RASSEMBLEMENT CONTRE LES FEMINICIDES

Ce samedi 6 juillet se rassemblent à Paris les familles qui ont perdu une des leurs, victime d’un féminicide. Un grand rassemblement avec le soutien fort de Muriel Robin.
Relayée par la presse, Muriel Robin pose une question à Emmanuel Macron « Monsieur le Président, combien coûte la vie d’une femme ? »
Liberterra impliqué dans la cause des Femmes, contre les violences et maltraitances avaient publié plusieurs articles dénonçant les violences faites aux femmes.
Dans son article « Féminicides, la cruauté des prédateurs pour dominer une femme » , Liberterra faisait état de l’alarmant constat du nombre de féminicides.
Nous aimerions, un jour, écrire le chiffre zéro.
Malheureusement, nous devons écrire, aujourd’hui, le chiffre 76.
76 féminicides ont eu lieu depuis janvier 2019.
En Avril, Liberterra relatait le chiffre de 30 féminicides depuis janvier 2019.

Quel cri d’alerte faut-il lancer ? En quelques mois le nombre de femmes tuées par la violence d’un homme a plus que doublé.
Sommes-nous cette pierre qui coule invariablement au fond de l’eau ?
La société toute entière doit agir contre ces meurtres qui commencent par une longue période de violences conjugales emmurées dans une sphère familiale restreinte où les acteurs informés ne savent réagir pour mettre fin au drame.

Les hommes violents ne choisissent pas leur proie au hasard et calculent avant tout leur impunité.
Nous retrouvons très souvent derrière un homme violent, un manipulateur.
Les fonctionnements psychiques de ces hommes sont actuellement connus par les psychiatres et nous devrions en plus de services de police pour déposer une plainte, du magnifique travail des associations, avoir une prise en compte rapide des mécanismes intellectuels d’un homme exerçant des violences qui, tournées vers la femme, touche également les enfants présents au foyer.
La femme se trouve prisonnière d’une violence graduée et quotidienne , qui est toujours psychologique et physique. Elle est atteinte dans toute son humanité de femme et de mère.
Des hommes qui mettent une femme en état de choc, la laissent dans une grande détresse, et lorsque la victime pense retrouver son souffle, la violence qu’ils exercent redouble.
Il n’y a pas de répit si ce n’est un semblant d’accalmie.
Des femmes atteintes dans leur intimité, au sein de leur refuge. Leur domicile devient une prison, un piège permanent et non plus un lieu lié à la sérénité, au repos, à l’intimité de la famille.
Bien souvent, les voisins entendent et alors leur vie privée n’existe plus.
Dans les témoignages recueillis par Liberterra, le voisinage devient pour la femme maltraitée un poids, l’impression d’être jugée sur la place publique, et procède à un processus d’enfermement. Penser que « personne est au courant », c’est une façon pour des victimes de se protéger, de ne pas avoir à tout instant le poids de l’agression à porter.
Puis, il y a le quotidien à gérer, les journées à faire dans l’angoisse du soir, temps avec la nuit, où les conjoints violents se défoulent.
La femme devient leur exutoire et ils déchargent toutes leurs haines, leurs frustrations sur elle sans plus aucune limite face à être humain dont ils ont fait une poupée de chiffon sur laquelle tout est permis.
Elle ne se plaindra pas, trop assommée, traumatisée, brisée et ils le savent une violence sera pour eux, une permission à une multitude d’autres.
C’est dès la première violence que la victime doit savoir qu’elle pourra porter plainte, être entendue et reconnue.
C’est dès la première violence commise que l’agresseur doit savoir qu’il ne restera pas dans l’impunité.
Bien entendu, il y a l’éducation pour changer fondamentalement les choses, mais pour l’instant, il faut des actes concrets qui sauvent la vie de femmes et d’enfants en danger.
Nous savons également que le chômage, la précarité, le manque de moyens financiers et jusqu’à l’absence totale de moyens maintiennent la victime sous la domination d’un agresseur.
“Il savait que je n’avais pas d’argent, je ne pouvais pas patir comme ça. Je n’avais nulle part où aller.” témoigne une victime.
Des victimes qui se sentent abandonnées, et sans soutien familial et d’amis, il est alors très difficile d’échapper à une violence quotidienne particulièrement traumatisante.
Puis, il faut prendre en compte que les violences subies sont des bombes à retardement avec des conséquences dans la vie des victimes pouvant aller à plusieurs années.
Des séquelles mettant en danger la santé et la possibilté de se reconstruire, qu’une situation économique pénible viendra d’autant plus freiner.
Puis, lorsqu’une victime veut porter plainte, la preuve telle que conçue par la justice est très problématique.
Des services de police et de gendarmerie viennent parfois à ne prendre qu’une main courante en expliquant à la victime que l’agresseur est « malin » et qu’il sait ne pas se mettre en difficulté en portant des violences qui ne seront pas apparentes comme celles de tirer les cheveux, pousser, insulter, serrer très fortement la victime, lui hurler dessus, la menacer de mort, excercer un chantage manipulateur, commettre des abus sexuels, et dans ces cas, pas de traces de coups, et pourtant la violence est terrifiante …
Nous devons réformer réellement la prise en compte des violences conjugales, instaurer un climat de confiance et sécurisé pour les victimes, un soutien pour apaiser les traumatismes subis et pour permettre aux victimes de se reconstruire, de vivre.
Il faut une coopération active des services de sécurité, de santé publique, de la justice, du logement et un accès renforcé aux formations professionnelles qui apporteront un équilibre financier nécessaire et pérenne.
Les violences conjugales sont le reflet de la violence de la société.
Nous prenons conscience chaque jour du bien fondé de créer une société de bientraitance, de tolérance, qui enfin pourra se libérer de l’emprise d’une culture patriarcale.
Une jeune femme ayant vécue des violences disait à Liberterra “je ne pensais pas cela possible au XXIème siècle en France.”
Faisons tout pour que demain cette phrase soit “Au XXI ème siècle, les violences, maltraitances faites aux femmes ont été anéanties. Les féminicides ne sont plus.”
Les Femmes d’aujourd’hui construisent pas à pas ce demain pour que les générations futures connaissent une liberté grandie.

Combattre les violences faites aux femmes, c’est grandir la Liberté.

©Fédora Hélène

photo de presse Le Parisien

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