NOS CITES AU XXIème SIECLE


UN LOGEMENT, UNE VILLE DANS UN DEMAIN INSTABLE

Passé inaperçu, et pourtant …
Les Assises du Logement se sont déroulées à la fin de ce mois de juin au Palais d’Iéna à Paris.
Etaient présents, bien sûr et en premier puisqu’invitant, le CESE (Conseil économique, social et environnemental). Cette institution délibérante et représentative de la Nation créée à la Libération (fruit du CNR), favorisant consultation et parole citoyenne, syndicale et associative. Au fil du temps devenue acteur de liens et conseil entre les citoyens, le Gouvernement et le Parlement. Parmi les intervenants et partenaires, citons Action Logement, l’Agence Nationale (de l’amélioration) de l’Habitat, l’Association des Maires de France et des Présidents d’Intercommunalités, la Banque des Territoires, le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, le Conseil National de l’Ordre des Architectes, ainsi que diverses associations, fédérations, startups constituant tous ce que sera notre environnement du XXIème siècle.

Assises du Logement 2019

Si nous pensons, que si l’homme a survécu durant ces millénaires, cela est dû à sa faculté d’adaptation à son environnement, aux enjeux de bouleversements climatique, démographique et à l’exploitation des ressources de la Terre qui rendent ses possibilités d’appropriation du territoire de la plus haute importance.
Et, pour l’anecdote au sujet de notre démographie, de 1875 à 1914, dans les villes, on parlait déjà de surpeuplement. L’ère industrielle conduisit des populations à rejoindre les lieux urbains qui passèrent alors de 12 à 18 millions d’habitants.
Des conditions catastrophiques de logements pour les ouvriers qui vécurent jusqu’à 4 personnes dans une pièce, dans des appartements n’ayant qu’un évier pour point d’eau.
L’insalubrité des logements était déjà et la tuberculose fit on le sait des ravages. A cette époque, environ 100 000 morts par an.
Une politique du logement insuffisante malgré une prise de conscience concrète.
Les premières assises au logements se dérouleront lors de l’exposition universelle de 1889.
Avec le Congrès international de l’habitation ouvrière.
Et naissance des premiers HLM avec la création de la Société Française des Habitations à Bon Marché, les HBM.
Dès 1903, les municipalités et départements vont pouvoir participer à leur multiplication en leur attribuant des terrains.
La population augmentant la construction de logements doit être en adéquation.
Cependant des communes s’y refusent et il faudra en 2000, la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain, Loi SRU, article 55, du 13 décembre 2000. Les villes concernées avaient jusqu’en 2025 pour équilibrer leur parc immobilier par la réalisation de logements sociaux.
Malheureusement des communes préfèrent encore s’acquitter d’une amende fiscale plutôt que d’assumer la construction de logements sociaux pourtant conçus dès le XIX ème siècle.
En 2017, ce sont 1 152 communes qui ne respectent pas le dispositif SRU, dont Bordeaux.
La Métropole Bordelaise qui depuis trois ans voit se multiplier l’ouverture de squats. En 2019, environ 130 squats y ouvrent leurs portes pour accueillir des personnes à la rue, familles, femmes enceintes, personnes âgées.
En 2016, le collectif du Sherby expliquait être contacté par le dispositif du DALO pour héberger des familles car celui-ci ne trouvait de solution de logements dans Bordeaux et sa Métropole pour des familles à la rue.
La situation a visiblement empiré et ne semble pas avoir convainvu la Région, le Département et les acteurs municipaux, publics et privés, de construire les 25% de logements attendus.
En 2015, Bordeaux affichait un taux à 16,86%.
Les Taux imposés par la loi SRU peuvent apparaître arbitraires et des maires souhaiteraient une analyse évolutive de cette loi.
Mais, il est incontestable que la crise du logement se perpétue malgré des programmes politiques de constructions de logements et surtout le fait que le bât blesse car comme le souligne Christine Leconte, présidente de l’Ordre des Architectes d’Ile de France, nous avons une méconnaissance de notre patrimoine.
Il faut valoriser les politiques de réabilitation des immeubles anciens, prendre conscience de leurs capacités et valeurs.

Patrimoine, histoire et richesse

Cité ouvrière

La Grande Guerre arriva et stoppa toute évolution sociale et économique de la société.
Pire la politique du logement affrontera une grave crise surtout dans l’Est et le Nord de la France qui subirent des bombardements.
La misère est grande, les logements ne sont pratiquement pas chauffés en hiver. Des familles nombreuses vivent dans des conditions extrêmement dures et les aînés de fratries sont contraints d’aller travailler dès l’âge de douze ans.
Aujourd’hui, les politiques ne font pas face à ces problématiques et nos moyens d’organisation et prévision sont par le numérique grandement facilités. C’est alors inconcevable de savoir des personnes vivant à la rue et les impossibilités de l’Etat de loger son Peuple comme le rappelait l’Abbé Pierre qui aurait dû être la Figure de mémoire de ces Assises pour le logements du XXIème siècle.

HISTOIRE ET TERRITOIRE

Nos villes traditionnelles se transforment après la seconde guerre mondiale.
La crise du logement est sévère. Elle était déjà présente avant-guerre où des familles résidaient dans des pensions, petits hôtels, logements anciens sans commodités et vétustes. L’insalubrité était déjà au rendez-vous et seuls les quartiers bourgeois avaient meilleure allure, quoi que.
Cependant, jusqu’à la fin des années 70, le tout capitalisme ne sévissait pas encore et la mixité sociale était réelle et donc sans terme pour la définir.
Nous pouvions avoir dans un immeuble parisien plusieurs catégories sociales, des ateliers, bureaux, créant un quartier vivant où les petits commerces étaient prospères. Une cohésion professionnelle était aussi.
Dans les espaces urbains ou en province, le travail se trouvait en majorité près du domicile et ne nécessitait pas une moyenne de plus de 2 heures de transport en commun ou de voiture par jour comme cela est actuellement.
Puis, vers la fin des années 50, on construisit les cités pour pallier le déficit de logements du temps de la guerre, où tout était resté suspendu.
Et où la reconstruction après les bombardements qui ont dévasté des villes vont nous donner ce style qui lui est propre et qui proposait aux Français des logements neufs, plus grands, bénéficiant des « commodités » : une vraie cuisine, une salle de bain, des toilettes, parfois même un balcon.
La France doit se bâtir et c’est étape par étape qu’elle va se mettre à l’oeuvre.
Les cités ouvrières voient le jour et à ses pieds, une manne de jeunesse, la conception intrinsèque des jardins ouvriers, puisque les maraîchers sont aux portes de Paris, les poules et lapins, logent à l’arrière des jardins de banlieues, les fermes étaient à la Courneuve, dans cette ville qui verra naître la « cité des 4 000 », véritable aubaine dans cette France subissant une grave crise du logement.
La conception de ces immeubles, c’est la réalisation de ces nouveaux quartiers. Ils se structurent avec des commerces, des services de santé et des écoles.
Des lignes de bus sont aménagées sur leur parcours pour rejoindre les différents points du « coeur de ville ».
Bien conçus, ces quartiers sont rarement rénovés, les commerces ont en majorité fermé, et certains d’entre eux sont devenus des zones prioritaires.
Difficile d’imaginer aujourd’hui ce 93 d’hier par exemple, qui regorgeait d’usines, d’ateliers, d’entreprises, de pavillons et jardins, des rues où les enfants jouaient, de marchés aux produits locaux, de commerces sans faillite, de cités nouvelles.
Ces quartiers qui se sentent dorénavant abandonnés, aux logements qui ont fait son histoire, et qui sont aujourd’hui, pour beaucoup devenus insalubres, sans investissement de maintenance et de rénovation.
Des quartiers où les politiques successives ont planté le drapeau de l’insécurité comme fer de lance, à partir des années 86, qui perdirent petit à petit, ce que les forces de reconstruction avaient bâti, de comprendre que nous savions vivre ensemble, que l’argent n’était pas le maître mot, avant que des agents commerciaux soient au pouvoir.

Expansion des villes

Centre Pompidou

Mai 68 marque une nouvelle ère.
Le Baby Boom s’est transformé en jeunes adultes. Les premières applications de la technologie dans la société apparaissent en ces années 50 à 60.
Des universités nouvelles voient le jour en périphéries des grandes villes, les aéroports s’agrandissent, le Concorde effectue son premier vol le 2 mars 1969.
La sphère de l’art moderne, enthousiasme ce nouveau temps de notre société qui en 60 ans vivra une révolution technologique. Notre paysage architectural change et se veut être le reflet des nouvelles énergies qui s’offrent pour l’expension de notre volonté de vivre un temps « accéléré », que nous appelons aujourd’hui « temps réel » et qui est celui du cerveau artificiel du numérique.

Le progrès est là et le fait savoir

Un progrès rapide, sa puissance prend de court et l’homme a du mal à la maitriser.
L’ être humain voit à cette époque l’avènement de la révolution technologique comme une sécurité libératrice. Après des siècles de guerres, de famines, de misères, de travail à la chaîne, de combats ouvriers pour la Liberté, le progrès annonce une ère où la société va pouvoir penser à une paix durable et à une économie plus équitable la favorisant. Les progrès scientifiques apportant la connaissance, les possibilités de mieux vivre et en meileur santé, le progrès social et culturel suit ce mouvement d’une république qui porte enfin ses fruits.
Notre environnement se modifie et invente les bases de loisirs, le tourisme. Les infrastructures du célèbre Club Med, inspirant le film « les Bronzés », ouvrent en 1950.
L’architecture et les collectivités vont concrétiser cette nouvelle donne, le tourisme.
Mais, pas seulement !
L’aménagement des territoires crée les autoroutes pour répondre à l’influence du trafic naissant en périodes de vacances et va les rentabiliser avec le transport routier qui est en plein essor et qui viendra dominer le transport des marchandises par le train.
Notre territoire se modifie, les routes se multiplient, les péréphériques sont construits, cet héritage que nous élargissons pour régler les problèmes d’embouteillage, que nous équipons du marché des radars, de la vidéo surveillance, tout en sachant que le changement climatique devrait nous faire prévoir une autre réflexion pour l’utilisation des voies comme celles du trafic des aéroports.
Tout est allé très vite, et semble en fait n’être utile que sur une courte durée d’utilisation moderne avant de céder la place aux véhicules sous assistance de l’IA.
Mais cette modification a un prix que les gouvernements ne peuvent engager, et le lobby de la voiture électrique doit d’abord satisfaire les investissements.
Une sorte de prise au piège en cascade d’un progrès qui semble oublier ces promesses de « bonheur » immuable.

La science est, pense t-on, ce qui va nous assurer contre les maladies, contre la misère, l’intolérance et mener la nouvelle aventure, la conquète spatiale.
N’oublions pas que se soigner est devenu un droit pour tous avec le programme politique du Conseil National de la Résistance constitué en 1943 et mis en oeuvre dès la Libération par de Gaulle.
Il sera déterminant pour le logement par la création d’Electricité de France en 1946.
L’électricité, véritable sésame pour nos sociétes qui désirent réaliser des objectifs économiques par une industrie qui se tourne vers la robotique, l’empire de la marchandise que l’on définit de « sur-consommation » et qui commence par se conceptiser par la création d’un nouvel environnement.
Le centre Pompidou, « Beaubourg », à Paris révèle les facettes de ce nouveau monde où la machine domine, où tout devient industriel, où les lobbies forgent l’avenir. Jean d’Ormesson dira de lui, « c’est l’encyclopédie d’une culture de l’angoisse ».
Cette angoisse qui devient conscience et qui conçoit aujourd’hui un nouvel environnement en réponse au précedent qualifié de « pollueur » en structurant les nouvelles villes écologiques, écho des conséquences d’une productivité tournée vers la rentabilité.
Le tout béton et verre peuplant nos espaces, de la Défense et de son Arche, n’ont pourtant pas dit leur dernier mot.
Les éco-quartiers en multiplient la consommation au détriment des matériaux dits « sains » tels que la pierre, la brique pleine, les poutres en bois massif qui constituaient la matière première des constructions anciennes avant l’utilisation massive de l’amiante.

Amiante et reconstruction

L’amiante, le souci phare de nos habitations n’est pas un matériaux nouveau. Connu depuis l’antiquité pour sa résistance thermique et sa dangerosité causant des maladies pulmonaires chez les esclaves sous Pline l’Ancien.
Il sera utilisé dans l’industrie du XIXème siècle puis deviendra l’isolant idéal lors de la reconstruction après la première guerre mondiale, et sera exploité de la même manière pour celle après 1944.
Un matériau qui n’est pas interdit dans de nombreux pays et qui reste l’indispensable utilisé dans l’aérospatiale pour ses exceptionnelles propriétés thermiques.
Cependant son utilisation industrielle de transformation demeure un grave facteur polluant pour l’homme et est considéré comme cancérogène.
L’amiante touche par son exploitation l’environnement aquatique, végétal et animal.
La France en interdira l’usage en 1997, mais il reste à ce jour la deuxième cause des maladies professionnelles.
Puis, sa présence dans de nombreux bâtiments est toujours active même si un répérage des structures contenant de l’amiante est effectué.
Donc malgré le désamiantage opéré qui suit, l’amiante reste un danger en cours et reste un problème majeur de santé publique.

Nuclaire, l’énergie majeure

Avant de penser nouvel environnement, il faut penser énergie pour le concevoir.
Nous sommes depuis la construction de la première centrale nucléaire en 1962, en Bretagne, à Brennilis, programme initié par le Général de Gaulle avec le CEA (commissariat à l’énergie atomique), sous la dépendance de l’énergie atomique.
Une énergie qui souleva dès son apparition des constatations et cette première centrale qui commencera sa phase de démantèlement en 1985 et qui n’est toujours pas achevée, subit deux attentats revendiqués par le FLB et l’ARB (Front de libération de la Bretagne et l’armée révolutionnaire bretonne).
La France se place actuellement comme étant la deuxième production mondiale de nucléaire derrière les Etats-Unis. La société française d’Energie Nucléaire fait valoir quant à elle, le caractère du nucléaire contribuant à la diminution de CO2.
Or la recherche en bas carbone est le souci majeur de nos sociétés qui doivent diminuer les émissions pour contribuer à un équilibre des températures pour freiner leur augmentation durant le changement climatique que nous vivons.
La hausse des températures va progresser de + 2° C d’ici 2050 et nous savons qu’il est déjà trop tard pour impacter sur sa potentielle diminution.
Nous pouvons contribuer à un avenir qui en freinera l’expansion suivant les hypothèses climatiques avancées par les scientifiques du GIEC en établissant une baisse significative du taux de CO2 sur la surface de la terre, donc avec une mise en oeuvre de politiques environnementales fortes et internationales.
Les prévisions du GIEC calculent une augmentation des températures en progression constante d’aujourd’hui à 2100 qui pourrait être de l’ordre de +3,4° C en hiver jusqu’à une échelle de +2,6° C à l’inquiétant +5,3° C en été.
Sachant que le 20 juin dernier, à Bruxelles, les gouvernements européens n’ont pas réussi à voter la neutralité carbone pour 2050.

Nous aurons compris la difficulté de trouver un équilibre entre nos sociétés économiques et l’enjeu climat qui a commencé, un bouleversement actif et non conjugué pour un futur lointain.
C’est devant cette évidence que s’annoncent les organisations et créations des nouvelles villes, des nouveaux logements, ce qui attend ce qui touchera directement notre quotidien et notre intimité qu’accueille le réfuge d’une habitation.
Dans la soucieuse problématique de personnes à la rue, de femmes enceintes qui y sont abandonnées ainsi que de nombreux mineurs donc des enfants en bas âge vivant à la rue, nous regardons, inquiets, ce monde qui essaye de s’adapter à un bouleversement qu’il a lui-même généré par sa volonté de pouvoir en attribuant une force à l’argent qui devient de plus en plus prégnante et dangereuse.

Demain les « smart cities »

BIM, pierre angulaire

La conception de villes et bâtiments , leur maquette, évolution, construction, entretien, et vie jusqu’à leur démolition est contrôlé par l’intelligence artificielle ici programmée et dirigée par l’homme en cette première phase de sa mise en réalité.
La table de l’architecte devient un ordinateur, des logiciels de données, et son optimisation, un process numérique.
L’intervention de drones est effective pour, par exemple, modéliser des toitures, surveiller la mise en oeuvre d’un chantier, sa finalité, puis servant de moyen de maintenance des bâtiments.
Quand les drones s’inviteront dans notre quotidien …
Déjà utilisés dans la gestions des infrastructures portuaires et capables d’être independants des commandes effectuées par l’homme, on parle déjà en terme de sa commercialisation étendue, d' »essaims de drones ».

Villes dites « intelligentes »

BIM

Elles s’engagent actuellement dans un certificat écologique d’éco-quartiers, usant principalement des énergies électriques et procédant à l’installation de panneaux photovoltaïques.
Réalisant aussi des systèmes de récupérateurs d’eau de pluie, pouvant alimenter des jardins partagés. Et, instaure la mobilité électrique par des parkings pour vélos et trottinettes électriques mais aussi pour des voitures électriques et partagées déjà existantes dans les grandes villes.
Car, ce système doit s’amplifier et être présent dans les petites villes.
Une conception de partage en vertu puis celle en production d’une nouvelle économie aux ambitions de Transformations de nos sociétés en des modules évolutifs et partagés d’habitation aux services connectés, tout comme les logements et leurs habitants dont le « smart phone » deviendra la clé tenant l’édifice interactif entre les citoyens, les organismes privés et publics.

Emmanuel François, président du SBA (Smart Buildings Alliance For Smart Cities) dit qu’effectivement pour la 1ère fois dans l’histoire de l’humanité , le numérique va prendre place dans la vie des citoyens jusqu’à dans leur logement, gestion de vie quotidienne et obligations.
Annoncé par un appétit croissant de technologie et de rentabilité économique de profits, Marianne Louis, directrice générale d’USH (Union sociale pour l’habitat), soulève les inquiétudes et failles de la numérisation de nos vies.
Comme l’établit Christine Leconte qui parle aussi des dysfonctionnements de connexion de l’ouverture des fenêtres ou de la décision pour éteindre la lumière, puisque ces futurs logements intègrent une gestion numérique de leur utilisation.
Mais pas seulement.
Emmanuel François en fait un exposé attractif.
Il constate que les bâtiments ne sont utilisés que 30% de leur temps.
Quand vous partez travailler ou en vacances, celui-ci est vacant.
Rbnb répond dorénanant à leur utilisation selon vos demandes.
Dans le partage de demain, on sous-tend une obligation du temps partagé d’un logement.
Marianne Louis ne manque pas de souligner le caractère intime d’un logement, du socle essentiel qu’il représente pour une famille, de son importance d’histoire, de la présence à l’intérieur d’affaires intimes, de photos, d’une décoration personnelle et son indéfectible sens de propriété privée qui existe en France depuis près de 200 ans.
Nous serions alors dans un monde où l’individu est dépossédé d’un élémentaire refuge stable, y vivant une partie de sa vie, y établissant sa sérénité et repos, sa vie familialle et/ou sociale et sa liberté d’être.
De plus, le partage conçu dans ces futures « smart cities » tourne autour de services et d’usages.
Des lieux communs de vie qui impliquent directement des coûts de charges non négligeables comme le sont les « résidences services » pour personnes âgées.
Elles s’adressent à une population aisée pouvant bénéficier dans leur bâtiment d’un lieu privé mais aussi de services de santé, de restauration, d’espaces culturels entre catégories sociales et générationnelles similaires.
Ce clivage antinomique à la valeur de partage se retrouve dans un plan de « smart cities » où les personnes âgées sont dans un bâtiment sécurisé par une intelligence artificielle.
Des personnes agées qui bénéficieront de m2 restreints au nombre de personnes, comme le definit Monsieur François, puisque les logements seront calibrés au plus juste des besoins. Très difficile alors d’y recevoir amis et familles en séjour … Un lieu partagé est prévu pour recevoir des visites dans un environnement non intime et impersonnel mais numérique. Les bâtiments seront modulables, partageables, évolutifs, dirigés par un système numérique exclusif auxquels ses habitants devront obligatoirement être connectés.
Quid des propriétaires qui se verront tôt ou tard contraints de mettre leur logement aux normes environnementales ou de céder leurs biens …
Ce que dénoncent Christine Leconte. Pour elle , un lieu d’habitation est avant tout un lieu d’histoire, de mémoire. Un lieu affecteux nous lie à eux comme les souvenirs d’enfance.
Puis, pour elle, les logements nouvellement sortis de terre ne correspondent pas aux attentes de vie par notamment des pièces qui deviennent de plus en plus étroites. Elle prend pour exemple « des cuisines combinées au salon, le tout dans un espace de 18m2 où il n’est pas possible de cuisiner » pour les parties privées conçues avec une cuisine …
De plus, les usagers seront connectés aux services de leur logement, bâtiments, bailleurs, services publics, ou l’E-cabine santé, de leur « smart city » par leur « smart phone ».
Ce qui pose un problème sérieux de la protection des données, affirme Marianne Louis.
Conserver celles-ci dans un domaine sécurisé paraît difficilement réalisable.
Le flux des données devenant de plus en plus important, il risque fortement d’engager une perte de liberté.
Pourtant les citoyens sont appelés par le numérique à être des acteurs actifs, voir décisionnels du projet évolutif de leur ville intelligente.
Bien évidemment le coût d’entretien d’une mise en place technologique peut s’avérer élevé et donc créer des quartiers tels qu’aux Etats-Unis où seule une catégorie de gens choisis peuvent y résider dans une ultra sécurité aux revers de la médaille intégrant la surveillance de ses propres occupants.
A l’heure où nous nous inquiétons pour les retraites et nous avons conscience que beaucoup seront avec de faibles revenus, il est étrange de concevoir une économie en flux tendu permanent, contraignant les citoyens dans des habitats dits « serviciels », aux casiers connectés pour y déposer ce qui restera d’affaires en propriété aux personnes, et cela pour tout citoyen.
Christine Leconte parle de « gadgets technologiques ». Pour Emmanuelle Durandau, Secrétaire permanente adjointe, chargée de la plateforme PREMICE, PUCA, ces logements évoquent ceux dores et déjà existants à San Francisco et s’adressant principalement à un public de célibataires fortunés.
Des quartiers rompant avec la cohésion sociale, de vivre ensemble, avec des gens différents des uns et des autres.
Puis, se pose le problème de captation des valeurs, puisque l’on achèterait des services et non son bien propre avec la capacité de le transmettre.
Puis, Emmanuel François parle aussi d’investissement dans la pierre, non pour y habiter mais uniquement dans un but de profit.
On peut penser à des actionnaires d’un bâtiment devenu un produit.
A ce propros , nous pouvons faire le lien avec le souci du maire du Perray qui souhaite que la commune reste le coeur opérationnel de la transformation de la ville en « smart city »
Les communes font intervenir actuellement le processus de dialogues compétitifs pour réaliser leur « smart city ».
Ils consistent à faire intervenir des candidats du privés, startups, pour établir une offre de projets répondant aux besoin et possibilités de transformation d’un quartier. Réaliser des maquettes virtuelles, schémas, y apporter un rééquilibrage pour aboutir à la finalité d’un permis de construire rejoignant la procédure classique.
Peut-on penser que l’avenir dessine l’ouverture de villes « privées » répondant à un programme politique géré non par des élus, mais par des sociétés privées d’investissements, de réalisations de constructions opérant par le numérique à la maintenance et évolution de celle-ci en fonction des besoins.
Le vieillissement de la population pourrait amener un réaménagement de structures dédiées à l’enfance par leur simple conception modulable. Mais, n’ oublions pas le nombre important de bâtiment public qui ne sont plus utilisés depuis des années que nous pourrions modifier, et l’Ordre des Architectes de l’île de France le rappelle, avant de penser à construire de nouvelles infrastrutures.

Vers des villes devenant privées ?

Nous pourrions pourquoi pas avoir une ville administrée par « Google » en lieu et place d’une commune traditionnelle administrée par une municipalité au coût administratif.

La loi par algorithme, le paiement virtuel automatisé, la puissance des lobbies, pourra un jour se passer des « politiques » …

Christine Leconte revient au fondamental et cite les cités ouvrières appellées aussi cités jardin, qui subissent en ce moment des permis de démolir plus facile à obtenir que ceux de réhabilitation, de reconstruction alors que le contraire serait préférable.
Nous ne connaissons pas bien notre patrimoine et sa valeur, alors que 80% de celui-ci est constitué par l’ancien.
Christine Leconte pense qu’il serait souhaitable de réhabilité des immeubles donc la structure en pierre est de meilleure qualité que le béton que nous utilisons, et de modifier les espaces intérieurs, les refonder en lien avec les usagers car souvent les plans ne s’adaptent pas forcément bien à l’usage qui en est attendu.
C’est le cas des écoles, où des classes sont trop petites, mal ventilées, avec des baies vitrées captant la chaleur, et ne répondant pas aux besoins quotidiens de ses usagers.

La ville pour l’habitant doit être source d’épanouissement, de sérénité, de respect de la vie privée, de l’intimité de chacun, de bientraitance entre tous les citoyens devant bénéficier des mêmes droits dûs à leur Humanité et non à leur pouvoir financier.

L’Abbé Pierre concevait qu’il était du devoir de l’Etat de loger son peuple.
Et, la valeur du nom « peuple » pourrait être dans la Transformation politique, économique de nos sociétés à l’amplitude numérisée et accelérée être au contraire des choix que nous devons faire pour établir un équilibre climatique et non aller vers un lobbie écologique qui demanderait l’accès à la 5 G.
Plus nous serons dans un temps numérique réel, moins nous serons sur un temps Humain, végétal et animal .
L’arbre connecté et ses racines sous contrôle numérique, cette image peut nous ramener à une réalité, ces habitants premiers, les oiseaux ont perdu 30% de leur biodiversité.
Que l’homme ne devienne pas l’oiseau perdu …

Fédora Hélène

Copyrigth Fédora Hélène pour Liberterra

NOS CITES AU XXIème SIECLE

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s