. Oui, elle l’a dit !

Il sera dévoilé le jour de la fête de l’Europe. Dans deux jours.

A Caen, son premier meeting était donc un meeting de mise en jambe. Les « têtes » de LREM en étaient eux-mêmes convaincus, avec « une jauge » de public à 500, ce qui explique aient été affrêtés des cars de l’Eure et de la Seine Maritime, les départements de Philippe, Le Maire et Lecornu, pour faire la claque, laissant sur le carreau des Calvadosiens qui s’étaient même inscrits sur Internet. Aucun de ceux-là qui ne purent entrer, colère, jura du coup qu’il voterait « Renaissance ».

 Alors meeting pour rien ?

 ©Liberterra

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