Le Grenelle des violences conjugales et la violence continue

Violences conjugales des décennies d’existence
Liberté des femmes, elle, est toujours suspendue à demain.

Des ministères et la violence continue

Le premier ministère des droits de la Femme a été créé sous Giscard en 1974 et c’est Françoise Giroud qui en avait la charge.

En ces années Giscard des femmes laisseront leur nom dans l’histoire des droits humains et c’est bien sur ce fondement essentiel de Droit Humain que nous devons être.

Simone Veil en restera la figure dominante lorsqu’en 1975 sous le gouvernement Chirac, la loi Veil pour l’IVG entre en vigueur. Mais elle l’était qu’à titre expérimental pour une durée de 5 ans. Et, ce fut que le 31 décembre 1979 que la loi Veil devint pérenne dans le temps.

Pourtant, nous avons conscience qu’elle est par des débats politiques teintés d’un arbitraire religieux systématiquement remise en cause.

Nous ne sommes toujours pas quelques 45 ans après sur un acquis nous permettant une sérénité d’esprit mais devant être sur une vigilance pour maintenir ce droit.

Puis, quelques 45 ans après, ce combat pour les droits de la femme est toujours en quête d’acquis pérennes, solides rejoignant les droits humains, ceux de l’Homme et du Citoyen.

Pour simple preuve, la création à l’élection présidentielle d’Emmanuel Macron, d’un secrétariat d’Etat chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Si celui-ci est, c’est que le problème reste entier et que durant toutes ces années où pourtant une prise de conscience avait eu lieu en Mai 68, notamment sur la mention « fille mère », nous restons sur un culte patriarcal et  dans une culture de castes sociales où la femme « mère isolée » subit bien des discriminations. Et à ce sujet ,Marlène Schiappa a en charge une étude lancée sur les discriminations vécues par les mères célibataires. 

C’est donc une culture patriarcale forte qui est dans notre pays et qui se perpétue puisque les conjoints violents sont dans toutes les classes sociales.

Le Grenelle est il un faux nez ?

 Quant au Grenelle, il est devenu un « terme » plus qu’un devenir concret pour le bien d’une cause.

Nous en avons l’expérience avec le Grenelle de l’environnement de 2007 et qui avait été annoncé par Alain Juppé .

Le premier Grenelle social qui était un « Projet de protocole d’accord » et qui n’a pas été signé ni reconnu par toutes les parties, était durant la crise de 1968.

Et, nous revenons là, à son fondamental de gestion de crise.

Et, c’est certainement ainsi que l’entend le gouvernement pesant de tout son poids dans l’annonce du Grenelle des violences conjugales puisque Marlène Schiappa relève directement du Premier Ministre.

Laquelle s’appuiera sur une multitude de rapports, comités Théodule, conflits potentiels de désaccords entre les intervenants qui ne feront que complexifier et retarder des mesures d’urgence à prendre.

Puis, nous  ne pouvons pas parler de « crise » puisque les violences faites aux femmes ont maintenant plusieurs siècles.

La réponse faite par le gouvernement aux associations, victimes et familles de victimes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, ne pourra aboutir sur une résolution définitive même si elle permet encore une fois l’accentuation d’une prise de conscience avec ce poids de l’Etat qui a fait de l’Egalité femmes-hommes, grande cause du Quinquennat.

Le droit Humain est premier

Nous devons à mon sens être sur le fondamental droit Humain.

Ce droit qui est la trame sur laquelle nous représentons notre respect pour tous et toutes sans distinction de genre et sociale. C’est la base qui fonde la Liberté universelle.

Ce droit écrit dans différents codes, jurisprudences et milliers de pages qui est à l’interprétation et application selon une volonté humaine.

Nous parlons aussi souvent de budget et nous savons que ceux alloués à la cause des Femmes est loin d’être garant du maintien et évolution de ce droit .

Le Haut Conseil à l’Égalité en 2018 demandait « à traduire rapidement l’exigence d’égalité dans le budget de l’État. »

Le HCE rappelle qu’actuellement « l’objectif d’égalité femmes-hommes n’est pas un critère  dans les décisions budgétaires de l’État ».

En janvier 2019, Danielle Bousquet, déclarait dans une interview à Libération, « C’est la grande cause du quinquennat, mais le plus petit budget : 0,0066% du budget de l’Etat. »

Pourtant des organisations tel que l’ONU, le FMI, le Conseil de l’Europe, oeuvrent pour que les pays intègrent un véritable budget pour l’Egalité au sein du budget de leur Etat.

Le HCE prend pour exemple « l’Autriche qui l’a intégrée à sa constitution. »

Nous sommes bien sur une volonté humaine de faire.

Emmanuel Macron a trouvé la possibilité d’établir en quelques jours une prime annuelle exceptionnelle à la suite de son Grand débat. Ce sont des solutions possibles dont les victimes de violences conjugales ont besoin et dans un temps court et réel sans la nécessité de « Grenelle » qui mettront des acteurs autour d’une table dans un dédale de rapports et commissions dont nous n’avons aucune balance en évaluation de financement. 

Liberterra a consulté les 20 pages du dossier de presse du comité interministériel aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes de Mars 2018.

Aucune ligne sur le financement des 10 mesures phares mentionnées .

De plus, nous lisons dans l’édito de Marlène Schiappa concernant le « Tour de France de l’égalité », dans une « démarche inédite » écrit-elle, et qui « visait à donner une traduction concrète à l’engagement pris durant la campagne présidentielle : « La loi a changé ; à présent, la vie des femmes doit changer. » Puis, plus loin, elle ajoute, « Cette consultation citoyenne, la plus grande jamais organisée par un gouvernement  en France . »

Donc tout cet “exceptionnel” pour Marlène Schiappa, après deux ans d’existence du Secrétariat d’État pour l’Égalité femmes-hommes, est revenu au point zéro avec l’organisation d’un Grenelle, qui ne peut plus être « exceptionnel » …

Et, dans les pages du comité interministériel aux droits des femmes, il y a les mesures clés, dont celle vertueuse d’ « Améliorer la santé des femmes ». 

De ce fait, Pourquoi des fermetures de maternité ont eu lieu et de services hospitaliers ?

La loi et son cheminement

Des lois en point de départ datant de 1881 dont certaines ont été modifiées récemment pour répondre aux violences sexistes et sexuelles de manière contemporaine.

La loi permet d’accriditer la lutte contre les violences faites aux femmes mais faut il encore qu’elle soit à la hauteur de la cause par son application.

Les victimes ont besoin de reconnaissance et d’une justice en qui elles ont confiance.

La loi du 3 août 2018 relative au renforcement de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes tente de répondre à cette nécessité de reconnaissance .

Des lois qui avancent mais dont l’application n’est pas toujours en oeuvre et même loin de là. La notion de l’homme dominant au sein d’un foyer est encore très forte. Nombreuses femmes voulant porter plainte ressortent sans rien ou avec une simple main courante. Un mari alcoolisé insultant et très agressif devant des Forces de l’Ordre intervenant ne sera pas arrêté. « Il est à l’intérieur de son domicile privé, on ne peut l’arrêter. » Donc en quelle sorte, il a le droit de hurler sur sa compagne, d’être avec un comportement très agressif. Des coups n’étant pas apparents … Comme des témoignages le démontrent, tirer les cheveux ne laissent pas de coups apparents, pousser, balancer une femme non plus  …

Concernant les menaces de mort, on répond aux victimes qu’il faut qu’elles soient répétées.

Ainsi conçue la loi donne pratiquement une obligation de continuation de violences pour avoir le droit d’être entendu, et de pouvoir porter plainte.

La victime qui subit une souffrance intense à devoir raconter une agression, devra le vivre une multitude de fois avant que celles-ci soient prises en compte.

Elle devra raconter encore, alerter encore. Puis, prouver, en premier par la force du témoignage.

L’offre de preuves pour une victime de violences conjugales, c’est son corps, son humanité la plus précieuse. Elle délivre sa vie dans l’espoir de la délivrer du chaos qu’apporte un homme dominant par la violence.

L’écoute, la prise en compte par la justice, les soutiens apportés à la victime doivent être significatifs et concrets.

Il faudrait que la victime puisse bénéficier du soutien d’un avocat lors de son dépôt de plainte si elle le souhaite. Une aide psychologique pour accompagner et ne pas laisser la victime seule dans un état de détresse si celle-ci en fait la demande, pourrait être mis en place.

Tout comme des logements, promis au nombre de 5000 par le gouvernement mais dont le nombre reste insuffisant. 

Souvent la victime rentre chez elle après le dépôt de plainte et le conjoint violent y a aussi son domicile …

Subventions aux associations

Pour réaliser une aide ample et sérieuse, respectant des personnes traumatisées, des subventions doivent être attribuées à des associations aptes à répondre dans l’urgence.

Une association constituée notamment de gendarmes à la retraite et bénévoles accompagnait des victimes dans le département de la Manche et se déplaçait sur Avranches où Arnaud Beltrame commandait la compagnie de gendarmerie.

Très importante dans l’accompagnement des victimes , elle vit sa subvention fondre en 2012 sous Sarkozy et du jour au lendemain des victimes accompagnées ne l’ont plus été. Pourtant, leur présence compétente était essentielle auprès des femmes.

Puis, il y a le problème des condamnations prononcées à l’encontre du conjoint violent, et  qui ne représentent pas pour celui-ci, une prise de conscience mais qu’il conçoit comme étant une formalité.

Des Forces de l’Ordre expliquent l’inutilité de la condamnation pour « Obligation de soins » pour l’homme auteur de violence.

En premier, on ne peut obliger une personne à se soigner et dans la majeure partie des cas, des récidives d’actes violents sont.

Devons-nous toujours entendre cette phrase  « En France, on attend le pire pour faire quelque chose »?

Plus de 70 femmes sont décédées en six mois . Celles qui ce soir vivront le drame des violences conjugales seront toujours dans cette prison pour innocents et avec leurs enfants.

Le verbe « Partir » est pour ces femmes un rêve qui devient inaccessible quand un soutien fort n’existe pas.

Ce n’est pas un Grenelle des violences conjugales que nous devrions faire, mais une réalité concrète des droits Humains, car la Femme est un être humain, avec un corps humain et une voix humaine qui aujourd’hui crie une souffrance qui n’a pas cessé durant des siècles.

Pas seulement en France mais dans la majorité des pays.

Quand demain c’est aujourd’hui

La Femme, c’est la moitié de notre humanité. Sans elle, respectée dans toute son humanité, c’est notre humanité qui perpétue un état d’esprit destructeur.

La communauté Internationale en est consciente.

La Convention des Nations Unies de décembre 1979  stipule dans son article 5  » l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ». L’article 119 du Traité de Rome en 1957 reconnait l’égalité entre les sexes. C’est également le Traité sur l’Union Européenne dans les articles 2 et 3 qui instaure l’égalité entre les hommes et les femmes comme principe fondateur.

Nous devons appliquer ces résolutions existantes.

La justice de notre pays ne doit plus être sur un principe patriarcal qui ne peut pas correspondre à la valeur des droits Humains.

Un budget doit permettre de réaliser cette cause juste  qui porte notre dignité, notre sens fondateur pour la paix.

Un budget pour l’Égalité femmes-hommes qui ne doit pas être le plus faible mais le fort car il est la vie de femmes et de leurs enfants, il est notre avenir qui n’est pas sur un « exceptionnel » Grenelle mais qui doit voir enfin naître une humanité réconciliée.

Muriel Robin posait cette question à Emmanuel Macron « Monsieur le Président, combien coûte la vie d’une femme ? »

Pour ma part, elle faut le prix de notre humanité, celui de la Liberté.

©Fédora Hélène

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