Pour une Rose

Tous les deux jours, une femme décède tuée par un homme.

Loin de #metoo, de #balancetonporc, de la parole libérée, les agressions, maltraitances sont en constante augmentation.

L’horreur dans nos sociétés civilisées, instruites, des femmes meurent sous la violence de leur conjoint , ex conjoint.

Les agressions sexuelles ne faiblissent pas et l’impunité des prédateurs demeure ce calvaire de nos sociétés à ne pas respecter l’humanité, la dignité humaine des femmes.

Pour une Rose,

Quand les mots de souffrance glissent sur la page, il n’y a plus de souffle pour éteindre la douleur comme on souffle sur une flamme. Il n’y a plus d’éteindre ce jour, une nuit, quand un homme vous agresse, que pointe la haine de celui qui devait être votre frère.
Quand sa main vous blesse, elle si belle car humaine. Celle de tous les talents. Celle qui hisse l’homme à son imagination, dessine les arts, gravit la montagne.
Celle qui console l’enfant, celle douce aux mères.
Il y a l’amour d’une main qui se tend et donne à celui qui a froid, à celui qui tremble.

Quand le regard d’un homme se pose sur vous pour dénuder votre humanité, la jeter à terre, ne plus la voir, l’oublier, la nier.
Quand le regard d’un homme si beau voit son enfant naître du corps d’une femme, celui de sa naissance, celui qui lui donne vie.
Quand un homme est votre frère au même sang dans les veines.
Quand tout se perd, tout s’anéantit, une femme pleure, elle meurt, son frère l’a tuée, l’a violée, l’a agressée, l’a martyrisée, les sanglots s’effondrent comme la Terre pleure qu’on l’abîme par notre savoir en abîme.
Et, cet l’homme, le sait. Il sait qu’il brise, qu’il détruit, il sait.

Allumer les étoiles au ciel des espoirs pour qu’un soir donne un jour, où l’homme sera la confiance, la promesse de l’amour qui ne blesse
Je voudrais une fleur pour l’offrir à chaque prédateur, au nom de sa sœur qu’il a détruite par sa violence, car elle, elle était le cœur de vie.
Ses larmes silencieuses qui se sont égarées, anonyme, elle est morte.
Elle si belle qui vivait de joie, d’envie de courir, d’imaginations de rire et pleurer d’amour pour s’étreindre fort des caresses douces à l’âme.
Mais, la belle, si belle, a reçu les coups, la misère, elle est morte.
Feuille fragile s’évanouissant de l’arbre de vie.
Elle, si douce qui attendait le printemps pour renaître. Une chance d’échapper à la souffrance.
Mais les cris se sont fait plus grands.
Elle si forte, la victime courage est la fragilité qui dépasse les blessures, qui se lève chaque jour dans l’espérance de l’éveil.
L’éveil d’une société où la femme pourra vivre libre sans peur.
Sans le négationnisme, son indifférence, sa cruauté qui nie l’existence de ces millions de victimes, des femmes, chaque jour prisonnières et mourant par les mains d’un homme que nous appelons prédateur.
Ces hommes qui se sont fait ennemis du corps de leur naissance, une femme.
Des hommes qui se perdent dans la haine, qui ne réparent pas, qui ne font pas renaître cette vie qu’ils ont tuée.

Ces prédateurs, négationnistes qui ne reconnaissent jamais leur victime, sa vie qu’ils ont volé.
Ce temps de bonheur qu’ils ont assassiné, ce temps qui ne revient pas, ce temps de la culture du viol, des maltraitances.
Celui qui glisse dans nos sociétés comme ce normal du mâle dominant et qui se fait cimetière.
Une société où la femme doit se contraindre d’oublier le mal qui lui a été fait, oublier son corps meurtri, ne pas prononcer le nom du prédateur, le tenir en secret.
Elle, coupable, elle, elle meurt encore.
Elle n’a plus le droit à sa mémoire.
Chut, ne dis rien. Il est puissant et toi rien.
Il dira que tu es folle, que tu n’as pas compris ses coups, ses agressions, ses insultes, ses menaces, que tu ne l’as pas compris, toi, la femme au corps blessé aux cicatrices qui se font invisibles jusqu’à ce que les blessures marquent la plaie.
Alors, il y aura les plaintes. Un commissariat froid. Une police en combat, et toi en état de choc, tes larmes en flaques sur le sol de la justice.
Il y aura le bénéfice du doute, les obligations de soins absurdes puisqu’on oblige personne à se soigner. Puis, il aura ce rien, qui t’abat encore une fois.
Ne t’évanouie pas jolie hirondelle qui chante en hiver.
Ne pleure pas.
Bientôt viendront les champs de ce bonheur qui n’a pas voulu de toi.
Toi si heureuse de voir le matin se lever, toi qui voulait donner la main.

Pour toi, une rose.

©Fédora Hélène

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