STEVE NOUS A QUITTÉ, LE DRAME D’UNE AFFAIRE D’ÉTAT

Steve nous a quitté

La douleur infinie des parents, des proches et amis de ce jeune homme de 24 ans est au coeur dorénavant de notre mémoire et le grave choc des conditions de sa disparition qui ne sont pas définies.
Apparaît dès mardi 30 juillet une nouvelle question qui est posée sur les réseaux sociaux «Qui a tué Steve ?»

Aucune clarté n’est sur ce qui s’est passé

Une nuit de fête de la musique, des jeunes participant le long du Quai Wilson à des sound system autorisés jusqu’à 4 heures du matin.
Le DJ lance un dernier son et tout s’accélère.
Des jets de projectiles ont lieu sur les forces de l’ordre (qui ont porté plainte pour violences sur personne dépositaire de l’autorité), une charge de la police s’ensuit qui utilisera 30 grenades lacrymogènes, précise le rapport de l’IGPN.

La présence de chiens, des coups de matraques, des tirs de LBD.
Puis, le drame se produisit. 14 jeunes qui faisaient la fête se retrouveront en danger suite à une chute dans la Loire avant l’intervention des pompiers qui les secoururent, sauf Steve qui a disparu.
À propos des coups de matraque, un cas de violence policière pourrait être retenu avec un conditionnel très prudent qu’émet le rapport de l’IGPN. «Des coups de matraque montrés par une vidéo, sur une personne au sol, pourraient constituer à l’égard de son auteur non identifié pour le moment, un usage disproportionné de la force ou l’absence de justifications particulières, ce qui reste à établir».

Puis, ce rapport de l’IGPN dédouane les policiers et accentue la responsabilité de la mairie de Nantes, notamment quand à la sécurisation des lieux, les bords de Loire n’étant pas aménagés de barrières de sécurité, et celle de la préfecture avec toutefois un bémol.
Johanna Rolland, maire de Nantes, a réagi dès mardi soir en indiquant trouver «troublant et inquiétant» que la lumière ne soit pas faite par le rapport de l’IGPN qui ne semble pas être «en mesure de dire ce qui s’est passé».

Christophe Castaner, quant à lui, reste stoïque dans l’ombre d’un Premier ministre donnant une conférence de presse le mardi 30 juillet en annonçant le rapport de l’IGPN en ces termes, «à la lumière des faits connus à sa date de rédaction», ledit rapport déclare en conclusion «qu’il ne peut être établi de lien entre l’intervention de forces de police et la disparition de Monsieur Steve Maia Caniço.»

Une affirmation qui soulève une vague d’indignation au sein des collectifs de soutiens à Steve, des politiques de LFI, du PS, de l’EELV, du NPA, jusqu’à Florian Philippot, leader des Patriotes.

Recueillement pour Steve

Les parents de Steve, par l’intermédiaire de leur avocate, Cécile de Oliveria, expriment leur volonté que le temps du recueillement soit respecté. Ce qui n’est pas le cas précise leur avocate.
«Au milieu de leur chagrin, ils sont étourdis de malheur, ils ont été obligés d’entendre que la police n’a, selon ce rapport, aucune responsabilité dans sa disparition. On ne laisse même pas un petit temps de recueillement à la famille.»

Un rassemblement prévu et déclaré, aura lieu vendredi 2 août à 15 h devant les locaux de l’IGPN qui se situent dans le 12ème arrondissement à Paris.
Cependant, tout rassemblement prévu à Nantes, samedi 3 août, est interdit par la préfecture qui déclare dans un communiqué avoir «connaissance d’un appel à rassemblement d’envergure nationale, en centre ville de Nantes, ce samedi.

Afin de garantir l’ordre public, le préfet a pris la décision d’interdire tout rassemblement dans une grande partie du centre ville de nantes »
La préfecture fait en effet état d’un «appel à rassemblement qui circule actuellement sur les réseaux sociaux. […] Cette mobilisation devrait être renforcée par la présence de manifestants ultras et … de type «black bloc».
L’interdiction a donc été établie de 10 h à 20 h.

Des appels de collectifs sur les réseaux sociaux, dont l’évènement des Gilets jaunes en «hommage à Steve, Aboubacar, Adama, Zineb et tous les Gilets jaunes et jeunes de cités tués par la Police, nous allons foutre le feu partout en France et surtout à Nantes» est ainsi décrit sur Facebook.
Il est à souligner que famille et amis de Steve s’en désolidarisent complètement, «on a rien à voir avec ces appels. On ne veut pas y être associés.»
Un samedi donc qui est attendu sous haute tension et qui devrait être sur le respect pour le seul qui a perdu la vie, Steve.
A cet égard, plusieurs amis de Steve penseraient à organiser une marche blanche.

Comprendre une affaire devenue d’Etat, très polémique et politique

La situation est problématique.
Elle ne relève nullement d’un traitement anxiogène ou stigmatisant de quelques parties.
Il s’agit de voir -hélas- les faits, et rien que les faits.
Une autorisation de musique fut donnée à Nantes jusqu’à 4heures du matin par arrêté préfectoral. Comme dans tout autre département.
Une tolérance républicaine pour la fête de la musique.
Trois dispositifs sont mis en place sous contrôle du DDSP, le commissaire divisionnaire Grégoire Chassaing et sous ordres son adjoint le commissaire divisionnaire Thierry Palermo, « patron » de la DSOP (sécurité et ordre public), aucun ne sera mis en route avant 4h15 du matin.

À savoir Compagnie départementale d’intervention (CDI), BAC et CRS.
La traçabilité a été vérifiée par l’IGPN, pilotée par l’Inspectrice Générale Brigitte Jullien, qui assume les ressentiments -légitimes, pour certains- des personnes et familles en attente de vraies et justes réponses à leurs douleurs et interrogations.
Plusieurs constatations sans interpellations ont donné lieu à des « rapport à autorité » quant à des « binje drinking » avec consommation de drogues.

Ordre aurait été donné de « calmer le jeu mais suivre ».
Au-delà de 4h00, la situation sur le Quai Wilson prit semble-t-il un tour différent.
Un chef de groupe, qu’il conviendra d’identifier et qui a demandé un repos de 15 jours hors ses congés (c’est dans le rapport), a indiqué une « dérive » sollicitant des moyens.
Une décision a dès lors été prise
Par qui ? Cela mérite d’être éclairci.
Quant à ce jeune garçon, il était par le biais des investigations menées jusqu’à la découverte de son corps confirmée par l’autopsie pratiquée clairement dans un groupe, joignable et traçable jusqu’à 3h20. Puis, Rien.
C’est dans le rapport.
Aujourd’hui Édouard Philippe reprend la main.

Il est indispensable de comprendre que celui qui va « gérer » est Jean Charbonniaud.
Michel Rouzeau, chef de l’IGA, l’Inspection générale de l’administration, fournira en effet son rapport, sous le contrôle et des investigations complémentaires éventuelles, au Conseiller du Gouvernement, Jean Charbonniaud.
Préfet, celui-ci, ancien des cabinets de Villepin et Alliot-Marie à Beauvau, fut remercié par Sarkozy, pour avoir laissé se déployer des banderoles d’organisations syndicales lors d’une manifestation autorisée à Saint-Lô (Manche) qui lui empêchèrent son « bain de foule » en janvier 2009. Le DDSP fut aussi limogé sur le champ.

Décision condamnée par l’ensemble des élus, même de la majorité d’alors. Jean Charbonniaud fut remplacé préfet de région par la suite par Bernard Cazeneuve.

Quant à la position des différents services, c’est l’ouverture du parapluie qui semble, pour le moment, primer.
Il est à regretter la récurrente non-démission de Christophe Castaner qui devrait peut-être sortir du gouvernement dans deux ou trois mois, pour ne pas paraître alors comme une défaite du ministre de l’intérieur.
Il convient cependant de se souvenir de la démission du Ministre Alain Devaquet, choqué par le décès brutal de Malik Oussékine, battu à mort par des « voltigeurs », qu’il présenta dès le lendemain du drame.
A contrario, la réaction du ministre de l’intérieur Charles Pasqua et de Robert Pandraud, ministre délégué chargé de la sécurité, ne condamnant pas la violence de la police, cette nuit du 6 au 7 Décembre, continue de choquer l’ensemble des citoyens.
S’ensuivirent alors de très importantes manifestations partout en France pour que la vérité soit pour Malik Oussékine. Où l’on retrouve alors en première ligne « Touche pas à mon pote ».

Emmanuel Macron doit l’avoir en mémoire. Même s’il n’avait que dix ans. La main jaune était dans tous les collèges… Et le Front national avait trente députés…

Aujourd’hui, demeure au fort de notre pays, le décès d’un jeune homme de 24 ans, que l’on se doit plus que tout de respecter, en lui donnant, en premier, le droit à la vérité sur ce qui s’est passé ce 21 juin qui devait être un soir de fête et qui restera marquer dans notre histoire, une tragique nuit de drame.

©Fédora Hélène

© Jade

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